semences

  • Ce samedi à Bruxelles à 16h00, manifestation contre Monsanto...

    316295_598124783539379_565873685_n.jpgC'est aujourd'hui qu'à lieu la manifestation mondiale contre Monsanto. A 14h00 à Anvers, à 16h00 à Bruxelles, et partout dans le monde aussi.

    Monsanto, c'est la multinationale agro-alimentaire qui veut couvrir la planète de ses plantes OGM stériles, qu'il faut traiter avec des tonnes de pesticides toxiques, qu'on retrouve dans les aliments.

    Monsanto, c'est la multinationale agro-alimentaires qui veut supprimer la biodiversité mondiale en ne permettant plus la culture de toute plante qui n'aurait pas été enregistrée dans le registre européen à coup de milliers de dollars. Le pauvre paysan italien qui cultive la même espèce de tomates de père en fils, depuis des générations, va maintenant être poursuivi en justice parce que cette espèce n'est pas enregistrée et donc illégale ! 

    Et comme il n'a pas assez d'argent que pour faire enregistrer sa vieille espèce de tomate locale, celle-ci sera interdite et devra être remplacée par une magnifique tomate OGM F1 dont les pépins sont vendus par Monsanto et consorts. Bien joué de la part de ces multinationales qui veulent s'accaparer l'alimentation mondiale.

    Ce que je trouve grave, c'est que, partout dans le monde, les pouvoirs politiques appuient Monsanto et consorts dans cette démarche, et forcent la population à consommer une alimentation uniquement issue de produits OGM, à son insu, puisqu'ils refusent également de noter sur la liste des ingrédients des aliments la mention "contient des OGM".

    Mais ce que je trouve encore bien plus grave, c'est d'autoriser à 4 multinationales le pouvoir de produire les semences de l'humanité et de rendre illégales les milliers d'autres, qui elles, existent depuis la nuit des temps, sont adaptées à leur terroir et au climat de celui-ci, et offrent une multitude d'espèces, de formes, de goûts différents et admirables. C'est ce qu'on appelle la biodiversité, qui n'appartient à personne : c'est le patrimoine mondial de l'humanité que nous nous devons de léguer aux futures générations.

    Tout ceci vaut bien le fait de se révolter contre Monsanto, et d'aller manifester en famille à 16h00, pour montrer notre total désaccord avec ce qui se passe actuellement dans les coulisses de la commission européenne, qui appuie Monsanto comme jamais. Terriens, il est temps d'agir...

  • Adoptez une semence...

    L’Association Kokopelli propose à tous ses adhérents et adhérentes (de soutien, actifs et bienfaiteurs) de parrainer une variété. Ils peuvent ainsi, s’ils le souhaitent, choisir une espèce (par exemple une tomate, une laitue, une carotte, etc) et ils se verront ensuite attribuer, par l’association, une variété particulière (par exemple la tomate “Black Zebra” ou la laitue "St Antoine" ou bien encore la carotte "De Guérande").

    Les parrains et marraines sont conviés à conserver, au fil des années, cette variété dans leurs jardins et à en reproduire les semences. L'Association Kokopelli envoie aux nouveaux adhérents la souche de la variété parrainée, en début du printemps.

    Des milliers de variétés de tomates, de piments, de courges, de laitues, de choux sont en quête d’un “refuge”. Adoptez une semence! Ensemble, créons des milliers de jardins “Kokopelli” qui soient chacun le refuge régénérateur d’au moins une variété potagère!

    Voici par exemple, quelques exemples de variétés d'aubergines disponibles chez Kokopelli, parmi toute la collection. Chaque variété a sa typicité au niveau formes, couleurs et poids, est précoce ou tardive, et a un goût distinct. C'est cela la biodiversité et c'est cela que nous devons tous protéger et transmettre aux générations futures.

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  • Choisir ses légumes...

    Les légumes de Asafumi Yamashita font courir le tout Paris de la haute gastronomie. Un luxe potager que sept tables parisennes se partagent jalousement. William Ledeuil – Ze Kitchen Galerie - est l’un d’eux.

    Asafumi Yamashita gare sa petite camionnette sur le trottoir étroit de la rue des Grands Augustins. Il sort ses barquettes jaune et bleu, couleurs d’une enseigne de grande distribution réservée aux professionnels. À l’intérieur, rangés artistiquement, les trésors de son potager. Ce jour là, un bon lot de branches d’épinards, du kabu (navet japonais), deux grosses poignées de tomates cerises, trois tomates d’un calibre à peine supérieur (oui, trois), quelques haricots “sugar“ mange-tout, de petites aubergines pourpres, et ses fameux épis de maïs, tendres et juteux comme des fruits, dont le millésime 2012, avec son goût de lait concentré, est pour lui le meilleur. Il n’y a là que de petites quantités et tout est trois ou quatre fois plus cher que n’importe où ailleurs. Mais c’est comme ça et pas autrement. À prendre ou à laisser.

    Ancien boxeur, ancien golfeur, ancien spécialiste du bonsaï, Yamashita ne cultive qu’une cinquantaine de variétés de légumes, tous d’origine japonaise, dans son “petit “ jardin de 3000 m2, à Chapet dans les Yvelines.  L’agencement des semis naît graphiquement dans sa tête. Tous les plants bénéficient d’une attention individualisée. Chaque légume est un prototype.

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    “ Tous les maraîchers ont un rôle à jouer, explique-t-il. Il y a ceux qui font de grosses quantités pour nourrir la planète. Il y a ceux qui font beaucoup de variétés, pour rompre l’ennui des cuisiniers. Moi, je ne fais pas de légumes oubliés parce que, si on les a oubliés, c’est qu’il y a une raison. Mon rôle, c’est de faire de bons légumes. Quand on me demande 50 navets, je choisis les meilleurs. Et si je n’en ai pas 50, tant pis. »

    Sans fausse modestie, sûr de l’excellence de son travail, il ne sert que sept chefs parisiens, Pierre Gagnaire, Pascal Barbot - L’Astrance -, Eric Briffard – George V -, Sylvain Sendra – Itinéraires -, Laurent Delarbre – La Tour d’Argent – William Ledeuil – Ze Kitchen Galerie -, et - Anne-Sophie Pic, qui vient d'ouvrir à Paris.

    C’est lui qui décide avant nous mais, avant lui, c’est la nature qui décide“ , sourit ce dernier. Mais, quand la récolte arrive au restaurant, c’est Noël deux fois par semaine.

    “ Je viens de la campagne, raconte William Ledeuil. Mon père était artisan boucher et faisait du troc avec les voisins qui avaient tous des jardins. Avec les légumes de Yamashita, je retrouve cette sensation du produit qui vient d’être arraché. Il y a un soin incroyable dans la façon de cultiver, de récolter, de livrer. C’est bon et en plus c’est beau. »

    C’est Yamashita qui choisit les cuisiniers avec lesquels il se met en affaire. Il en refuse, il en congédie. Certains éconduits se revendiquent même de lui auprès de leurs clients, comme le lui a raconté récemment la cliente japonaise d’un palace, qui espérait du coup pouvoir acheter chez lui en direct.

    William Ledeuil, rencontré par l’intermédiaire de Patrick Jeffroy – Hôtel de Carantec -, au salon Gastronomades, à Angoulême, n’a pas échappé à la règle. “ J’ai regardé comment il préparait les légumes, j’ai goûté sa cuisine, se souvient Yamashita. J’ai trouvé ça trop asiatique. “ Un comble. “ Mais c’est William qui avait raison “, a-t-il fini par reconnaître. Cela n’a pas empêché le chef de s’adapter. Avec bonheur puisque sa créativité est sans cesse stimulée.

