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  • Dégustation du lundi 196

     

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    Drôle de vin pour démarrer cette dégustation à l'aveugle du Clos : une robe cognac, un nez agréable sur une belle oxydation, mais une bouche sans ampleur et sans acidité. Ce Chante-Alouette Grande Cuvée en Hermitage de Chapoutier aurait dû être dégusté il y a quelques années. On estime l'âge du flacon non millésimé entre 1976 et 1982. De la Marsanne à 100%.

    On passe aux rouges naturels (une étape désormais habituelle au Clos) avec un vin à la robe foncée et un peu trouble et au nez de granit, de fumée et de compotée de fruits rouges. La bouche est intéressante, avec de la fraîcheur et de la vieillesse en même temps, la chaleur du sol et la fraîcheur du fruit. Le Telquel "un poil dur" en Vin de Table Français de Thierry Puzelat en Touraine (Loire). On est sur du Gamay et du Pinot d'Aunis (en 50/50).

    Second rouge à la robe noire et au nez de chou rouge cuit (alors que d'autres y décèlent des notes de fruits noirs et rouges, de l'onctuosité et de la fraîcheur). La bouche rappelle fort le Gramenon de la semaine passée, avec un côté noyaux en finale qui prend tout et apporte un astringence indéniable et de la sécheresse. Même si d'autres parleront de tannins trop jeunes qui doivent encore se fondre, sur un vin tout en rondeur, puissant et avec une pureté de fruits. Les avis divergent vraiment pour ce Sous Riz 7 Causse marines en Vin de Table de France de Patrice Lescaret, Vigneron à Vieux dans le Tarn. On est à Gaillac.

    Troisième vin rouge à la robe foncée également et au premier nez qui pinote, avant un second nez plus sur les petits fruits. Pour moi, à nouveau un vin nature, avec ce picotement sur les papilles, et toujours ce même goût, ce même jus, sans terroir. Pour d'autres, on est sur des fruits rouges, des amandes, et de la longueur qui rappellent les anciens Gramenon, le vin Nature que tout le monde rejetait il y a 10 ans. "14 Chevaux" 2007 en Côtes du Rhône, mis en bouteille par Maxime François Laurent (le fils à Gramenon). On n'était pas loin. Et pas de terroir dans ce cas puisqu'il s'agit de raisins achetés et vinifiés.

    On quitte les vins Nature avec ce cinquième flacon à la robe foncée au nez de vanille et de boisé fondu. La bouche, très classique, est riche, puissante et solaire, sur du cèdre et de la vanille, une certaine sucrosité et de la sécheresse en finale : c'est la première fois que nous dégustons un Domaine Allary 2010 Haut-Brion en Pessac Léognan. Il s'agit de l'ancien Domaine La Passion Haut-Brion, enchassé dans Haut-Brion et racheté depuis par Haut-Brion. Il n'existe que pour les millésimes 2008 à 2011. Côté 93/100 et à 130 euro en primeur, comparé au Haut-Brion côté 97/100 et à 830 euro hors taxes... Le délire...

    On achève la soirée avec un sixième vin à la robe vraiment noire et au nez intéressant et étranger. La bouche présente une matière impressionnante, de la fraîcheur, une attaque très agréable, une finale enrobée : c'est une petite bombe. Il y a aussi un côté asséchant, mais supporté par la sucrosité et l'acidité présentes. C'est fort, mais élégant et puissant. On évoque Châteauneuf-du-Pape en 2007 ou 2009, le Domaine de Gardiès, un Amarone ou un Chilien, et c'est faux. Marina Cvetic Montepulciano e Martino Rosso 2008  Abruzzo. Un petit domaine de 380 hectares de vignes...

    La suite des aventures du Clos lundi prochain.