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  • 165 milliards d'euros. Pas cher le nucléaire...

    Alors que le Japon commémore ce samedi le sixième anniversaire de la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011, la région de Fukushima est toujours prise au piège de la contamination

    Six ans après le séisme et le tsunami qui ont dévasté les réacteurs de la centrale de Fukushima-Daiichi, dans le nord-est du Japon, la préfecture nippone vit toujours à l’heure de la catastrophe nucléaire. Quelque 80 000 personnes déplacées de la zone ravagée connaissent encore des conditions de vie précaires.
    La radioactivité fait obstacle au démantèlement et à la reconstruction économique, alors que les dégâts provoqués par le désastre nucléaire et les coûts pour décontaminer la zone ne cessent d’augmenter. Les fuites radioactives se poursuivent et les dernières découvertes sur le site, effectuées début février 2017 par des robots, ont de nouveau fait monter d’un cran l’inquiétude.


    Grâce aux dizaines de milliers de travailleurs (plus de 42 000) qui se sont succédé à Fukushima-Daiichi depuis 2011, le pire a été évité et la situation s’est améliorée. Le combustible de la piscine du réacteur 4, la plus importante et la plus endommagée en mars 2011, a été retiré en décembre 2014 et la radioactivité a beaucoup baissé depuis la catastrophe. Mais pas sur les réacteurs 1, 2 et 3 où les cœurs ont fondu pour former un magma hautement radioactif (corium) dont on ne sait toujours pas exactement six ans après où il est passé.

    La radioactivité est telle qu’une personne qui y serait exposée mourrait presque instantanément et les robots, dans les cas les plus difficiles, n’y résistent pas mieux que l’homme et meurent souvent en cours de route, avant même d’avoir achevé leurs investigations. En cause : des radiations trop intenses. "Dès qu’ils s’approchent des réacteurs, les radiations détruisent leurs câbles électriques et les rendent ainsi inutilisables", explique à l’agence Reuters, Naohiro Masuda, responsable du démantèlement de Fukushima chez Tepco, opérateur de la centrale de Fukushima.

    Le recours à la robotique est toutefois indispensable pour tenter de déterminer la méthode d’extraction du combustible fondu, qui devrait démarrer au mieux en 2021, dix ans après la catastrophe. Car on ne sait toujours quasiment rien sur l’emplacement, la taille et la forme du combustible fondu. Des images prises le lundi 29 janvier 2017 dans l’enceinte de confinement du réacteur 2 de la centrale accidentée par le robot Sasori ("scorpion"), un bras télescopique équipé de dosimètres et d’une caméra, chargé de l’explorer ont montré, pour la première fois, la présence possible de combustible fondu. Le 3 février, grâce au robot, Tepco annonçait avoir observé des niveaux de radiation "pouvant atteindre 530 sieverts par heure".


    Une découverte qui fait craindre de nouveaux retards dans le démantèlement de la centrale déjà prévu pour durer au moins encore 40 ans et des dérapages de coût supplémentaires. En novembre 2016, le gouvernement avait déjà revu à la hausse l’enveloppe globale à 165 milliards d’euros (20 000 milliards de yens), soit le double de l’estimation précédente.

    Au total, plus de 160 000 habitants ont quitté la zone après la triple catastrophe de Fukushima, sur ordre des autorités ou par peur des radiations. Depuis, le gouvernement japonais a conduit une opération de décontamination, qui s’apparente au rocher de Sisyphe et dont les coûts devrait atteindre 37 milliards d’euros (4 500 milliards de yens). Mais seuls 13% des habitants – surtout des personnes âgées – sont rentrés dans les fameuses "zones décontaminées". La plupart d’entre eux s’inquiètent des risques de radiation.


    A compter du mois d’avril 2017, près de 70% des territoires interdits seront de nouveau décrétés habitables par les autorités, qui veulent contraindre les personnes déplacées à retourner chez elles, alors que beaucoup de zones voisines sont encore contaminées, à l’instar de la région d’Itate, un village situé à environ 35 km de Fukushima, ainsi que l’a révélé la semaine dernière Greenpeace, dans son rapport "No return to normal" ("Pas de retour à la normale"). S’appuyant sur des mesures sur le terrain, le groupe écologiste affirme que la zone évacuée n’est toujours pas habitable du point de vue sanitaire.