    “Yamashita m’a fait découvrir des légumes différents, reconnaît-il. Son brocoli, par exemple, il nous le livre entier et on cuisine tout. Avec la tige, la moelle, les feuilles et les sommités, on a trois ou quatre textures différentes sur un même légume. “ Orfèvre du maraîchage, le paysan japonais cultive mais enseigne aussi l’art de la transformation.

    “ Au début, son kabu, je le trouvais beau mais, pour moi, ça n’était qu’un navet, admet William Ledeuil. Il m’a fallu du temps pour comprendre. Il y a peu, il nous a appris une autre façon de l’utiliser en épluchant la peau sur deux ou trois centimètres. Elle a un goût piquant de radis alors que le cœur est plus doux. On utilise aussi la tige et la feuille, on ne jette rien. “ Il n’y a pas ici de relation unilatérale de producteur à client. D’égal à égal, ils parlent le même langage.

    “ Je pense que Yamashita a le sens de la cuisine, analyse William Ledeuil. Si on le met aux fourneaux, il va y arriver. Et si, demain, il me prend avec lui pour la culture, il sait que je vais le faire bien. Quand on veut un beau légume, quand on sait ce qu’il y a au bout, on y met forcément du soin. “ Article paru dans le Nouvel Observateur.

     

  • Bientôt, on devra acheter de l'air enregistré au catalogue officiel...

    Empêcher quiconque de planter des semences issues de la biodiversité mondiale, même si celles-ci ne sont pas inscrites dans le pseudo-catalogue officiel mis en place et imposé par les institutions internationales est un non-sens. C'est comme si on nous empêchait de respirer l'air qui nous entoure, en nous forçant à acheter de l'air, le seul qui soit enregistré, produit par une multinationale ! Même si celui qui nous entoure est meilleur et plus sain...

    Dominique Guillet, Président de l’Association Kokopelli, pose depuis sa création la bonne question : « Le catalogue officiel aurait-il été érigé non point pour la protection des jardiniers, mais pour la protection des intérêts financiers des grands groupes et multinationales qui ont racheté la quasi-totalité du secteur semencier depuis 40 années ? » 

    Il rêve d’une planète « avec des semences libres cultivées dans le respect de l'environnement, avec des enfants qui ne meurent plus de faim, avec des jardins et des champs, source de vie et de diversité. » Il conseille à ceux qui possèdent un jardin et aux petits cultivateurs indépendants de semer impérativement de plus en plus de semences interdites, de les donner, les échanger, et produire de jeunes plants de variétés interdites afin de les distribuer autour d’eux et aux pays les plus pauvres, sinon, dans quelques années, il n’y aura plus de semences libres, mais seulement des organismes génétiquement modifiés et des hybrides F1.

    « Résistons fertilement sinon, dans une dizaine d’années, le jardinage familial sera interdit pour cause d’homogénéisation : il sera devenu une activité à hauts risques bactérien et sociologique. » 

    PRODUCTIVITE est le mot-clé, utilisé par la Cour européenne dans l'arrêt condamnant Kokopelli, qui fait que ce raisonnement, qui dure depuis 50 ans, nous a conduits a perdre plus de 75 % de la biodiversité agricole européenne. De plus, cette biodiversité, qui existe depuis des siècles et a nourri tous les peuples européens, est soudain devenue dangereuse puisque la Cour a signalé à deux reprises que la législation permet d'éviter « la mise en terre de semences potentiellement NUISIBLES ». Il fallait oser  alors que les semences du Catalogue, enrobées des pesticides Cruiser, Gaucho Régent, et autres produits de la chimie, empoisonnent la biosphère et les populations depuis plus de cinquante ans !

    Décidément, rien ne va plus. Il faut réagir, boycotter les semenciers industriels et les fruits et légumes des grandes surfaces. Tournez-vous vers les petits producteurs bio et les variétés anciennes, goûtues et riches en nutriments, essentiels à une bonne santé. Et ne consommez que des légumes et des fruits de saison !

  • La CEE et les semenciers industriels veulent anéantir la biodiversité planétaire...

    "La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. La semence, la voix de nos ancêtres, est le fruit de 12 000 années, ou plus, de co-évolution entre l’Homme, la Terre et la Plante : l’homme a domestiqué la plante tout autant que la plante a domestiqué l’homme. Ce processus co-évolutif a engendré un patrimoine végétal et culturel, très diversifié, qui est le bien commun de toute l’humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité.

    L’aliénation de la semence par l’agro-industrie constitue un danger sans précédent pour l’indépendance alimentaire et pour la santé des peuples. Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires ou dans leurs champs, brûlés par la chimie, des hybrides dégénérescents ou des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences. Ces semences industrielles sont malades : elles ne peuvent vivre sans pesticides, sans engrais chimiques ou sans manipulations génétiques. Polluantes pour l’environnement, elles sont le point de départ de déficiences nutritionnelles, d’aliments-poisons, de cancers et autres maladies, de dégénérescence chez l’homme et chez l’animal.

    Afin d’obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, les lobbies de la pétro-agro-chimie, aidés par l’Etat, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte.

    L’agriculture toxique est une invention récente des industriels de la guerre et de la chimie, soutenus par une caste de technocrates qui a réduit à néant les paysanneries traditionnelles. L’humanité s’est nourrie pendant 12 000 années, ou plus, de plantes saines et savoureuses issues de semences de vie, de semences de terroir, de semences croissant dans des écosystèmes naturels et vivants.

    Comme les générations qui nous ont précédés, nous avons le devoir de transmettre à nos enfants, et aux enfants de nos enfants, la possibilité d’orienter et de choisir leur avenir.

    L’Association Kokopelli œuvre ainsi à la protection de la biodiversité alimentaire, à la promotion de pratiques agro-écologiques et au recouvrement par les jardiniers et par les paysans du droit à produire leurs propres semences.

    L’Association Kokopelli est aujourd’hui menacée dans sa survie par les attaques du lobby semencier et de l’Etat. Au travers de Kokopelli, ces attaquent visent à détruire le droit de protéger et de partager les semences.

    L’Association Kokopelli est aujourd’hui menacée dans sa survie par des législations nationales ou internationales qui sont une invention récente des états et du lobby de la semence industrielle et de l’agro-chimie, et qui font du droit à la protection et au partage des semences, un délit.

    Nous exigeons pour tous les paysans, maraîchers, jardiniers, semenciers et associations œuvrant à la protection de la biodiversité alimentaire :

    - la liberté de protéger les semences de vie, de terroir, de population.

    - la liberté de reproduire ces semences.

    - la liberté de refuser, pour ces semences, tout enregistrement, tout catalogue national, tout brevet, tout droit de propriété intellectuelle.

    - la liberté de donner, d’échanger et de commercialiser ces semences.

    - la liberté de créer de nouvelles variétés de semences adaptées à un terroir, adaptées à une vie culturelle, adaptées à des pratiques agro-écologiques.

    - la liberté de refuser les chimères génétiques, source de contamination.

    - la liberté de partager et d’échanger, en toute coopération et réciprocité, les savoirs et les savoir-faire issus de millénaires d’agriculture traditionnelle.

