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  • Déguster un poisson sauvage : un luxe qui va devenir utopie...

    Commander un filet de cabillaud dans un restaurant pourrait bientôt être un luxe, se délecter d’un poisson "sauvage", une utopie. Parce qu’au rythme auquel nous vidons nos océans, nous n’aurons bientôt plus rien à y trouver. De 20 millions de tonnes au début des années 50, la prise totale de produits de la mer est passée à 70 millions de tonnes en 1970 et plus de 160 millions aujourd’hui, dont seule la moitié est encore réellement pêchée au large. Tout le reste, soit 80 millions de tonnes de poisson consommé, provient de l’aquaculture. Conséquence : les trois quarts des stocks mondiaux de poisson sont surexploités. Les pêcheurs doivent aller plus loin, plus longtemps, et avec un meilleur équipement pour se procurer la même quantité de poisson.

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    "On parle de surpêche dès qu’une espèce n’a plus la capacité de se renouveler", explique Frank Hollander, biologiste et expert en pêcheries pour le WWF qui lancera la semaine prochaine une campagne consacrée au poisson durable. "Soit parce qu’on a pêché trop de spécimens, ce qui a entraîné un déséquilibre de la biomasse globale, soit parce qu’on a pêché les spécimens les plus volumineux qui sont également les agents reproducteurs. Pour peu que l’espèce concernée mette des années à atteindre ses capacités de reproduction, cela peut entraîner sa disparition pure et simple".

    Quelques espèces, comme le thon rouge, bénéficient bien de règles spécifiques, "mais ici aussi on est confrontés à un problème de traçabilité", poursuit Béatrice Gorez, coordinatrice de la coalition pour des accords de pêche équitable. "Il est très facile de cacher des prises non déclarées". La haute mer n’est pas la seule touchée, les côtes d’Afrique, d’Amérique du Sud, de Papouasie et bien d’autres sont envahies de grandes flottes multinationales battant pavillon asiatique ou européen et financées par de grands fonds d’investissements, qui vident les réserves locales en totale impunité. Ces flottes bénéficient parfois d’accords de coopération conclus avec les gouvernements locaux, mais ils en profitent souvent pour remplir les caisses pendant que leurs populations peinent à trouver du poisson.

    La haute mer a longtemps été naturellement protégée parce que l’homme ne savait pas y accéder. Maintenant que ce n’est plus le cas, il semble inévitable de prendre des mesures pour protéger sa biodiversité, sous peine de subir d’importantes conséquences écologiques, sociales, politiques, économiques et sanitaires. Source : Valentin Dauchot sur La Libre.be 

  • Slow Fish, la pêche durable selon Slow Food...

    Depuis 2004, l’organisation Slow Food, fondée par Carlo Petrini, organise "Slow Fish", un salon bisannuel dédié à la pêche durable dans la ville portuaire de Gênes, en Italie. Lors de cet événement, la gastronomie est toujours un beau point d’accroche, mais le questionnement sur l’état des mers est bien présent.

    Slow Food développe ainsi des projets de soutien des communautés de pêche artisanale responsable, et les membres du réseau multiplient les initiatives locales. L’idée est d’informer sur l’état des ressources halieutiques, de favoriser une pêche durable par la mise en avant de pêcheurs "résistants" et d’inviter à la consommation d’espèces négligées.

    En effet, rien qu’en Méditerranée, on compte plus de 500 espèces consommables; pourtant, dans la plupart des pays, on n’en consomme pas plus d’une vingtaine ! Beaucoup de poissons moins connus sont tout simplement rejetés à l’eau ou sous-payés aux pêcheurs. Pour Slow Food, le choix de chacun d’entre nous compte pour influer sur le marché et faire changer les choses dans un "système alimentaire globalisé basé sur l’exploitation intensive des ressources".

    Sur le site de Slow Fish (*), on trouvera tous les guides du poisson durable proposés par différentes organisations internationales ou nationales, mais aussi des infos sur les prémices du projet "Slow Fish Challenge". Une initiative lancée auprès de tout le réseau Slow Food et Terra Madre pour que chacun fournisse des recettes de poisson durable local et des informations sur l’espèce concernée.

    Pour promouvoir le poisson "bon, propre et juste", les bons conseils sont : choisir un poisson local (de mer ou de rivière) ayant atteint la taille minimale qui lui permette de se reproduire et qui a été pêché durant la bonne saison (hors période de reproduction). Source : Heyrendt Hubert sur La Libre.be

    (*) www.slowfood.com/slowfish.

  • Le prix du poisson s'envole...

    L’organisation des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a constaté une nette augmentation du prix des poissons, à son plus haut niveau historique actuellement. 

