surexploitation

  • La biodiversité planétaire en chute libre...

    L'appauvrissement de la biodiversité devient une tendance quasiment irréversible alors que l'objectif, fixé en 2002, d'atteindre en 2010 une réduction significative des taux de perte de biodiversité au niveau mondial n'a pas été atteint, s'alarme l'ONU dans un rapport publié ce lundi.

    Selon les spécialistes, des "points de basculement sont près d'être franchis, conduisant les écosystèmes vers des états moins productifs desquels il pourrait être difficile ou impossible de revenir".

    Ces points de basculement analysés dans ce troisième rapport de l'ONU sur les perspectives mondiales de la biodiversité comprennent "le dépérissement de vastes zones de forêt amazonienne", "la modification de nombreux lacs d'eau douce (...) vers l'eutrophisation et la domination des algues", ainsi que "l'effondrement de plusieurs écosystèmes de récifs coralliens".

    "Aucun des 21 objectifs secondaires qui accompagnent l'Objectif biodiversité de 2010 ne peut être confirmés comme ayant été atteints de façon définitive au niveau mondial", précise le rapport.

    En outre, "dix des quinze indicateurs principaux développés par la Convention sur la diversité biologique montre des tendances défavorables pour la biodiversité".

    Surtout, aucun gouvernement n'a complètement atteint l'objectif biodiversité de 2010, déclarée par l'ONU année internationale de la biodiversité.

    En conséquence, les "systèmes naturels qui sont le support de la vie, de l'économie et des moyens de subsistance sur la planète sont menacés de dégradation rapide et d'effondrement", relève le Programme de l'ONU pour l'environnement dans un communiqué.

    Le rapport mentionne l'existence de cinq tendances qui engendrent la perte de biodiversité: "le changement de l'habitat, la surexploitation (des ressources), la pollution, les espèces exotiques envahissantes et les changements climatiques".

    Et selon les experts, le taux d'extinction d'espèces animales et végétales est désormais "1.000 fois plus élevé que le taux historique connu jusqu'à ce jour".

    "Pour s'attaquer aux causes profondes de la perte de biodiversité, nous devons lui donner une priorité plus élevée dans tous les domaines de prise de décision et dans tous les secteurs économiques", a demandé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, cité dans le rapport.

    L'ONU estime que les pays peuvent encore agir pour tenter de renverser la tendance, appelant les gouvernements à établir une "action urgente" pour réduire "la pollution terrestre et les pratiques de pêches destructrices qui affaiblissent les récifs coralliens".

    "De nombreuses économies restent aveugles à la valeur immense de la diversité des animaux, des plantes et autres formes de vie et à leur rôle dans la santé et le fonctionnement des écosystèmes des forêts, des eaux douces ou des sols", a regretté le directeur exécutif du Programme de l'ONU pour l'environnement Achim Steiner, cité dans un communiqué.

    "L'humanité a fabriqué l'illusion que nous pouvons en quelque sorte nous passer de la biodiversité (...): la vérité est que nous en avons besoin plus que jamais sur une planète de six milliards d'individus qui se dirige vers plus de neuf milliards d'individus", poursuit-il.

    Le document met en avant de rares progrès comme "l'augmentation des zones protégées à la fois sur terre et dans les eaux côtières".