societe

  • Et si on supprimait l'impôt sur le revenu ?

    L'idée ne vient pas de moi (c'est de Pierre Lance) mais je la trouve pertinente et géniale.

    Imaginez les 55 % de la population belge soumis à l'impôt sur le revenu, qui, du jour au lendemain ne le sont plus. Un choc ! Mais aussi une aubaine : enfin pouvoir profiter de la vie (et ne pas travailler pour juste payer son loyer, ses impôts, les taxes, les assurances, et, s'il reste éventuellement quelque chose, se nourrir...), avec un pouvoir d'achat qui explose. 

    Pouvoir dépenser tout ce que l'Etat nous prélevait à la source pour les employés, ou après, pour les indépendants.

    Les conséquences immédiates seront une augmentation du commerce (et donc de la TVA que l'Etat récupère), mais aussi une augmentation du travail et de l'activité économique, et donc moins de chômeurs.

    L'Etat aura vite fait de récupérer d'un côté ce qu'il aura offert de l'autre. Cela signifie un coût nul pour l'Etat, un plaisir incroyable pour tous ceux et celles qui travaillent d'enfin avoir les moyens de dépenser, et tous les commerçants heureux des affaires qui reprennent.

    Bilan positif pour tout le monde. On essaye ?

    Quel sera le politicien assez culotté qui y parviendra ?

  • Comment fonctionne l'Union européenne...?

    Si, comme moi, vous ne saviez pas exactement comment fonctionne la CEE, alors, ce qui suit devrait vous éclairer. Et vous confirmer combien les élections des futurs députés européens du 25 mai prochain seront importantes (voir article précédent).

     

    7295074.jpg

     

  • Soyez responsable de votre vie et de celle du monde...

    «L’homme est-il seulement un homo economicus ? Notre monde est malade, mais la crise économique actuelle, qui polarise toutes les attentions, n’est qu’un symptôme de déséquilibres beaucoup plus profonds. La crise que nous traversons est systémique : elle touche tous les secteurs de la vie humaine. Elle est liée à des bouleversements de nos modes de vie sans doute aussi importants que le tournant du néolithique, lorsque l’être humain a cessé d’être nomade pour devenir sédentaire. Il existe pourtant des voies de guérison. En m’appuyant sur des expériences concrètes, je montre l’existence d’une autre logique que celle, quantitative et mercantile, qui conduit notre monde à la catastrophe : une logique qualitative qui privilégie le respect de la Terre et des personnes au rendement ; la qualité d’être au « toujours plus ». Je plaide aussi pour une redécouverte éclairée des grandes valeurs universelles – la vérité, la justice, le respect, la liberté, l’amour, la beauté – afin d’éviter que l’homme moderne mû par l’ivresse de la démesure, mais aussi par la peur et la convoitise, ne signe sa propre fin».

    Essai – Editions Fayard, octobre 2012 – 19€90

    Après des siècles de religion, après une époque politique (nazisme, communisme, etc.), s'achève maintenant l'époque consumériste (acheter toujours plus et plus nouveau, bien au-delà de nos besoins). De dociles consommateurs, et nous rendant compte que nous ne pouvons plus faire confiance au système, nous cherchons à présent à comprendre le sens de notre vie, notre but sur terre. 

    Ceci nous amène à devenir plus responsable de nos choix au niveau consommation, environnement, banques, etc., mais nous force également à percevoir le monde et ses habitants d'un autre regard. Profitons chaque jour de la vie, en étant joyeux, solidaire, mais aussi responsable dans nos actions de tous les jours pour changer le monde comme nous désirons qu'il soit désormais.

    Il n'y a plus, aujourd'hui, de religion imposée à la naissance, ni de doctrine politique nous imposant de mourir pour la Patrie. Seule subsiste, encore pour peu de temps, la doctrine publicitaire qui lave les cerveaux et vous pousse à acheter n'importe quoi. Mais on s'en rend compte - enfin- et le nouveau changement de société qui pointe le bout de son nez naît de nos volontés individuelles et responsables de changer le monde. Un très beau livre.

  • Je m'inquiète...

     

    Je m'inquiète.

    Je m'inquiète face à la montée continue de la précarité, qui touche de plus en plus de monde.

    Je m'inquiète face aux diminutions de budget pour les universités, et l'enseignement en général.

    Je m'inquiète face aux restrictions budgétaires des hôpitaux.

    Je m'inquiète face à la dégradation de l'environnement et aux échecs répétés des sommets tels que celui de Copenhague.

    Je m'inquiète du processus mondial de dégradation en cours que ni les politiciens, ni les grands industriels ne veulent stopper, car il y va de leurs intérêts à court terme.

    Je m'inquiète du résultat désastreux de la spéculation sur tout ce qui représente une valeur, et de la mondialisation mise en place.

    Je m'inquiète de l'arrogance de la puissance économique et financière mondiale, pourtant responsable de l'endettement phénoménal des états, et donc des citoyens. Et des années de rigueur annoncées pour éponger ce déficit...

    Je m'inquiète du fiasco des "stress tests" organisés en juillet en grandes pompes sur toutes les banques européennes (qui l'ont réussi), alors que les banques irlandaises viennent de s'effondrer...