    - la liberté d’utiliser, de commercialiser, de conseiller et d’enseigner toute technique et pratique agro-écologique (purin d’ortie, extraits fermentés, etc) respectueuse de l’Homme et des ecosystèmes.

    Nous exigeons, en fait, tout simplement, le droit inconditionnel de transmettre la biodiversité et la fertilité aux générations futures."

    Ce message de Kokopelli, condamné par la Cour européenne de justice à cesser toutes activités de reproduction, vente et échange de semences d'anciennes variétés de fruits et légumes, sous prétexte qu'elles ne sont pas enregistrées dans le catalogue des plantes cultivables est éloquent ! Catalogue accessible aux seules multinationales agro-alimentaires tellement l'inscription d'une variété est coûteuse et les conditions strictes.

    Il doit y avoir deux dizaines de variétés de tomates inscrites au catalogue, et donc commercialisées dans le monde entier. Des tomates hybrides, F1, rouges, calibrées, super-productives, qui se conservent bien et supportent les chambres froides. Mais elles n'ont aucun goût !

    Par contre, il existe sur terre plus de 3.000 variétés de tomates, toutes différentes, adaptées à leur terroir et au climat de la région. Elles sont certes moins productives, pas du tout calibrées, conservent moins bien, mais elles ont du goût ! Le vrai goût de la tomate ! Un délice et un plaisir des papilles !

    Il est hors de question que ce patrimoine de l'humanité disparaisse parce qu'une nouvelle loi interdit à quiconque d'en cultiver, d'en reproduire les semences ou d'en vendre ! Ces variétés appartiennent à l'humanité et doivent être protégées et transmises aux générations futures ! 

    Achetez vos graines et semences chez Kokopelli et plantez partout ces anciennes variétés de fruits et légumes. Récoltez les graines et pépins pour les semis de l'année suivante et arrêtez d'aller acheter des pseudo légumes OGM, hybrides et sans goût dans votre grande surface.

    Ou approvisionnez-vous chez un petit producteur Bio près de chez vous.



  • Victoire des semences libres...

    Communiqué de Kokopelli du 19 janvier 2012 : 

    L’avocat général chargé du dossier Kokopelli devant la Cour de Justice de l’Union Européenne a donné aujourd’hui lecture publique de ses conclusions. Nous avons la joie d’annoncer qu’elles  nous donnent entièrement raison !

    En effet, le magistrat conclut à l’invalidité de l’interdiction de commercialiser des semences d’une variété non inscrite au catalogue officiel, et ce aux motifs que cette interdiction, portée par la législation Européenne aussi bien que par la réglementation Française, viole le principe de proportionnalité, la liberté d’entreprise, la libre circulation des marchandises, ainsi que le principe de non discrimination. La quasi-totalité de nos arguments ont été retenus! 

    De plus, l’avocat général n’a pas manqué d’affirmer, au contraire de ce qui était avancé par nos nombreux adversaires (Commission Européenne, Conseil de l’U-nion Européenne, République Française, Royaume d’Espagne et société Graines Baumaux), que, d’une part, les règles relatives à l’admission des semences au Catalogue Officiel n’ont « aucun rapport avec la santé des plantes », d’autre part, que « il appartient aux agriculteurs de décider des variétés qu’ils cultivent », enfin que cette législation limite excessivement le choix des consommateurs qui n’ont « ni accès aux denrées alimentaires ou autres produits issus de variétés qui ne satisfont pas aux critères d’admission, ni la possibilité de cultiver eux-mêmes ces variétés, par exemple dans leur propre jardin ». 

    De même, l’avocat général rappelle à juste titre que « le fait que les agriculteurs soient cantonnés à des variétés admises réduit enfin la diversité génétique dans les champs Européens ». 

    Il en conclut logiquement que «les inconvénients de l’interdiction de commercialiser des semences de variétés non admises l’emportent manifestement sur ses avantages. »

    Nous sommes extrêmement satisfaits de ces conclusions et nous avons maintenant l’immense espoir que la Cour suive l’avis de son avocat général et vienne enfin mettre un terme au totalitarisme pluri-décennal de la législation sur le commerce des semences. 

    Blanche MAGARINOS-REY, Avocate de l’Association Kokopelli.

    contact@avocat-magarinos-rey.com

  • Réhabiliter les droits des agriculteurs sur leurs semences...

    Les lois de la commercialisation et l’octroi de droits de propriétés industrielles ont peu à peu défait les agriculteurs de leurs droits à conserver, ressemer, échanger et vendre leurs semences, à les protéger de la biopiraterie et de l’intrusion d’OGM brevetés. De fait, comme le souligne l’ONG les Amis de la Terre, les semences commerciales aujourd’hui disponibles ne sont majoritairement plus reproductibles par les agriculteurs.

    Outre le retrait du rôle premier de l’agriculteur, l’appropriation des semences par de grandes multinationales a abouti à la standardisation des semences. En conséquence de quoi, celles-ci sont devenues plus gourmandes en engrais et en pesticides chimiques. Démunis de leur droits, les paysans ne sont plus en mesure de sélectionner des semences adaptées à une agriculture plus saine. Alertant sur la perte de biodiversité cultivée, la FAO (1) estime que 75 % des variétés cultivées ont disparu dans le monde entre 1900 et 2001. 

    Aussi, une coalition d’organisations paysannes, environnementales et d’artisans semenciers (2) a lancé une campagne visant à plaider, lors des prochaines élections, en faveur de la promulgation d’une loi de reconnaissance des droits des agriculteurs et des jardiniers sur les semences. Cet appel à ne plus réduire les agriculteurs au seul rôle de consommateurs  de semences industrielles s’adresse tant aux citoyens et aux organisations de la société civile qu’aux élus et candidats. Une première manifestation est d’ores et déjà prévue le 19 novembre prochain à Angers, lors de « la nouvelle bourse aux semences de la Saint Martin ». 

     

    1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. 

    2- Font partie de cette coalition : Agir pour l’environnement, les Amis de la Terre, Artisan du Monde, ASPRO PNPP, ATTAC, Chrétiens dans le Monde Rural, Confédération paysanne, Croqueurs de carottes, Demeter France, Fédération Nationale des Agriculteurs Biologiques, Fondation Sciences Citoyennes, Générations Futures, Minga, Mouvement d’Agriculture Biodynamique, Nature & Progrès, Ogm Dangers, Réseau Semences Paysannes.

    Article de Cécile Cassier sur Univers-Nature

  • La commission européenne de mèche avec les semenciers...

    Des agriculteurs mais aussi des maraîchers, des jardiniers et des organisations environnementales de toute l’Europe ont manifesté cet après-midi à Bruxelles. Leur mot d’ordre: "Libérez les semences".

    Ils protestent contre la législation européenne qui privilégie, selon eux, les variétés de semences industrielles et défavorise l’agriculture paysanne, tout en mettant en danger la diversité des variétés de semences. Le fait que les variétés de semences soient centralisées et enregistrées dans un office européen inquiète ces citoyens.

    Les multinationales seraient, d’après eux, les grands bénéficiaires de ces législations dont les perdants seraient alors les petits agriculteurs et la biodiversité. 

    Le développement des OGM et la contamination éventuelle qu’elles pourraient engendrer sont une autre crainte que les manifestants souhaitent exprimer.

    Le libre accès et la libre circulation des semences sont des éléments capitaux afin d’éviter qu’un oligopole de multinationales ne contrôle in fine les sources de l’alimentation mondiale, estiment les participants.

