vieux vins

  • Dégustation du lundi 258

    Alors là, les amis, une toute toute grande dégustation du lundi du Clos, à 5, mais avec un autre P-Y.

    Un premier vin à la robe or et au nez floral et parfumé, sur du coing. La bouche est minérale et citronnée sur un beau travail d'élevage, avec des notes de noisettes. C'est long, avec une belle tension, de la matière et de la puissance, et relativement jeune. Chablis ou la Côte de Beaune sont évoqués pour ce Clos des Vignes du Maynes 2011 en Mâcon Cruzille de Julien Guillot. Un vin produit depuis 910 (j'ai bien écrit 910 !), Bio depuis 1954 et en Biodynamie depuis 1998. Fort beau.

    On passe aux rouges avec un flacon à la robe légère et claire et au nez pas très expressif, mais avec quelques notes de framboises et de cassis quand même. En bouche, c'est le vin dans la plus simple expression  du terme, sans prétention mais très joli. Que du fruit, délicat et aérien, avec une petite acidité et de la tension, sans artifices. C'est gourmand et on pense être au sud. Mais pas si au sud que cela : Pipeno 2014 Coelemu Itata Valley au Chili. Un vin de Louis-Antoine Luyt, un français établi là-bas.

    Le second rouge présente une robe rubis évoluée : c'est très vieux. Le nez est floral, sur de la violette. Au palais, on a une attaque sur de l'acidité, puis la sucrosité qui arrive. C'est un vin énorme, puissant, magnifique et très très bon. Je pense à une rive gauche avant 1982, d'autres évoquent une rive droite... Domaine d'Ott 1981 en Cuvée Spéciale à Bandol. La classe mondiale. Topissime !

    Le rouge suivant a une robe foncée et un fort beau nez mentholé, herbacé, avec des notes de tabac et de pruneau confit. Pas trop de richesse en bouche, une belle rondeur mais de la structure aussi avec du fruité. Encore un peu jeune aussi avec sa finale fort plaisante malgré quelques légères notes d'astringence. Belle gourmandise qui balance bien : on n'est pas dans la caricature. Concentration et bel ensoleillement, c'est chouette, jeune et bon : Moulin des Costes 1993 en magnum du Domaine Bunan à Bandol.  Magnifique !

    Le cinquième vin de la soirée présente une robe foncée et un somptueux nez sur un énorme bourgogne. En bouche, le Machu Pichu ! C'est gourmand, plein de fruits, sans traces d'élevage. Il y a une dynamique géniale dans ce pinard : la pleine maturité d'un raisin par rapport à son climat. Cela explose. On évoque un Grand Cru en Côte de Nuit, en 98 ou 99 pour ce Lavaux Saint Jacques 1999 1er Cru en Gevrey-Chambertin du Domaine Denis Mortet. Assurément la meilleure bouteille de la soirée.

    La bouteille suivante est noire de robe et nous offre un nez agréable, commun et bulldozer (je pense même à un vin hors France). En bouche, hyperconcentration, très confit, "parkérisé", riche à mort. Il y a un très beau fruit mais qui est sur des rails et qui ne bouge plus : la fraîcheur originelle n'est plus là. Fort jeune, pas trop chaud et aucun défaut pour ce Mas Julien 2010 en Terrasses du Larzac.

    La dernière bouteille de la soirée présente également une robe noire et un nez discret sur une belle fraîcheur. C'est concentré, avec de l'alcool, mais avec de la fraîcheur aussi. Classique, balance bien, tannique, animal, et rafraîchi bien la bouche après tout ce qu'on a bu. Cette bouteille, débouchée au dernier moment, aurait mérité d'être carafée pour être appréciée à sa juste valeur : un nez sauvage, fruité, aux arômes de garrigue et un palais riche et charnu, mais souple, sur de la framboise, de la mûre, avec des notes de lavande, des tannins soyeux et une finale longue et épicée. On est tout à fait passé à côté de ce Grand Grenache 66 2010 du Domaine Santa Duc en Gigondas, et celui qui l'a amené, est injustement passé sous la table...

    La suite des aventures du clos lundi prochain, et la taille des ceps par Polo le 16 mars. Qui vivra verra.

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