vignoble

  • Dégustation du lundi 217

    C'est reparti, avec cette première dégustation 2014 à l'aveugle au Clos, à 5. Quatre rouges, dont le premier présente une robe rubis claire et un nez de vin nature sur un fruit élégant. En bouche, on est sur la cerise et la kriek, avec un beau fruit fin et élégant qui revient en finale. Belle concentration : Les Pierres Chaudes 2012 en Pinot Noir du Domaine Julien Meyer en Alsace.

    Le second flacon présente une robe un peu plus foncée et un nez très particulier sur de l'alcool et des épices, avec des notes de blé et d'épeautre. La bouche, très typée aussi, nous amène sur un vin nature avec une belle attaque sur le fruit et une petite amertume non dérangeante en finale sur des pelures de noix : Le Petit Gimios, Rouge Fruit, de Pierre et A.M. Lavaysse à Saint-Jean de Minervois. Label Demeter.

    Le troisième vin de la soirée présente une robe noire et un petit nez sympa de vin qui n'est pas nature, sur des fruits noirs mûrs. Par contre, en bouche, on est déçu : c'est plat, non expressif ,court et asséchant. Tout était dans le nez. Pas de chance avec ce Château Jean-Pierre Gaussen 1995 Longue Garde, en Bandol. Un vin acheté aux enchères début décembre à Bandol, au profit du Téléthon. 

    Le dernier flacon de la soirée, avec sa robe rubis et son gentil nez sur des fruits noirs nous offre une bouche friande. C'est gentil, chouette et bien fait. On pense au Cabernet, au Gamay, avant de nous mettre d'accord sur une Syrah : Saint Joseph 2012 d'Hervé Souhaut.

    La suite des dégustations du Clos lundi prochain, avec un thème qui n'en est pas un, pour fêter le tout jeune Marlow, né un lundi, comme il se doit dans la tradition du Clos.

  • Le Clos a 15 ans...

    Il y a exactement 15 ans, jour pour jour, naissait un petit vignoble à Auderghem, exposé plein sud, en terrasses. Cinq joyeux lurons y plantèrent 160 jeunes ceps juste ramenés de bourgogne (Pinot noir et quelques pieds de Chardonnay) et de Bordeaux (Merlot, Cabernet sauvignon et Cabernet franc).

    Ce fût le début d'une grande aventure et d'un rendez-vous hebdomadaire fixé au lundi soir, pour nous permettre de travailler dans le vignoble, puis d'y organiser une dégustation à l'aveugle pour parfaire nos connaissances oenologiques. En 15 ans, ce sont environ 4.000 bouteilles qui furent dégustées...

    Côté vignoble, on sorti un magnifique Pinot noir en 1999 lors d'un essai de vinification. Et, en 2000, le premier millésime du Clos (un assemblage de tous les cépages) qui fût une réussite. On encaissa ensuite quelques déboires sur les millésimes suivants (cuves non étanches, vin piqué, attaque de mildiou, essai de vinification différente ou tout simplement été pourri). Mais 4 autres millésimes nous offrirent de beaux résultats, dont le dernier en 2010.

    Côté dégustation, on était fort portés sur les grands bordeaux à l'époque, ce qui n'est plus du tout le cas aujourd'hui. On dégustait, en 1997, Château Lafite Rothschild 86, Grand vin de Leoville du Marquis de Las Cases 86, Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande 86, Château Haut Brion 86, Château Latour 86 et Château Ducru Beaucaillou 86 un lundi. Puis le lundi suivant, on faisait une verticale de Château Beauséjour Duffau-Lagarrosse 87/88/89/90/91/92/93. Et on se calmait un peu le lundi suivant, avec Baron Pichon Longueville 83 Pauillac Médoc, Corton Charlemagne Grand Cru 90 Louis Jadot, Château L'évangile 85 Pomerol et Hermitage La Chapelle 85 Paul Jaboulet Ainé.

    Quelle époque, que de bons moments et que de souvenirs. Et quelle belle aventure aussi. Un bel anniversaire à fêter à 5.

     

  • Le Clos de Rouge-Cloître...

    Article paru dans "La Tribune de Bruxelles" du 25/09 :

    Il y a une douzaine d’années, cinq copains qui cultivaient la même passion pour les grands vins de Bordeaux, ont eu l’idée un peu folle de produire leur propre vin à Bruxelles. Idéalement orienté et surplombant le Rouge-Cloître, le jardin de l’un des compères allait leur donner la possibilité de créer un superbe micro vignoble. Les Coteaux d’Auderghem, en quelque sorte. “Au départ, notre attirance pour les grands vins s’est reflétée dans notre approche. Nous voulions élaborer un Bordeaux à Bruxelles et faire LE vin de garage bruxellois par excellence”, explique Jean-Michel De Haan, l’un des vignerons en herbe. Ce sont donc des pieds de merlot et de cabernet sauvignon venus du Bordelais qui ont été plantés, ainsi que de pinot noir, pour ajouter une touche bourguignonne. Cette approche a valu aux cinq copains quelques belles réussites. “Le millésime 2000 a été notre meilleur, car il présentait un bel équilibre entre le fruit et l’alcool. Nous avons d’ailleurs déposé un jour des bouteilles de notre vin au Comme chez soi, où le sommelier l’a bien apprécié”. Aujourd’hui, les goûts des uns et des autres ont changé et le micro vignoble donne des vins plus légers et fruités. “La production reste fort modeste, car nous faisons un tri minutieux des grappes, pour retenir le meilleur du raisin, à parfaite maturité. Nous produisons chaque année une soixantaine de bouteilles d’un demi-litre”, explique Jean-Michel De Haan. Pas assez donc pour satisfaire la consommation personnelle des cinq copains, mais suffisamment pour démontrer que leur idée n’était pas si folle que ça. 

