vins bio

  • Mais qu'est-ce qu'on nous fait boire ?

    Belle émission "Interception", ce matin sur France Inter, par Alain Le Gouguec, Pascal Dervieux et Lionel Thompson.

    C’est l’histoire d’un vigneron qui troque son tracteur contre un cheval de trait, un vigneron qui décide de ne plus recourir à la chimie dans sa vigne et dans son chai, un vigneron qui lâche l’AOC (l’Appellation d’Origine Contrôlée) dont il repousse les exigences pour faire du « Vin de table » ; une question d’éthique, d’éthique paysanne pour ce quinquagénaire à l’esprit bien trempé.Jusque-là, tout va bien pour Olivier Cousin.

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    Ca se gâte un peu quand ce gars de Martigné-Briand, dans le Maine-et-Loire, indique sur ses bouteilles que son vin de table est « fabriqué en Anjou » :  cette précision géographique est réservée à l’AOC.

    La Fédération viticole s’insurge, l’administration contrôle sa production, on interdit l’appellation « Vin naturel » à ce partisan du bio et de la biodynamie qui finit par être poursuivi pour « Pratique commerciale trompeuse » et pour d’autres délits du même tonneau.

    Dans deux mois, Olivier Cousin comparaîtra devant un tribunal.

    En attendant le procès puis le jugement, l’équipe d’Interception a voulu savoir ce qui définissait un AOC, ce que l’on glissait dans les barriques et que l’on omettait de préciser sur les étiquettes, la question essentielle étant : …Mais qu’est-ce qu’on-nous fait-boire ? A ré-écouter en podcast sur France Inter.

  • Vin nature : les jeunes bobos aiment çà...

    Petite chronique intéressante d'Eric Boschman dans Le Soir de ce samedi concernant les vins Nature. Il évoque ces places bruxelloises, qui lors des marchés deviennent des lieux de rendez-vous "incontournable" pour une population déterminée : Au Châtelain, les stagiaires eurocrates, à Boisfort, les bobos joyeux tendance écolo quadra quinqua et à saint gilles, les mêmes, mais version trentenaire.

    Le but étant d'y aller pour boire un coup entre potes. Et comme le vin Nature est tendance, c'est donc cela qu'ils boivent et qu'ils aiment. D'ailleurs, ils ne connaissent rien d'autre.

    Eric a pu observer ces bobos s'extasier devant un Pinot Noir d'Alsace Nature, à la robe rubis grenat terne et qui présentait une turbidité importante. Servi dans des gobelets en verre épais, le nez est difficile à déceler, si ce n'est une note de yaourt aux fruits rouges en limite de dépassement de DLC.

    La bouche pétille, avec une bulle alternative, qui n'assume pas son rôle. Manque d'hygiène lié à un manque de sulfites. On est loin des bons vins Nature de Marcel Lapierre et quelques autres. Des vins qui goûtent et sentent le vin, le vrai.

    Les vins Nature d'aujourd'hui sont franchement hétérogènes. On est dans le sectarisme le plus pur. Si çà sent l'étable et le cheval en rut, alors c'est que c'est bon. Ajoutez-y une franche turbidité, et vous aurez une idée de la majorité de la production de vins Nature actuelle. Heureusement, qu'à côté de cela, subsistent quelques vins Nature superbes.

    Le plus triste dans l'affaire, c'est que les jeunes bobos de la Place Van Meenen connaissent à peine le vin, et qu'ils goûtent ces trucs-là comme seule référence, et sont donc persuadés que c'est çà la norme. Vendre des vins qui refermentent comme s'ils étaient normaux, c'est un peu se moquer du monde. Tant que nos jeunes bobos aiment çà, pourquoi pas ? Mais comment goûteront-ils les vins qui ne refermentent pas, le jour où cela se produira ?

  • Vins naturels : naturel, c'est sûr, mais pour ce qui est du vin...

    Nature, naturels ou sans soufre, ces nouveaux vins trendy s'invitent presque partout. Et même s'ils surprennent parfois par leur robe changeante et leurs arômes, peuvent-ils rivaliser avec les crus classiques et se faire une place dans ce monde… embouteillé ? C'était le thème d'un article dans Victoire ce week-end.

    J'en connais quelques-uns qui s'extasient devant ce type de breuvage et qui, d'ailleurs, ne boivent plus que cela. Moi, personnellement, j'ai du mal. C'est un verre de vin rouge que je souhaite, pas une grenadine à l'eau (et même pétillante parfois!). C'est un beau nez que j'attends, complexe. Et pas une odeur de cour de ferme (pour rester poli) ou un nez de réduction.

    Et, quand je déguste différents vins, issus de différents cépages et de différentes régions, j'apprécie de pouvoir les distinguer. Or, dans le cas des vins nature, ils goûtent souvent la même chose : un bon petit jus de fruits rouges, frais, mais pas très complexe, pas très long et avec quelques défauts issus de l'absence de sulfites.

    Autant je peux encore éprouver un certain plaisir avec des petits vins Bio, autant j'ai très rarement apprécié un vin nature. Et je peux vous jurer en avoir déjà dégusté une belle série... Dont les plus grands et soi-disant les meilleurs. Ce fût très souvent une énorme déception. Je reconnais les vins nature au nez, avant de les goûter : c'est fort souvent le même nez ou type de nez, fort spécifique, avec des notes de réduction. Quant à la bouche...