    Si nous laissons faire la commission européenne, qui est de mèche avec les multinationales agro-alimentaires, nous perdrons le droit de planter un pépin de tomate ramené de vacances : ce sera une semence illégale. Illégale parce que non enregistrée selon le nouveau règlement européen ! Seules les semences enregistrées (par les multinationales) pourront être semées, achetées ou vendues. 

    Il est clair que le paysan italien qui fait pousser la même espèce de tomate de génération en génération n'aura jamais les moyens financiers de faire enregistrer ses semences. Et il sera donc poursuivi pour usage illégal de semences non enregistrées ! Ses semences seront saisies, l'espèce disparaîtra, et il sera contraint d'acheter des semences de tomates hybrides ou OGM à Sygenta, BASF ou Monsanto ! 

    De quel droit ces multinationales agro-alimentaires, dont le rêve (économique) est de nourrir la planète entière, s'approprient-elles le monde du vivant (qui est gratuit et qui est le patrimoine de l'humanité)? De quel droit parviennent-elles à faire voter dans le monde entier des lois (à force de lobbying et de pots de vin) qui vont leur permettre de régner sur l'alimentation mondiale ? De quel droit la commission européenne vote-elle des lois qui vont à l'encontre de la volonté des européens de préserver la biodiversité de nos campagnes.

    Trois quart des espèces végétales ont déjà disparu : cela ne suffit pas ? Il existe des centaines de variétés de tomates dans le monde : faudra-t-il nous contenter d'une dizaine d'espèces fades, sans goût, qui conservent longtemps sans pourrir, mais qui seront légales et dont les semences seront vendues par Sygenta ou Monsanto ?

    Je refuse de ne plus avoir le droit de m'extasier en Provence du parfum et du goût des tomates locales, je refuse de ne plus pouvoir croquer une tomate d'une espèce oubliée en Toscane si parfumée, je refuse de ne plus pouvoir acheter des semences de tomates chez Kokopelli et de me régaler tout l'été (et tout l'hiver). Et surtout, je refuse de devoir manger sur le pourtour méditerranéen des tomates sans couleur et sans goût qui sont produites sous serre aux Pays-Bas ou en Flandre. C'est hors de question ! Terriens, il est temps d'agir...

  • Kokopelli fait appel à la Cour de Justice Européenne...

    "Dans le cadre du procès qui nous oppose à la société Graines Baumaux, nous avons demandé à la Cour d’Appel de Nancy de saisir la Cour de Justice de l’Union Européenne d’une question portant sur la validité de la législation européenne sur le commerce des semences potagères au regard de certains principes fondamentaux de l’Union Européenne et du Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA).

    Alors que la société Graines Baumaux s’opposait fortement à cette demande, qu’elle qualifiait de « cheval de Troie », la Cour d’Appel, par une Ordonnance du 4 février 2011, a fait droit à notre demande.

    Les questions fondamentales, que nous soulevons depuis le début de notre existence, seront enfin posées à la juridiction suprême de l’Union Européenne. Les enjeux, en termes d’appropriation du vivant et de sauvegarde de la biodiversité, sont immenses et nous espérons que la Justice, ultime recours des opprimés, saura les mesurer.

    Nous appelons tous les opérateurs européens de la semence ancienne à se joindre à nous pour témoigner, dans le cadre de ce procès historique, de l’absurdité de la législation actuelle sur le commerce des semences."

    Il serait bon, pour la planète, que l'on permette à nouveau aux paysans du monde entier de planter des graines et des semences issues de leurs récoltes, comme ils l'ont fait pendant des millénaires. Les plantes qu'ils cultivent, parfois depuis des générations, sont adaptées à la région où elles poussent et participent à la biodiversité de la zone.

    Devoir acheter des semences "légales" aux multinationales semencières et agro-alimentaires, qui ont payé pour enregistrer des espèce végétales et se les approprier est un non sens absolu. C'est d'abord un vol du vivant (qui appartient à l'humanité entière), mais c'est surtout une mainmise inadmissible sur l'alimentation mondiale, et la mort de la biodiversité.

    Si on les laisse faire, il n'y aura bientôt plus sur terre qu'une seule variété de blé (alors qu'il en existe des milliers), une seule espèce de tomates et une seule sorte de pommes. Toutes les autres espèces seront illégales, car non enregistrées, ce qui coûte une fortune, impayable par les petits cultivateurs. C'est ce monde là que vous voulez laisser à vos enfants ? Terriens, il est temps d'agir...

  • Kokopelli maintenant en Belgique...

  • Bienvenue à l'antenne belge de KOKOPELLI, dont le but est :
  • de remettre en valeur, dans les pays Européens, une collection planétaire d'anciennes variétés pour les potagers et jardins, et de la rendre de nouveau accessible aux jardiniers. Cette collection planétaire est présentée dans l'ouvrage " Semences de Kokopelli ". A ce jour, ce sont 2000 variétés ou espèces qui sont distribuées par l'association, dont 550 variétés de tomates, 300 variétés de piments doux et forts, 130 variétés de laitues, 150 variétés de courges, 50 variétés d'aubergines, etc.
  • d'oeuvrer dans le Tiers-Monde à la mise en valeur de techniques d'agriculture durable par le don de semences traditionnelles ainsi qu'à la mise en place de réseaux paysans de production de semences et de centres de ressources génétiques.             Les semences hybrides transgéniques, clonées, "modernes", les OGM, morts même avant d'être semés, n'ont d'autre but que de maintenir les paysans et les maraîchers, donc notre alimentation, sous dépendance d'une poignée de semenciers, comme MONSANTO, qui détiennent le monopole de la production de semences dans le monde. Kokopelli oeuvre à diffuser d'anciennes semences (qu'on peut replanter car non modifiées génétiquement) afin de rétablir la biodiversité qui existait au temps de nos grands parents. Achetez vos semences sur www.kokopelli-be.com, ou passez les voir. Ils participent à de nombreuses foires et seront, par exemple, présents le week-end prochain aux Jardins d'Aywiers.
  • Merci Marie-Monique Robin !

    Terrifiant reportage sur MONSANTO et les OGM ! Merci à Arte et Marie-Monique Robin de nous avoir ouvert les yeux sur cette multinationale agro-alimentaire qui ne recule devant rien pour s'approprier le monde du vivant sur la planète entière ! Publicité mensongère, analyses et rapports scientifiques truqués, pots de vins aux hommes politiques et aux gouvernements, pressions sur les autorités et les laboratoires indépendants, lobbying auprès de la commission européenne : c'est pire que la mafia ! Les américains et la FDA en prennent plein la figure, et se retrouvent tout à fait discrédités... Comment encore faire confiance à nos hommes politiques qui se laissent corrompre, comment croire la FDA (Food and Drugs Administration), comment croire les scientifiques qui appuient les cultures OGM, après tout ce que nous avons pu voir ? Terriens, ne comptez que sur vous-même et votre bon sens pour vous nourrir, et optez pour le bio ! Luttons contre la culture d'OGM en Europe d'abord, et dans le monde entier ensuite. Et boycottons tout produit alimentaire contenant des OGM. Quant à Monsanto, qui a fait un milliard de dollars de bénéfices en 2007, boycottons ses produits, dont le Round-up, désherbant hyper-toxique. Des alternatives existent ! Et protégeons la biodiversité (ou ce qu'il en reste), tant qu'il en est encore temps ! Terriens, il est vraiment grand temps d'agir !

