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  • Dégustation du lundi 276...

    Trois blancs et trois rouges ce lundi soir, à l'aveugle, pour une belle dégustation du Clos.

    Premier vin à la robe claire et aux reflets verts et au nez alsacien sur du Riesling. En bouche, c'est fort jeune, minéral, mais il manque d'ampleur et de matière. Il est aussi trop mordant (trop d'acidité) et donc déséquilibré. Riesling Vielles Vignes 2013 en Alsace de Charles Frey. Un vin vinifié depuis 1709 et désormais en Bio.

    Le second, à la robe dorée et au nez oxydé semble peu soufré  En bouche, c'est bien plus mûr, riche, tendu, mais avec de l'ampleur. On est un peu perdu : c'est bon mais on n'a pas de spécificité du Riesling. C'est gourmand - mais ce n'est pas la première chose qu'on demande à un Riesling - et cela manque un peu de nervosité. Riesling 2008 Vignoble de Katzenthal d'Audrey et Christian Binner en Alsace.

    Le dernier blanc, avec sa robe claire et son beau nez beurré et fumé sur des notes d'élevage, présente une bouche grasse, toastée, grillée, sur des notes d'agrumes (citron/orangette) et d'autres de confiture d'abricot, sans le sucre. Belle fraîcheur, longueur magnifique et belle finale acide et fraîche. C'est top : Corton-Charlemagne Grand Cru 1990 de Bonneau du Martray. Une splendeur de Bourgogne !

     

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    On passe aux rouges avec un vin à la robe foncée et au disque évolué. Le nez est sur des fruits mûrs, des herbes et du menthol. Moi je suis fort sur la cerise, avec le petit côté chimique d'un sirop pour la toux. En bouche, c'est rond, fondu, mûr, sucré, toujours sur la cerise. Il y a un côté sanguin, un bel équilibre entre le fruit et le bois, et une droiture qui rappelle la Côte Rôtie pour certains, le Cabernet Franc pour d'autres. Muntada 1996 Côtes du Roussillon Villages du Domaine Gauby. Très beau. Grenache 45%, Carignan de 120 ans 45%, Syrah et Mourvèdre.

    Le second rouge, à la robe noire et au nez jeune, concentré et extrait présente une bouche ronde et soyeuse sur un beau fruit avant que les tannins ne débarquent en finale. C'est riche, sur du pruneau intense et collant. C'est démonstratif et dans l'excès, mais pas caricatural, avec de l'acidité malgré tout. Petit côté commercial et pas agréable aujourd'hui : V.I.T. 2011 Côtes du Roussillon Villages Latour de France Domaine de Bila-Haut de Michel Chapoutier. 65% de Grenache et 35% de Syrah.

    Le dernier flacon de la soirée, avec sa robe orangée tuilée d'au moins 20 ans et son nez de vieux Bordeaux rond et chaud sur du pruneau, nous présente une bouche évoluée, vieille et fragile sur le cèdre et le tabac avec un bel équilibre et un petit peu de dépôt. Total respect pour ce Château L'église Clinet 1975 à Pomerol. 40 ans !

    Cela fait d'ailleurs penser à lundi prochain, qui sera un grand lundi soir, puisqu'on fêtera l'anniversaire de l'un d'entre nous. Qui vivra verra...

  • Dégustation du lundi 270

    Dernière dégustation du Clos, au grand complet, avant les départs estivaux des uns puis des autres. 

    Un premier vin blanc de mise en bouche s'avéra bouchonné. Il fût remplacé illico-presto par un second, à la robe or et au nez de vin nature sur de la pomme et du cidre. En bouche, vivacité, fraîcheur sur des notes exotiques, d'agrumes et végétales (fenouil). C'est bon et long, très aromatique, et avec des notes de noix en finale. Excellent : Cour-Cheverny "La Porte Dorée" 2007 en Val de Loire du Domaine Philippe Tessier. Cépage : Romorantin.

    On passe aux vins rouges avec un premier flacon à la robe noire et au nez de vin nature (notes de réduction) sur du curry, avant que ne reviennent ces notes de coccinelles écrasées. La bouche est typée Cabernet pour certains (juste un beau jus pour moi), sans beaucoup d'alcool, ce qui nous dirige au nord. Belle matière granuleuse, mais une pointe d'amertume et de sécheresse en finale, qu'on aurait préférée plus fruitée et plus longue. On n'est pas en Cabernet, mais en Grolleau (ou Groslot) : Le Gros 2011 Anjou d'Agnès et René Mosse.