    L’organisation internationale a ainsi relevé des prix 15% plus élevés pour mai 2013 qu’en mai 2012, précédent record du prix du poisson, déjà plus haut que les chiffres impressionnants de 2011. 

    Malgré l’augmentation du tonnage, l’élevage des poissons ne compense pas la demande., malgré un nombre de captures de poissons sauvages stable. Résultat : la production totale de poisson est à un très haut niveau historique – 161 millions de tonnes -, mais le prix également.

    Plusieurs causes expliquent cette augmentation : d'abord, il faut voir que le prix de l’alimentation des poissons d’élevage a considérablement augmenté, ce qui a une incidence directe sur le prix du poisson. 

    Ensuite, la demande dépasse l'offre.  La demande, elle, concerne plutôt le saumon ou les crustacés (les Chinois apprécient de plus en plus les huîtres et les moules), dont la consommation a augmenté de 20% en un an. Résultat : les prix ont grimpés de 27% pour le saumon et 22% pour les crevettes. 

    L’Asie n’est pas le seul espace amateur de saumon : l’Europe et les Etats-Unis en sont très friands. Le thon, vendu en conserves ou sous forme de sushi, est également très demandé dans ces pays, ainsi qu’au Japon. 

    Or la production est parfois frappée par certains aléas, comme ces maladies qui ont touché les crevettes d’élevage en Thaïlande comme c’est régulièrement le cas. Parmi ces événements imprévus, les huîtres françaises appréciées des Chinois ont été touchées cette année par un virus. Les captures, elles, peuvent se révéler décevantes et la FAO évoque les coquilles Saint-Jacques, plus rares qu’auparavant.

    Le luxe, cette année, possède des écailles... (Source Conso-Globe)

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  • Effondrement de notre civilisation mondiale...

    Pour son élection à la Royal Society de Londres, Paul Ehrlich tenait à mettre sur la table une question abrupte sur la marche du monde. Cette question, elle ne cesse de le travailler depuis quatre décennies : "Un effondrement de la civilisation globale peut-il être évité ?"  Cette interrogation, qui ne soulevait guère, jusqu'à récemment, que des haussements d'épaules, est désormais de plus en plus sérieusement considérée par la communauté scientifique.

    Les premières phrases de Paul Ehrlich, toujours membre, à plus de 80 ans, du département de biologie de l'université Stanford (Californie), ont servi d'entrée en matière à un colloque sur la biodiversité et la croissance économique, le 31 janvier, à l'Ecole des mines de Paris. Elles donnent le ton. "A peu près toutes les civilisations passées ont subi un effondrement, c'est-à-dire une perte de complexité politique et socio-économique, généralement accompagnée d'un déclin drastique de la démographie, écrivent le biologiste américain et sa compagne, Anne Ehrlich, également professeur à Stanford. Certaines, comme en Egypte ou en Chine, se sont remises de situations d'effondrement mais d'autres non, comme la civilisation de l'île de Pâques, ou les Mayas classiques. (...) Dans bien des cas - sinon la plupart - la surexploitation de l'environnement a été en cause."

    La nouveauté du problème est sa dimension globale. Jadis, l'écroulement des sociétés n'a jamais été qu'un phénomène local ou régional. A quelques centaines de kilomètres des lieux où se tramait le délitement de sociétés structurées, rien de tangible ne se produisait. Les hommes continuaient à vivre paisiblement. "Mais, aujourd'hui, pour la première fois, une civilisation humaine globale - la société technologique, de plus en plus interconnectée, dans laquelle nous sommes tous embarqués à un degré ou à un autre - est menacée d'effondrement par un ensemble de problèmes environnementaux", poursuit l'auteur.

    Ces problèmes sont connus. Erosion rapide de la biodiversité ; exploitation irraisonnée des océans ; destruction accélérée des insectes pollinisateurs, qui assurent la reproduction de 80 % du règne végétal ; épuisement des sols et des eaux souterraines ; formation de vastes zones mortes dans les océans, à l'embouchure des grands fleuves qui charrient les effluents agricoles. Avec, surplombant et déterminant partiellement le tout, deux phénomènes globaux liés à nos émissions de gaz à effet de serre : le réchauffement climatique et l'acidification des océans. L'humanité a donc devant elle un certain nombre de difficultés...

    Pour tous ceux qui s'intéressent à l'écologie scientifique et à la biologie de la conservation, Paul Ehrlich est connu comme le loup blanc. En 1968 - cinq ans avant Les Limites à la croissance, rapport du Club de Rome, qui fait date -, il publiait The Population Bomb, un ouvrage grand public dont il vendit quelque deux millions d'exemplaires.

