uniformisation

  • On est sauvés ?

    Une "Arche de Noé verte" abritant des graines des principales cultures vivrières a été inaugurée, ce mardi 26 février, en plein coeur de l'Arctique, véritable cocon pour la diversité végétale menacée par les catastrophes naturelles, les guerres et le changement climatique. Enfouie dans une montagne de Longyearbyen, chef-lieu de l'archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), à 1.000 km du pôle Nord, la réserve de semences pourra accueillir jusqu'à 4,5 millions d'échantillons, deux fois plus que le nombre de variétés existant dans le monde. Lors de la cérémonie d'inauguration, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a affirmé que l'endroit est "un jardin d'Eden glacé". Chaudement emmitouflés, la militante écologiste kényane et prix Nobel de la paix, Wangari Maathai, et le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, ont ensuite déposé symboliquement des graines de riz dans une des chambres froides. "Le monde est un endroit plus sûr aujourd'hui", a déclaré à l'AFP le père du projet, Cary Fowler, directeur du Fonds mondial pour la diversité des cultures (GCDT), peu après la cérémonie cosmopolite qui mêlait chant traditionnel lapon, musique d'inspiration africaine et choeur d'enfants. "Nous pouvons maintenant stocker en toute sécurité un nombre considérable de semences vulnérables et précieuses", a-t-il précisé. La réserve de semences fonctionnera comme un filet de sécurité. Elle conservera dans des conditions optimales, à -18°C, des doubles de graines stockées dans les 1.400 banques de gènes existantes. Celles-ci n'offrent pas les mêmes garanties que la nouvelle venue: protégée par des tonnes de roc, des portes blindées et des parois en béton armé, elle peut résister à une chute d'avion ou à un missile nucléaire. Caméras de télésurveillance et ours polaires complètent le dispositif. Si une variété de culture vient à disparaître dans son milieu naturel, les Etats et institutions pourront récupérer les graines qu'ils ont déposés et dont ils demeurent propriétaires. Sous l'effet des maladies, du changement climatique ou encore des activités humaines, la diversité génétique s'appauvrit. En 1949, les paysans chinois cultivaient plus de 10.000 variétés de blé, dix fois moins 20 ans plus tard. Or, la diversité est indispensable pour mettre au point des cultures plus résistantes, moins gourmandes en eau et en engrais, aptes à s'adapter au réchauffement climatique et plus nutritives. D'autant qu'en 2050, il y aura 9 milliards de bouches à nourrir. "Nous espérons et oeuvrons pour le meilleur, mais nous devons nous préparer au pire", a précisé José Manuel Barroso. Grand comme deux fois la Belgique pour une population de 2.300 âmes, le Svalbard --où aucune culture ne pousse-- est considéré comme l'endroit idéal pour une réserve de semences. Isolé mais accessible, politiquement stable, l'archipel est recouvert d'un permafrost qui garantit à l'Arche suffisamment de fraîcheur même en cas de défaillance des systèmes de réfrigération. La réserve de semences a coûté environ 6 millions d'euros, financés par la Norvège. Tout cela est bien beau, mais il vaudrait mieux cultiver toutes ces espèces végétales partout sur la planète, plutôt que d'acheter des semences manipulées génétiquement et uniformisées, à des grands groupes agro-alimentaires comme ADVANTA, ALTADIS, ARVATIS, AVENTIS, BASF, BAYER, BIOGEMMA, CFS, DOW AGROSCIENCES, DU PONT DE NEMOURS, GNIS, LIMAGRAIN, MAISADOUR, MERISTEM THERAPEUTICS, MONSANTO, NOVARTIS, PIONEER, et SYNGENTA. Ces firmes ne rêvent que d'une chose : s'approprier le monde du vivant et inonder la planète de leurs semences trafiquées, pour nourrir 9 milliards d'individus ! Un rêve diabolique qui va à l'encontre du bon sens, de la biodiversité, de notre santé ! Consommons des produits saisonniers, de terroirs, si possible bio, et luttons contre ces méga-multinationales que rien ne semble arrêter. Terriens, il est grand temps d'agir...

  • Sauvegarde de la biodiversité alimentaire...

    Ce sont 165.000 variétés de plantes qui seront mises à l’abri sous forme de plants ou de semences par le Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures (Global Crop Diversity Trust), afin de sauvegarder des semences menacées de disparaître. La sauvegarde de toutes ces cultures est indispensable pour lutter contre la faim et assurer la sécurité alimentaire de la planète, précise le Fonds mondial. De nombreuses cultures qui participent à l’alimentation de base dans les pays en développement intéressent peu l’industrie agroalimentaire. La mondialisation tend à uniformiser les cultures alors que, face à une maladie, un ravageur ou des changements climatiques, la diversité des semences est essentielle pour trouver de nouvelles capacités de résistances des plantes.Dans les pays en développement le manque de moyens met en péril la conservation des cultures, estime le Fonds. Le projet vise donc à sécuriser les collections à risque en les stockant à plusieurs endroits, notamment dans la ‘’chambre forte’’ construite sur l’île de Svalbard, en Norvège,. A partir de mars 2008, des semences y seront conservées dans une banque végétale construite dans le permafrost (Svalbard Global Seed Vault). Pour des cultures comme le manioc, l’igname, la noix de coco, le taro ou la patate douce, qui ne peuvent pas être conservées sous forme de semences mais sous forme de boutures, de racines ou de cultures cellulaires, le Fonds financera des recherches sur des méthodes de conservation moins coûteuses. Les 37,5 millions de dollars mobilisés par le Fonds mondial pour la diversité des cultures permettront aussi de mettre en place une banque de données complète d’informations génétiques pour les chercheurs du monde en entier qui travaillent à l’amélioration des variétés. Ce système permettra de partager quatre millions d’échantillons portant sur plus de 2.000 espèces, soit 85% de la diversité de toutes les cultures agricoles, précise le communiqué du Fonds. La fondation Bill et Melinda Gates a donné 30 millions de dollars, le gouvernement de Norvège les 7,5 millions restants. Une excellente initiative pour la sauvegarde de la biodiversité en ces temps d'uniformisation de l'agriculture et des semences par les multinationales agro-alimentaires. Bill Gates monte dans mon estime... Il ne reste plus qu'à faire la même chose pour les espèces de plantes non alimentaires, qui, elles aussi, disparaissent chaque jour... Terriens, il est temps d'agir...