    Le rouge suivant est encore plus noir, mais avec une évolution du disque. Au nez, je suis le seul à Bordeaux, pendant que les autres se perdent en Rhône ou dans le Languedoc ou le Sud Ouest. La bouche est sur des notes réglissées, d'humus et de feuilles mortes, de goudron et de brûlé (vins italiens ou espagnols). C'est un peu cuit, sur du café et de la barrique, mais aussi mûr, fondu et fin, avec du fruité en fin de bouche, mais avec une petite sécheresse aussi. On est perdus, et encore plus quand on apprend qu'on est à Gevrey ! Qui c'est qui peut faire un truc ainsi ? Charmes-Chambertin Grand Cru 1999 de Bernard Dugat-Py, propriétaire à Gevrey Chambertin. Impossible de deviner le Pinot Noir !

    Le suivant présente un petit problème au nez et un gros problème en bouche. La loi des séries : bouchonné aussi. Je suis bien triste pour ce Trévallon 2003.

    Le vin suivant, à la robe foncée et au nez de vin nature sur le fruit présente une bouche boisée, austère, sèche, body-buildée, avec des notes d'élevage (sécheresse en finale), fatiguante. L'Equilibre 2011 Villa Symposia, en Grand Vin du Languedoc. On est sur de la Grenache, de la Syrah et du Carignan, en reconversion Bio.

    Le dernier vin de la soirée aurait mérité plus d'égards de notre part si nous ne nous étions sustentés de diverses charcuteries, terrines et fromages à ce moment précis... Robe foncée, bouche de Syrah/Cabernet qui nous a parue courte et diluée. Un vin à re-déguster sans manger : Trévallon 2004 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. "Enfin au début de son apogée, ce millésime 2004 n’a rien perdu de son fruité savoureux (nez de framboise, de myrtille, de groseille qui évolue vers la figue), tandis que sa matière robuste et concentrée montre à présent des tanins tout en finesse et une longueur admirable. Un rouge impressionnant, sans concession, encore prêt à vous émouvoir sur les dix prochaines années." (Wine Advocate).

    La suite des aventures du Clos selon les présences durant cette période estivale qui débute sur une belle canicule. Bonnes vacances à tous.

     

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  • Dégustation du lundi 234

    Dégustation à 4 ce soir, le cinquième s'étant offert une envolée gastronomique au Cinquantenaire, en bonne compagnie. Deux vins blancs et trois vins rouges au programme de ce soir, avec un premier flacon à la robe claire et au nez fruité-floral et quelques traces d'hydrocarbures, tout en finesse. Une belle attaque, tempérée par un petit creux en milieu de bouche (plus plat et aqueux) avant de revenir sur une fort belle finale, toute en longueur. Roditis 2013 Pella Vin Blanc IGP Macédoine (Grèce).

    La seconde bouteille nous offre une robe claire un peu plus soutenue et un nez floral discret. La bouche est fort citronnée, avec en plus, ce petit côté fromage de chèvre sec qui fait penser au Jura et à Tissot. Et c'est exact : Empreinte 2012 Chardonnay en Arbois de Bénédicte et Stéphane Tissot.

    Premier rouge, à la robe foncée et au nez peu expressif. En bouche, c'est chaud, sud, sur de la garrigue et de l'alcool. Il y a des traces de vanille et une recherche de puissance, mais sans fraîcheur et trop sucré. On pense à un Peyrose ou un autre Domaine phare du Languedoc : c'est un Richeaume tradition 2011, en Vin de France. Rien à voir avec le Richeaume 2009 Cuvée Columelle, dégusté il y a quelques semaines au Clos. Assez décevant.

    Le second rouge présente une robe noire et un nez complexe, avec un soupçon de réduction, du cassis, de l'animal, des notes de café et de cacao. En bouche, c'est beaucoup plus plaisant que le précédent, long, avec encore quelques tannins mais non asséchants. C'est un vin du Sud, mais propre, sans excès d'alcool, qu'ils verraient bien sur un beau morceau de viande. Ils sont en Rhône, puis en Languedoc, puis au Sud-Est. Tous les pays y passeront, puis tous les continents : une première au Clos, avec ce vin brésilien de circonstance ! Quinta Da Seival 2008 Casto Portuguesas de Miolo Campanha-RS-Brazil.

