vigneron

  • Dégustation du lundi 245

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    Encore une belle dégustation à l'aveugle ce lundi soir, à 5, avec un vin blanc et 6 vins rouges.

    On débuta avec un vin à la robe jaune pâle et au nez de cidre, de tarte tatin et d'anis étoilé. En bouche, c'est chaud avec de l'alcool, mais aussi avec une gentille petite acidité. On pense à un Chenin ou à un Sauvignon de Loire et on se trompe : Brave Margot, Le Bout du Monde, Vin de France 2013 d'Edouard Laffitte. On est en Languedoc, et ce n'est pas terrible...

    On passe aux rouges avec un premier flacon à la robe rubis et au nez boisé, poivré, complexe, sur un Gamay du sud. En bouche, la griotte du Pinot noir, du chocolat, du café, de l'acidité, le tout sur une belle longueur. On évoque la sévérité dans un travail accompli et mûr, sans boisé asséchant. Echezeaux Grand Cru 2008 du Domaine Rion & Fils. Un fort bel Echezeaux tout en finesse, par un petit vigneron.

    Le second rouge, à la robe plus foncée mais au disque marqué par l'évolution présente un fort beau nez de grand vin : pruneau, chocolat, épices, petites fraises, une note de cassis et un rien de réduction de Porto. Par contre, en bouche, c'est sec de chez sec, avec de l'astringence . Pas assez de fruits pour ce vin surboisé... On a le boisé bordelais, mais pas le cépage et personne ne trouve : Trévallon 2003 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. Un millésime raté pour ce grand vin qui nous a tant comblé sur tous les autres millésimes dégustés.

    On poursuit avec un vin à la robe noire et plus jeune, et au nez sud et jeune également. La bouche est massive, mais fine et élégante aussi, sur des fruits noirs et mûrs qui restent frais (non confiturés). C'est top, fin et hyper-maîtrisé. Je suis sur un Madiran, d'autres en Roussillon, ou sur un Cornas. Le Jouet, Domaine des Enfants, en Vin de Pays des Côtes Catalanes à Maury. Pas de millésime noté, ni sur l'étiquette, ni sur le bouchon...

    Le suivant présente une robe pourpre foncée et un nez de Cabernet bordelais, avec une toute petite note de volatil en fin de nez. En bouche, c'est assez classique, pas fort sur le fruit, avec un côté mentholé/eucalyptus, sur des notes bordelaises, avec une belle attaque et une belle fraîcheur, puis des notes tertiaires de cuir et de boisé. Côté vieux vin qui ennuye un peu, et trop classique : Château Musar 2007 de Gaston Hochar à Ghazir au Liban.

    La sixième bouteille, à la robe noire, présente un nez monolithique de monocépage. En bouche, une attaque très longue, monocorde, sur décoction de cassis, toute en longueur, avec une belle fraîcheur malgré le soleil qu'on ressent, et un beau cassis en fin de bouche. Ce vin manque néanmoins d'aspérité et de structure. On pense à une Syrah pure en Biodynamie en 2011. A Cornas ? Non : Syrah 2011 de Stefano Americhi Vignaiolo in Cortona en Toscane, en agriculture biodynamique. 2011 sur l'étiquette et 2010 sur la contre-étiquette, allez savoir...

    Le dernier flacon de la soirée présente une robe noire et un nez crayeux qui fait plaisir. En bouche, un très beau fruit, très légèrement pétillant sur de la cerise, avec de beaux tannins. Certains évoquent un Cabernet Franc en Loire pour ce vin composé de 2% de Carignan, de 16% de Petite Syrah, et de 82 % de Zinfandel ! Ridge Lytton Springs 2011 Dry Creek Valley California.

    La suite des aventures du Clos lundi prochain. Si tout va bien.

     

  • Dégustation du lundi 237

    Très belle dégustation improvisée du Clos à 3, profitant du retour de certains avant le départ d'autres. 2 blancs et 4 rouges firent notre bonheur ce lundi soir.