    Je m'inquiète de la société de plus en plus répressive, de la limitation progressive des libertés individuelles, et de la perte d'indépendance de la justice.

    Je m'inquiète de cette jetabilité généralisée : le produit jeté par le consommateur, l'entreprise jetée par le spéculateur, les employés jetés, et même les consommateurs jetés (après avoir été empoisonnés).

    Je m'inquiète de la standardisation des comportements via le marketing.

    Je m'inquiète de l'extériorisation des savoirs, de la bêtise systémique des responsables politiques, financiers et industriels qui ignorent le fonctionnement mais ruinent le monde.

    Je m'inquiète du monde politique soumis au diktat des multinationales et de la lenteur incroyable qu'il a à promulguer des lois bannissant tout ce qui est nocif pour le consommateur, mais rapporte gros aux multinationales.

    Et, comme dit le philosophe Bernard Stiegler dans Le Monde de ce week-end, nous assistons aujourd'hui à une prolétarisation généralisée dans laquelle les travailleurs n'ont plus de savoir-faire, les consommateurs n'ont plus de savoir-vivre, les concepteurs et les décideurs n'ont plus de savoir théorique, et sont donc complices, volontaires ou non, d'escrocs et de mafieux qui exploitent cette situation qu'ils ont créée. L'unique solution est de passer à un nouveau modèle économique qui dépasse le court terme pour le long terme, ce qui passe par une politique et une économie capables de se projeter et de rendre désirable un avenir industriel qui permette de quitter  progressivement le modèle actuel, devenu toxique.

    En attendant que tout ceci se mette en place, nous assisterons certainement à des manifestations d'envergure de la population européenne.

     

  • Mutation totale obligée...

    "Vous avez dit "crise" ? Chacun s'inquiète en effet, avec un seul souci, de Paris à Washington ou à Francfort : "relancer" la machine. Mais cette crise-là en occulte d'autres. Rappelons-nous : il y a un an, on s'alarmait des famines nées de la flambée des prix alimentaires. En 2007, les projecteurs étaient sur la crise écologique et Nicolas Sarkozy appelait, pour faire face au dérèglement climatique, à une "révolution" de notre modèle social. Un peu plus tard, nous encaissions le choc du baril de pétrole à 140 dollars. Le monde subit des crises multiples, profondes, entremêlées. L'inquiétude et l'agressivité provoquées par ces dérèglements et ces incertitudes forment une sorte de super-crise.

    Ce serait donc un grand tort de concentrer efforts et financements sur la seule crise économique. Ces bouleversements multiples signifient l'effondrement d'un modèle global et appellent des remèdes globaux. On nous dit qu'il faut "refonder le capitalisme" : courte vue ! Comme Barak Obama semble l'avoir entrevu, c'est le fonctionnement entier de nos sociétés qu'il faut refonder : nous avons à conduire la transition vers cet autre modèle de société, celle de la survie organisée, sans attendre que des "révolutions" nous l'imposent.

    Un tel virage est attendu. Les citoyens ont envie qu'on leur parle vrai des menaces qui pèsent sur l'humanité et qu'on leur présente un avenir possible : une société transformée, plus responsable, plus fraternelle. Ils demandent une vision. Ils sont sans doute prêts à répondre à un appel, à une mobilisation générale comme nous n'en avons connu qu'en temps de guerre.

    Au-delà des mesures souvent pertinentes qui se préparent pour les activités bancaires et financières, il est temps d'envisager des pas en avant de nature différente. A titre d'exemple : exiger des banques qu'elles ne financent que des projets ou des entreprises à empreinte écologique réduite ; exiger des HLM qu'ils réduisent de moitié la dépense énergétique de 300 000 logements par an, comme ils l'ont fait après le premier choc pétrolier ; exiger des constructeurs d'automobiles qu'ils repensent la mobilité à échéance de vingt ans et produisent les véhicules de demain ; réformer nos normes comptables et notre fiscalité pour donner à tout bien ou service un prix intégrant ses impacts lointains ; repenser la politique agricole commune avec le souci de la sécurité alimentaire des pays pauvres. D'autres mobilisations devraient concerner la recherche, l'industrie pharmaceutique, l'agriculture bio, la construction, les énergies renouvelables.

    Cette mobilisation appelle un cadrage politique. Bien au-delà de la chasse aux rémunérations abusives, il faut moraliser la démocratie et reconnaître des rôles à la société civile : pas d'économie durable sans le soutien de l'opinion.

    Il ne s'agit pas de programmer une "sortie de crise", mais de lancer la marche vers un modèle de société plus sobre et plus solidaire, moins fragile, respectueux des écosystèmes, plus durable. Un tel appel requiert un leadership exceptionnel. Il poussera chacun de nous à être partie prenante de la mutation. Cette feuille de route devrait s'imposer à nos dirigeants."

    Très juste article de Robert Lion, président de l'association Agrisud International et de Greenpeace France, paru dans "Le Monde" de ce week-end. Juste renflouer les banques et redémarrer comme avant est ridicule et inutile. Ce sont tous les modes de fonctionnement et de production qu'il faut revoir en profondeur, et organiser rapidement cette mutation totale obligée de notre société. Terriens, ...