typicité

  • Comprendre les différences entre fromages au lait cru et fromages morts (pasteurisés)...

    Quelle est la différence entre un fromage au lait cru et un fromage industriel pasteurisé, thermisé, ionisé ou filtré ?

    Avant, il y avait des fermiers qui avaient des troupeaux de vaches de races locales selon les régions, et qui produisaient leur fromage local juste après la traite, avec un lait hyper frais. Ces vaches avaient une alimentation différente des autres selon les régions et selon les saisons. Ceci est important au niveau du goût et de la typicité des fromages.

     

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    Après la seconde guerre mondiale, il fût politiquement décidé de remplacer toutes ces espèces différentes et ancestrales par une seule : la vache Holstein qui produisait plus de lait. Heureusement, quelques cheptels originaux furent conservés, ce qui permet aujourd'hui de ré-introduire ces espèces de vaches adaptées à leur milieu selon les régions. 

     

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    Puis arrivèrent les industriels, avec leurs grands besoins de lait pour la production de masse. Comme le lait était moins frais car il venait de loin, ils décidèrent de pasteuriser le lait et d'y ajouter des conservants. Et inventèrent de nouveaux fromages pour inonder les rayons des magasins de pseudo-fromages.

     

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    Remarquez les slogans publicitaires trompeurs: Meule de campagne, Variez les saveurs, Pâturages, etc... 

     

    Lors de la production d'un fromage au lait cru, le lait ne subit aucun traitement thermique La flore bactérienne du lait est conservée. On parle de laits frais locaux qui sont mis en œuvre au maximum quelques heures après la traite des animaux. C’est généralement le cas des fromages fermiers ou artisanaux. En conservant cette flore bactérienne naturelle et sauvage, on favorise la production de goûts d’odeurs, d’arômes et de saveurs particuliers dans des fromages qui sont plus subtils et élaborés ! Avec, en plus, des variations gustatives et qualitatives sur le produit fini, qui dépendent de la saison, du producteur et de l'affinage. C'est un vrai fromage, qui vit, qui évolue, qui s'affine, qui se donne et qui s'auto-protège (les bonnes bactéries empêchant les mauvaises de proliférer).

     

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    Lors de la production d'un fromage pasteurisé, on chauffe le lait pour éliminer tout germe pathogène (mauvais microbe) qui serait présent dans ce lait, issu de mélanges de provenances diverses et parfois lointaines. Comme toute la flore bactérienne est détruite, il faut rajouter beaucoup de ferments lactiques, ce qui donnera des fromages  standardisés avec des goûts et des saveurs uniformes et moins atypiques . La pasteurisation confère au produit un goût neutre, une texture molle qui ne garantit pas une totale transformation de la matière crayeuse en crème. Et comme les bonnes bactéries qui auto-protègent le fromage sont détruites, on comble ce manque d’immunité naturelle par l’utilisation de conservateurs.

     

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    Pour les laits thermisés ou micro-filtrés, on arrive quasi au même résultat : uniformisation des goûts, absence de typicité, manque de caractère. Et surtout, une matière morte bourrée de conservants.

     

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    Les industriels tentent maintenant de faire croire que les fromages au lait cru sont dangereux pour la santé, ce qui leur permettraient de produire en masse des fromages AOC (Origine d'Appellation Contrôlée). Certaines AOC exigent que le fromage soit issu de telle race de vaches ou de chèvres dans telle région, afin de conserver la typicité d'un fromage élaboré depuis la nuit des temps. C'est le cas du camembert fermier moulé à la louche, du reblochon fermier, du fromage de Herve dont on a beaucoup parlé ces derniers temps, et de ces centaines de variétés de fromages fermiers ou artisanaux qui font le plaisir de nos papilles gustatives.

     

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    Rien à voir avec les pseudo-fromages des grandes multinationales agro-alimentaires, issus de laits lointains ou même étrangers, morts, et bourrés d'additifs chimiques pour leur donner un semblant de goût, un semblant de texture, un semblant de couleur, un semblant d'onctuosité. Il en existe même en boîtes de conserves. Si cela vous dit...

     

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    Une dernière chose à savoir : la plupart des intoxications alimentaires dues au fromage sont le fait de la consommation de fromages pasteurisés et non de fromages au lait cru, comme on pourrait le penser. Quand une bactérie se développe dans un fromage pasteurisé, elle prolifère car les bactéries sensées la combattre ont été tuées lors du chauffage du lait. Ce qui n'est pas le cas d'un fromage au lait cru, qui s'auto-protège. La nature est bien faite, on n'arrête pas de vous le dire...

     

  • Dégustation du lundi 242

    Nouvelle dégustation à l'aveugle du Clos, à 4 ce lundi soir, avec 7 vins au programme : un blanc et six rouges.

    Le blanc, à la robe claire, présente un nez fort expressif, qui s'affine au fur et à mesure de la dégustation. La bouche est riche, mûre, du sud. C'est gras et long, mais pas assez frais : il manque cette pointe d'acidité qui change tout. Clos Magdeleine 2012 à Cassis. C'est LE Cassis emblématique, original, toujours fait à l'ancienne, que les restaurants étoilés s'arrachent. Pourtant, il doit bien en avoir un avec plus de fraîcheur...

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe rubis, au disque marqué par des notes d'évolution, et un nez de vrai bordeaux, ou de vrai cabernet de Loire. En bouche, c'est long, rond, avec un boisé intégré, sans notes sudistes ni de sécheresse. Via Veliu Basavin Cabernet 2009 Fabricat in Moldova. Une surprise pour ce flacon en Limited Editon (7.215 bouteilles).

    Le second rouge présente une robe rubis écarlate et un nez sur des fruits rouges, avec un côté lacté et crémeux. La bouche est ronde et fruitée, avec moins d'alcool que le présumerait le nez. On est sur des noyaux de cerises, avec ce qu'il faut d'acidité et de tannins naturels pour porter le vin. On propose la Suisse, l'Italie ou l'Autriche pour ce Terras Do Demo Reserva 2009 Tavora-Varosa au Portugal.

    Le suivant présente une robe évoluée et un fort beau nez sur une certaine évolution, avec des notes animales, du cuir, du tabac, de la prune et de la cerise. En bouche, certains sont sur un bordeaux avant 1990, moi plutôt sur un cabernet mais pas à Bordeaux. C'est fondu, avec un côté Cabernet classique, et plaisant : Chinon 2009 en Coteau de Noiré de Philippe Alliet. 100% de Cabernet franc. Pas mal cette rondeur et cette concentration pour un Chinon...

    Le cinquième flacon de la soirée presente une robe rubis et un nez jeune, mentholé, sur du cumin, avec des petits fruits rouges qui apparaissent à l'aération. En bouche, c'est bien fait : expressif, long, rond, fin et délicat, avec de la fraîcheur sur de la fraise et des noyaux de cerises. C'est fort jeune, mais une jeunesse qui plaît, un ravissement : la finesse du fruit, et pas le soleil ou les fruits mûrs. Les Cocalières 2011 Montperoux en Languedoc du domaine D'aupilhac de Sylvain Fadat. Très belle bouteille à re-goûter dans les mois et les années qui viennent...

    Le vin suivant présente une robe plus foncée et un nez vert de rafles (non égrappé). En bouche, il est moins rond et harmonieux que le précédent, plus jeune, moins abouti et moins plaisant. La verdeur de la rafle se retrouve en finale, mais apporte une belle fraîcheur. Terre des Galets 2012 du Domaine Richaud en Côtes du Rhône. Un vin qui nous a quand même plu, à tout petit prix.

    On termine cette dégustation avec un vin à la robe rubis clair et au nez puissant, riche et sévère, sur des notes de fumée et de cabernet. En bouche, on est sur un cépage bordelais avec un côté bourguignon... C'est souple et assez spécial, difficile à trouver. Charmes Chambertin Grand Cru 2010, Lou Dumont (alias Koji Nakada), négociant à Gevrey. C'est l'histoire d'un sommelier japonais assez brillant qui a voulu connaître la quintessence du Pinot noir et est passé à l'acte : négoce (achat de raisins) et vinification. 95 % de sa production est exportée au Japon...

    Prochaine dégustation du Clos, lundi prochain. Qui vivra, goûtera...

     

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  • Dégustation du lundi 235

    Dégustation du Clos à 4 ce lundi soir, notre 5ème luron ayant enfin retrouvé la terre ferme, et même un rude terre à terre avec sa marmaille, son épouse s'étant envolée à son tour, à l'étranger.

    Premier vin, blanc, à la robe paille et au nez boisé, riche et beurré. La bouche est fort acide, poivrée et boisée sur du citron et un côté beurré qui nous conduit vers un Chardonnay. Mais nous ne sommes pas en Bourgogne : Chardonnay 2011 Côte de Caillot en Arbois Pupillin du Domaine de la Borde de Julien Mareschal en vin nature.

    On passe aux vins rouges avec un vin à la robe noire et au nez sur des notes évolutives assez agréables et un côté vert. La bouche est concentrée et tannique, sur du poivron vert. On pense à un cabernet de Loire. Anjou ? Chinon ? Non, Saumur : Clos Cristal Batifolle 2010 en Saumur Champigny. On est en Cabernet Franc pour cette bouteille de Denis.

    On poursuit, avec un vin à la robe foncée et au disque un peu évolué. Le nez, très beau, est sur le café, le cacao, et un côté animal. Par contre, en bouche, on est plutôt sur de l'alcool, de la sucrosité et un côté sud qui fatiguent : Clos de l'Oratoire des Papes 2009 en Châteauneuf-du-Pape. 14°5 pour cette bouteille de Goldy.

    Quatrième flacon, à la robe noire, avec un cépage teinturier qui laisse des traces rouges sur le verre. Nez moins plaisant que lors de la dernière dégustation de ce vin. Bouche trop puissante (15°) sur de l'alcool et du sucre, mais par contre, aucun boisé et un fruit croquant : Es d'Aqui Red is Dead 2012 "Adieu Youri" en Vin de France (Corbières) de Jean-Louis Pinto. On est sur un Carignan de 40 ans, planté à 300 mètres d'altitude, en vin nature pour cette bouteille de Yannick.