  • On est sauvés ?

    Une "Arche de Noé verte" abritant des graines des principales cultures vivrières a été inaugurée, ce mardi 26 février, en plein coeur de l'Arctique, véritable cocon pour la diversité végétale menacée par les catastrophes naturelles, les guerres et le changement climatique. Enfouie dans une montagne de Longyearbyen, chef-lieu de l'archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), à 1.000 km du pôle Nord, la réserve de semences pourra accueillir jusqu'à 4,5 millions d'échantillons, deux fois plus que le nombre de variétés existant dans le monde. Lors de la cérémonie d'inauguration, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a affirmé que l'endroit est "un jardin d'Eden glacé". Chaudement emmitouflés, la militante écologiste kényane et prix Nobel de la paix, Wangari Maathai, et le Premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, ont ensuite déposé symboliquement des graines de riz dans une des chambres froides. "Le monde est un endroit plus sûr aujourd'hui", a déclaré à l'AFP le père du projet, Cary Fowler, directeur du Fonds mondial pour la diversité des cultures (GCDT), peu après la cérémonie cosmopolite qui mêlait chant traditionnel lapon, musique d'inspiration africaine et choeur d'enfants. "Nous pouvons maintenant stocker en toute sécurité un nombre considérable de semences vulnérables et précieuses", a-t-il précisé. La réserve de semences fonctionnera comme un filet de sécurité. Elle conservera dans des conditions optimales, à -18°C, des doubles de graines stockées dans les 1.400 banques de gènes existantes. Celles-ci n'offrent pas les mêmes garanties que la nouvelle venue: protégée par des tonnes de roc, des portes blindées et des parois en béton armé, elle peut résister à une chute d'avion ou à un missile nucléaire. Caméras de télésurveillance et ours polaires complètent le dispositif. Si une variété de culture vient à disparaître dans son milieu naturel, les Etats et institutions pourront récupérer les graines qu'ils ont déposés et dont ils demeurent propriétaires. Sous l'effet des maladies, du changement climatique ou encore des activités humaines, la diversité génétique s'appauvrit. En 1949, les paysans chinois cultivaient plus de 10.000 variétés de blé, dix fois moins 20 ans plus tard. Or, la diversité est indispensable pour mettre au point des cultures plus résistantes, moins gourmandes en eau et en engrais, aptes à s'adapter au réchauffement climatique et plus nutritives. D'autant qu'en 2050, il y aura 9 milliards de bouches à nourrir. "Nous espérons et oeuvrons pour le meilleur, mais nous devons nous préparer au pire", a précisé José Manuel Barroso. Grand comme deux fois la Belgique pour une population de 2.300 âmes, le Svalbard --où aucune culture ne pousse-- est considéré comme l'endroit idéal pour une réserve de semences. Isolé mais accessible, politiquement stable, l'archipel est recouvert d'un permafrost qui garantit à l'Arche suffisamment de fraîcheur même en cas de défaillance des systèmes de réfrigération. La réserve de semences a coûté environ 6 millions d'euros, financés par la Norvège. Tout cela est bien beau, mais il vaudrait mieux cultiver toutes ces espèces végétales partout sur la planète, plutôt que d'acheter des semences manipulées génétiquement et uniformisées, à des grands groupes agro-alimentaires comme ADVANTA, ALTADIS, ARVATIS, AVENTIS, BASF, BAYER, BIOGEMMA, CFS, DOW AGROSCIENCES, DU PONT DE NEMOURS, GNIS, LIMAGRAIN, MAISADOUR, MERISTEM THERAPEUTICS, MONSANTO, NOVARTIS, PIONEER, et SYNGENTA. Ces firmes ne rêvent que d'une chose : s'approprier le monde du vivant et inonder la planète de leurs semences trafiquées, pour nourrir 9 milliards d'individus ! Un rêve diabolique qui va à l'encontre du bon sens, de la biodiversité, de notre santé ! Consommons des produits saisonniers, de terroirs, si possible bio, et luttons contre ces méga-multinationales que rien ne semble arrêter. Terriens, il est grand temps d'agir...

  • La biodiversité toujours plus menacée...

    Je publie ici la lettre juste reçue de Kokopelli, un distributeur de semences de fruits et légumes oubliés, dont l'activité essentielle au maintien de la biodiversité, a été condamnée par les tribunaux français. C'est un peu long, mais instructif. Aidons-les à aller en cassation : l'enjeu est primordial ! "Amis et amies de Kokopelli, journalistes, sites internet, blogs, presse, vous êtes nombreux à avoir fait circuler l'information relative à nos condamnations par les tribunaux. Nous tenons à vous en remercier sincèrement. Nous remercions également celles et ceux qui nous ont déjà fait parvenir des dons pour nous aider financièrement. Le coût de tous les procès depuis deux années est de 88 000 euros, ce qui inclue les pénalités diverses et variées, les honoraires des très nombreux avocats et les frais annexes. Tous ceux qui souhaitent contribuer financièrement peuvent le faire, dorénavant, à partir de notre site internet car nous venons d'inclure la possibilité de faire un "don libre" en ligne. L'Association Kokopelli prend bonne note des déclarations et des promesses de Madame Nathalie Kosciusko-Morisset, Secrétaire d'Etat à l'écologie (qui vient d'ailleurs de déclarer sur France-Inter qu'elle était cliente de Kokopelli). Nous osons espérer qu'elles seront suivies de mesures concrètes nous permettant de continuer le travail que nous effectuons depuis une quinzaine d'années, à savoir la protection d'une biodiversité alimentaire qui n'est pas virtuelle et en chambre froide (dans des congélateurs ou dans le permafrost Norvégien) mais qui est accessible à tous, jardiniers, maraîchers et agriculteurs. En ce qui concerne le procès qui nous est intenté par la Société Baumaux, nous allons faire appel de ce jugement pour le moins surprenant puisque l'Association Kokopelli a été quand même condamnée à payer des pénalités pour concurrence déloyale alors que Monsieur Philippe Baumaux a été débouté de quasiment toutes ses demandes, dont sa requête de fermeture de notre association! En ce qui concerne le procès que nous venons de perdre en Cour de Cassation, contre la FNPSP et le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences), nous demandons à l'Etat Français de bénéficier d'une amnistie sur les pénalités et les frais générés par la condamnation qui sont d'environ 20 000 euros. La très bonne surprise du jugement en Cassation aura été que le GNIS a été débouté de toutes ses demandes: le GNIS a donc perdu contre Kokopelli! Rappelons que le GNIS, sous l'égide du Ministère de l'Agriculture, nous harcelait depuis de très longues années! Cela signifie que c'est la FNPSP qui a obtenu du tribunal une confirmation de notre condamnation à hauteur de 5000 euros pour elle-même (et donc de 20 000 euros pour l'Etat); rappelons que cette fédération des sociétés de la semence potagère regroupe des petites maisons semencières mais aussi et surtout les grandes multinationales qui ont pris l'agriculture et les agriculteurs en otage: Limagrain, Syngenta (le grand ténor de l'agriculture toxique) et Monsanto, le n° 1 mondial de la semence sous tous aspects et le n°1 mondial de la semence potagère. L'Association Kokopelli est en train de préparer une réponse élaborée au dernier communiqué du GNIS. D'ores et déjà, nous souhaitons mettre en valeur la première problématique suivante. Le GNIS a cru bon de nous poursuivre depuis des années parce que nous distribuons des variétés non inscrites dans leur Catalogue National. Nous en déduisons donc que toutes les variétés inscrites dans leur Catalogue National sont autorisées à la vente et à la culture. Comment explique-t-on dans ce cas la présence, à la page 82 du catalogue 2006 (qui au 8 février 2008 est encore la référence), de 15 variétés de maïs OGM dont 6 ont pour "événement de transformation" le maïs de Monsanto tant décrié, le MON 810? Ces 15 variétés OGM ont été répertoriées dans les catalogues 2004, 2005 et 2006 (Benjil, Boisa, César Cb, Elgina, Garonna, etc) . Certaines sont en fait inscrites depuis 1998! L'Espagne, (où vont se fournir, en semences OGM peu chères et illégales, un grand nombre d'agriculteurs Français) avait déjà inscrit, en 2004, 11 variétés de maïs de type MON 810. L'autre "événement de transformation" (un euphémisme pour ne pas nommer un tripatouillage transgénique) présent dans ces chimères génétiques est le Bt 176, la propriété de Syngenta. Soulignons que l'expression grotesque "événement de transformation" est non seulement le symptome d'une maladie de civilisation mais aussi un cache-misère pour faire oublier au peuple que le MON 810 de Monsanto n'est pas une variété mais une super-variété qui a généré des dizaines de variétés de maïs chimériques. La seconde problématique que nous souhaitons mettre en valeur est la suivante: il existe dans ce Catalogue National une liste de variétés permises à la vente pour les amateurs. Or, nous avons pu prouver avec la Campagne Robin des Semences que des centaines de supermarchés en France des chaînes Auchan, Leclerc, etc. vendent en toute impunité à l'automne des fruits de variétés strictement interdites à l'usage professionnel. Quelle est donc la valeur d'un Catalogue National qui répertorie des variétés OGM qui ne sont pas autorisées à la culture et qui, de plus, répertorie des variétés anciennes, réservées à l'usage amateur, distribuées illégalement par les chaînes de supermarchés? Quels sont donc les attributs et prérogatives du GNIS qui s'est vu débouter en Cour de Cassation parce qu'il n'était pas autorisé statutairement à poursuivre en justice l'Association Kokopelli? Les finalités du GNIS ne seraient-elles pas tout simplement d'aider leurs amis des multinationales semencières à acquérir le monopole total sur la semence et à confisquer intégralement le vivant? Le GNIS aurait-il l'intention de modifier ses statuts pour mieux rattaquer notre association car il est vrai que lorsque le Maréchal Pétain créa cette "institution hybride" en 1941, il n'avait pas prévu que l'Association Kokopelli sèmerait de bonnes semences de vie, 60 ans plus tard, dans le mépris le plus total d'un catalogue fantoche à la solde de l'agro-chimie et des multinationales de la semence. Nous renvoyons tous ceux qui seraient intéressés par ce sujet à l'article de Dominique Guillet: "Le Catalogue National, une nuisance agricole de plus?" Nous vous remercions de nouveau pour votre confiance et votre soutien". http://www.kokopelli.asso.fr/index.html

