thon rouge

  • L'arrêt de mort du thon rouge...

    « C’est une funeste journée pour la biodiversité marine. Aujourd’hui, nous vivons un véritable tsunami d’inconsciences. En pleine année internationale de la biodiversité, qu’une espèce aussi emblématique que le thon rouge soit sacrifiée au profit d’intérêts économiques de court terme est une véritable honte », dénoncent la présidente du WWF France Isabelle Autissier et son directeur général, Serge Orru, dans un communiqué. Même sentiment chez Greenpeace, pour qui la CITES a « signé l’arrêt de mort du thon rouge ». Faire passer les intérêts à court terme de quelques Etats qui pratiquent un lobbying très actif, tels que le Japon, avant la préservation d’une espèce menacée (dont il reste aujourd’hui moins de 15% de la population d’origine), cruciale pour l’équilibre de l’écosystème méditerranéen est tout simplement inacceptable, estime l’association.

    « L’Union européenne, on le voit bien, était divisée (6 pays méditerranéens avaient au départ refusé d’inscrire le thon à l’annexe I), et sa position finale n'était en rien convaincante. Après Copenhague, c’est de nouveau le signe de l’incapacité de l’Europe à être un acteur international efficace », se désole Serge Orru. Et « que dire d’une puissance européenne qui se veut forte mais qui, dans les négociations internationales, ne tient en rien sa position, et ne s’est d’évidence pas donné les moyens de se défendre ? », s’interroge le chargé de campagne océans de Greenpeace, François Chartier. La proposition de l’UE, qui a certes convaincu plus de pays grâce au délai d’application, a seulement recueilli 43 voix favorables contre 72 voix contre et 20 abstentions.

    Les japonais vont donc continuer de se goinfrer de sushis, jusqu'à ce que, dans quelques années seulement, le dernier thon rouge aura été pêché. Triste histoire. Lamentable victoire du profit à court terme contre la préservation de la biodiversité, de l'environnement, de la planète. C'est mal parti pour le thon rouge, et c'est mal parti pour nous tous aussi : on est sur la mauvaise route...  Terriens, il est temps d'agir...

  • 475 restaurants gastronomiques et le thon rouge...

    Emmenés par leur vice-président, Olivier Roellinger, le chef breton de Cancale, les 475 restaurants gastronomiques et hôtels de charme réunis au sein de l’association Relais et Châteaux, se sont engagés à ne plus proposer, à compter du 1er janvier, de thon rouge (dont les stocks ont baissé de 80% en vingt ans) dans leurs menus, et à s’approvisionner exclusivement en produits de la mer non menacés.

    Répartis dans le monde entier (57 pays au total), ces chefs comptent dans leur rang des "stars" comme Hélène Darroze à Paris ou Michel Troisgros à Roanne, dans la Loire. Pour Olivier Roellinger, interviewé par le Parisien, "le thon rouge est le sommet de l’iceberg : des cuisiniers commandent tous les jours du poisson à leurs mareyeurs sans connaître l’état des stocks, sans savoir qu’il y a des saisons pour pêcher et des tailles minimales à respecter".

    Pour lui, cette initiative reflète donc une conviction, celle que "les grands chefs ont une responsabilité importante, notamment en Europe où la moitié des produits de la mer sont consommés au restaurant". Et d’ajouter : "arrêtons de vider la mer sans réfléchir".

    Une conviction partagée par Alain Ducasse, qui a annoncé récemment avoir supprimé les espèces de poisson menacées de la carte du Spoon. Autre bonne résolution de début d’année, signalée par Le Parisien dans son article : dans un contexte où 20 000 bars à sushis ouvrent chaque année dans le monde, l’enseigne parisienne Sushi Bâ, qui compte cinq restaurants et s'est spécialisé dans la livraison à domicile, a également retiré le thon rouge de sa carte.