    "Paul Ehrlich a toujours eu comme idée que la démographie est au centre de tout, que nous sommes trop sur la planète et qu'il fallait trouver des moyens pour être moins nombreux", résume le biologiste Gilles Boeuf, président du Muséum national d'histoire naturelle. "A sa publication, ce livre a reçu beaucoup d'attention. On commençait à prendre conscience qu'une croissance exponentielle ne pourrait pas continuer indéfiniment sur une Terre finie. Je crois que beaucoup étaient cependant sceptiques sur l'horizon de temps auquel Paul Ehrlich prévoyait un effondrement."

    L'effondrement, c'est d'abord la faim. Ce qui tourmente Paul Ehrlich depuis quarante ans est avant tout une question d'agriculture, de nourriture et d'estomacs à remplir. "La Terre peut nourrir neuf milliards d'individus sans problème", rétorquent ainsi les adversaires de Paul Ehrlich. Mais ceux qui ont le privilège d'écrire que les famines ne sont pas un "problème" ne sont jamais ceux qui ont eu faim. "Je trouve l'optimisme de beaucoup d'analystes assez perturbant, sachant qu'aujourd'hui presque un milliard d'humains souffrent de la faim et que des millions d'entre eux en meurent chaque année, ajoute le biologiste américain. Si c'est si facile, pourquoi tout le monde n'est-il pas correctement nourri ? Il y a sans doute plus de personnes souffrant de faim et de malnutrition aujourd'hui qu'en 1968", lors de la parution de The Population Bomb. Il n'y avait, alors, que trois milliards et demi d'humains sur Terre - nous sommes aujourd'hui plus du double.

    "Ce que souligne Paul Ehrlich, c'est que, même si, dans la situation actuelle, on calcule que la Terre pourrait nourrir neuf milliards d'humains, nous ne sommes absolument pas sûrs que cela soit encore possible dans quelques décennies, redoute le biologiste Gilles Boeuf. Simplement parce que le système de production va commencer à subir les effets des perturbations que nous avons introduites dans le système, à commencer par le changement climatique." Dans de nombreuses régions du monde et pour certaines grandes cultures, "les rendements agricoles n'augmentent plus depuis sept à huit ans", précise le président du Muséum. En France, par exemple, les effets du changement climatique sur le blé se font sentir depuis 1996 : en dépit des progrès agronomiques, les rendements stagnent, après un demi-siècle de croissance continue. C'est le cas dans la majeure partie de l'Europe.

    L'agriculture ne sera pas le seul système affecté. Les pêcheries souffrent également : depuis le milieu des années 1990, les prises mondiales déclinent, en dépit d'un effort de pêche toujours accru. Toujours plus de bateaux sont armés, traquent la ressource de plus en plus loin et de plus en plus profond, mais le produit de la pêche mondiale décline inexorablement. La tendance pourrait être encore aggravée par le réchauffement des eaux superficielles de l'océan et, surtout, par leur acidification. La manière dont les écosystèmes marins peuvent s'adapter à ce phénomène est largement inconnue, puisque ce dernier se produit à un rythme inédit depuis au moins 300 millions d'années, selon une récente étude publiée dans la revue Science.

    Dans le dernier tiers du XXe siècle, la question de la finitude du monde est demeurée marginale dans la communauté scientifique. Elle n'a pas suscité une école de pensée structurée, comme la physique des semi-conducteurs, la génomique ou la climatologie. L'opinion et les craintes de Paul Ehrlich sont-elles désormais partagées par tous ? "Non, il est toujours critiqué et considéré comme trop pessimiste, estime James Brown. La majorité de la communauté scientifique ne reconnaît pas ce qu'Ehrlich ou encore mon groupe de recherche et moi considérons comme une urgence critique."

    Chez les chercheurs qui travaillent spécifiquement sur le fonctionnement des écosystèmes, la réalité est peut-être différente. "Ce n'est pas un tableau très joyeux qu'il dépeint, confie Franck Courchamp, chercheur au laboratoire Ecologie, systématique et évolution (CNRS/université Paris-Sud), mais malheureusement je pense qu'il écrit tout haut ce que la plupart des écologues pensent tout bas." La prestigieuse revue Nature a par exemple publié, au printemps 2012, deux vastes synthèses de la littérature scientifique, menées collectivement par une quarantaine de spécialistes du fonctionnement des écosystèmes. Leurs conclusions sont glaçantes : non seulement l'ensemble de la biosphère terrestre connaîtra une "bascule abrupte et irréversible" dans les prochaines décennies, du fait des transformations apportées par l'homme à l'environnement, mais les services rendus aux économies par ce dernier vont perdre en efficacité du fait de l'érosion de la biodiversité.

