souvenir

  • La mémoire du goût...

    Nous avons chacun nos propres références quant au bon goût que devraient avoir un aliment, un plat ou un vin. Ce souvenir gustatif a été mémorisé tout au long de notre existence, lors de moments gustatifs ou gastronomiques particulièrement appréciés. Il peut s'agir d'une pêche, juste cueillie dans un verger et dégustée sur place, d'un plat dégusté dans un restaurant, ou d'un grand vin dans un grand millésime dégusté lors d'un dîner.

    Retrouver ce goût nous ramènera immanquablement, dans nos souvenirs, à nous rappeler du moment précis où nous l'avons goûté pour la première fois, ainsi que tous les bons souvenirs liés à cette expérience et à cette époque.

    Le problème, aujourd'hui, à l'époque de la malbouffe, est que le goût est négligé par les multinationales agro-alimentaires, uniformisé dans tous les aliments, absent des standards de la  production agricole intensive et atténué dans les aliments trop forts en goût. Avec comme conséquence que les palais des jeunes générations sont habitués aux aliments sans goût. Un désastre.

    Le goût d'une vraie tomate, le vrai goût du chocolat Côte d'Or (avant que la marque belge ne soit rachetée par une multinationale et la composition changée pour des questions de coût), le goût d'une salade niçoise servie dans l'arrière pays niçois il y a 30 ans, la bouche d'un grand vin bordelais qui vous a marqué il y a 20 ans, le goût d'une daurade royale juste pêchée et grillée, le goût d'un camembert au lait cru, moulé à la louche et fait à point : tout cela a tendance à disparaître aujourd'hui, pour faire place à une alimentation standardisée, aseptisée, fade, sans saveurs ni goût, si ce ne sont les arômes artificiels ajoutés... 

    Mais ne désespérons pas : il existe toujours des petits producteurs et des petits artisans, pour qui la qualité du bon produit est essentielle, tout comme le goût. Car, sans bons produits de base, impossible de réussir quelque chose de bon. Espérons que les jeunes générations se rendent compte de tout cela et privilégient la qualité, quitte  à manger moins si ces aliments coûtent un peu plus cher.