soirée

  • Dégustation du lundi 185

    Un tout bon lundi soir, à 5, dont les voisins se souviendront. Nous aussi, d'ailleurs.

    Premier flacon, à la robe claire et au nez de Sauvignon (Chardonnay pour moi), sur des agrumes. La bouche est grasse, riche, volumineuse et longue. Ils avaient raison pour le Sauvignon, mais on n'est pas en Loire TE KOKO 2009 Cloudy Bay en Nouvelle Zélande.

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    On passe aux rouges avec une première mise en bouche à la robe rubis foncé et au nez discret, honnête et lisse. La bouche est agréable, équilibrée, bien faite mais peu expressive. Ils évoquent un classique Merlot Cabernet dans le Languedoc. Il s'agit d'un Syrah, Mourvèdre, Grenache, Cabernet et Carignan en Provence : Domaine de la Cressonnière Cuvée Mataro 2006 Côtes de Provence (Magnum). Malgré l'avis général, j'apprécie le fruit et la fraîcheur de ce vin. Je le re-goûterai demain. Et après-demain. Et après après-demain.

    Le flacon suivant présente une robe noire et un nez de Bordeaux qui roquefordise un petit peu. En bouche, l'amertume des grands terroirs bordelais (on pourrait écrire un livre). C'est incroyablement sec et boisé. On pense être en 98. On est en 89 ! Un vin côté 96/100 par Parker : Pichon Comtesse 1989 en Pauillac. Pas bon du tout, et rien à voir avec le délicieux 1982 dégusté il y a 2 ans. Triste de voir ces grands flacons historiques dans cet état.

    Le quatrième vin présente la même robe et également un nez de Bordeaux sur une année chaude. Mais cette fois-ci, c'est autre chose ! En bouche, une belle chair de Merlot et de Cabernet, sur des fruits et des tomates confites, et des poivrons aussi. Fort bel équilibre entre le fruité, la maturité et le boisé : cela devient rare ! Très belle matière (cassis et cerises), des tannins fins et racés, et un bel élevage pour ce Léoville Las Cases 1990 en Saint Julien. Un vin encore terriblement jeune et prometteur.

    La bouteille suivante présente la même robe foncée mais au disque présentant des notes d'évolution plus marquées. Le nez est somptueux, plus en rive droite et sur des merlots. La bouche est plus évoluée, moins concentrée et massive que le précédent, sur un fruit magnifique, sans boisé ou astreingence. Tout ce qu'on a toujours espéré d'un Bordeaux. On pense à un 82 bordelais ou à un Véga Sicilia et c'est raté : Domaine de Trévallon 1989 en Coteaux d'Aix en Provence. Délicatesse, finesse, complexité naturelle non boostée par le bois : un vrai régal.

    C'est là que j'ai un peu perdu le fil de la dégustation, retenu par quelques tâches ménagères du style rôtir les langoustines, fignoler les poulets aux morilles, alimenter le feu ouvert pour que les fromages fermiers au lait cru se lâchent, et servir les 4 affamés attablés poursuivant la dégustation. J'ai retenu que le Véga Sicilia Unico 2000 présentait lui aussi une robe noire et un nez de grenache. La bouche était jeune, très mûre mais pas cuite. Ce très beau vin me dirigeait vers un Châteauneuf-du-Pape...

    Il y eu aussi un Barbera d'Alba Scarrone 2006  Vietti qui ne fût pas apprécié à sa juste valeur. Mais quand on passe après 3 monstres sacrés, c'est un peu normal. Ceci dit, je dois quand même avouer qu'il n'était pas terrible... J'espère que le 2007, encore en cave, sera plus à la hauteur.

    Quant à la huitième bouteille, le Madeira Barbeito Boal 1982, je vous le commenterai la fois prochaine, car je ne suis plus sûr du tout de la fin de soirée arrosée. La suite des dégustations du Clos lundi prochain. Qui vivra verra.