    Probablement trop déprimantes, ces deux synthèses de la littérature, résumant le savoir accumulé par des centaines d'études, ont été relativement ignorées par les médias. Elles sont passées inaperçues. A peu près autant que l'avis commun rendu en juin 2012 par les 106 académies des sciences, intitulé "Population et consommation" et qui, en termes prudents, n'en valide pas moins les inquiétudes anciennes de Paul Ehrlich. "Les accroissements simultanés de la population et de la consommation non durable font que le monde se trouve face à deux de ses plus grands défis, assurent les académies des sciences. La population mondiale est de 7 milliards d'habitants, et la plupart des projections indiquent qu'elle sera de 7 à 11 milliards en 2050, sachant que l'accroissement de la population se fera surtout dans les régions à faible revenu. Globalement, les niveaux de consommation sont à un niveau jamais atteint, largement en raison de la forte consommation par individu dans les pays développés."

    Si elle apparaît comme une préoccupation de plus en plus partagée chez les scientifiques, l'impossibilité d'une croissance exponentielle éternellement entretenue dans un monde fini reste largement ignorée dans les cercles dirigeants, parmi les économistes et dans l'opinion. Le gouffre est en effet énorme entre les centaines d'études alarmantes et le "climat" général des réactions. "Il y a dans la communauté scientifique une retenue sur ces sujets qui m'a toujours étonné, ajoute M. Courchamp. Même dans les instances nationales, les scientifiques spécialistes ont toujours peur d'être accusés de catastrophisme, d'opinions militantes ou exagérées."

    L'ignorance, par le plus grand nombre, de la situation telle que la perçoivent les spécialistes compte au nombre des grandes préoccupations du biologiste américain. "Pour éviter un effondrement, le plus grand défi est peut-être de convaincre l'opinion, en particulier les hommes politiques et les économistes", écrit-il. 

    "L'effondrement de la civilisation globale" peut être évité, "car la société moderne a montré de la capacité à traiter les menaces de long terme, si elles sont évidentes et continuellement portées à notre attention". Mais cette note d'espoir est vite remise à sa place. "Nous estimons que la probabilité d'éviter l'effondrement n'est que d'environ 10 %, précise Paul Ehrlich. Et nous pensons que, pour le bénéfice des générations futures, cela vaut le coup de se battre pour monter cette probabilité à 11 %."

    La principale incertitude ne repose sans doute pas sur les grands changements d'état de la biosphère et la raréfaction des ressources. Elle tient plutôt au fait de savoir ce qu'est un "effondrement", c'est-à-dire de quelle manière les sociétés réagiront à ces changements. Appauvrissement brutal des populations ? Perte de contrôle des Etats sur leur territoire ? Incapacité à assurer les besoins de base de la population ? Généralisation de la violence ? Ou réduction graduelle et pacifique de la consommation matérielle, accompagnée d'une plus forte cohésion sociale ? Ces questions restent ouvertes et ne sont pas du ressort des sciences de la nature. Mais le spectacle qu'offre un pays comme la Grèce n'incite guère à l'optimisme. Extraits de l'article de Stéphane Foucart dans Le Monde de ce samedi 9 février.

     

  • Les méduses envahissent les océans...

    Sur Thalassa, hier soir, la méduse. C’est une créature étrange, à peine un animal. Sans cœur ni cerveau, elle navigue entre deux eaux depuis 600 millions d’années. Elle est née bien avant l’Homme, avant même les dinosaures. Urticante et gluante, cet être fragile n’a pas bonne réputation : on l’accuse aujourd’hui de coloniser nos océans, à la faveur du changement climatique et de la surpêche.

    De la France au Japon, en passant par la Thaïlande, l'Australie et les Etats-Unis, nous avons exploré son univers, énigmatique et immense : il existe 1000 espèces différentes de méduses. 

    En France, elle est petite et ses tentacules provoquent de vives brûlures. Depuis quelques années, elle prolifère sur nos côtes, au grand dam des vacanciers et des communes, qui ne vivent que du tourisme. On pose dorénavant des filets qui protègent certaines plages et permettent la baignade.

    Au Japon, elle est gênante et envahit une fois par an les eaux de la mer du japon. Les pêcheurs la redoutent car dans les filets, elle asphyxie les poissons et les rend invendables. Les pêcheurs remontent des milliers de méduses géantes dans leurs filets et sont désespérés. Chacune peut pondre un milliard de larves !  Ils accusent la Chine (forte pollution des fleuves et des mers avec des engrais et surpêche, s'ajoutant au réchauffement climatique sont les conditions idéales pour la méduse).