    Le dernier vin rouge de la soirée présente une robe noire et un nez sur des pruneaux, de la torréfaction, un soupçon de noyaux de cerises, des fruits noirs et du menthol. En bouche, une belle matière et une belle concentration, plus complexe que le précédent, avec un élevage mentholé recherchant la fraîcheur. Saint Sauveur 2010 de l’Abbaye de Lérins IGP Vin de Pays de Méditerranée. On est sur de vieilles vignes de Syrah.

    On termina cette dernière dégustation au Clos avant les vacances avec un vin à la robe orangée et au nez classique sans être explosif. Belle matière en bouche, avec un beau côté huileux, une belle onctuosité, sans être écoeurant. Texture remarquable, belle fraîcheur et aucun excès pour ce Château Sigala-Rabaud 1990 1er Cru Classé en Sauternes.

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    Peut-être une dernière dégustation du Clos lundi prochain chez moi, sinon, au retour des vacances. 

  • Dégustation du lundi 231...

    Nouvelle dégustation à l'aveugle du Clos, à 5, ce lundi soir, avec 3 blancs et 2 rouges au programme. 

    Le premier vin présente une robe claire et un nez de pamplemousse. En bouche, on retrouve l'amertume du pamplemousse, ainsi qu'un côté beurré et huileux, dans un style on ne peut plus classique. Les uns sont à Bordeaux, les autres en Rhône pour ce Clos Val Bruyère 2009 à Cassis, du Château Barbanau.

    Le second vin blanc présente une robe abricot et un horrible nez de cour de ferme, très persistant, en plus... En bouche, c'est intéressant, désaltérant, frais comme un ice-tea à la pêche, sans pétillant et moins sucré, avec quelques notes de melon. C'est plus tannique qu'aromatique ou parfumé. Les Bigotes 2011 en Vin de France de Benoît Courault, en vin nature. On est en Anjou, en Loire, sur du Chenin.

    Le dernier blanc de la soirée présente une robe claire et un nez sur la pomme à mort, un jus tout frais. La bouche est libre, gourmande, longue, avec des notes d'abricots et de pêches blanches, et une pointe de Butternut. Certains sont au nord vu l'absence de chaleur excessive, d'autres au sud, avec une belle fraîcheur, et le dernier au milieu, sur un chardonnay à Chablis... Le Grand B. 2012 de Pierre et Diane Cauvin, vignerons amoureux. On est en Fronton (en Haute-Garonne) sur un cépage oublié : le Bouysselet (de la famille du Prunelard). Pas mal du tout.

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe claire et au nez de vin nature. La bouche, fumée, est surprenante pour certains. Pour moi, elle est commune à bien d'autres vins nature. Certains évoquent un Pinot noir en Alsace, d'autres en Bourgogne, pour ce vin du Jura : En Barberon 2011 Pinot Noir en Côtes du Jura de Bénédicte et Stéphane Tissot.

    Le dernier rouge de la soirée présente une robe rubis foncée, dont le disque rouille trahit une certaine évolution. Le nez me mène à Bordeaux, bien que l'on aurait pu être à Bandol, avec ce côté mûr et ces épices, sur du poivron vert. La bouche me conforte dans le bordelais : très structurée, manquant un peu de chair, avec une belle acidité, sur un millésime plus technique que mûr, mais le tout présentant un bel équilibre. On n'est pas sur le fruit, ni sur des arômes tertiaires, mais sur du charbon de bois : Château La Mission Haut-Brion 1995 en Pessac Léognan. La suite des dégustations du Clos, sans football, lundi prochain.

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  • Dégustation du lundi 220

    Nouvelle dégustation du Clos, à 5, ce lundi soir, avec 2 blancs et 4 rouges, à l'aveugle, comme il se doit.

    Premier vin, à la robe dorée et au nez assez simple, sur de la pomme tiède. La bouche s'avère beaucoup plus intéressante, massive, fine et vive à la fois, avec une belle nervosité sur du coing, saline et une toute belle longueur. Il y a un rien de résiduel qui nous porte sur l'axe Alsace-Loire, mais vu le flacon, on écarte l'Alsace. Et on découvre le flacon et le millésime : Arena, Mosse 2010 en Savennières. C'est très beau.

    Seconde bouteille, à la robe rosée et au nez de vin moelleux sur une concoction d'abricots. La bouche est pétillante au début (re-fermentation du vin en bouteille), fraîche, légèrement oxydative et huileuse. L'attaque est sucrée, puis tout devient sec, sans être très long. On pense à la finale d'un vin du Jura passé sous voile pendant 3 ans, et on se trompe : Riesling Bildstoecklé 2006 de Gérard Schueller & Fils. Pas mal.

    On attaque les rouges avec une troisième bouteille à la robe noire et au nez de cassis frais, de notes fruitées vives. En bouche, un vin qui a vu le soleil, mais qui n'est ni rôti, ni confit. Certains évoquent un Carignan du Roussillon pour ce vin rond, sur un très beau fruit, sans astringence, juste bien fait : La Deuxième 2009 (Seconde micro-cuvée de Syrah/Grenache) AOC Côtes du Ventoux, produite à 993 bouteilles. Un très beau flacon acheté sur Vins Etonnants, en vin nature.

    Pour suivre, un quatrième flacon à la robe noire et au nez un peu étranger pour moi. Pas de défauts en bouche, mais pas de grand intérêt non plus : il y a des fruits, de l'alcool et une longueur honnête : Domaine Grande Bellane 2009 Valréas en Côtes du Rhône Villages, et en Bio. En Syrah.

    Cinquième bouteille de la soirée, à la robe rubis fondue et au nez de rhum vanillé. En bouche, une belle matière sur des prunes vertes, du fruit qui croque sur une fort belle fraîcheur, mais avec un peu de sécheresse en fin de bouche. Planètes de Nin 2011 En Priorat (Catalogne). Partida "Les Planètes" Vi de la Vila Vorrera 2011 Familia Nin-Ortiz. Je suis si précis parce que Marcel connaît Esther, la gonzesse : une bombasse, un avion de chasse... Après vérification sur le net, je dois bien conclure que nous n'avons décidément pas les mêmes goûts. A ce sujet-là, en tout cas...

    Dernier flacon de la soirée à la robe plus légère et au nez génial. La bouche est, hélas, beaucoup moins intéressante, sur l'amertume et c'est dommage. Saint Romain "Sous Roche" 2009 du Domaine de Chassorney. Nous l'avions dégusté il y a 15 jours, et c'est toujours décevant...

    Pas de Clos lundi prochain (2 en Ecosse en kilt pour faire la fête, et 2 autres en Loire pour faire la fête). Rendez-vous dans 2 semaines pour une nouvelle dégustation à 4, avec pour thème : Mac. Qui vivra, verra...

     

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  • Dégustation du lundi 219

    Certains préférant le Salon de l'Auto en nocturne, c'est donc à 4, que nous attaquèrent ce lundi du Clos, en commençant par éliminer les dernières lies fines de notre nectar, reposant toujours en tourille. Un soupçon de souffre après cette belle oxygénation, et voilà notre vendange 2013 prête à être mise en bouteilles. Il manque juste des bouchons de qualité, que nous allons nous efforcer de trouver.

    Quatre vins rouges, ce lundi soir, avec un premier flacon à la robe rubis clair et au nez assez discret sur de la prune. En bouche, une attaque trop confite, trop riche sur des pâtes de fruits et de la chaleur, immédiatement suivie d'une astringence assez marquée, jusqu'en finale, avec de l'alcool. Singulier 2009 Trousseau en Arbois de Bénédicte et Stéphane Tissot. Fort déçus par ce vin, titrant 14 degrés, qui nous avait beaucoup plu il y a quelques temps...

    Second flacon, à la robe plus foncée et aux reflets écarlates, et au nez de fruits et de végétal, avant de tourner vers de la colle au scotch. En bouche, une fort belle matière sur le fruit et des tannins fins et fondus, avant qu'une finale, astringente à nouveau, ne prenne le dessus et gâche cette belle attaque fruitée à souhait. C'était tel que je pensais que le raisin n'avait pas été égrappé, alors qu'il l'est. Le Rouge d'Herbel en Vin de France. On est à Anjou sur du Cabernet Franc, en 2010, un millésime difficile.

    Troisième flacon à la robe noire et au nez expressif, parfumé et mentholé sur du cassis et de la crème de cassis, avec également un côté sanguin et de la tomate confite. La bouche est puissante, fondue et fraîche et évoque une Syrah de soleil. C'est un vin de dégustation et pas de repas car un peu passé de mode au niveau extraction. Ceci dit, c'est un superbe jus de cassis très bien fait et sans boisé. Chloé 2010 (Vieilles Vignes Merlot, Haute Vallée de l’Aude en Languedoc), en appellation Limoux de Jean-Louis Denois. Acheté sur "Vins Etonnants".

    Dernier flacon de la soirée, à la robe foncée et au nez chaleureux, avant de tourner vers un très beau fruit. La bouche est puissante, sur un joli fruit, une belle matière et de la fraîcheur. C'est propre et net. On est sur une Syrah. C'est encore un vin de gastronomie, de fin de repas. Domaine Elodie Balme 2011 Champs Libres en Côtes du Rhône Villages.

    Toujours pas de photo de la dégustation. Ce sera pour lundi prochain...

  • Légumes clandestins...

    tomates.jpgL’inscription ironique figure sur les pancartes que des jardiniers et des consommateurs brandissent ce 4 juin sous les fenêtres de la direction régionale de la concurrence et de la consommation à Toulouse. Ils dénoncent la pression sur les petits producteurs qui commercialisent des variétés de légumes non inscrits au catalogue officiel.

    Quinze jours plus tôt, le 17 mai, des petits maraîchers ont reçu la visite d’un agent de la répression des fraudes, sur le marché de Lavelanet, en Ariège. Leur délit : vendre des plants de tomates non inscrites au catalogue officiel et ne pas disposer de la carte du GNIS, l’interprofession nationale des semences et des plants. Ils encourent une amende potentielle de 450 euros...

    « Bien que pour eux qui vendent moins de 10 000 plants par an, cette carte soit gratuite, pour le moment du moins, cette visite a causé un certain émoi, d’autant plus que jusqu’ici cette activité annexe était tolérée et que ces maraîchers ignoraient même que cette carte était obligatoire », réagissent plusieurs organisations dans une lettre commune. Ces dernières voient dans ce contrôle « un abus s’inscrivant complètement dans une logique de généralisation du fichage de toutes les activités et de toutes les personnes qui échappent au contrôle des multinationales ».

