souvenirs

  • Dégustation du lundi 241

    Très belle soirée de dégustation à l'aveugle du Clos, ce lundi soir, pour fêter un anniversaire. Dix flacons à 5, dont quelques admirables bouteilles obligées d'être consommées jusqu'à la dernière goutte, expliquent le retard de ce compte-rendu...

    On débuta les festivités par un vin à la robe or et au premier nez de pommes et de cidre, puis plus complexe. La bouche, assez massive pour un premier vin, est sur du Chenin structuré, salé, fumé. C'est tendu et sec, avec des notes de fûts de Whisky : Initials BB 2011, le meilleur des Bonnes Blanches d'Agnès et René Mosse, en Vin de France.

    Le second flacon présente une robe plus claire et un nez de beau Chardonnay classique. En bouche, on est sur un grand bourgogne blanc, avec des notes de champignons, de la vivacité, de la fraîcheur et une très belle finale : Champ Gain Premier Cru 2009 en Puligny Montrachet de Benoît Ente, produit à 1770 bouteilles. Son frère Arnaud fait encore beaucoup mieux, mais c'est plus cher.

    On passe déjà aux rouges Langue tirée avec un vin à la robe noire et au nez complexe, sur des fruits mûrs, de l'humus, des sous-bois et une pointe d'alcool. En bouche, on pense au cabernet, mais c'est très sec. Une sécheresse typique des vins de Bordeaux. Château Gombaude-Guillot 2008 à Pomerol en Bio (Ecocert). Dommage pour ce dernier Gaulois du vignoble bordelais, entouré de grands domaines prestigieux : voir le film Vino Business d'Isabelle Saporta, ou lire le livre, épatants tous les deux.

    On poursuit la dégustation avec un vin à la robe encore plus noire et au nez gigantesque. C'est fruité dans la chaleur, avec un côté tannique. On est sur du pruneau, mais avec de la fraîcheur. Certains pensent à un bon Cahors ou à un bon Madiran. Moi je suis plutôt sur un bon Roussillon. Pour mon Père 2012 du Domaine de Gaure. Carignan 50%, Syrah 20%, Mourvèdre 20%. Cela fait 90, et c'est bon comme cela...

    Cinquième flacon de la soirée, à la robe évoluée et au nez noble de vieux bordeaux. En bouche, on est libéré du côté sec que le nez pouvait laisser entendre : elle est fruitée, fondue, fraîche et longue, avec de la pelure de noix en finale. Il y a aussi du cuir et des arômes tertiaires, et c'est très beau. Vega-Sicilia "Unico" Consecha 1962 en Ribeira Del Douro (bouteille n° 49436 sur 80.000). Extraordinaire pour l'âge du flacon : aucun bordeaux n'arrive à ce niveau.

    On poursuit les festivités avec un vin à la robe noire et au même type de nez que la précédente, mais en beaucoup plus jeune. Certains évoquent un Vega-Sicilia (maturité, soleil, notes lardées). En bouche, une droiture bordelaise avec une maturité méridionale, sur le fruit et la fluidité : Domaine de Trévallon 2007 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. Une magnifique bouteille dans un incroyable millésime. Il faudra attendre 20 ans avant d'ouvrir les suivantes...

    Le septième flacon nous offre une robe trouble et plus claire, sur un nez de vin nature. La bouche est exemplaire, fruitée sur une belle acidité : Cobero 2011 en Espagne. C'est court, mais là, je cuisine et ne prends donc plus de notes... Ce qu'on en dit : "Su nuevo vino huele a frambuesa en pimienta, con acordes frutales de manzana y baya de saúco, y vegetales ácidos y frescos. Ágil y vibrante, cae acelerado en el paladar con una tensión sorprendente".

    Le vin suivant présente une robe rubis et le nez d'un grand clos bourguignon sur un beau fruit. La bouche confirme un beau Pinot noir, qui se goûte bien : Morgon 2011 Côte du Py de Jean Foillard en Beaujolais ! On est donc sur un Gamay...

    Le 9ème flacon a une robe cognac, et tous reconnaissent là, malgré l'heure avancée, un tout grand vin moelleux. Ce qui est heureux.C'est confituré, sur de l'abricot, avec une fort belle acidité et sans aucune lourdeur : Château d'Yquem Lur Saluces 1988 en Sauternes. Une magnifique bouteille dans un fort beau millésime (supérieur à 1986, 1989 et 1990 selon un connaisseur).

    J'ignore qui a eu l'idée saugrenue (mais je devine qui), d'ouvrir une dixième bouteille pour clore cette longue soirée plus arrosée que de coutume, et, tout ce que je peux en dire, c'est qu'il me semble que c'était un vin argentin, sans caractère particulier...