  • Juillet pourri, août magnifique...

    Avec cette foutue météo que nous venons de connaître depuis fin avril, il est clair que je vais devoir revoir à la baisse mes quotas de production de tomates oubliées, plantées sur ma terrasse ! C'est que mes 48 pieds n'ont vraiment pas l'air en forme : feuilles jaunies, branches arrachées par le vent, tomates vertes pourries par manque de soleil, et j'en passe ! Je viens de récolter les 18 premières tomates rouges des Andes (style Roma, mais en plus petit), et j'en ferai une tarte feuilletée ce midi. Vivement le mois d'août, qui s'annonce magnifique sur tous les sites météo à long terme, que mes pieds reprennent des forces et vivent enfin dans des conditions d'été normales... Je suis quand même impatient de goûter les autres espèces de tomates plantées (les meilleures du monde, paraît-il). Quant à notre petit vignoble, si ce n'est les quelques attaques de mildiou, un beau mois d'août et un beau mois de septembre pourraient assurer de très belles vendanges. Patience. Qui vivra verra et goûtera...

  • Sauvegarde de la biodiversité alimentaire...

    Ce sont 165.000 variétés de plantes qui seront mises à l’abri sous forme de plants ou de semences par le Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures (Global Crop Diversity Trust), afin de sauvegarder des semences menacées de disparaître. La sauvegarde de toutes ces cultures est indispensable pour lutter contre la faim et assurer la sécurité alimentaire de la planète, précise le Fonds mondial. De nombreuses cultures qui participent à l’alimentation de base dans les pays en développement intéressent peu l’industrie agroalimentaire. La mondialisation tend à uniformiser les cultures alors que, face à une maladie, un ravageur ou des changements climatiques, la diversité des semences est essentielle pour trouver de nouvelles capacités de résistances des plantes.Dans les pays en développement le manque de moyens met en péril la conservation des cultures, estime le Fonds. Le projet vise donc à sécuriser les collections à risque en les stockant à plusieurs endroits, notamment dans la ‘’chambre forte’’ construite sur l’île de Svalbard, en Norvège,. A partir de mars 2008, des semences y seront conservées dans une banque végétale construite dans le permafrost (Svalbard Global Seed Vault). Pour des cultures comme le manioc, l’igname, la noix de coco, le taro ou la patate douce, qui ne peuvent pas être conservées sous forme de semences mais sous forme de boutures, de racines ou de cultures cellulaires, le Fonds financera des recherches sur des méthodes de conservation moins coûteuses. Les 37,5 millions de dollars mobilisés par le Fonds mondial pour la diversité des cultures permettront aussi de mettre en place une banque de données complète d’informations génétiques pour les chercheurs du monde en entier qui travaillent à l’amélioration des variétés. Ce système permettra de partager quatre millions d’échantillons portant sur plus de 2.000 espèces, soit 85% de la diversité de toutes les cultures agricoles, précise le communiqué du Fonds. La fondation Bill et Melinda Gates a donné 30 millions de dollars, le gouvernement de Norvège les 7,5 millions restants. Une excellente initiative pour la sauvegarde de la biodiversité en ces temps d'uniformisation de l'agriculture et des semences par les multinationales agro-alimentaires. Bill Gates monte dans mon estime... Il ne reste plus qu'à faire la même chose pour les espèces de plantes non alimentaires, qui, elles aussi, disparaissent chaque jour... Terriens, il est temps d'agir...