    L’élu écologiste François Calvet, Vice-Président de la commission agriculture du Conseil régional Midi-Pyrénées, considère également ce contrôle comme « inopportun ». « La vente de plants par les maraîchers peut-être un revenu complémentaire non négligeable, écrit-il. Au moment où l’économie agricole est en crise, il n’est pas acceptable que ces paysans soient mis en difficulté par une application zélée de la réglementation sur la propriété intellectuelle ».

    Plus largement, les organisations associatives et paysannes demandent à « répondre à la forte demande des jardiniers de pouvoir trouver sur le marché des plants leur permettant de cultiver toute la diversité des variétés paysannes, locales ou exotiques qui ne pourront jamais être toutes inscrites au catalogue. » Entre 1954 et 2002, 80 % des variétés potagères auraient été radiées du catalogue selon le Réseau semences paysannes. Des 876 variétés potagères inscrites en 1954, il n’en restait plus que 182 au catalogue officiel français en 2002. La raison de ces radiations ? Le poids de l’industrie semencière, qui, depuis cinquante ans, cherche « à standardiser les semences pour les adapter partout aux mêmes engrais et pesticides chimiques », estime le Réseau semences paysannes.

    « Ces contrôles sont effectués avec pédagogie pour protéger les consommateurs mais aussi les producteurs », assure pour sa part la directrice régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, Catherine d’Hervé. Cette action intervient alors que la législation sur la commercialisation des semences et des plants est en cours de révision à l’échelle européenne. (Source : article de Sophie Chapelle sur www.bastamag.net).

    Il va falloir résister à cette volonté des multinationales semencières de tout vouloir contrôler. Il va falloir lutter contre les pouvoirs politiques qui nous imposent des lois aidant les multinationales à parvenir à leur fin. Il va falloir protéger la biodiversité et toutes les variétés différentes de fruits et légumes, en les plantant partout, en s'échangeant les semences, et en boycottant les produits industriels issus des cultures intensives, formatées, traitées, sans goût. Terriens, il est temps d'agir...

  • Dégustation du lundi 201

    Fort belle soirée à 6, avec un invité, et même à 7, en pensée, avec une première mise en bouche "bulles" à la robe pâle et au très beau nez vineux sur du Chardonnay. La bouche présente une belle fraîcheur, très citronnée, sans sucrosité marquée et sur le vin. A la santé de Patricia : Champagne Besserat de Bellefon, Cuvée des Moines en Brut Blancs de Blancs. Fort agréable.

    On passe aux vins rouges, avec un vin à la robe fort évoluée, et au nez évolué lui aussi, sur du cuir et du caramel, mais aussi du fruité, sur des framboises. En bouche, c'est mûr, soyeux et tout en dentelle. Un rien de sécheresse en finale et un léger côté métallique aussi : Château Ripeau 1959 en GCC à Saint-Emilion. Quinze hectares de vignes, à côté de Cheval Blanc et Figeac... Pas mal du tout ! Et encore une pensée...

    Troisième flacon, à la robe plus foncée, mais également avec des notes d'évolution. Le nez est complexe, sanguin, animal, avec des notes de pain grillé ou de bois brûlé. En bouche, on est sur la garrigue et l'animal, mais c'est travaillé. C'est rond et fondu, sur des tannins fins, avec du boisé en finale, qui diminue le plaisir. Certains évoquent un Syrah racée, pas compotée mais travaillée, d'autres un Trévallon (bien qu'il aurait dû être plus libre et plus fin) et on se trompe : Château L'Evangile 1994 en Pomerol. No Comment.

    La quatrième bouteille présente une fort belle robe et un magnifique nez, sur de la fraîcheur. En bouche, une attaque fine, de la finesse et de la rondeur sur une belle structure, avec des notes chocolatées et sud. Il y a de l'alcool, mais la puissance du breuvage soutient le tout : Domaine de la Grange des Pères 1995 en Vin de Pays de l'Hérault. Très belle bouteille.

    Suivi un vin à la robe plus jeune et au nez de réduction, avant de faire apparaître  une Syrah fruitée. En bouche, de la pâte à réglisse aux cerises, assez sucré, confituré, du Sud. Déséquilibre entre le nez et la bouche pour ce La Mémé 2011 de Gramenon. Des ceps centenaire certes, mais bu beaucoup trop jeune.

    On poursuit avec un vin au superbe nez et à la robe foncée et légèrement évoluée. En bouche, c'est très très grand, mais trop jeune. Il y a de l'acidité, beaucoup de fruits, de l'alcool, mais c'est déséquilibré et fatigant. Une bombasse (nouveau mot au Petit Robert) qui se termine sur du caramel et du café : Clos des Papes 2005 en Châteauneuf-du-Pape. Pourtant élu Meilleur Vin du Monde en 2007...

    Septième flacon, à la robe évoluée et au nez masculin, fin et abouti mais assez basique et simple. En bouche, c'est beaucoup plus complexe ! Alors que certains partent sur un Cabernet Franc de Loire, d'autres sont à Bordeaux, et d'autres encore en Bourgogne ! Chaque fois la même chose avec ce Trévallon 1989, en Coteaux d'Aix en Provence ! Magnifiquement construit !

    Dernier flacon de la soirée, à la robe encore plus évoluée, et pour moi, au nez de vieux Bordeaux. Finesse et élégance en bouche : juste le boire comme cela, sans rien manger. C'est magnifique, avec une belle acidité, une suavité impressionnante, c'est épanoui : Trévallon 1988, Les Baux, toujours en Coteaux d'Aix en Provence.

    La suite lundi prochain...

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  • Carte blanche à Barroso, c'est demain...

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    "Le document que l’humanite.fr s’est procuré, datant du 12 mars, est actuellement discuté par les Parlementaires européens et les gouvernements nationaux. C'est une base de négociation sur l’accord de libre-échange transatlantique, déjà passé en commission au Parlement, et ses amendements seront votés ce jeudi 23 mai. S’il était adopté, cet accord frapperait tous les pans de la société européenne. 

    José Manuel Barroso, le Président de la Commission européenne, est prêt à satisfaire les envies des Etats-Unis de renforcer leur présence économique et commerciale sur le continent européen. Ce projet comporte  de nombreux risques. Tout d’abord, pour qu’il y ait accord, les Européens devront renoncer à un grand nombre de leurs normes (juridiques, environnementales, sanitaires, culturelles…)". (Source l'Humanité.fr)

    Pour Yannick JADOT, député européen et vice-président de la commission du commerce international: « La volonté d'Obama de créer une zone de libre-échange entre les Etats-Unis et l'UE n'est pas une bonne nouvelle car un tel accord pourrait mettre en cause des éléments essentiels de notre cadre réglementaire. En effet, des divergences profondes existent entre les deux blocs commerciaux, sur la notion de service public, les questions liées à l’agriculture, à l’alimentation et à la santé (bœuf aux hormones, OGM, Indications géographiques protégées etc.) ainsi que sur les services culturels et l’audiovisuel. Ces divergences renvoient à des préférences collectives et des choix de société qui ne peuvent être ni ignorés ni rabaissés afin de faciliter ces négociations.

    Alors que le "scandale Findus" démontre l'absurdité d'un système alimentaire mondialisé, faut-il renforcer encore le pouvoir de l'agro-alimentaire au détriment des agriculteurs et continuer à détricoter la PAC? Alors que certains groupes multinationaux comme Mittal ou Goodyear se comportent de plus en plus comme des prédateurs, faut-il renforcer leurs droits face aux salariés et face à des Etats européens qui ne parviennent pas à faire cause commune? Alors que l'heure est à la promotion des PME et de l'économie locale, faut-il renforcer la capacité des multinationales à investir les marchés publics outre-Atlantique au détriment d'une politique industrielle de relocalisation de l'économie?

    Au moment où l’Europe connaît une crise économique et sociale sans précédent, qu’elle peine terriblement à se doter d’une politique industrielle ambitieuse, une telle précipitation constitue un danger pour le modèle européen." (Source www.greens-efa.eu)

    Barroso, c'est le gars à droite sur la photo. Je ne lui prêterais pas un euro. Avec ce chèque en blanc que le Parlement européen va lui signer pour négocier seul, au nom de l'Europe, cet accord de libre-échange avec les Etats-Unis, je pense qu'on court à la catastrophe. C'est lui qui, entre autres, n'arrête pas de pousser les OGM pour les imposer en Europe, malgré l'opposition ferme de la majorité des citoyens. Cette fois-ci, il y arrivera !

    Et que dire de tous nos produits de terroirs comme les fromages au lait cru (interdits aux States, sauf si stérilisés), le foie gras, les volailles non chlorées, la viande rouge non traitée, nos fruits et légumes bio non formatés, et j'en passe... Que va-t-il leur arriver ? Les Etats-Unis vont s'adapter à nos produits et nos réglementations ? Ou l'Europe va-t-elle devoir se plier à leurs exigences absurdes et à la mondialisation de la malbouffe et des OGM ?

    Rappelez-vous, le 4 février 2013 : "La Commission européenne a autorisé aujourd'hui l'utilisation d'acide lactique pour réduire la contamination microbiologique des carcasses de bovins, une décision qui met fin à un contentieux avec les Etats-Unis sur l'importation dans l'Union européenne de viande traitée de cette façon. La mesure entrera en vigueur le 25 février et "s'appliquera tant au sein de l'Union européenne qu'à la viande de boeuf importée", a indiqué une source communautaire."

    Il n'y a rien à faire, cette commission européenne, composée de gens non élus, et avec Barroso à sa tête me fait peur. Ils sont soudoyés par les lobbies industriels, semenciers, pharmaceutiques, bancaires et nucléaires et font tout pour leur plaire. Sans tenir compte de l'avis des citoyens européens. C'est effrayant.

    Et comme ce ne seront jamais eux qui imposeront un étiquetage clair des produits de consommation du style "Boeuf américain d'élevage intensif nourri aux OGM et traité aux hormones et tel produit, puis aspergé d'acide lactique", on est mal partis, très mal... Je crains le pire. Terriens, il est temps d'agir...