    La suite des dégustations du Clos lundi prochain, en plus calme.

     

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  • Dégustation du lundi 232...

    Nouvelle dégustation du Clos à 5 ce lundi soir, avec un rosé et 5 rouges à l'aveugle. Sur la terrasse, vu les conditions météo clémentes.

     

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    Premier vin à la robe rosé soutenue, et au nez doux, rond avec un peu d'alcool. La bouche est grasse, classique, avec de l'alcool. On est sur un rosé du Sud (Provence ?), chaud, avec une belle amertume et sur du fruit. La Chance 2013 en Bandol, du Domaine des Terres Promises. La bouteille est fort belle.

    On passe aux rouges, avec un vin à la robe pourpre et au nez EPOUVANTABLE. Jamais eu rien de pire en vin Nature... Par contre, après une longue aération, la bouche s'avère parfaite, comme souvent quand les vins sont réduits comme cela. Très beau jus, belle texture, très beaux fruits avec un côté croquant, et de la fraîcheur. Je pensais être sur une Syrah à Cornas et c'est raté : Le Pichet Mignon 2013 Nature, en Vin de Pays d'Oc de Pierre-André et Mercedes Delmas à Rivesaltes. Bon petit vin frais, mais fort gêné par le nez.

    On passe à quelque chose de plus avenant avec un vin à la robe un peu plus foncée et au nez très agréable et assez distingué sur des fruits mûrs (cassis), de la garrigue et un côté sanguin. La bouche est fort belle aussi, fraîche, épicée, très distinguée, sur un fruité élégant et de la fraîcheur, sans boisé ni astringence : Mas des Chimères Caminarèm 2011 Terrasses du Larzac en Coteaux du Languedoc. Cela faisait fort longtemps que nous ne l'avions dégusté, et il nous a fort plu, nous paraissant encore meilleur qu'avant.

    Quatrième flacon, à la robe encore plus foncée, et au nez de vin Nature (mais rien à voir avec le premier rouge de la soirée), mais avec un côté vieux papier qui gêne un peu. En bouche, une belle matière et un beau grain, de la rondeur et de la souplesse, sur des fruits mûrs et des tannins. On pense à un Loire, sur un Cabernet Franc, chez un vigneron qui travaille comme René Mosse : La Folie 2011 en Saumur Champigny du Château Yvonne.

    Le cinquième vin présente une robe noire et un nez de vin Nature, réglissé et cassis. La bouche, puissante, sucrée tout en restant fraîche est sur la cerise. Il est tannique, mais fondu et manque un peu d'acidité. Il est concentré, mais frais, gourmand et agréable : Les Escures 2012 en Cahors de Mas Del Périé. On est en Malbec.

    La dernière bouteille de la soirée présente une robe fort évoluée et un nez de vieux vin. En bouche, il a un coup dans la carafe, le coquin. Mais reste agréable à boire. Pape Clément 1972 en Graves. Le Made in Japan de Deep Purple, sorti la même année a mieux vieilli... Mais c'était un millésime médiocre pour les vins, alors que pour la musique... La suite des aventures du Clos lundi prochain, après un week-end qui s'annonce caniculaire.

  • La Pâtisserie du Château à Grimaud...

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    Quelle belle enseigne et que de bons souvenirs... Vingt ans de vacances à Grimaud et 20 ans de petit-déjeuners, tous les matins sous le mûrier, avec les croissants pur beurre, les petits pains au chocolat ou aux marrons, tout frais, juste sortis du four...

    Puis, il y avait les anniversaires aussi, avec de formidables gâteaux, d'une finesse de goût et de texture incroyables. Le Coup de Soleil était un de ces Chefs d'Oeuvre, mais il y en avait beaucoup d'autres...

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    Sans parler de la somptueuse Tourte aux Herbes et des magnifiques Pizzas maison que nous achetions à la dernière minute quand nous n'avions plus de quoi cuisiner, après une longue journée à la Plage. Bref, des souvenirs plein les yeux et plein les papilles !

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  • Le poulet du dimanche...