  • Slow Food

    Carlo Petrini sociologue italien, militant contre la malbouffe et fondateur du mouvement international Slow Food est interviewé par Libération. C'est long, mais c'est à lire... En 1989, vous fondez une association d'oenogastronomes contre la malbouffe. Aujourd'hui, Slow Food prône une alimentation «bonne, propre et juste», et défend une nouvelle agriculture, soucieuse d'écologie et... des paysans. Elle regroupe 90 000 adhérents dans le monde. "En 1986, nous avions créé une association en réaction à l'ouverture par McDonald's d'un fast-food piazza di Spagna, au coeur de Rome. Trois ans plus tard, à Paris, nous l'avons transformé en un mouvement international, baptisé Slow Food. Le manifeste fondateur, signé par les représentants de dix-sept pays, dénonçait les dérives de la malbouffe contre lesquelles nous prônions la préservation des terroirs, des patrimoines gastronomiques. Trois de nos valeurs étaient déjà présentes : le droit au plaisir alimentaire, la défense de la culture des terroirs contre l'uniformisation des saveurs, et la «lenteur», comme antidote à la frénésie, à la voracité obsessionnelle. Nous ne voulions pas engager un combat frontal et vain avec les multinationales qui passent les saveurs au rouleau compresseur, mais proposer des alternatives. Plutôt que détruire des McDo, sauvegarder les tables et produits menacés, publier des guides des osteria, des bistrots, éduquer au goût. Dans les années 90, Slow Food commence à s'intéresser à la biodiversité. Cela devenait de plus en plus étrange de parler du plaisir d'un plat alors que l'on assistait à sa disparition. Chaque jour, dix espèces de fruits ou de légumes, dix races animales, sont perdues. Depuis le début du XXe siècle, les impératifs industriels de l'agrobusiness ont abouti à la perte de 75 % de la diversité des produits agricoles. Moins de trente végétaux nourrissent aujourd'hui 95 % de la population mondiale. L'agriculture industrielle développe des monocultures aussi productives que vulnérables : rappelons-nous l'helminthosporiose, ce champignon qui a détruit les récoltes de maïs dans les années 70 aux Etats-Unis. C'est grâce à des variétés autochtones de maïs qu'on a pu relancer la production et éviter le désastre. En 1996, nous avons lancé l'Arche du goût. L'objectif est d'inventorier les produits et espèces menacés : fruits, légumes, fromages ou races animales... Plus de 750 produits sont aujourd'hui catalogués, comme le maïs blanc criollo argentin, le miel de thym des monts Ibléens en Sicile, ou la volaille Coucou de Rennes."Avec les Sentinelles du goût, vous intervenez directement dans l'économie ? "L'Arche, c'est la phase intellectuelle du processus, mais les produits continuaient à disparaître. Alors nous avons créé en 1999 les presidi, traduit en français par «sentinelles». Ce sont des projets de sauvegarde ou de relance de petites productions artisanales. Cela peut aussi être une zone comme les vergers d'agrumes du Gargano, ou une culture locale, comme la cuisine de deux petites régions toscanes issue du métissage entre cuisine juive et traditions régionales. Nous fournissons aux derniers exploitants des outils de promotion, un stand au Salon du goût de Turin, un appui auprès des médias, du matériel ou des fonds. Nous avons énormément appris de ces projets de microéconomie qui se sont multipliés : il y a deux cent cinquante Sentinelles en Italie, trois cents dans le monde. Cela commence en France avec une dizaine de produits comme le porc noir de Bigorre ou les lentilles blondes de Saint-Flour." Pourquoi Slow Food peine à progresser en France et que pensez-vous de José Bové ? "Nous sommes solidaires de Bové, que je connais bien, et nous nous rejoignons sur la souveraineté alimentaire, les OGM, la nécessité d'une nouvelle agriculture, mais nos moyens d'action diffèrent. On ne peut rester dans la phase de dénonciation, il faut proposer autre chose. Face à la gastronomie, la France, à qui je dois toute ma formation, se conduit en madre e matrinia, mère et marâtre..., elle a du mal à s'ouvrir à une nouvelle gastronomie." Bon, propre et juste, c'est le titre de votre dernier livre. Quelle est cette «nouvelle gastronomie» ? "Bon, parce que rien ne dit que nous sommes obligés de mal manger ! La mémoire gastronomique italienne avait un nom, la faim. Mais les femmes créaient des chefs-d'oeuvre simples et bons avec l'économie de subsistance. Propre, parce que l'on ne peut produire de nourriture en stressant les écosystèmes, en saccageant l'environnement et en détruisant la biodiversité. Juste, parce que le paysan doit être rémunéré ; si on veut que les jeunes restent ou retournent à la terre, dans nos pays, ils doivent être valorisés. On ne peut parler de nourriture sans parler d'agriculture et d'écologie. Le Millenium Ecosystem Assessment Report de 2005 rend compte de la réduction massive de la biodiversité sur la planète, de la dégradation et de la désertification des sols. Principal responsable : les systèmes agricoles industrialisés et les méthodes aberrantes de production de la nourriture, qui sont aussi à l'origine d'une nourriture uniformisée mais encore de la disparition des paysans : en Italie, ils ne représentent plus que 4,5 % de la population dont plus de la moitié a plus de 60 ans. Dans dix ans, combien seront-ils ? C'est un métier qui a été abandonné parce que trop dur, trop exigeant... Mais, sans les paysans, ce ne sera plus possible de garantir la qualité alimentaire. Il faut rendre ce métier gratifiant, créer des conditions de vie différentes, autorisant des loisirs, pour créer une nouvelle génération de paysans. Un gastronome-gourmet qui ne se soucie pas d'environnement est stupide, mais un écolo qui n'a pas de sensibilité gastronomique est triste, et qu'importe qu'un produit soit bio s'il n'est pas bon ?" Le plaisir alimentaire reste la priorité ? "L'alimentation est au centre de la vie et, pour vivre bien, il faut élargir ses sources de plaisir. En gastronomie, la monoculture alimentaire annule les plaisirs du palais, car elles les rendent habituels. Oublier cela, c'est se faire complice de l'industrialisation de la production alimentaire qui a remisé la qualité au second plan, ou l'a assimilé à des concepts différents tels que la sécurité sanitaire. Mais le plaisir alimentaire est mal vu. Quand on a fondé notre association en 1986, l'intelligentsia de gauche, pour laquelle la gastronomie est un vice bourgeois, un signe d'épicurisme dégénéré, nous considérait comme des gros goinfres. Tandis que la droite et la presse spécialisée, pour lesquelles la gastronomie est réservée à une élite, se défiaient de ces gauchistes incompétents." C'est sur ce thème que vous collaborez avec la FAO, l'Organisation des Nations unies pour la nourriture et l'alimentation ? "Pour s'être concentrée sur la sécurité alimentaire, sur la quantité et avoir cru que le plaisir ne pouvait aller qu'avec l'abondance, la FAO a fait une erreur historique. Aujourd'hui, on produit de la nourriture pour douze milliards de personnes, nous sommes plus de six milliards, mais 850 millions souffrent de malnutrition et de faim, et plus d'un milliard sept cents millions sont obèses. Depuis 2004, Slow Food collabore avec la FAO pour promouvoir les agricultures gastronomiques locales qui préservent la biodiversité et procurent un plaisir organoleptique et intellectuel, car elles sont le symbole d'une identité." Avec Terra Madre en 2006, vous réunissez à Turin des milliers de paysans du monde entier. Pourquoi ? "Au Salon du goût, que nous organisons à Turin depuis 1996, nous récompensions les produits Sentinelles. Nous avons voulu rencontrer ceux qui les produisent, les protagonistes de la diversité alimentaire : les paysans, pêcheurs, artisans, nomades... Les forums sociaux réunissent les leaders ou l'avant-garde des mouvements altermondialistes, et des partis politiques, des ONG. Terra Madre a fait le choix, au contraire, en finançant le voyage et en offrant l'hospitalité dans des familles piémontaises, d'inviter les paysans eux-mêmes. Les contenus des séminaires ressemblent à ceux des forums sociaux, mais on trouve en plus des thèmes liés au travail, comme la production de fromage au lait cru, ou les droits des femmes à être associées à la production agricole, le savoir-faire de la fabrication du chocolat, le brevetage des semences, la création de marchés locaux... L'idée, c'est de créer un réseau d'échanges." Dans votre livre, vous citez l'exemple des Samis et des bergers mongols. "Quelques mois après la première édition de Terra Madre en 2004, j'ai été invité au nord de la péninsule scandinave par les Samis, qu'on appelle à tort les Lapons. C'est une communauté nomade qui suit les migrations des rennes. La rencontre avec d'autres peuples nomades à Turin avait été très fructueuse. A tel point qu'avec les bergers mongols des steppes asiatiques, ils étaient déjà en train de poser, via l'Internet, les bases d'une sorte d'internationale des populations nomades, pour affronter ensemble des difficultés analogues. Le réseau que j'avais imaginé commençait donc à fonctionner, indépendamment de Slow Food ! C'est cela notre mission : les aider à constituer le réseau, rester à leurs côtés, jamais au-dessus." «Manger est un acte agricole», vous reprenez souvent ces mots de Wendel Berry, le poète-paysan du Kentucky. "Oui et j'ajoute : «Produire est un acte gastronomique.» Comme consommateurs, nous conditionnons l'agriculture, puisque nous représentons la fin du processus qui part de la terre. Par nos choix, nous influons sur la production, la gestion de l'environnement et le sort des communautés rurales. Or, si la consommation continue dans sa tendance actuelle, nous courons au désastre. Croire que les ressources de la terre sont infinies, qu'on peut encore gaspiller, c'est illusoire. Il est urgent de passer à une nouvelle agriculture en tenant compte des erreurs du passé. Néanmoins, le désastre environnemental ne résulte pas seulement de ceux qui produisent, mais aussi de ceux qui consomment de façon irresponsable : nous, consommateurs, sommes complices du crime environnemental. L'acte de se nourrir fait partie intégrante de la filière de production. Le consommateur doit donc se redéfinir comme coproducteur. Et l'agriculteur responsable doit avoir à coeur le goût du produit." Selon vous, la clé de ce changement, c'est la «relocalisation» de l'économie ? "Le message issu des 1 700 communautés rurales réunies à Turin, c'est l'intérêt des économies locales : le cordon ombilical entre producteur et consommateur n'y a pas été coupé par l'industrialisation de l'agriculture et la grande distribution. C'est une économie que nous, pays du Nord, avons jetée aux orties parce que nous la considérions comme une économie de «pauvres», de subsistance, et sans avenir. Désormais, il est clair que c'est l'économie de marché qui est en bout de course. Le temps est venu de dire que les «arrogants des multinationales» n'ont pas de futur. Il faut relocaliser les productions agricoles, raccourcir le trajet du lieu de production à l'assiette.L'économie locale est la seule qui permettra de réaliser ce qui devient un oxymore : le développement durable."Est-il possible de résister à l'agrobusiness ? "C'est possible si le consommateur se transforme en coproducteur. Et je suis optimiste. La paura fa novanta, la peur donne des ailes. Or, les consommateurs ont été échaudés par les crises alimentaires comme la vache folle, les poulets à la dioxine... Ils commencent à réagir, à refuser ces dérives, ils sont même prêts à payer un peu plus cher pour s'assurer de la qualité de ce qu'ils mangent.Comment Slow Food peut-elle servir à une «mondialisation vertueuse» ? Par exemple, à Terra Madre, nous avons adopté un manifeste sur les semences qui relève de la désobéissance civile planétaire. La production des semences et leur monopole sont le business sur lequel comptent le plus les multinationales pour contrôler le marché, de même que les OGM sont l'arme la plus sournoise et la plus puissante d'une stratégie commerciale destinée à s'approprier toute la filière productive. Notre manifeste affirme le droit des populations rurales à échanger gratuitement les semences et à en tirer les bénéfices, comme elles l'ont fait depuis des millénaires."Croyez-vous toujours que «semer l'utopie c'est récolter la réalité» ? "L'extrême pragmatisme ou le réalisme n'ont jamais aidé à bouger. Ce qui aujourd'hui apparaît comme une utopie semblera, dans quelques années, beaucoup plus modeste. Pour changer le monde, mieux vaut semer des visions." Les buts poursuivis par Slow Food au niveau mondial sont admirables, et il faut soutenir cette association qui lutte, pacifiquement, contre les géants de l'agro-alimentaire en aidant les petits producteurs et en sauvant des produits de terroirs et des races animales d'une disparition certaine. Non à l'uniformisation alimentaire, non à la perte de la biodiversité : c'est crucial. Aidez Slow Food : faites vous membres !