  • La journée de la biodiversité...

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    Mercredi prochain, c'est la journée de la biodiversité. Un thème cher à ce blog car hyper-important pour l'avenir de notre petite planète bleue, et donc pour le nôtre aussi.

    C'est quoi, la biodiversité ? La biodiversité est la variété naturelle des êtres vivants (plantes, champignons, bactéries, insectes, oiseaux…) dans un endroit donné et à un moment donné. On peut donc envisager la biodiversité sur l'ensemble de la planète, ou dans un pays, dans une région, sur une plage, dans un jardin ou même dans une rue. La biodiversité recouvre non seulement les êtres vivants eux-mêmes, mais aussi la manière dont ils s'organisent dans les milieux naturels (écosystèmes) : forêt, marais, prairie, etc.

    La biodiversité est-elle en danger ? Oui, et c'est un problème qui s'observe sous toutes les latitudes, y compris dans notre pays. Pour ne prendre qu'un exemple : en Wallonie, 30% des espèces vivantes sont menacées. Citons entre autres, parmi les amphibiens, la rainette et le sonneur à ventre jaune, et parmi les oiseaux, la chouette chevêche, l'hirondelle rustique, le coucou et… le moineau ! On pourrait encore citer les menaces qui pèsent sur les érablières de ravins, les pelouses sèches, les lisières de forêt, les lacs et les étangs…

    D'où viennent ces dangers ? Les principales menaces contre la biodiversité sont la pollution (insecticides, pesticides, industries, plastiques, déchets non traités, gaz d'échappements diesel, etc...), la destruction et la fragmentation des habitats (notamment par l'étalement urbain et la construction des routes), la surexploitation (cultures intensives, élevages intensifs, surpêche, déforestation, etc...), la progression des espèces invasives et le changement climatique. 

    Que faire pour empêcher que la biodiversité ne disparaisse ? Il faut réfléchir à ce que l'on fait pour chaque acte que nous posons. Il y a des milliers de choses que nous pouvons chacun faire pour préserver cette biodiversité qui nous entoure. Il faut la respecter, la protéger, la sauver. Ne pas la polluer, ne pas la gaspiller ni la détruire. Consommer malin, selon les saisons, et en bio local. Pour savoir exactement que faire, lisez cet article du Crioc : www.oivo-crioc.org/show_doc.php?doc=6891&lang=FR

     

  • Tomates : à la recherche du goût perdu...

    Insipide, trop ferme, farineuse… Depuis les années 1990, la tomate n’éveille plus le désir. Certes, les consommateurs peuvent désormais la trouver toute l’année dans les grandes surfaces. Certes, grâce à la mutation du gène RIN (ripening inhibitor), inhibiteur de maturation, des variétés comme la Daniela se conservent trois semaines au lieu d’une.

    Mais dans ces corps lisses, high-tech et standardisés, les arômes, eux, sont en berne… Et les ventes, en baisse. A cette époque, Mathilde Causse, chercheuse à l’unité de Génétique et amélioration des fruits et légumes de l’Inra, voit débarquer dans son labo des sélectionneurs – les sociétés semencières qui produisent les variétés – inquiets.

    Il est urgent de partir à la recherche du goût perdu. « Pendant longtemps,les tomates n’ont pas été sélectionnées en fonction du goût, car on pensait qu’il leur était inhérent », se souvient Mathilde Causse. Pourtant, conditions de culture, maturité à la récolte, conservation : tout contribue à contrarier les 400 molécules aromatiques identifiées par son équipe, dont une trentaine, en très faible quantité, sont essentielles à l’arôme de tomate.

    «Nous avons voulu voir s’il y avait – et malheureusement il y a – des relations opposées entre rendement et qualité », conclut la scientifique. Au niveau génétique, les chercheurs croisent une petite tomate sucrée, aromatique et acide avec une grosse tomate à bon rendement et résistante, et identifient sur la descendance une dizaine de régions chromosomiques où se trouvent des gènes intervenant sur la qualité. En 2005, ils parviennent à montrer qu’il est possible d’utiliser la sélection assistée par marqueurs, outil d’autant plus utile que le génome de la tomate est publié en 2012.

    Ce regain d’intérêt pour la diversité encourage les semenciers à étendre leur palette : longues, côtelées, bosselées, jaunes, violettes, marbrées de noir… Les variétés anciennes font même leur retour. De quoi ravir les « traditionnalistes », sensibles à leur texture fondante.

    D’après une étude réalisée en Hollande, France et Italie, on retrouve cette catégorie de consommateurs dans tous ces pays, avec « les gourmets », plus nombreux, qui aiment les tomates savoureuses et juteuses comme des tomates cerise, les « classiques », friands de fermeté, rondeur et sucré, et les « indifférents » pour qui toutes les tomates se valent, pourvu qu’elles soient fermes.

    Les quantités ingurgitées, en revanche, varient considérablement : 12 kg par an en moyenne pour les Français, contre 56 pour les Grecs ! (Article de Julie Pêcheur, Sciences et Avenir, 5/04/13)IMGP5176.jpg.

  • Dégustation du lundi 193

     

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    Je ne sais plus combien on était à cette dégustation du Clos, mais on était beaucoup, et ce malgré l'absence de celui qu'on importune tous les lundis depuis 16 ans. Un bail.

    Premier vin à la robe claire et au beau nez de Chardonnay à la bourguignonne. En bouche, l'attaque est classique, mais c'est frais, avec une belle acidité en finale. Les autres sont en Marsanne. C'est honnête, mais un peu fatigant : Belmont Dolmen 2011 en Côtes du Lot. Côté 17/20 par la RVF, c'est le premier Côtes du Lot que nous dégustons.

    On passe aux rouges, avec un premier vin à la robe claire et au nez de vin nature. En bouche, de la finesse, de la délicatesse, de la rondeur. Mais cela manque d'un peu de fruits compotés. Alors que certains sont un Pinot noir de Jurassic Parc en 2009, on apprend que c'est un 50% Carignan et 50% Grenache en 2004... Le Temps des Cerises Avanti Popolo en Vin de Table français d' Axel Prüfer, en Languedoc.

    Second vin rouge, dans le même style, mais avec une robe un rien plus foncée et un nez de cerises. En bouche, on est plus au Sud que le précédent. Dans le Roussillon ? On est sur du Kirsch. Et en 100% Carignan. Charivari 2003, en Vin de Table de France, du Domaine du Possible par Loïc Roure. On vient, enfin, de déguster 2 "vieux" vins nature : ce n'est pas courant ! Pas mal.

    Quatrième flacon à la robe plus foncée et au nez plus expressif. En bouche, c'est distingué, poivré, travaillé, serré, et plus dans le Sud. C'est bien fait : Côte Rôtie Coteaux de Tupin 2006 de Jean-Michel Stephan.

    Cinquième bouteille, à la robe noire. Une bombe au nez, bien que monolithique et peu complexe. Par contre, en bouche, c'est bien plus agréable que ne laissait présumer le nez : il y a le côté vanillé, qu'on aimait bien il y a 5 ans, mais il y a surtout cet équilibre parfait et cette incroyable fraîcheur et cette petite acidité en fin de bouche. Du fruit et de la matière, sans boisé ni sécheresse. Certains partent sur La Turque de Guigal. On est bien en pure Syrah, en biodynamie : Belmont, La Syrah 2009 en Vin de Pays du Lot, de Belmon, Fille & Fils à Goujonac dans le Lot. Une découverte.

    Sixième flacon, à la robe foncée et au nez Sud et soleil. Par contre, en bouche, c'est très bien et très bon, souple, rond, frais et harmonieux, fin et velouté. Certains pensent à la Sardaigne ou la Sicile et nous sommes en Toscane : Ampeleia Kepos 2008 Maremma Toscana. Un vin local, ramené de là-bas l'été passé.

    On acheva la soirée avec un vin, pourtant prometteur, mais pas vraiment sur le fruit comme le précédent, et moins plaisant. Fésina Berardenga 2007, en Chianti Classico Riserva, à Castelnuovo en Toscane. C'est donc ce vin qui servi à quelques tours magiques d'apesanteur, aux risques et périls du magicien... A suivre...

    Une salade aux 16 saveurs et quelques fromages de saison au lait cru nous permirent de reprendre le dessus. Sans parler de cette tarte au citron d'enfer. La suite lundi prochain.

     

  • Qui a tué la diversité alimentaire ?

    Sur la question bovine par exemple, la variété a été tuée par un certain nombre de lois et de programmes de modernisation de l’agriculture à la fin des années 1950. Il existait à l’époque plus de trois cents races bovines dans notre pays et, pour des questions de rentabilité financière, on les a éradiquées pour en inventer d’autres comme la blonde d’Aquitaine, qui est une invention pure, la Limousine ou la Charolaise que nous avons même internationalisée. Ce sont des races avec de grosses carcasses qui permettent de produire plus efficacement de grandes quantités de viande, ce sont des races à rendement. On a fait en quelques sortes des bébés éprouvette pour remplacer les vaches locales par des usines à viande. 

    Nous avons également compartimenté les vaches laitières et les vaches à viande alors qu’historiquement, une vache passait par les deux phases dans sa vie, d’abord le lait puis la viande. Nous sommes donc dans un système productiviste. Là-dessus, la boucherie de proximité a été tuée par la grande distribution qui est ravie d’acheter de grandes quantités pour pas cher et qui nous a donc poussé à être encore plus inventifs sur le plan de la productivité. Nous n’avons finalement aujourd’hui que trois ou quatre races à viande.

    La question du gibier est toute autre, car celui-ci est conditionné par sa dimension sauvage. Un faisan d’élevage n’aura jamais le même goût que son homologue chassé dans la nature. Cela rend donc ces viandes naturellement rares puisque lorsqu'on élève les animaux, elle a beaucoup moins d’intérêt. Pourtant, la vraie cause de la disparition du gibier est sociologique : nous ne cuisinons plus. Or, ces produits nécessitent une importante préparation, au même titre que tout ce qui demande un petit peu de temps et de travail.

    Est-ce le même phénomène que celui qui fait également disparaître les ris de veau et autres parties des animaux qui ont fait la richesse de notre gastronomie ?