    Le premier blanc, à la robe paille claire et au nez d'époisses et de fumée présente une bouche avec un soupçon de résiduel, ce qui suppute que c'est alsacien. Il y a un peu d'hydrocarbures, de citron, mais aussi un côté iodé. C'est riche et nerveux en même temps : c'est vraiment très bon. Dolia 2009 du Domaine Hauvette dans les Alpilles en IGP.

    Second blanc, à la robe identique et au nez de fumée et de Riesling. La bouche s'avère racée, minérale, longue, citronnée, pamplemoussée et caillouteuse à souhait. On est dans un style Josmeyer, dans le Bas-Rhin, en Grand Cru et en 2010 et c'est exact : Riesling 2010, Grand Cru Engelberg du Domaine Pfister.

    Premier vin rouge, à la robe rubis claire et au nez de Whisky, puis de Pinot noir du Jura. La bouche présente un fruité magnifique : c'est mature, profond, joyeux, sur une fort belle acidité. L'Icaunnais, Les Cailloux du Paradis 2010 d'Etienne Courtois en Vin de France (Loire). On est sur un vieux cépage oublié, issu du Franc Noir de l'Yonne et du Gamay d'Orléans. Belle bouteille.

    Second rouge de la soirée, avec un vin un rien plus foncé, et au nez de fraises, de fraises des bois avec une pointe de rhubarbe. Un beau nez de vieux bordelais fondu. En bouche, une attaque bourguignonne sur le fruit et une finale bordelaise sur du graphite et de l'ardoise. C'est vraiment très beau, avec un côté plus évolutif que le précédent : Pibarnon 1989 en Bandol. Ma dernière bouteille dans ce millésime, mon icône après l'Icaunais...

    Cinquième et sixième flacons de la soirée, servis en même temps, à la robe rubis léger. Le premier présente un nez torréfié et de pralin, avec un côté vert dû au non égrappage tandis que le second est plus sur les fruits rouges et noirs (cerises et cassis). En bouche, le premier déménage et est très beau, sur un côté lacté impressionant. Le second a plus de peps, est plus long en bouche sur une belle fraîcheur, avec une fort belle expression sur le fruit, avec un côté sanguin et plus chaud. Deux très beaux flacons rares, provenant d'Espagne, en biodynamie : Las Umbrias 2011 Rozas De Puerta Real (0,5 hectare) et Rumbo Al Norte 2011 Navaprevisca (0,3 hectare). Ils titrent 14,5° tous les deux, et cela ne se sent pas du tout. Magnifiques.

     

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    Prochaine dégustation du Clos un de ces lundis, quand ceux qui sont partis rentreront, avant que les autres ne partent à leur tour... Qui vivra verra.

  • C'est Dallas...

    Je lis dans la Revue des vins de France de septembre les nouvelles augmentations de prix sur le millésime 2005 : c'est écoeurant ! Bernard Magrez avait certifié en février qu'il n'augmenterait pas le prix de ses vins de manière spectaculaire. Résultat : + 113% pour le Pape Clément blanc, et + 103% pour le rouge, + 43% pour le Faubrauge et + 41% pour la Tour Carnet ! Les autres font pas mal non plus, dont le Larcis Ducasse (+ 328,56%), vendu dorénavant au même prix que le Figeac... Et, malgré cela, tout s'est vendu en 2 heures... Quant aux grands, Margaux a augmenté de 337% à 350 euros la bouteille, Cheval Blanc à 400 et Ausone à 500 euros ! Laissons ces bouteilles partir dans le Sud-est asiatique, aux USA et en Russie, où des nouveaux riches sans culture ni éducation, épateront leurs invités - ignares comme eux - avec ces flacons renommés. Peut-être les boiront-ils au goulot, ou dans la piscine ? Peu m'importe. Quant à nous, recherchons ces petits trésors abordables, vinifiés et vendus honnêtement par des vignerons d'autres régions ou pays, et découverts par les cavistes. Le plaisir est là...