    Si je lis, au hasard, une critique, par exemple de L'Anglore 2010, Terre d'Ombre (Site Oenos) : "D’abord la robe : légèrement trouble, son fuchsia translucide et pas très soutenu tire sur le violet ; un vin non filtré c’est certain.

    Puis vient le nez, frais, vivant, avec une pointe de fleur d’oranger qui sent délicieusement la gourmandise.

    En bouche, c’est une vraie surprise ! D’abord c’est le gaz et le côté pétillant qui attaquent. On aurait dû le carafer ! On attend donc un peu, que les arômes se libèrent et que le gaz se dissipe.

    Ce pur Grenache, issu de la vinification par macération carbonique, montre un bel équilibre entre saveur et alcool, avec une belle présence fruitée, sans tanins. La gourmandise se confirme une fois en bouche pour ce primeur décidément pas comme les autres aux délicieuses et subtiles notes florales.

    Eric Pfifferling, un des plus grands vignerons actuels de la Vallée du Rhône, maîtrise manifestement sa vigne et sa technique de vinification et nous donne envie de vite gouter ses autres vins. »

    Une robe trouble et pas très soutenue, un nez frais et vivant (terme souvent utilisé en vin nature), une bouche gazeuse et pétillante, avant d'arriver aux fruits sans tannins et à des notes florales... Vraiment pas terrible tout cela : où est le plaisir ?

    Bref, hormis le fait de voir les vignerons abandonner tout traitement dans le vignoble, et toute manipulation dans le chai (ce qui est formidable et très louable), je ne comprends pas l'engouement pour ce type de breuvage, qui, à mon sens, est encore à des années lumière de l'absolue perfection de certaines bouteilles dites classiques, et qui, elles, me procurent un énorme plaisir. Il n'y a rien à faire, on ne parle pas de la même chose... A mon grand regret...

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  • Dégustation du lundi 165

    dégustation,vins naturels,vins bio,vins de soif,vins plaisirsNouveau lundi à 5 pour une dégustation à l'aveugle de 5 bouteilles. On commença par un vin naturel à la robe de jus de pommes trouble et au nez floral sur des fruits blancs. En bouche, c'est bon, mais sans complexité. Et ce n'est pas oxydatif (contrairement aux autres cuvées du même vigneron, un peu fatigantes). L'un pense à du Chardonnay, d'autres à du Chenin, et c'est loupé : on est en Sauvignon, avec cet Akéniné 2009 en Sancerre de Sébastien Riffault. 

    Le second flacon présente une robe ambrée et un nez tout à fait bouchonné. Pas de chance pour ce Clos de la Coulée de Serrant 2006 de Nicolas Joly en Savennières...

    La troisième bouteille présente une robe pourpre et un superbe nez de vieux vin, de cacao, de fleurs et de petits fruits rouges. En bouche, on est en bourgogne, sur de la dentelle, avec de la cerise, une belle acidité et un beau fruité, mais aussi avec une petite austérité en finale. C'est très aimable à boire et on pense que c'est assez vieux. Ce ne l'est pas : Les Bergers "Le vin le plus simplement" 2006 de Bernard Van Berg, vigneron à Meursault en Bourgogne Grand Ordinaire. Il s'agit de pieds de vignes plantés en 1972 sur Puligny, vinifiés par ce belge sur place depuis 2001.

    Quatrième flacon à la robe noire et au nez élégant. En bouche, c'est bon, riche, jeune, pas cuit, harmonieux et sans aucune sécheresse. Il y a un côté herbacé-gras-lardé qui plaît. Alors qu'ils se perdent en rive droite (Pavie-Macquin 2000), et un autre en Languedoc, ce Lafran Veyrolles 2000 en Cuvée Spéciale (Longue Garde) est assurément un des meilleurs Bandols dégusté au Clos depuis 5 ans. Un domaine que j'apprécie particulièrement à Bandol, et peu repris dans les guides.

    Cinquième et dernière bouteille de la soirée, à la robe foncée, mais évoluée, et au nez liégeux... Muntada 2002 du Domaine Gauby en Côtes de Roussillon Villages. Fort dommage ! Une bouteille bouchonnée la semaine passée, deux cette semaine, cela fait beaucoup...

    La suite des aventures du Clos lundi prochain, avec peut-être, quelques invités surprise. A suivre...

  • Les vins bio...

    La Revue des Vins de France de ce mois de février aborde le sujet des vins Bio. La viticulture est l'une des activités les plus polluantes de l'agriculture moderne. A elle seule, la vigne a absorbé depuis 10 ans un tiers des 95.000 tonnes de pesticides épandus chaque année en France, premier utilisateur en Europe de ces produits ! Mais, si les vins bio ont l'avenir pour eux, et s'il convient de s'en féliciter, ils doivent encore progresser dans un certain nombre de domaines. Et, en particulier, dans le domaine du goût. Certains vins bio sont délicieux, et parfois même, supérieurs par leurs arômes aux vins traditionnels. Mais il existe aussi des vins bio qui ne sentent pas bon, d'autres qui sont même définitivement mauvais, imprécis, pas propres. Toutes les odeurs naturellement présentes sur terre ne sont pas nobles, et l'absence de soufre, dans le milieu très réducteur d'une cuve sans oxygène, peut développer des arômes terribles, qu'il ne fait pas bons de retrouver dans son verre... Un dossier de 10 pages à ne pas manquer. Et des vins bio à goûter, pour éviter les pesticides présents dans tous les autres, issus de la viticulture traditionnelle...