    Cela est surtout dû à la crise de la vache folle, car ces abats sont le plus souvent les parties endocriniennes de l’animal, qui sont donc plus sujettes à la contamination. Ils avaient donc en grande partie été retirés des magasins. Il faut dire qu’il n’en restait déjà que très peu dans les étals et que les triperies se faisaient déjà rares. C’est là que l’on rejoint effectivement la problématique du gibier, car les abats avaient commencé à disparaître à cause de la diminution du temps accordé à la préparation du repas. Pour faire un ris de veau il ne suffit pas de le passer au feu cinq minutes ! On en trouve toujours dans certains restaurants, qui les préparent par tradition et par amour de ces produits, mais dans la consommation courante la triperie a presque totalement disparue. Il existe cependant un syndicat qui essaie en ce moment de la relancer.

    La redécouverte des « légumes anciens » est très à la mode. Les Français cherchent-ils à élargir leurs perspectives alimentaires ?

    Une partie de l’agriculture bio s’est remis au maraîchage à l’ancienne et a drainé derrière elle cette tendance à un retour aux anciens produits. On recommence donc à cultiver des légumes qui avait été abandonnés faute de rentabilité ou de succès à grande échelle, tout comme on réintroduit de plus en plus d’anciennes races animales dans plusieurs endroits en France. La Bretagne est particulièrement orientée dans cette logique du retour à des produits originaux et traditionnels. Bien que cela ne corresponde pas pour l’instant à une logique généraliste, il y a une véritable attente du public vis à vis de ces produits et je pense qu’une vraie dynamique est en train de se mettre en place. Les choses vont probablement évoluer très vite dans ce domaine et en bien.

    En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/qui-tue-diversite-alimentaire-perico-legasse-656421.html#Bgdm5gpacVkvx1Zw.99 

  • La Tour du Bon, un domaine qui mérite le détour...

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    La Tour du Bon est un petit domaine viticole de 12 hectares, dont on ne soupçonne pas l'existence. Aucun panneau ne pointe ses vignes depuis la route principale. Inutile de rentrer son adresse dans le GPS, il ne connaît pas le 714 chemin de l'Olivette au Brulât du Castellet. Mais vous aurez toutes vos chances en rentrant le chemin de l'Estagnol. Alors, vous quittez la route qui file vers Saint-Cyr puis passez devant le boulodrome et ses vieux platanes. La route s'étrangle peu à peu jusqu'à ne laisser passer qu'une seule voiture dans un virage en épingle. Là vous vous demandez où va vous emmener le bitume. Et puis soudain le paysage s'élargit, comme le chemin. C'est comme si une autre vallée s'ouvrait devant vous avec ses vignes, ses oliviers, ses collines de pins au loin.

    Enfin, c'est fléché. Vous êtes très proches.

     

    La Tour du Bon, c'est le domaine. La Tour de Bon, le lieu dit. On imagine un personnage d'un autre temps, hors du commun : un noble juste et généreux, qui aurait régné sur les lieux. En fait ce nom est celui d'une butte coiffée de pins. Comme si la terre se mettait sur la pointe des pieds pour apercevoir la mer. Ce mamelon veille en silence sur les cépages de mourvèdre, grenache, cinsault, carignan et autres. Les vignes ont les pieds dans le calcaire, la tête au mistral. En ce moment, des petites fleurs blanches poussent en abondance entre les rangs. Elles travaillent. Elles aèrent le sol. Alors on les laisse. « On se penche sur la biodynamie » justifie Agnès Henry-Hocquard à la tête du domaine, racheté dans les années 60 par sa famille.

     

    On vendange à la main pour produire rosé, blanc et rouge. La cuvée Saint-Ferréol est un rouge à servir dans de grands verres, comme un bourgogne. « C'est un vin assez rude, monacal, très noir mais très émotionnel, quasi mystique. On n'est pas en contact avec dieu mais presque » explique Agnès Henry-Hocquard, avec fierté. Environ 26 euros la bouteille. Une recette qui irait bien avec ce vin ? Un lièvre mariné, conseille-t-elle.

    Pour déguster un Saint-Ferréol au domaine, appeler le 04 98 03 66 22. Et tant qu'à faire goûtez la cuvée Classique en blanc (15 euros), rouge ( 17 euros) ou rosé (13 euros). Source : Le Coin Bleu, le blog cuisine et terroir animé par  Régine Meunier.

     

  • La tomme d'Aydius, encore produite par une seule ferme...

    "Cette tomme qui porte le nom du village d’Aydius, le plus petit village de la vallée d’Aspe, est un joyau des Pyrénées. Aujourd’hui, seule la ferme de Lanset produit ce fromage à pâte pressée non cuite.

    Proche de l’ossau-iraty par sa technique de fabrication, cette tomme d'Aydius se distingue cependant de son cousin par le lait utilisé pour son élaboration. Car, dans une région où le lait de brebis domine, la tomme d’Aydius est fabriquée à partir de lait de chèvre. Conçue entre mars et octobre, elle exprime avec beaucoup d’élégance la pureté d’un lait de montagne au goût fruité, caprin et parfumé.

    Sa texture au grain très fin est à la fois fondante et onctueuse, presque beurrée, ce qui est plutôt rare pour une tomme. L’attaque joue sur une note acidulée, créant un trait d’union entre les arômes de noisette et de beurre en fin de bouche. Sa croûte blonde se tanne au fil de l’affinage qui va de 4 à 6 mois. Apte au vieillissement, la tomme d’Aydius est un fromage de garde. Son prix : environ 30 € le kg.

    LE VIN POUR ACCOMPAGNER LA TOMME D'AYDIUS

    Un vin blanc sec du sud-ouest pour souligner son origine. Pour un bon accord fromage-vin, tout dépend de l’affinage de la tomme d’Aydius. En vieillissant, cette pâte pressée à base de lait de chèvre gagne en salinité et affiche une persistance plus soutenue en bouche. Ici, comme souvent avec un fromage de chèvre, je défends la légitimité des vins régionaux. Si la tomme est jeune (4 mois d’affinage), j’opte pour le bergerac sec cuvée Anthologia 2010 du château Tour des Gendres.

    Autres pistes : le jurançon sec Cuvée Marie 2010 du Clos Uroulat. Si la tomme est plus affinée, je recommande l’irouléguy blanc Hegoxuri 2008 du domaine Arretxea." Extrait d'un superbe dossier dans la Revue des Vins de France : "Fromages rares : vache, chèvre, brebis, ils adorent le vin !"

    Quel vin servir avec ce fromage: la Tomme d'Aydius ?

     

  • Dégustation du lundi 171

    dégustation,vin,plaisir,terroir,typicité,goûtTrès belle ripaille à 4, en hommage au 5ème luron, absent contre son gré. Et fort belle dégustation aussi, avec 4 vins rouges dont le premier présente une robe noire et jeune, avec des reflets violacés. Le nez est beau, sur du fruit et de la fraîcheur. Les traces sur le verre font penser à un cépage teinturier. En bouche, c'est riche et mûr, sur une fort belle matière mentholée. Cela manque un peu de complexité, sans doute dû à la jeunesse du breuvage : Mas del Périé La Roque 2011 Malbec en Cahors, de Fabien Jouves (le plus jeune oenologue français). Un vin vivant, non collé et non filtré. Pas mal du tout.

    Second flacon, à la robe rubis foncé et au superbe nez de vieux bordeaux en rive gauche. La bouche est fort agréable, surtout avec sa belle puissance dans la grande longueur sur le cuir et les pruneaux, avec un peu de tomate. Grand vin de Léoville Las Cases 1989 en Saint Julien. 

    Troisième flacon de la soirée, à la robe identique que le précédent, et au nez plus austère. Le second nez ne se livrera que dans la demi-heure qui suit. En bouche, ce vin ne souffre pas et reste rond. Il présente une belle finale lardée, très longue : Lynch Bages 1989, Grand Vin de Pauillac. Fort bien, et bons (lointains) souvenirs.

    Dernière bouteille, à la robe tout aussi évoluée, et au nez fumé de vieilles futaies (et pas de fûts). La bouche, superbe, toute en dentelle, avec de la puissance et de la matière, souple et sur du fruit, et jeune : Fleur de Confiance 1995 du Domaine de Soumade, Rasteau, en Côtes du Rhône Villages. Une bouteille rare. Grenache 70%, Syrah 10% et Mourvèdre 10% (+ divers 10%). Admirable.

    La suite lundi prochain.

  • Dégustation du lundi 157

    Dégustation originale ce soir, avec 5 vins servis en même temps à l'aveugle : un par personne. Chacun ayant donc un vin différent de celui des autres, et à découvrir. Difficile à commenter, cette dégustation qui part dans tous les sens... Mais essayons quand même.

    Le premier flacon, à la robe vive et assez âgé au nez. En bouche, un beau velours tempéré par un petit côté poussiéreux et boisé. Les tannins sont fondus, ce n'est pas sec, mais le fruit disparaît assez vite. On est sur du poivron végétal, un cabernet vert (1959; 1961 et 1982 sont les seules années où le cabernet est vraiment mûr). Lynch Bages 1970 en Pauillac.

    Le second flacon présente un beau mariage de fruits et d'alcool, Il y a également un peu de verdeur et un côté boisé en finale, assez serré. Penfolds "Grange" 1997 South Australia Shiraz.

    Troisième flacon, au nez classique de Bordeaux, avec de l'astreingeance en finale et le boisé habituel de ce genre de vin : Château Le Bon Pasteur 1999 en Pomerol, des Domaines Rolland. Le moins bon vin de la soirée.

    Quatrième flacon, classique, avec un nez de petits fruits rouges explosifs. En bouche, longueur et douceur du fruit  maîtrisée, et une vinification exceptionnelle sur le fruit. Château Le Puy 2008 "Emilien" en Côtes de Francs à Bordeaux. Et en biodynamie, depuis 4 siècles.

    Cinquième flacon, à la robe noire, et au nez vanillé, sur des mûres. En bouche, une bombe : c'est puissant, riche et concentré. Une magnifique extraction, avec de la fraîcheur. Mais assez massif et sans grande finesse. The Relic Vintage 2004 Barossa Valley Australia. 14°5 quand même, et assez lourd. Bouteille difficile à achever, même accompagnée de pizzas bio fraîches, cuites au feu de bois de Hesbaye...