    Surplombant le Rouge-Cloître : le vignoble des copains 

     

  • Pas fous les belges...

    La vigne, dont les spécificités sont très liées à des critères météorologiques, s'apprête à vivre une phase de grande mutation -notamment géographique- en raison du réchauffement de la planète, selon des scientifiques réunis à Dijon à l'occasion d'un colloque sur le thème: "Réchauffement climatique, quels impacts probables sur les vignobles?". (28-30 mars). La date des vendanges est à ce titre un outil précieux de l'évolution climatique: une variation d'un degré par rapport à la normale entre mai et août entraîne une variation de 10 jours de la date des vendanges. En disposant d'une longue série de dates de vendanges, et en tenant compte de l'influence exercée par des facteurs extraclimatiques, on peut établir des variations décennales et séculaires du climat.Grâce aux études d'Emmanuel Le Roy Ladurie, membre de l'Institut de France, également présent à Dijon, la méthode des vendanges a permis des reconstructions assez fidèles concernant les six derniers siècles du climat en France. A l'étude du seul XXe siècle, le constat du réchauffement climatique est sans appel. Vers 1945, les vendanges à Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse) intervenaient début octobre. Aujourd'hui, c'est début septembre. En outre, la perspective scientifique d'un réchauffement croissant de la planète devrait avoir des effets majeurs sur l'emplacement des vignobles. En Europe, la limite septentrionale de la culture s'étendait en 1946 de la Bretagne à l'Ukraine, en passant par Paris et Berlin. D'ici 2100, elle devrait remonter jusqu'en Scandinavie. En 2050, on pourrait assister dans le sud de la France à des vendanges début août. Et les Côtes du Rhône ressembleront peut-être à du Sidi Brahim, un vin d'Afrique du Nord. En effet, l'évolution géographique des cépages devrait, elle aussi, être significative. A chaque cépage son climat, comme le signale Grégory Jones, de l'Université Sud Oregon: pour le Pinot Gris, la température moyenne durant la période de phénologie -qui court du premier bourgeon à la maturation- doit être de 13 à 15 degrés, 16-20° pour la Syrah ou encore 18-22° pour le Nebbiolo. De telle sorte qu'à l'heure actuelle on ne trouve de la Syrah que dans le Sud de l'Europe. "Mais en 2100, avance Bernard Seguin, il sera peut-être possible d'en cultiver en Champagne". Bref, quand il y a 10 ans, 5 amis décidaient de planter 156 pieds de vigne (pinot gris, merlot et cabernets franc et sauvignon) sur un terrain plein sud, et en terrasses, à Bruxelles, ils n'étaient pas fous : c'étaient des visionnaires ! L'aventure, et les résultats ne font que commencer... Vivement 2037, que les ceps aient 40 ans !

  • Dégustation du lundi (7)...

    Et voilà un lundi soir de plus qui se termine... Je reviens du vignoble où nous avons vendangé le merlot, le cabernet sauvignon et le cabernet franc. On a égrappé les baies mûres une à une, puis on les a pressées à la main. Le tout est maintenant dans un récipient en verre, muni d'un barboteur, duquel les premiers gaz carboniques vont s'échapper. Nous n'avons rien ajouté : ni levures (les levures indigènes suffisent à faire démarrer la fermentation, ni sucre pour élever le niveau d'alcool, ni sulfite pour protéger le vin de maladies ou attaques quelconques. Que du naturel ! Le pinot noir, plus précoce, a été vendangé le 29 septembre et termine sa fermentation alcoolique. Il a une très belle robe. Nous l'avons pressé samedi, après une macération à froid, afin que tous les tannins et polyphénols colorent le jus et lui donnent de la matière. Peu importe la qualité de ce vin produit à Bruxelles : l'important, c'est de se retrouver tous les 5, chaque lundi depuis bientôt 10 ans, après une journée de boulot crevante et stressante, sur ce petit lopin de terre. On enlève les mauvaises herbes, on aère la terre, on retend les câbles, on taille, on effeuille, on traite à la bouillie bordelaise si c'est vraiment nécessaire, on accroche les branches, on soutient les grappes,...etc. C'est la Nature, et cela fait du bien : on décompresse. Puis, on participe à notre petite dégustation à l'aveugle, pour décompresser tout à fait ! Et c'est grâce à cela que nous avons, tous les 5, pu déguster autant de vins extraordinaires, exercer nos nez et palais, acquérir une culture viticole des vins du monde. Un vrai plaisir ! Cela va faire 10 ans que j'adore les lundis soirs ! Un vrai bonheur...

  • Tout se paye...

    Et voilà ! A force de faire le malin et de rentrer aux petites heures, déguisé en apôtre, il ne faut pas s'étonner d'avoir eu fort dur ce matin..., ni de traîner un petit mal de tête jusqu'à midi... Heureusement, le corps humain, magnifiquement conçu, remet vite les choses en ordre et efface les abus commis ! Par contre, quelques-uns de mes comparses semblent avoir beaucoup plus dur que moi pour récupérer. Peut-être boivent-ils trop (l'abus nuit en tout !) ? Peut-être mangent-ils mal (et que leur corps ne trouve pas les éléments dont il a besoin pour tout remettre en ordre) ? Toujours est-il qu'on avait rendez-vous à 5 ce soir pour presser les vendanges du 29 septembre et qu'on a essuyé 3 forfaits ! Des petites natures... Bref, le rendez-vous est reporté à samedi midi : nous verrons alors à quoi ressemblera le millésime 2006 de notre petit vignoble secret. Mais çà, c'est secret. Donc je n'en parlerai pas. Sauf sous la torture !