    En Australie, elle ressemble à un cube, mais elle tue, tellement son poison est violent. Il y a plus de décès dûs aux contacts avec des méduses, qu'avec des attaques de requins. On n'a toujours pas trouvé d'antidote, et la mort survient en 3 minutes...

    En Thaïlande, elle se déguste dans les bons restaurants, et génère une véritable industrie de pêche et d’exportation. 

    Aux Etats-Unis, elle est recensée, examinée, disséquée, dans le grand aquarium de Monterey. À chaque fois, c’est une méduse qui se dévoile : prolifératrice, tueuse, comestible, ou même… amie de l’homme.

    Ce qui est certain, c'est que la surpêche fait qu'il y a plus de plancton disponible pour les larves de méduses, et moins de poissons qui se nourrissent de ces larves, d'où leur augmentation croissante dans toutes les mers du monde. Une mer sans poissons et remplie de méduses empêchant toute baignade, c'est peut-être pour bientôt...L'invasion des méduses (extrait)

  • Aspirateur des mers...

    Le Maartje Theadora, véritable aspirateur des mers, illustre parfaitement le problème de la gestion actuelle de la pêche en Europe : la flotte, trop importante en nombre et suréquipée par rapport au nombre de poissons, est aujourd’hui capable de pêcher 2 à 3 fois le niveau qui serait supportable pour nos océans. Ces bateaux usines vont donc pêcher plus loin, hors des eaux européennes, pour traquer les derniers poissons. 

    Ce bateau de 140 mètres de long peut transformer 200 tonnes de poissons chaque jour, et reste en mer des semaines. Un chalutier usine de cette envergure peut capturer en une journée autant de poissons que 56 embarcations traditionnelles mauritaniennes en une année.

    Greenpeace s'élève donc contre l'usage de ces bateaux usines, qui, après avoir épuisé les eaux européennes, s'attaquent maintenant aux autres océans, et les vident de toute vie. Ce qui menace les ressources des millions de petits pêcheurs artisans africains et autres, et de tous les gens qu'ils font vivre.

    Il est grand temps d'arrêter ce massacre et de revenir à une pêche raisonnable, respectant la reconstitution naturelle des stocks et les périodes de reproduction des différentes espèces. Terriens, il est temps d'agir...

  • Partir de ce que la nature peut donner...

    Interdire le commerce international du thon rouge pour éviter son extinction, repenser les pratiques agricoles pour limiter la prolifération des algues vertes: les arbitrages sur ces deux sujets environnementaux sensibles sont imminents.

    A quelques semaines des élections régionales en France, ces dossiers prennent un relief particulier avec la crainte, palpable, au sein du gouvernement, qu'ils provoquent de vives réactions: des agriculteurs, en Bretagne (première région agricole française), et des pêcheurs, dans le sud de la France.

    Concernant le phénomène des "marées vertes", provoqué par les nitrates issus des engrais,  la question la plus sensible est celle des pratiques agricoles. Comme le soulignait une note récente du préfet des Côtes d'Armor, faute de "révolution" des pratiques et d'un "changement complet du modèle économique existant" dans les bassins versants concernés, le phénomène ne peut que perdurer.

    Concernant le thon rouge, dont les stocks ont baissé en Méditerranée de près de 75% entre 1957 et 2007, les associations environnementales réclament haut et fort son inscription à "l'annexe 1" de la Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction (CITES), synonyme d'interdiction du commerce international.

    Avec les océans, comme, d'une certain façon, avec les sols, on est arrivé au point de rupture. Dans les deux cas, il faut un changement de logique: il va falloir partir de ce que la nature peut donner et ajuster les prélèvements en fonction.

  • Où sont-ils passés ?

    L'étal des poissonniers est de plus en plus tristounet : petites ailes de raies, petits turbotins, petites dorades, petits cabillauds, solettes... Seuls les maatjes et les crevettes grises n'ont pas changé de taille !

    En 1980, il était normal de trouver sur les étals des turbots de 8 Kg. Ils étaient sauvages et avaient une chair délicate. Aujourd'hui, les turbots pèsent 3 Kg à tout casser et proviennent d'élevages. Ils goûtent ce qu'on leur a donné à manger, c'est-à-dire de la farine. Plus rien à voir ! Chez Hof Van Cleef, on peut encore trouver de tels turbots (on en pêche encore 4 à 5 par jour en Belgique), mais à 105 euro la portion (soit le prix du turbot de 8 Kg en 1980)... Un peu dur à avaler ! Même si c'est bon.

