trangenique

  • L'ADN de la vigne n'a plus de secret...

    De part son importance dans la culture française mais aussi de part sa place dans l’histoire de l’homme depuis le Néolithique, la vigne a été l’une des premières plantes à fleurs candidates au séquençage. Un consortium public franco-italien publiait fin août dans l’édition électronique de la revue Nature une version de haute qualité du génome de Vitis vinifera qui confirme la richesse aromatique de cette plante. Les chercheurs ont sélectionné une variété issue du fameux Pinot noir, le cépage bourguignon, et l’ont cultivée sur plusieurs générations afin de réduire la variabilité génétique de la plante. La plupart des variétés de vigne sont en effet très fortement hétérozygotes, elles possèdent fréquemment deux allèles différents d’un même gène, soulignent Patrick Wincker (Génoscope, CNRS, France) et ses collègues. La plante qu’ils ont séquencée est homozygote à plus de 90%. Sur les 30.000 gènes répertoriés, une grande quantité produisent des molécules essentielles aux arômes du vin. Vitis vinifera possède par exemple beaucoup plus de gènes codant pour des tannins ou des terpènes que les autres plantes dont l’ADN est connu. Au cours de l’évolution ces gènes ont été amplifiés au sein du génome de la vigne, expliquent les chercheurs. Ils ont également découvert un grand nombre de gènes codant pour le resvératrol, un polyphénol qui serait au cœur du ‘’paradoxe français’’, apportant ses bienfaits aux buveurs modérés de vin rouge. Grâce à la séquence de l’ADN de la vigne, les scientifiques espèrent aider les viticulteurs à mieux lutter contre les ravageurs et les maladies de la vigne : on pourra mieux cibler les traitements et utiliser des produits moins nocifs pour le sol et pour la santé. Cela ouvre également de nouvelles pistes de recherches sur les arômes et le goût du vin, même si, sur ce terrain, il est difficile de concurrencer le savoir-faire des vignerons et des œnologues. Seul bémol, cette découverte ouvre également toute grande la porte aux essais transgéniques sur la vigne ! Et je parie que d'ici peu, Monsanto, toujours avide de profit, proposera des pieds de vignes V1 qui produiront 4 fois plus de raisins, trois fois plus gros et protégés contre le mildiou, l'oïdium et la pourriture grise... Seuls, le goût et la qualité des tannins seront altérés. Mais çà, ils s'en foutent...