    La suite, dans le même style, la semaine prochaine.

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  • L'importance du terroir...

    Histoire passionnante que celle de Stéphane Derenoncourt relatée dans Le Monde de ce week-end : après avoir travaillé comme tourneur-fraiseur dans une centrale nucléaire, il débarque, à 19 ans, à Fronsac pour les vendanges. Il découvre la nature, les pieds de vignes, et se passionne. Il ne quittera plus Fronsac.

    A 36 ans, il fonde Derenoncourt Consultants, avec 7 clients. Les bordelais se demandent qui est ce gars, qui sans diplôme, a fait de La Mondotte un Saint Emilion remarquable. Aujourd'hui, il conseille 93 propriétés dans 10 pays, et possède son propre Domaine de l'A en Côtes de Castillon.

    Il a tout étudié de manière empirique et, arrivé à un certain point, est content d'avoir la version scientifique pour mettre des mots sur des impressions. "Aujourd'hui, vous me mettez devant une parcelle et, en regardant le sol, je vais vous dire quel goût aura votre vin. Parce que d'un merlot sur du sable, avec une belle viticulture, vous allez extraire des arômes de fruits rouges, pas très centrés, légers mais agréables; si vous apportez un peu d'argile, vous allez remplir le milieu de bouche, noircir un peu les arômes, partir vers la framboise et le cassis; si vous ajoutez du calcaire, vous allez avoir des tannins crayeux, un sentiment de salinité et basculer vers la violette, la mûre sauvage, la truffe."

    Cette volonté d'aborder le goût du vin par le sol le distingue de l'oenologie traditionnelle, qui passe plus de temps à la cuve que dans les vignes. Il cartographie le terroir, et selon le sous-sol, vendange les parcelles séparément.

    L'importance du terroir, l'importance de la typicité, l'importance du goût : c'est essentiel dans le vin comme dans l'alimentation. Et nous nous devons de les préserver et de les léguer aux générations futures.

  • Dégustation du lundi 134...

    Encore une toute belle dégustation ce lundi soir, toujours avec notre invité mystère : le seul qui ai été invité deux fois de suite au clos en 14 ans !

    Deux blancs pour débuter, avec une première bouteille à la très belle robe couleur or et au nez fort plaisant, libre et sur des arômes de miel. En bouche, un vin parfaitement sec, ce que le nez ne présageait pas du tout. On est sur du raisin de Corinthe séché : c'est dense, long, très parfumé et vachement tendu. "A" 2009 du domaine Alexandre Bain en Pouilly Fumé. Vignoble géré en Biodynamie pure et dure, à l'instinct. Très beau. 

    Second blanc, à la robe dorée et au nez riche et intégré, où le travail du fût est incontestable.En bouche, riche, mais monocorde, avec l'amertume des grands terroirs et un boisé trop intellectuel  que pour être un Châteauneuf-du-Pape... Verdichio de Castelli Di Jesi Classico 1995, Les Marche. Néanmoins, pas mal pour un blanc italien de 15 ans !

    On passe aux rouges, avec un troisième flacon à la robe rubis, colorée, jeune. Au nez, j'ai un petit côté étranger (pas français), sur de la cerise et avec un côté lacté qui me plaît. En bouche, la cata ! Rien, c'est le désert. Et très asséchant malgré un beau fruit qu'on devine : La Coudraye 2009 en Bourgueil  de Yannick Amirault.

    Quatrième bouteille à la robe plus foncée. Au nez, une belle matière, du fruit et des arômes de sous-bois. En bouche, c'est fondu, rond, intense et long sur un beau fruité. Certains lui donnent plus que son âge, malgré son beau potentiel de garde : Clos Marie, cuvée Simon 2007, Pic Saint Loup en Coteaux du Languedoc. Belle bouteille.

    Cinquième flacon à la robe plus légère et au nez assez discret de Gamay. La bouche, bien, gentille, en légèreté et en finesse : Morgon 2007 de G. Descombes.

    Sixième flacon, à la robe tout aussi légère que le précédent, et au nez discret et léger lui aussi. La bouche, assez neutre, manque de concentration et de fruits et fait penser à un pinot noir alsacien, avec une belle acidité. La trame est là, mais il manque tout le reste : aucune typicité, aucun terroir. Chambolle-Musigny 2008 de Philippe Pacalet. A 15 euro, bonheur au comptoir, d'accord. Mais à 50 ou 70 euro, faut arrêter les conneries...

    Septième flacon, à la robe foncée et au nez sudiste. En bouche, du Carignan, du Mourvèdre et de la Syrah. C'est ultra-fin, pointu, superbe, avec du fruit et une fraîcheur incroyable. On oscille entre un Merlot parfait ou une Syrah pure. C'est un Cornas 2004 de Thierry Allemand, et sa parcelle Les Reynard (la plus belle) dont il prend le meilleur fût, sans le sulfiter... C'est une prouesse technique ! Magnifique.

    Huitième et dernier flacon, à la robe rubis clair et évoluée et au magnifique nez frais sur des griottes lardées, des herbes et des épices. En bouche, beaucoup de finesse, une sucrosité équilibrée, et une magnifique longueur. Très belle matière, juste un peu asséchante en finale. De mémoire, c'était un Château Rayas 2001. Pas mal du tout, juste avant de passer à table. Et quelle table...

    A suivre lundi prochain. Bonne semaine à tous.

     

  • Dégustation du lundi 132...

    Fort belle dégustation à 4, hier soir, qui se termina assez tard vu le nombre de flacons ouverts...

    Mise en bouche avec un vin à la robe pâle et au nez de grenache blanche (Châteauneuf?), sud et classique. En bouche, du gras, du pamplemousse rose, mais un manque de vivacité et de tension. C'est un peu plat en finale. Les Combottes 2004 Pernand-Vergelesses du Domaine du Château de Chorey, en Côte de Beaune.

    Seconde bouteille, à la robe champagne et au nez de cidre, plus frais et plus jeune. En bouche, c'est simple, avec une belle concentration, vendangé mûr, avec un petit côté perlant sur du lime. Un beau jus, sans terroir : "Cours toujours" du Domaine du Possible en Vin de Table de France (Roussillon).

    On attaque alors les rouges avec un vin à la robe rubis léger et au nez fruité, avec un rien de réduction. En bouche, à nouveau un petit côté perlant et un beau fruit. C'est assez léger et on est en Beaujolais : Vin de Kav 2008 Chiroubles de Karim Vionnet, en magnum.

    Quatrième bouteille, et un changement de registre avec un vin à la robe rubis légèrement évoluée, et au nez bordelais assez expressif. La bouche est marquée par le cabernet avec quelques notes de cerises en finale. Il y a une belle matière, mais aussi un beau boisé typique et un côté austère : Château Palmer 2003 en Margaux. Assez décevant et ne vaut certainement pas le prix demandé...

    Cinquième flacon, à la robe foncée et évoluée sur le contour du verre. Un magnifique nez de tannins serrés, et une bouche meilleure que le précédent, avec de la puissance et de la complexité, et puis ce boisé qui vient et qui gâche le tout. Château de Fieuzal 1988 en Pessac Léognan. Malgré tout, très jeune pour une bouteille de 22 ans.

    Sixième flacon, à la robe noire, et au nez de soleil et d'alcool sur de la fraîcheur. En bouche, c'est puissant, sur une magnifique fraîcheur, beaucoup plus plaisant qu'un grand bordeaux et sans la sécheresse bordelaise... Redigaffi 2005 Rosso Toscana. Belle bouteille.

    La septième bouteille, elle aussi à la robe noire, présenta un nez animal, puissant sur une fort belle matière. En bouche, un mourvèdre bien mûr, sur une belle fraîcheur, et avec un petit côté boisé qui doit encore s'intégrer. On est à Bandol : Cuvée Saint-Ferréol 2007 du Domaine de la Tour du Bon à Bandol. Pas mal du tout et très beau millésime. 

    Dernier flacon de cette grande soirée, un vin à la robe rubis foncé et au puissant nez de cassis sur une très belle matière. En bouche, on a l'expression du cabernet très riche sur le fruit, sans boisé, avec une belle finale sur du cassis. Pour le cabernet, c'est raté : Tinto Pesquera cuvée Janus Gran Reserva 2003 Ribeira Del Douro. Pourquoi les bordeaux ne ressemblent-ils pas à cela ?

    Il y a 13 ans, jour pour jour, nous dégustions au Clos dans le millésime 1986 : Château Vieux Château Certan,
Château Lafleur,
Château Trotanoy,
Château L'Evangile,
Château Cheval Blanc et
Château Beychevelle. Quand on vous disait que les temps changent... La suite lundi prochain, peut-être...

     

  • Dégustation du lundi 116...

    Petite dégustation sympathique à 4 ce soir, avec seulement 3 bouteilles, mais bues intégralement, ce qui est rare. Et avec la télé allumée - foot oblige - ce qui est tout aussi rare.

    La première, à la robe grenat et au nez fruité et épicé présente en bouche un bon petit jus fruité et simple. Pas d'exubérance, de complexité, de profondeur, mais juste dans l'approche : Saint Joseph 2007 d'Henry Souhaut en Côtes du Rhône. C'est sa cuvée simple en jeunes vignes, moins élaborée que sa cuvée Ste Epine.

    La seconde, à la robe rubis foncé et aux contours plus évolués présente un nez de Pomerol ou de Saint Emilion, bien et complexe. En bouche, c'est rond et souple, plaisant, gentil et convivial. Il y a un peu de verdeur, un peu de boisé, un peu de délicatesse, et pas l'astringence habituellement présente à Bordeaux : Le Petit Cheval 2003 en Saint Emilion Grand Cru. Sympa, mais manque de beaucoup de choses, et assez cher...

    La troisième, de 37,5 cl, présente une robe orangée de pelures d'oignons et un nez de coing et de pamplemousse rose. En bouche, quelque chose d'inconnu, de tendu, sur un bel équilibre avec une belle fraîcheur. Il y a aussi ce petit côté astringent de la peau du raisin toujours présent dans le vin, fort sympathique. Personne ne trouva la région ni le cépage de cette bouteille produite à 800 exemplaires : L'Opportun 2006 de Stéphane Tissot, en Jura. Issu de grains de Trousseau (cépage rouge), passerillés sur pieds et vinifiés en blanc : fort peu commun... pour ne pas dire une avant-première mondiale !