    En 2000, on trouvait de belles raies bouclées, au filet épais (4 à 5 cm). Aujourd'hui, le filet de la plupart des raies ne fait plus qu'un cm d'épaisseur ! Plus aucun intérêt, plus aucun plaisir gustatif. Plus qu'à ce souvenir de la finesse de ces filets épais et leur beurre noisette aux câpres !

    Quant au cabillaud Royal, dont les filets de 8 à 10 cm d'épaisseur étaient un pur régal, c'est également fini. Terminé. On a pêché tous les gros, il ne reste que les petits, qui ne deviendront jamais grands. Et demain, on mangera quoi ?

    Terminons avec les Daurades Royales, mon poisson préféré il y a encore peu de temps. Car aujourd'hui, ces daurades d'élevage n'ont ni la grandeur, ni la texture, ni le goût, ni la blancheur de chair, ni la finesse et la fermeté des magnifiques dorades royales d'antan. On en trouve encore quelques spécimens, pêchés dans les Calanques et vendues sur le port de Marseille, à un prix déroutant.

    En conclusion, manger du bon poisson, du vrai, devient un luxe quasi impayable. Ensuite, le goût des poissons proposés aujourd'hui n'est plus du tout pareil : ils sont tous nourris de farines, et goûtent tous la farine. C'est catastrophique. Enfin, puisqu'il n'y a plus de poissons, on racle le fond des océans, à la recherche de nouvelles espèces, protégées jusqu'ici : la Lingue bleue, le Siki, l'Empereur, le Grenadier, le Hoki, le Flétan du Groenland, autant d'espèce qui disparaîtront à leur tour dans fort peu de temps. Et après ?

    Il est grand temps de réguler sérieusement la pêche de façon à permettre aux espèces surpêchées de se reconstituer, d'interdire la pêche des espèces menacées (Thon rouge, par exemple), d'interdire la pêche des hauts fonds, de respecter la saison de reproduction des différentes espèces et surtout, de conscientiser le consommateur de ne plus acheter n'importe quoi, et de boycotter certaines espèces affichées sur les cartes des restaurants. Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Elles sont là...

    Elles sont la ! Les premières méduses ont fait leur apparition sur les côtes méditerranéennes. Et aux dires des experts, Pelagia noctiluca, l’espèce la plus commune en France, devrait s’installer durablement sur les plages de la Côte d’Azur cet été, pour la huitième année consécutive. Cette méduse dont les tentacules mauves urticants causent démangeaisons et brûlures mais parfois aussi des réactions allergiques et asthmatiques semble apprécier la villégiature dans le Sud. Les raisons de cette encombrante occupation sont multiples et pas encore toutes élucidées. Les spécialistes accusent la surpêche qui élimine ses compétiteurs dans la course à la nourriture, le réchauffement climatique qui favorise les conditions de reproduction et la disparition des ses prédateurs comme la tortue. En clair, la méduse profite de toutes les dérives anthropiques affectant la planète. Du côté des stations balnéaires, la lutte s’organise. L’été dernier des villes comme Cannes ou Monaco ont mis en place, la saison dernière, des filets anti-méduses qui ont fait preuve d’une certaine efficacité. Maintenant c’est vers l’espace que les scientifiques se tournent avec un projet de suivi satellitaire des essaims (de plusieurs millions d’individus) afin de prévoir la prochaine marée gélatineuse... A force de vider les mers et océans de toutes les espèces de poissons, ces braves méduses se retrouvent sans prédateurs et se multiplient sans soucis. A un tel point que nous ne pourrons même plus nous y baigner ! Malgré cet état de fait, les pêcheurs poursuivent leur surpêche, sans respect des quotas imposés par la commission européenne. Et, comme nous ne sommes pas prêts de les consommer en brochettes, les méduses prolifèrent...

  • La pêche au thon rouge : c'est reparti !