    Cela fait des années qu'on le demande, et enfin, cela bouge ! Il était grand temps. Reste à l'Europe à interdire la pêche de ce poisson menacé d'extinction, et sa commercialisation. Et il n'y a pas que le thon rouge...

  • La pêche au thon rouge : c'est reparti !

    Géant mondial de la pêche au thon rouge atlantique avec l'Espagne et l'Italie, la France promet une "tolérance zéro" à ses pêcheurs pour la saison 2008 qui débute fin mars, après des années de laxisme et de surpêche de ce poisson, roi des sushis. "Cette année, nous avons un quota de 4.775 tonnes et nous pêcherons 4.775 tonnes. Ceux qui pêcheront un thon de plus le sentiront passer en termes de sanctions. En 2008, c'est tolérance zéro", a déclaré le directeur des pêches Christian Ligeard. Tancé par Bruxelles, comme l'Italie, Paris doit être irréprochable après avoir "explosé" son quota 2007 pour ce poisson qui, malgré son nom, se pêche principalement en Méditerranée : 10.000 tonnes pêchées pour 5.593 autorisées. Ce dépassement serait dû en partie à des fraudes: six thoniers-senneurs du Languedoc (sud) font actuellement l'objet d'une enquête judiciaire. La France, qui dépasse son quota depuis des années, doit annoncer jeudi la répartition des 4.775 tonnes par bateau. Car le thon rouge, qui se vend très cher au Japon, aiguise les appétits. Les pêcheurs français ont touché de 5,50 à 6,50 euros le kilo en 2007 contre 2 euros pour le merlan. Les dépassements de quota font hurler l'UE et les défenseurs de l'environnement, alors que les scientifiques mettent en garde contre un effondrement des stocks. Dans un rapport international publié en octobre, l'Italie et l'Espagne ont été accusées d'avoir dissimulé plusieurs milliers de tonnes de capture. Le WWF a demandé en janvier aux grandes surfaces de boycotter ce poisson. Le contrôle de cette pêche internationalisée s'avère compliqué: les senneurs pêchent aux Baléares ou en Libye et transbordent leurs poissons en mer pour qu'ils soient transportés vers des cages d'engraissement, en Croatie ou à Malte entre autres. "Dès qu'ils savent qu'on est dans un port pour un contrôle, ils débarquent ailleurs", regrettent des inspecteurs. Des points de débarquement seront donc imposés en 2008. Le meilleur moyen de protéger ce poisson en voie de disparition est de ne plus en manger ! Ne l'achetez plus chez votre poissonnier, ni en grande surface, et choisissez autre chose à la carte au resto : ils n'en n'achèterons plus aux grossistes, qui eux, n'en achèterons plus aux pêcheurs. Cette tactique fonctionnerait à merveille, s'il n'y avait pas ces japonais et leurs sushis...

  • La pêche au thon...

    Un arrêté du Ministère français de la Pêche et de l'Agriculture, paru hier, interdit la pêche au thon rouge dans la Méditerranée et l'Atlantique. Greenpeace, qui avait mené une campagne de sensibilisation sur ce sujet, avait violemment affronté les thoniers marseillais fin août.Les organisations écologistes comme Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature (WWF) mais aussi les scientifiques estiment que l'espèce est en danger en Méditerranée en raison de la surpêche, ce que contestent les pêcheurs. En dépit de la baisse des captures officiellement déclarées depuis 1996, les prises continuent d'avoisiner 53.000 tonnes par an dans l'Atlantique Nord et la Méditerranée, selon les experts. Or la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique a imposé des quotas de 32.000 tonnes.Ce sont les japonais qui vont rire jaune : ce sont eux qui achètent la plupart des thons rouges en vente à Rungis, et sur les autres criées. Mais ne nous inquiétons pas trop pour eux : ils parviendront bien à acheter leur poisson favori dans une autre région du monde, où le pognon passe avant les quotas, et où les pêcheurs se foutent éperdument de la disparition des espèces... Pauvre petite planète, que vas-tu devenir ?