    Pour la petite histoire : "Premier vin brésilien élaboré à partir de cépages portugais autochtones. L'assemblage des trois cépages confère au vin un goût à la fois puissant et facile à boire. 

    L'histoire de la famille Miolo débute au Brésil en 1897 quand Giuseppe Miolo, prend possession d'un vignoble dans la vallée de 'Vale dos Vinhedos' près de Bento Gonçalves au Nord-Est de Rio Grande do Sul. Sur ce vignoble de 30 ha , la famille Miolo cultive des raisins d'une grande qualité. Après avoir vendu leur récolte pendant plusieurs années, Adriano Miolo, l'oenologue de la famille, décide, à partir de 1990, de vinifier lui-même leurs raisins, avec l'aide de l'expert oenologue, mondialement reconnu, Michel Rolland. Ce mariage entre le savoir-faire du terroir brésilien et les techniques modernes oenologiques s'avèrent être très réussi, car le domaine Miolo produit des vins d'une qualité encore jamais vu au Brésil." Vin acheté sur le site lespassionnesduvin.com

    La dernière bouteille de la soirée présente également une robe noire mais au disque évolué et un nez peu commun, à l'italienne. En bouche, c'est la même chose, à l'italienne, avec des tannins un peu rèches en fin de bouche. Nous ne sommes pas en Italie, mais encore en Grèce, chez le même producteur que le premier vin blanc de la soirée : Bucephale Xinomavro 2007 IGP Macédoine, en Grèce.

    La suite des aventures du Clos à 5 dès que notre comparse aura atterri. Bonne semaine à tous.

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  • Comment fonctionne notre bouche, notre langue, nos papilles et notre salive...

    Les papilles gustatives sont à la surface de la langue. Ce sont les petits reliefs que nous observons bien devant le miroir.

    goût,mastication,salive,sens,langueLà sont situées les minuscules cellules qui réceptionnent les saveurs. Les papilles ont différentes formes : filiformes (en forme de fil), les plus nombreuses, fungiformes (ressemblant à des champignons) disséminées sur la pointe de la langue, ou en forme de calice dites caliciformes. Ces dernières sont les plus volumineuses, au nombre de 9 en forme de V ouvert dont la pointe est dirigée vers l’arrière. Elles ne sont visibles qu’avec le petit miroir du médecin collé au sommet du palais. Leur présence en arrière de la bouche démontre bien l’importance de garder en bouche les aliments ou boisson avant d’avaler afin d’en goûter tous les arômes. Il y a en plus les papilles foliées (en forme de feuilles) ou coralliformes (en forme de corolle ou petites couronnes) présentes sur les bords latéraux de la langue. 

    Des papilles gustatives sont aussi présentes à l’intérieur des joues, sur les gencives, sur le voile du palais et même sur la luette. Toutes sont reliées à de très fins nerfs sensitifs et sensoriels. Nous refaisons nos papilles linguales tous les 10 jours, cela veut dire que nous devons sans cesse les stimuler, car chaque jour un certain nombre finit leur vie, tandis que d’autres naissent pour vivre et nous servir une dizaine de jours.

    Six glandes salivaires majeures et des centaines accessoires : trois de chaque coté, parotides sous les oreilles, sous maxillaires sous les maxillaires et sublinguales sous la langue, sont capables de fabriquer chaque jour 1 à 1,2 litres de salive, autant que l’estomac (liquide gastrique), le foie (la bile) ou le pancréas (liquide pancréatique).

    Si nous mastiquons correctement, longuement les aliments, chaque glande salivaire déverse sa composition de salive dans le palais par l’intermédiaire de petits canaux qui se terminent par de très petits orifices à l’intérieur des joues et sous la langue.goût,mastication,salive,sens,langue

    On peut voir en soulevant la langue, la bouche bien éclairée, ces deux minuscules trous, à la sortie des glandes sublinguales, par où sort la salive en petits jets, quand on appuie à plusieurs reprises sous le menton. Si nous mastiquons peu ou mal les aliments, nous fabriquons trop peu de salive, 300 à 500 ml ce qui est notoirement insuffisant, et sera à l’origine de troubles de la digestion. 

    Il existe aussi de petites glandes salivaires accessoires, microscopiques, réparties dans la muqueuse des joues au nombre de 400 à 700 selon les personnes. Elles humectent nos joues en permanence. Soulignons que nous refaisons les cellules de la partie interne, muqueuse des joues tous les 5 jours. 