    On connaît le nombre de victimes du tsunami : la vague noire géante, haute de plus de 15 mètres, a tué 1 607 personnes. Concernant le bilan sanitaire de la pollution nucléaire, qui peut induire troubles cardio-vasculaires, leucémies, tumeurs, cancers thyroïdiens et endocriniens.…, le bilan est plus difficile à établir. Les autorités ont reconnu officiellement que l’atome avait provoqué 1 656 décès indirects. A ce jour, un seul lien lien officiel a été établi par les autorités japonaises, en décembre 2015, entre un ouvrier souffrant d’une leucémie et la radioactivité de la centrale.

    En août 2014, une étude sur l’impact des radiations de la catastrophe de Fukushima a révélé que plus d’une centaine de jeunes âgés de moins de 18 ans au moment de l’accident nucléaire de 2011 avaient développé un cancer de la thyroïde, confirmé par chirurgie ou fortement soupçonné. Sans que la relation avec le désastre atomique soit toutefois entièrement établie. Le rapport de deux ONG antinucléaires publié le 9 mars 2016, indiquait que la pollution radioactive de Fukushima pourrait causer 10 000 cancers supplémentaires.


    La population doit toujours se soumettre à un suivi médical, notamment, les enfants, pour des examens de la thyroïde, ce qui ne simplifie pas la vie quotidienne et fait obstacle à la revitalisation de la région.

    Les autorités de Fukushima, qui veulent relancer l’économie de la région, troisième plus grande préfecture du Japon et quatrième pour sa surface agricole, se heurtent à la méfiance des consommateurs nippons et des pays voisins importateurs (Taïwan, Corée du Sud…). Si les contrôles réguliers des taux de contamination des produits alimentaires et des poissons et crustacés issus de la région de Fukushima montrent désormais leur innocuité, agriculteurs et pêcheurs peinent toujours à les vendre.


    En matière énergétique, la préfecture qui a décidé dès 2011 de sortir du nucléaire, affiche l’ambition de devenir un territoire 100% énergie renouvelable, en développant l’éolien, le solaire, la biomasse et la géothermie, et espère devenir en 2020 la base de production de l’hydrogène qui alimentera le village olympique des Jeux olympiques mde Tokyo. Un challenge qui s’annonce difficile à relever au vu des contraintes que la radioactivité continue de faire peser sur la population. Source : Sud Ouest.fr 

    Un beau cadeau pour les générations futures... Et ce n'est sûrement pas AREVA qui va payer, ni Tepco. Une belle crasse, le nucléaire... 

  • Fukushima, un an et demi après...

    Un an et demi après la catastrophe, il faut bien avouer que rien n'a bougé. L'océan est toujours radioactif (50% des poissons et crustacés sont tout à fait impropres à la consommation, les 50 autres étant consommables à condition d'accepter le fait de manger des becquerels... Pourquoi est-ce que je mangerais 100 becquerels au kilo?), 1/7 de la surface du Japon est contaminée (sol radioactif, eau radioactive,air radioactif), et les symptômes médicaux commencent à affluer, chez les enfants et les adultes.

    En outre, la situation à la centrale nucléaire de Fukushima n'est pas stabilisée du tout : les fuites radioactives continuent de polluer l'environnement et la population, et la situation de la stabilité de "la piscine" fait craindre le pire. Un simple tremblement de terre - comme il y en a fréquemment dans la région- pourrait tout mettre parterre. Et, ce jour-là, c'est la planète entière qui dégustera ! Tant que le combustible radioactif présent dans cette piscine n'aura pas été déménagé dans un endroit sécurisé, un risque énorme planera sur l'humanité. Qu'est-ce qu'ils attendent ?

    Et pendant ce temps-là, Tepco, en faillite, a été nationalisé, tandis qu'Areva se vante d'avoir un carnet de commandes plein à raz bord, et un chiffre d'affaires et des bénéfices mirobolants... Moi, qui avais espéré que cette catastrophe signe la fin du nucléaire, c'était sans compter la puissance des lobbies de cette industrie et le l'énorme pouvoir de ce lobby auprès des pouvoirs politiques corrompus. Il faudra donc attendre une plus grosse catastrophe, pour enfin voir tous les états investir dans les énergies renouvelables non polluantes.

    Mais, même dans ce cas-là, les informations seront à nouveau cadenassées, truquées, falsifiées, filtrées, et la vérité cachée à la population. Il n'y a plus que l'argent qui compte sur notre pauvre planète. Le reste n'a aucune importance. Quelle époque...