  • Légumes et fruits d'antan...

    Si les anciennes variétés de légumes retrouvent peu à peu la cote en Belgique et en France, c'est seulement dû à l'entêtement de quelques passionnés. "Semailles" est une petite entreprise belge qui commercialisa des graines achetées en France puis, petit à petit, produites ici, de façon biologique. Aujourd'hui, le catalogue de "Semailles" propose un peu plus de 450 variétés ! Ils cultivent ainsi des variétés savoureuses, rustiques et adaptées à notre terroir comme le haricot Roi des Belges, le poireau Gros vert de Huy ou la laitue blonde de Laeken. Bien sûr, ils font ce travail pour en vivre, mais surtout pour sauvegarder la biodiversité de ce patrimoine qui est menacée. De très nombreuses variétés ont disparu. La cause : la législation ! Le commerce des semences potagères dépend d'une réglementation européenne: seules peuvent être vendues les variétés inscrites dans le "Catalogue européen" ! Tous les 20 ans, les variétés qui n'ont pas été réinscrites en sont retirées. Or, ces procédures d'inscription et de réinscription coûtent très cher : seules les grandes sociétés semencières en ont les moyens ! Conséquence logique de cette situation : si le catalogue connaît des renouvellements réguliers, c'est par l'introduction de créations variétales hybrides. Mais de nombreuses variétés anciennes n'ont, pour leur part, pas été réinscrites en raison de leur moindre rentabilité. Ne pouvant plus être commercialisées, elles sont donc en quelque sorte condamnées à disparaître ! Très peu de jardiniers amateurs produisent encore leurs propres semences, car les variétés hybrides que l'on trouve dans le commerce ne permettent plus de le faire. Il faut racheter de nouvelles graines, ce qui est tout bénéfice pour les grands semenciers." Au sein de l'association "Croqueurs de carottes", Semaille milite donc pour une révision de cette législation. "Nous voulons sauvegarder ces variétés et nous sommes d'accord pour prendre en charge le travail de sélection et de conservation afin de les mettre à disposition de tout le monde, mais ce n'est pas à nous de payer pour leur inscription ou leur réinscription au catalogue. C'est normalement à l'Etat de maintenir ce patrimoine." Cette législation européenne qui enterre le maintien de la biodiversité est sûrement due au lobbying intense des semenciers et autres multinationales productrices d'OGM ! Nous devons nous opposer à cet état de fait, acheter et planter ces semences hors-la-loi de légumes oubliés (bien plus goûtus, et bien meilleurs pour la santé), ou les acheter chez notre maraîcher. Seule, une forte demande, permettra leur résurrection liée à une baisse de consommation des fruits et légumes hybrides ou OGM que les multinationales tentent de nous imposer. Consommateurs, c'est vous qui décidez, par vos achats, ce que nous trouverons sur les étals, et ce que nous mangerons demain : il est temps d'agir !