    Les nerfs crâniens captent tous les goûts, les conduisent au cerveau : trois paires de nerfs crâniens sur les douze sont chargées de nous faire percevoir une immense combinaison de nuances de saveurs au delà des 5 classiques : le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami (mot japonais qui veut dire « savoureux »).

    goût,mastication,salive,sens,langueToutes les parties de la langue sont capables de percevoir ces 5 saveurs de base. 

    Les nerfs moteurs et sensitifs donnent à la langue à la fois sa mobilité et son extraordinaire sensibilité, on peut même dire sensorialité. Source : Annonce spéciale de Jean-Marc Dupuis de Santé Nature Innovation.

    Je l'ai toujours dit : qu'est-ce qu'il est bien foutu, le corps humain ! 

     
  • Dégustation du lundi 230...

    Dégustation à 3, ce soir, avec 3 beaux flacons. On commença avec un vin à la robe paille, servi très frais, et au nez d'abricots, de lichee, de pamplemousse, de pomme et d'anis étoilé. En bouche, c'est opulent, gras et lourd, très aromatique. On est sur un Viognier : Vie on y est 2008 en Côtes du Rhône du Domaine Gramenon.

    On passe aux rouges avec un vin à la robe dense et la frange évoluée. Le nez est sur des fruits rouges et noirs, du paprika et du cumin. La bouche, veloutée et fondue, sur une structure tannique fine et racée, avec encore un peu d'acidité et un côté sanguin dirigent mes 2 comparses vers un vieux Bandol. Il s'ouvre à l'aération et aurait fait merveille sur un pâté de grives : Château Vannières 1988 en Bandol. Le 83 dégusté il y a quelques semaines était bien meilleur, plus puissant et moins sur la fin.

    Déjà le dernier flacon de la soirée avec un vin à la robe encore plus évoluée et au chouette nez sur des feuilles de tabac à rouler et des prunes. La bouche, encore fort agréable pour un vieux vin, présente des notes de café, de chocolat et de feuilles mortes. Château Croque-Michotte 1969 en Grand Cru Classé à Saint-Emilion.Un domaine situé entre Cheval Blanc, Pétrus et Gazin. On avait déjà goûté il y a 15 ans un 1961 mémorable, pour ce vin élu, en 2007, meilleur vin Bio du Monde. Mystère sur la provenance de ce flacon dans la cave du Clos : un jour, on saura...

     

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  • Dégustation du lundi 199

    Nouvelle dégustation du Clos, à 5 et à l'aveugle, ce lundi de Pentecôte avec un premier vin blanc à la robe dorée tirant vers l'orange et au nez rond et beurré. En bouche, il y a du gras, une belle acidité et de la longueur. On est sur des fruits jaunes (prunes) et un côté floral non négligeable. Il y a aussi une petite amertume et un côté boisé qui nous poussent à nous écarter du Chardonnay alors que c'en est : Chassagne-Montrachet 1er Cru 2007 "La Dent de Chien" de Jean-Pierre Cournut du Château de la Maltroye.

    On passe aux vins rouges avec un vieux vin à la robe fort évoluée mais encore consistante et foncée. Le nez est magnifique, sur du pruneau, du lard, des herbes, avec un côté sanguin. En bouche, c'est fort bon, tout en finesse, fondu, sans astringence ni sécheresse, soyeux, enrobé et avec une belle acidité encore bien présente : Baron de Pichon-Longueville 1938 en Pauillac du Château Longueville. Ce vin qui a dû être mis en bouteille en 1941, pendant la seconde guerre mondiale, est le troisième meilleur vin de 1938 après Cheval Blanc et Tour Blanche. Et tout en sachant que 1938 est un millésime assez médiocre noté 12/20. On l'a tellement apprécié que la bouteille est vide...

    Troisième flacon à la robe rubis veloutée. Le nez est très beau, mûr et fin, nous dirigeant vers une Syrah poivrée. La bouche nous offre de la tension, de la délicatesse, de la fraîcheur et une belle acidité. C'est vraiment bien et ce n'est pas ce qu'on croyait : Les Mortiers 2010 du Domaine Le Briseau de Nathalie Gaubicher et Christian Chaussard (décédé depuis lors) en Coteaux du Loir. Très belle bouteille.