    Géant mondial de la pêche au thon rouge atlantique avec l'Espagne et l'Italie, la France promet une "tolérance zéro" à ses pêcheurs pour la saison 2008 qui débute fin mars, après des années de laxisme et de surpêche de ce poisson, roi des sushis. "Cette année, nous avons un quota de 4.775 tonnes et nous pêcherons 4.775 tonnes. Ceux qui pêcheront un thon de plus le sentiront passer en termes de sanctions. En 2008, c'est tolérance zéro", a déclaré le directeur des pêches Christian Ligeard. Tancé par Bruxelles, comme l'Italie, Paris doit être irréprochable après avoir "explosé" son quota 2007 pour ce poisson qui, malgré son nom, se pêche principalement en Méditerranée : 10.000 tonnes pêchées pour 5.593 autorisées. Ce dépassement serait dû en partie à des fraudes: six thoniers-senneurs du Languedoc (sud) font actuellement l'objet d'une enquête judiciaire. La France, qui dépasse son quota depuis des années, doit annoncer jeudi la répartition des 4.775 tonnes par bateau. Car le thon rouge, qui se vend très cher au Japon, aiguise les appétits. Les pêcheurs français ont touché de 5,50 à 6,50 euros le kilo en 2007 contre 2 euros pour le merlan. Les dépassements de quota font hurler l'UE et les défenseurs de l'environnement, alors que les scientifiques mettent en garde contre un effondrement des stocks. Dans un rapport international publié en octobre, l'Italie et l'Espagne ont été accusées d'avoir dissimulé plusieurs milliers de tonnes de capture. Le WWF a demandé en janvier aux grandes surfaces de boycotter ce poisson. Le contrôle de cette pêche internationalisée s'avère compliqué: les senneurs pêchent aux Baléares ou en Libye et transbordent leurs poissons en mer pour qu'ils soient transportés vers des cages d'engraissement, en Croatie ou à Malte entre autres. "Dès qu'ils savent qu'on est dans un port pour un contrôle, ils débarquent ailleurs", regrettent des inspecteurs. Des points de débarquement seront donc imposés en 2008. Le meilleur moyen de protéger ce poisson en voie de disparition est de ne plus en manger ! Ne l'achetez plus chez votre poissonnier, ni en grande surface, et choisissez autre chose à la carte au resto : ils n'en n'achèterons plus aux grossistes, qui eux, n'en achèterons plus aux pêcheurs. Cette tactique fonctionnerait à merveille, s'il n'y avait pas ces japonais et leurs sushis...

  • Consommer du poisson : oui, mais pas n'importe lequel...

    Faut-il mieux acheter du colin ou du cabillaud pour ne pas aggraver l'extinction des espèces? La dorade royale et les Saint-Jacques sont-elles menacées ? Pour aider les consommateurs à faire le bon choix chez le poissonnier et éviter d'acheter les espèces victimes de surpêche, WWF-France, va lancer un mini guide au mois de janvier dans le cadre d'une campagne destinée à sensibiliser les consommateurs mais aussi les professionnels de la filière. La réglementation européenne impose l'étiquetage des produits de la mer (nom de l'espèce, zone de capture, pêche en mer, produit d'élevage) mais cet étiquetage est "souvent insuffisant pour permettre au consommateur de faire des choix avertis par rapport à la situation réelle des océans", souligne le WWF. Ce mémento en deux pages de format poche classe poissons, coquillages et crustacés en trois catégories : "A éviter" pour les espèces sur-pêchées dont certaines sont en voie d'extinction (cabillaud, anguille, espadon, loup de mer, raie, requin, thon rouge etc.); à consommer "Avec modération" pour les espèces à problèmes (thon albacore, bar, calamar, coquille St Jacques, dorade royale etc.) et "A privilégier" pour celles qui ne sont pas menacées (huitre, moule, maquereau, colin d'Alaska, sardine etc.). Il distingue les produits d'élevage des produits sauvages et indique pour ces derniers les différentes provenances - Atlantique Nord-Est, Golfe de Gascogne, Manche, Mer du Nord, Atlantique Nord. "La pêche est engagée dans une spirale infernale : 75% des espèces marines pêchées sont surexploitées ou en passe de l'être", selon l'ONG. Elle recommande d'opter de préférence pour des produits labellisés MSC, norme édictée en 1995 par la FAO (Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations-Unies) qu'il juge "la plus fiable". Quelque 100 millions de tonnes de produits aquatiques (poissons, mollusques et crustacés) sont consommées chaque année dans le monde depuis 2002, soit six fois plus qu'en 1950, selon les données de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). Et la demande mondiale devrait augmenter de 2% par an au cours des deux prochaines décennies. Bref boycottons le cabillaud, la raie, l'espadon et le thon rouge lors de nos achats ou au resto, et laissons le temps à ces espèces menacées d'extinction de se reconstituer. C'est important la biodiversité, et il faut tout faire pour la préserver ! Terriens, il est temps d'agir...

  • Poissons : achats réfléchis...