    Lundi prochain : pas de thème, et un anniversaire à fêter. Qui vivra verra.

  • Dégustation du lundi 110

    Soirée anniversaire sans le principal intéressé, grippé. C'est donc à 4 que l'on entama cette dégustation à l'aveugle, par 2 vins blancs.

    Le premier, à la robe dorée et au nez oxydatif sur de la pomme. La bouche, oxydative également, assez plate en milieu de bouche, mais avec de l'acidité qui revient en finale, avec un peu d'amertume aussi. On pense être en Loire, mais pas sur du Chenin. Château de Beaucastel 1999, vieilles vignes,  en Châteauneuf-du-Pape de chez Pierre Perrin. C'est du 100% Roussanne, et c'est assez spécial...

    Le second, à la robe identique, mais avec des reflets rosés, et au nez oxydatif, lui aussi, sur du miel et du raisin. La bouche est plus jeune, riche et très mûre, avec une belle acidité qui porte le vin, sur de la pulpe de raisin. Ce croquant de la pulpe, cette chair du fruit sont assez intéressants. Anjou "La Lune" 2004 de Mark Angeli à la Ferme de la Sansonnière. Belle bouteille.

    Troisième flacon et premier rouge, avec une robe rubis foncée, et un nez frais de Gamay sur du fruit. En bouche, un beau fruité fort agréable. On pense à un Beaujolais, dans une année chaude, et avec une macération carbonique pour donner de la fraîcheur. Touraine 2008 Premières Vendanges d'Henry Marionnet. Bouteille agréable et bonne buvabilité.

    Quatrième flacon à la robe évoluée et au nez de vieux bordeaux. En bouche, des petits fruits rouges, des tannins fondus, une belle acidité et du croquant : il se passe quelque chose. Mais il y a aussi un peu d'austérité, style gonzesse coincée : un grand potentiel dissimulé, un vin de protestant : Lagrange 1990 en Saint Julien. Cet immense domaine, racheté et replanté en 1984 par les japonais (ce qui a donné naissance au second vin "Les Fiefs de Lagrange") pousse la production un peu trop fort...

    Cinquième flacon, à la robe rubis et au nez de pinot noir, de poivre et d'épices. La bouche, en monocépage est raide et rigide, avec de la sécheresse à pleurer. Nuits St Georges "Les Pruliers" 1995 du Domaine Henri Gouges. Décidément, boire un bon Bourgogne devient fort difficile ! On dirait que la Bourgogne a traversé une grosse crise de 30 ans : ce n'est que depuis 2003 que l'on trouve des bourgognes plaisants et intéressants !

    Pas de dégustation ce lundi de Pâques : nous nous retrouverons le 12 avril pour fêter les 13 ans du Clos, avec un festival de bonnes bouteilles. Un très grand lundi, assurément.

  • Dégustation du lundi 105

    Petite soirée sympa, à 3 sur le thème du millésime 2000. Mais avec 2 grands distraits (l’un qui a pris le thème du soir sur la liste de l’an passé, et l’autre persuadé d’avoir du 2000 en cave alors qu’il s’agissait de 2001), vous comprendrez que le thème de ce soir ne fût pas fort respecté... Soit.

    Premier flacon à la robe rubis, oxydée sur l’anneau, et au nez de vin mature. En bouche, des tannins, de l’alcool et des fruits, mais pas très fondu. Le bois est trop marqué, tout comme le cabernet : cela manque d’harmonie. Cela manque aussi de corps, de puissance et de longueur : Château Grand-Puy-Lacoste 1996 en Pauillac. Parker 93+

    Second flacon, fort différent, à la robe noire et concentrée et au nez de réglisse, de cassis et de boisé. En bouche, la concentration due au millésime, mais aussi une extraction avec un boisé trop marqué. C’est trop strict, trop rigide, avec un fruit qui s’exprime peu. Et c’est encore dissocié. Dommage pour ce Château Lagrange 2000 en Saint Julien. Parker 93.

    Dernier flacon, à la robe noire et au nez étranger (pour moi) ou vallée du Rhône méridionale. Le second nez nous amène plus sur de l’aneth, des couennes fondues, de la viande fumée, avec des notes de caramel et de vanille brûlée. En bouche, un vin facile qui se livre sans grande complexité, un mono-cépage. C’est moins net que le nez, sur un boisé passé, du pruneau d’Agen enrobé de lard, puis de l’alcool et de l’acidité en finale, avec quelques notes de garrigue. Hermitage La Chapelle 2001 de Paul Jaboulet Aîné. Le Domaine a rencontré des problèmes de vinification entre 1996 et 2006 : ce 2001 en témoigne.

    Lundi prochain, quoi de neuf chez Mosse ? Nous serons certainement 5 et nous verrons bien quoi...

  • Dégustation du lundi (100)

    Centième dégustation du lundi commentée sur ce blog, et en réalité, 520 ème depuis ce jour d'avril 1997 où nous avons créé le Clos. Que d'illustres flacons dont la robe fut admirée et examinée, dont le nez fut humé, à la recherche d'indices et d'arômes, et dont la bouche hante encore nos palais respectifs.

    Les mémoires visuelles, olfactives et gustatives existent bel et bien. Ces millésimes, ces terroirs, ces viticulteurs, ces régions, ces cépages ont tous leurs particularités propres. C'est un monde de diversité qui n'a pas encore cédé à l'uniformisation mondiale du goût, voulu et imposé par les multinationales agro-alimentaires dans tous les autres domaines alimentaires.

    Aujourd'hui, première dégustation 2010, à 5, consacrée aux Pessac, Martillac, Léognan, Talence et Cadaujac, et avec 2 premiers flacons de mise en bouche hors thème. Le premier, à la robe jaune pâle, et au nez de pommes et d'ananas très mûrs. La bouche est riche, concentrée et longue, avec de l'acidité et de la vivacité qui remontent en finale : Arena 2008 en Savennières de René Mosse. Très particulier, ce Chenin aussi puissant et gras !

    Second flacon, à la robe jaune fluo et cristalline et au nez hyper-concentré, sur de la violence de citron, puis de pamplemousse. Beaucoup plus exotique que le premier. En bouche, de la longueur, une vivacité extraordinaire, tranchant comme une lame, comme un ski sur la neige. C'est magnifique et net : Astéroïde 2006 Blanc Fumé de Pouilly de feu Didier Dagueneau, décédé en septembre 2008. Magistral, mais un peu cher...

    On attaque alors le thème de la soirée, avec une première bouteille à la robe rubis foncé, et au très beau nez fruité et lacté sur du pruneaux et de la tomate, qui parle bien. En bouche : caricature de Michel Rolland en plein : notes de bois fumé et de vanille, sur des tannins fins fondus, mais avec une sécheresse fatigante en finale : Château Pape Clément 2002, Grand Cru Classé de Graves à Pessac-Léognan.

    Quatrième bouteille, à la robe plus évoluée, et au nez plus riche et plus concentré, mais avec moins de fruits que le précédent. La bouche est mûre, avec une belle concentration, sur une boîte à tabac, et avec un cabernet plus marqué. Mais il est assez austère, car trop jeune. Château Pape Clément 2002 ! C'est une première au Clos, en 520 dégustations à l'aveugle : deux fois la même bouteille ! Bien que les bouchons soient parfaitement identiques, ces bouteilles présentent quand même une évolution différente. Intéressant.

    Cinquième bouteille, à la robe rubis évoluée, au nez évolué, et à la bouche fluette, mais avec de l'astringence : Le Bahans de Château Haut-Brion 1996 en Pessac Léognan. C'est le travail de Haut-Brion, sans la matière de Haut-Brion.

    Sixième bouteille, à la robe évoluée et au nez complexe et évolué lui aussi. En bouche, de la concentration et de la longueur, mais sans rien de plus : La Dominique 1989 en Saint Emilion. Bouteille hors thème en souvenir d'une certaine Dominique. Promis, on n'en parlera plus...

    Dernier flacon pour fêter ce début 2010, avec un vin à la robe foncée mais présentant des notes d'évolution, et un nez superbe de tabac, de tannins nobles et fondus, et d'un vin à son apogée. En bouche, une fort belle souplesse, entre cassis et cigares. Très beau ce Château Lafite Rothschild 1996, en Pauillac. Le meilleur 96 bu jusqu'à présent : tous les autres étaient austères.

    Lundi prochain, les Riesling seront à l'honneur. Avis aux amateurs.

  • Dégustation du lundi (99)

    Ce soir, mise en bouteilles du millésime 2009 du Clos (qui s'annonce remarquablement bien, mais en petites quantités), et dégustation improvisée à 3, sans thème précis.

    Premier flacon à la robe jaune paille et au nez de poire et de coing. En bouche, un côté oxydatif qui donne ce côté poire et miel. Il y a aussi, en milieu de bouche, un côté huileux très massif, heureusement ranimé par une bonne acidité en finale. Mais il y a un manque de fraîcheur et de structure : René's Chard 2006 de René Mosse en Anjou. Surprise : c'est du Chardonnay ! Cépage tout à fait effacé par le terroir et la vinification. Original.

    Second flacon, à la robe rubis foncé et au nez épicé (garrigue), rond et sucré. En bouche, une belle matière, des tannins fins enrobés et une belle fraîcheur, sans aucune sécheresse. Très beau fruit, mais manque de complexité : Vieillefont 2006 en Côtes de Duras du Domaine Mouthe Le Bihan de Catherine et Jean-Mary Le Bihan.

    Dernier flacon, à la robe cognac et au nez magnifique de Jurançon, sans le côté sauvignon de fruits confits du Sauternes. La bouche, formidable, sur de l'abricot, avec une fort belle vivacité et une belle fraîcheur. Rien à dire quant au nez, ni à la bouche : grandiose. Maculan 2005 Torcalato à Breganze en Vénétie. Nous avions déjà bu ce vin il y a quelques mois, réputé meilleur vin doux italien par la revue des vins de France. Avec raison.

    Prochaine dégustation lundi prochain sur le thème des Pessac, Martillac, Léognan, Talence et autres Cadaujac : tout un programme pour bien débuter 2010 ! Meilleurs voeux à vous tous.