    Quatrième flacon, à la robe noire et au nez de Syrah. En bouche, c'est agréable, en finesse, sanguin, avant que la finale ne se termine sur un fond de casserole de tomates brûlées. Ce vin manque aussi d'un peu d'acidité : Hermitage 2006 de Yann Chave. Un millésime moyen et pas facile.

    Le cinquième vin, à la robe noire, présente un nez sucré. En bouche, on a beaucoup de matières, de la longueur et une finale tannique : c'est une bombe parkérisée, plaisante, riche et concentrée, mais pas à notre goût. Un peu lourdeau, sans finesse et sans caractère : Marianne South Africa 2007 Floréal. Un assemblage Syrah, Cabernet Sauvignon et Merlot, typique de ceux qui veulent produire un vin chic à l'étranger...

    On acheva cette belle soirée sur un vin à la robe orangée et au nez agréable, mais pas Sauternes pour moi. En  bouche, une belle fraîcheur sans lourdeur, sans sucre ajouté, et pas écoeurant. Mais cela manque de nervosité et de complexité : Château Guiraud 1er Cru 1997 en Sauternes.

    Lundi prochain, dégustation Sauternes pour nous remette dans le bain et pouvoir mieux juger. Qui vivra verra.

     

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  • Dégustation du lundi (50)

    En l'honneur de la venue du petit Mathias, on dégusta le 03/12/2007 un Marie Besnard 2004 en Anjou de chez René Mosse : un nez d'alcool et de pétrole sur des fruits mûrs, une attaque puissante qui tombe assez vite, un vin assez lourd, peut-être servi trop chaud. On attaqua alors un Château Gruaud Larose 89 en Saint Julien, au très beau nez de fruits rouges, frais et persistant. La bouche, toujours sur les fruits rouges, était belle, mais austère (une finale de cabernet, sans le fruité), et sans la longueur que pouvait laisser présager le nez. Histoire de millésime : le 82 et le 86 ont un fruité qui persiste plus. Très belle bouteille quand même. On poursuivi avec un Vega Sicilia Reserva Especial "Unico" (Bouteille n° 01554 sur 14.338), mis en bouteille en 2003 sur base d'un mélange de barriques de 85, 90 et 91, 3 millésimes exceptionnels. Le nez m'indiqua tout de suite un vin étranger, avec du fruit et un boisé qui fait peur. Heureusement, la bouche s'avéra magnifique, fruitée, fraîche et tout en finesse : une splendeur. Il pourrait encore attendre 10 ans, qu'il se fasse, car ce vin est encore fort jeune. On termina sur un Tokaji Aszù 1996 Dobogo 6 Puttonyos, dense comme un sirop, à l'acidité remarquable, au nez très complexe, et à la bouche un peu oxydative, très fraîche, sur des raisins secs et des abricots. Une dégustation qui s'achève en beauté.

  • Dégustation du lundi (33)

    Bonne petite réunion à 4, ce soir, d'abord pour s'assurer que le vignoble se portait bien, ce qui est le cas, et ensuite, pour retrouver le plaisir de nos petites dégustations hebdomadaires. On attaqua, après un bon rognage des ceps, un Montrachet 1999 Grand Cru de Vincent Girardin à Santenay : un vin huileux et dense, au nez floral discret (peut-être servi trop frais), et à la bouche fort maîtrisée, quasi blindée, se terminant sur une finale d'agrumes. Suivi un vin jamais dégusté, avec un beau nez de fruits mûrs, de pruneaux et de pétrole, et avec une bouche fraîche et chaude à la fois, avec de l'alcool : un Nebbiolo 2001 Private Reserve L.A. Cetto du Mexique. Etonnant. Vînt pour suivre un autre breuvage au nez plus complexe, plus boisé aussi, avec un côté viandé en bouche, s'ajoutant au fruit : un Alion Bodegas y Vinedos Cosecha 1999 du Ribera del Douro. Peut-être dommage de le boire si jeune, car encore monolithique. On acheva cette agréable dégustation par un Moss Wood, Glenmore Vineyard, Margaret River 2001, un cabernet sauvignon australien renommé, au très beau nez riche, délicat et complexe, et avec une bouche explosive. C'est un vin qui évolue très bien dans le temps, et qui se complexifie, d'où sa cote de 93/100 chez Parker. La suite lundi prochain, après les élections...