    "LE SAMEDI MATIN, C'EST PANIQUE À LA BASSE-COUR. Quelle poule sera mise au pot le lendemain ?, s'interroge, chaque semaine, la communauté des gallinacés, toujours rancunière envers le bon roi Henri IV. L'heureuse élue perdra définitivement ses illusions, mais les autres ? Les rescapées du plumage fatal, qui regagnent leur nid le clapet en berne et qui vont ressasser chaque jour le même caquet : à qui le tour samedi prochain ? Des observateurs avertis ont noté une montée de la tension dans les poulaillers à l'approche du week-end et, selon des études - qui restent à faire -, on noterait une accélération sensible du rythme cardiaque du poulet de grain dans la nuit du vendredi au samedi. Les plus alarmistes envisagent même une cellule d'assistance psychologique à basse-cour stressée. Voilà où on en est arrivé et ça dure depuis des siècles ! J'aurais pu prendre l'exemple du gigot ou du rosbif, autres vedettes du repas du dimanche en famille.

    Ces considérations sur le moral du poulailler à la veille du week-end ne concernent évidemment que la volaille convenablement élevée, celle qui gambade et picore à l'air libre, le temps qu'il faut pour faire de la vraie chair et des vrais os. Le poulet de batterie n'a pas d'angoisses métaphysiques : il n'est qu'un mort-vivant destiné à la broche de rôtisseurs malfaisants où il cuit encore plus vite qu'il a grandi. Et on les voit partir aux devantures le dimanche, sur le coup de midi, les uns derrière les autres, emballés vite fait sitôt rôtis, parfois accompagnés des pommes de terre réglementaires. Une autre escale à la pâtisserie pour le "gâteau du dimanche", une salade épluchée-lavée sous plastique avec un coup de faux balsamique et voilà le repas bâclé. Il suffit de prendre l'apéro en face d'une boucherie-charcuterie pour vérifier l'ampleur des dégâts.

    LORSQU'ON ALLAIT MANGER LE POULET CHEZ LA GRAND-MÈRE, c'était une autre histoire. Elle l'avait "réservé" dans le poulailler de la voisine : "Celui-là, tu me le gardes pour le dimanche des Rameaux" et, quelques jours avant, elle venait le chercher vivant. La bête ne pesait jamais moins de 2 kg et elle s'en occupait elle-même, mettant soigneusement de côté les plumes les plus belles pour les oreillers ou les édredons. Le "vidage" des entrailles était le moment le plus délicat et l'on ne manquait pas de rappeler à table le drame de la Toussaint 1953, lorsqu'elle avait crevé le fiel, ce qui avait rendu la viande immangeable. Elle lui attachait les ailes et les cuisses, lui bourrait le "troufignon" de beurre, d'herbes, d'échalote et, aussitôt rentrée de la messe, elle l'enfournait deux bonnes heures en allant le retourner et l'arroser régulièrement.

    Suivant la saison, il venait avec des frites ou une jardinière de légumes du potager, précédé par des escargots ou la terrine de lapin et suivi par une charlotte au chocolat ou une tarte aux quetsches. Ce jour-là, on sortait le vin bouché, la vaisselle de Sarreguemines et la goutte avec le café. La découpe était une affaire d'homme et l'apparition du couteau électrique n'y a rien changé. Le poulet bien cuit et doré se laissait faire sans résistance. On mangeait à huit dessus : les ailes pour les femmes, les cuisses pour les hommes et le "blanc" arrosé de bon jus pour les enfants. La grand-mère mettait la carcasse de côté : le lendemain, elle la dépouillerait des moindres parcelles de chair avec la pointe de son petit couteau : "ça me fera ma viande pour le midi." Après ce repas du dimanche, le soir, c'était soupe pour tout le monde et au lit."  Succulent article de JP Géné dans Le Monde Magazine de ce week-end.

     

  • Cela faisait des années...

    Cela faisait des années que je n'avais plus mangé de tarte aux groseilles vertes... Ma grand-mère en préparait de délicieuses, et c'est sûrement la raison pour laquelle j'ai flashé sur cette tarte ce midi ! Elle était sublime, et cela m'a rappelé plein de souvenirs d'enfance. C'est fou comme la mémoire du goût ne se perd pas avec le temps. Un délice, avec des fruits de saisons, comme le faisaient nos grands parents. Ce sont des choses qui se perdent, car les gens ne cuisinent plus et mangent souvent la même chose. En plus, ils ne se soucient plus des produits de saisons. Ils ont donc une alimentation déséquilibrée, certains nutriments essentiels ne faisant plus partie de leur alimentation. Nos grands-parents mangeaient de tout, selon les saisons, et je pense que c'est pour cela qu'ils vivent si vieux. Les jeunes qui n'auront pas eu la chance d'avoir connu une grand mère gastronome et excellente cuisinière partent dans la vie sans repères et n'auront pas appris à se nourrir... Ils ne goûteront jamais une tarte aux groseilles vertes, et c'est bien dommage.