  • Dégustation du lundi (93)

    Dégustation à 5 sur le thème du film "Mondovino". Difficile de trouver des flacons apparaissant dans le film passé en salle... On dégusta donc des bouteilles dignes de l'esprit du film, des vins qui n'ont pas changé dans le temps, des vins familiaux, produits avec l'amour de la terre, et sans se prendre la tête.

    mondo

    Premier flacon de mise en bouche, à la robe or et au nez fin et délié. La bouche sémillionne beaucoup et pétrole un peu (Jurançon sec ? Alsace ?). C'est gras et vif en même temps, fort long en bouche sur un beau fruité : Domaine Gavoty "Cuvée Clarendon" 2001 en Côtes de Provence.

    Second flacon, à la robe rubis léger, et au nez de vieux bordeaux. En bouche, du lard grillé et du chou rouge, mais dilué. C'est vieux mais intéressant : Bourgueil 1986 en vieilles vignes de Pierre Caslot.

    Troisième flacon, à la robe rubis léger également, mais plus trouble, et au nez de même type que le précédent (sur du poivron), mais en plus vivant. La bouche, évoluée, longue, vive, sur des petits fruits encore bien vivants : Chinon "Cuvée des Varennes de Grand Clos" 1988 de Charles Joguet en Cabernet Franc de pied. C'était des vignerons qui faisaient du bon vin...

    Quatrième flacon, à la robe plus foncée, et au nez gourmand et classique. En bouche, le vin se révèle extrait et flatteur, avec une pointe de verdeur. C'est riche et bien structuré, mais aussi austère et sévère : Château Pouget 1996 en Margaux, 4ème Cru classé. Ce Domaine existe depuis 1585, et Guillemet le vinifie de la même façon depuis 1940.

    Changement de programme pour le cinquième flacon, à la robe noire, et au nez de riz, de cuisson de pain avec la levure qui monte. Un nez très extrait, très jeune et artificiel. La bouche assez dense n'est pas équilibrée et ne met en évidence aucun terroir : Casa Barranga 2008 Central Coast (Santa Barbara) de William Moses.

    Dernier flacon, à la robe noire également, et au nez rond, mûr, jeune et racé. La bouche super longue, marquée par l'acidité, mais avec un milieu de bouche où le fruit doit encore s'affirmer : Sassicaia 2005 Tenuta San Guido, Castagneto Carducci (Cabernet Sauvignon 85% et Cabernet Franc 15%). A re-déguster dans quelques années.

    Lundi prochain, Beaujolais et Saucissons, que des produits de saison.


     

  • Dégustation du lundi (90)

    Soirée anniversaire à 4 (le cubain étant reparti aux States). Le pinot a été vendangé au Clos, les cépages bordelais, très sains, seront vendangés plus tard. Ce devrait être un bon millésime.

    Premier flacon, à la robe jaune paille, et au nez de miel et de pamplemousse rose, sur un boisé léger. La bouche, lourde et dense, écrase la langue, mais c'est sec et vif sur les côtés, avec une belle finale qui rappelle un champagne plat, avec un beau potentiel. On est sur un Bourgogne 2006 ou 2007 : Rully 1er Cru "Grésigny" 2007 de Paul Jacqueson "En Chévremont" à Rully. Un grand classique.

    Second flacon, à la robe légère, en rouge. Un nez de cerises, d'alcool et de bois. En bouche, des fruits rouges à l'alcool, sur une belle longueur, et assez jeune. Mais cela manque de densité, de chair, et c'est trop chaud. Pommard "Les Vaumuriens" 2006 de J.F. Coche-Dury, qui d'habitude, fait plus dans la dentelle. Dommage.

    Troisième flacon, à la robe noire, et au nez de feuillage, d'humus, et de champignons. La bouche, ronde, souple, fondue et longue, avec un côté crayeux, sur un beau fruité et un boisé intégré. Belle complexité et beaux tannins. Château Pape Clément 2000 Pessac Léognan, Grand Cru Classé de Graves.

    Quatrième flacon, à la robe noire mais au contour pourpre. Nez discret de fruits cuits, de prunes. En bouche, un vin moderne et jeune dans un beau millésime, avec un beau petit grain. Moins intense en fruits, sucré et chaud, mais sans lourdeur, et avec un peu de sécheresse, d'automne et de musc en finale : Domaine de La Grange des Pères 2006, par Vaillé à Aniane.

    Dernier flacon, à la robe dorée, et au beau nez prometteur. Hélas, en bouche, ce Rieussec 2001, Grand Cru Classé de Sauternes, côté 99/100 par Parker, s'est avéré trop moelleux, trop confit, manquant de nervosité et de vivacité, malgré une fin de bouche sur de l'abricot sec. Il est concentré, mais sur un raisin trop mou. Décidément, Parker n'est pas le Pape...

    Lundi prochain, des vins à la robe noire. Dégustation en Saint Julien. Bonne semaine à vous tous.

  • Dégustation du lundi (88)

    Dégustation à l'aveugle, à 5 ce soir, sur le thème des bouteilles produites à moins de 10.000 exemplaires. Premier flacon à la robe rubis légèrement évoluée et au nez de petits fruits rouges. En bouche, du Pinot noir, sur une belle structure plaisante et assez souple : on est en Côtes de Nuit. Chambolle Musigny Premier Cru 2006 du Domaine Lécheneaut à Nuits-Saint-Georges.

    Seconde bouteille, à la robe noire et au nez riche, confit, de garrigue, mais sans exubérance. La bouche est ronde, sur des fruits mûrs, élégante et racée, sur une longue finale épicée. On croque dans un melon mûr à souhait et poivré : Prima Donna La Livinière 2006 du Domaine de l'Oustal Blanc, en Minervois La Livinière. 1.800 bouteilles produites.

    Troisième flacon, à la robe pourpre et au nez de bonbon acidulé. En bouche, des cuberdons acidulés. Ce n'est pas fruité, c'est juteux. On est au sud des Côtes du Rhône : L'Anglore " Cuvée Véjade" Vin de table de France, Lot V. 2008.

    Quatrième bouteille, à la robe jaune paille, et au nez très sec. En bouche, de la noix et encore de la noix, avec un peu d'hydrocarbures, et sans un seul atome de sucre résiduel. Ce vin atypique manque d'un peu de fraîcheur : Vin de Voile de Robert Plageoles 1996 en Gaillac. Le seul vigneron à produire un vin de voile sur Gaillac.

    La semaine prochaine, "A la découverte de ..." nous amènera certainement à déguster quelques raretés. Qui vivra verra.

  • Dégustation du lundi (87)

    Un vigneron absent en voyage à Cuba (pour assister, avec 500.000 spectateurs, au concert "Paix sans frontières" de Juanes sur la Place de la Révolution ), et un autre atteint d'une fraîche pneumonie, c'est donc à 3 que nous attaquâmes ce 87 ème lundi de dégustation à l'aveugle.

    Petite mise en bouche avec un Côtes de Castillon Clos de la Vieille Eglise 2005 sans prétentions, suivie d'un vin à la robe noire et au nez de fruits mûrs. La bouche, concentrée, sur des fruits cuits, mais avec de la noblesse et de la fraîcheur, mais sans grande complexité (sans doute due à  sa jeunesse) : un vin biodynamique depuis 2003 : Pontet Canet 2006 en Pauillac.

    Troisième bouteille, à la robe plus évoluée, et au nez plus vieux aussi, sur du cassis, sans boisé. La bouche, plus aboutie, est fondue, sur un beau fruité, avec une belle longueur toute en finesse et élégance : Clos du Marquis 2000 en Saint-Julien. Beau flacon. Le Clos du Marquis existe depuis 1904, lorsque le propriétaire, Théophile Skawinski isole cette parcelle pour produire ce vin. Le Clos du Marquis fut longtemps le deuxième vin de Léoville Las Cases. Mais depuis 1989, il est maintenant un  vin à part entière qui est l'expression d'un type de terroir de Saint Julien, entouré de crus prestigieux.  

    Dernière bouteille à la robe rubis foncé et au nez de vieux vin, sur de la cassonade ou de la canne à sucre, du cèdre et des épices. En bouche, un bordeaux évolué, avec un côté métallique, une belle intensité et une vraie finale : il peut encore durer. Château Lafite Rothschild 1976 en Pauillac. Un des meilleurs bordeaux du millésime. 

    La semaine prochaine, bouteilles produites en moins de 10.000 exemplaires, à combiner avec une bouteille anniversaire pour les 2 absents. Tout un  programme !

  • Programme des dégustations du lundi...

    En primeur pour vous tous, voici le programme officiel, encore tout chaud, de nos fameuses dégustations du lundi. On va, une fois de plus, bien s'amuser.


    Pomerol-St-Emilion

    Vin Naturel (presque) sans soufre

    Anniversaire 1er vigneron

    Petite production (-10.000 bouteilles)

    A la découverte de…

    Anniversaire second vigneron

    St-Julien

    Pour la soif…

    Biodynamique

    Soirée Mondovino et les vins du film…

    Beaujolais et saucisson…

    Biologique

    USA, bio ou pas…

    Au choix…

    3 étoiles RVF

    Jeune vigneron (-40 ans)

    Rouge, rouge, toujours… rouge !

    Pessac, Martillac, Léognan, Talence et Cadaujac

    Riesling

    Rhône sud, Provence, Corse et Languedoc-Rouss.

    Nuits-St-Georges, Chambolle, Morey ou Gevrey

    Anniversaire troisième vigneron

    Vieux Vigneron (+40 ans)

    Puligny-Chassagne-Meursault

    millésime 2000

    Quoi de neuf chez Mosse… (sinon Loire)

    C'est une femme qui le fait…

    Clos de Vougeot

    Cru Classé en 1855

    Anniversaire quatrième vigneron

    un Clos

    Festival du Clos

    Ils font du vin là-bas ?

    Le Bonheur est dans mon verre…

    Dans mon pays d'Espagne, Olé !

    Forme de bouteille spéciale…

    Chardonnay, tu me plais…

    Ministricule production (- de 3.000 bouteilles)

    Ministricule production (- de 3.000 bouteilles)

    Chinon-Saumur-Champ.-Bourgueil,St-Nicolas

    Château-Chalon

    Anniversaire cinquième vigneron