    Bonne initiative de WWF Belgique, qui distribue en ce moment un petit fascicule pour aider les consommateurs de poissons à faire le bon choix lors de leurs achats. C'est vrai que si nous boycottions tous le thon rouge et le cabillaud (2 espèces en voie de disparition tellement ils ont été surpêchés), les grandes surfaces n'en proposeraient plus dans leurs rayons, et les restaurateurs n'en mettraient plus au menu... Et donc, faute de demande, les pêcheurs n'en pêcheraient plus. Mais là, on rêve, car les japonais n'arrêterons jamais de manger du thon rouge, et je connais quelques familles belges, pour qui le traditionnel cabillaud du vendredi va être dur à remplacer ! Donc, il faut que cela vienne de plus haut, c'est-à-dire du gouvernement, ou de l'Europe. Ils établissent chaque année des quotas, mais ceux-ci sont bien trop larges pour que ces espèces puissent reprendre leur souffle et se multiplier. En plus, ces quotas sont rarement respectés, toutes les pêches n'étant pas déclarées.. La solution serait donc celle de Greenpeace qui pousse à instaurer un moratoire de pêche sur plusieurs espèces menacées, et à créer d'immenses réserves naturelles de par le monde, où il serait totalement interdit de pêcher. Et là, on se heurte, de plein fouet, à plein de monde, qui vit de la pêche... Pourtant, il faudra bien y passer un jour, si on ne veut pas manger un jour le dernier cabillaud de la planète... Et en attendant, consommez malin, avec votre petit guide d'achat WWF... Ce sera déjà ça...

  • Et ta mer, t'y penses ?

    Les océans, habitats en péril : ils recouvrent les deux tiers de notre planète. Du plancton microscopique à la plus imposante des baleines, ils contiennent 80 % de la biodiversité. Pourtant, ces richesses sont menacées par différentes activités humaines particulièrement destructrices et clairement identifiées, comme la pollution, l’extraction minière et pétrolière et la surpêche. En 2003,les trois quarts des réserves halieutiques mondiales évaluées par la FAO (organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), étaient à 52 % complètement exploitées, à 16 % surexploitées et à 8 % épuisées.La prisede conscience doit donc être collective et immédiate. En tant que consommateur, vous avez un rôle important à jouer puisque certains produits de la mer que vous achetez proviennent directement de pratiques destructrices de l’environnement marin. L’urgence : arrêtez d’acheter les espèces de la liste rouge (voir lien Greenpeace) qui proviennent toutes de méthodes de pêche causant de graves dommages à l'environnement. Consommez du poisson pêché en dehors des périodes de reproduction (voir lien Greenpeace). En utilisant la réglette et le tableau ,soyez sûr(e)s que les tailles minimales imposées par la réglementation européenne sont respectées. Malheureusement, ces taillesne correspondent pas systèmatiquement à celles requises pour que les poissons atteignent leur maturité sexuelle. En achetant uniquement des poissons adultes, vous contribuezdonc directement à la préservation de la ressource. Évitez de consommer des bâtonnets de poisson. Les poissons utilisés pour la fabrication de ces produits peuvent provenir de flottes de pêche industrielles pirates. Achetez des produits de la mer pêchés localement.En plus de soutenir les pêcheurs locaux, vous contribuerez à lutter contre les émissions de CO2 qui aggravent les changements climatiques : 1 kg de poisson pêché par la flotte française « consomme »en moyenne 1,5 l de gasoil. La plupart des poissons d'élevage sont carnivores : les nourrir nécessite de grandes quantités de poissons sauvages : pour 1kg de saumon,de bar ou de daurade d'élevage, il faut 4kg de farine de poissons sauvages (hareng, sardine ou maquereau). Ce chiffre passe à 15 ou 20 kg pour 1kg de thon rouge d’élevage. l'élevage de poissons produit une quantité énorme de déchets de façon concentrée :l’ensemble des fermes d’élevage de saumon en Ecosse rejettent par jour autant de déjection que les 600 000 habitants d’Edimbourg, les élevages industriels nécessitent pour éviter la transmission des maladies l'utilisation massive d'antibiotiques. Les poissons qui "bénéficient" de ces traitements se retrouvent porteurs de germes extrêmement contaminants pour les poissons sauvages. Il n'est plus possible de citer aujourd'hui des espèces à consommer sans modération car plusieurs paramètresentrent en ligne de compte (état des stocks,méthodes de pêche utilisées, pollutions diverses,...). Consommez des espèces herbivores d'élevage comme le Tilapia ou lePangasius ou des espèces comme le bar de ligne (attention à bien retrouver l'étiquette au niveau de l'ouïe).Ce dernier est vendu généralement à un prix plus élevé que celui dubar de chalut ou d'élevage,mais en l'achetant vous favorisez une méthode de pêche plus respectueuse de l'environnement,moins consommatrice en énergie (pêche de proximité), qui constitue un important moteur de développement local. Plus d'infos sur le lien vers le guide à l'usage du consommateur responsable édité par Greenpeace. Terriens, il est temps d'agir...