savoir-faire

  • Dégustation du lundi 198

    C'est avec un peu de retard et les idées toujours pas très claires que je suis enfin plus ou moins apte à vous relater la dégustation du Clos d'hier soir. Une toute belle, à 4.

    Mise en bouche avec le seul vin blanc de la soirée (c'est sûrement lui qui nous a donné ce mal de tête Innocent) à la robe jaune paille éclatante et au nez beurré sur des agrumes. La bouche, très agréable, est fraîche, vive, avec une belle acidité. On pense à un beau sauvignon mûr, et ce n'en est pas un. On ne trouvera d'ailleurs pas facilement ce Bouzeron 2010 du Domaine A. et P. de Villaine en Villages de Bourgogne, en cépage aligoté.

    On passe aux vins rouges avec un second flacon à la robe assez claire et évoluée et un très beau nez sur de la framboise.  En bouche, une attaque fort plaisante et un petit jus de fruits rouges, tout en finesse, se terminant sur des notes de cacao. Une fort belle bouteille malgré son âge : Volnay Les Champans 1er Cru Récolte 1972 de Mme François de Montille à Volnay.

    La troisième bouteille est bouchonnée. Volnay 1972 de Grivelet Château. Grivelet Château, est la plus grosse escroquerie des années 70 au niveau origines du vin (fraude). Pas de remords.

    Le 4ème flacon de la soirée nous amène vers les vins nature avec une robe noire, et un nez très vert, très rafle. En bouche, on évoque un Cabernet de Loire pour ce vin tannique mais pas boisé. Beaucoup moins vert en bouche, il est cependant assez simple et un peu court. Et on n'est pas en Loire : Les Laquets 2008 Cahors de Mathieu Cosse au Domaine Cosse Maisonneuve.

    photo.JPG

    Cinquième bouteille, déjà, à la robe foncée aussi, mais avec de légères traces d'évolution. Le nez est superbe, sur du cassis et de la fraîcheur. La bouche est riche sur des tannins bien enrobés, mûre mais pas sudiste, sur une belle fraîcheur. Vignes de l'Hospice 1999 en Saint Joseph d'E. Guigal. Un des plus beaux parcellaires de Saint Joseph, vendu par Bernard Grippa à Guigal. Très belle Syrah.

    On passe au sixième flacon de la soirée, à la robe magnifique et évoluée, et au nez superbe, racé, et marqué par l'évolution lui aussi. On adore la bouche avec ses notes racées, sa magnifique dimension, sa richesse, sa finesse, sa longueur. On est sur des baies de cassis croquantes, de la tomate, des arômes évolutifs et des notes de café en finale. Puissant, long et épatant : Domaine de Trévallon 1999 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. Un vin qui nous réunit tous : c'est exactement cela que nous attendons d'un bon vin !

    Passer après une telle merveille n'est pas chose aisée. C'est ce qui arriva pourtant à la septième bouteille de la soirée, à la robe foncée et au nez plus jeune sur des amandes grillées. En bouche, c'est très jeune, avec un côté lacté, bien enrobé. Un beau vin classique français, avec des ampères derrière, dense mais crémeux, qui balance bien. Ce n'est pas un Châteauneuf, comme on le pensait, mais un Barbera d'Alba Scarrone 2007  Vietti. Bien mieux que le 2006 dégusté au Clos il y a quelques mois.

    Robe rubis claire évoluée pour le huitième flacon, un vin gentil et anecdotique : Clos Vougeot 2001 d'Amiot Servelle. La dernière bouteille en cave d'un ex-adorateur de ce vigneron.

    On termina cette soirée avec un fort beau magnum : très riche, libre, pur, avec de la finesse et de la précision. Cela ressemble à un vin nature en bouche et tout le monde adore. C'est un appel au plateau de fromages. Magnifique ce OCCULTUM LAPIDEM 2011 - DOMAINE DE BILA HAUT en Côtes du Roussillon Villages AOC de M. Chapoutier. Un second vin très sympa de Chapoutier en 2 semaines, qui réussi là bien mieux que dans sa propre région. J'ai voulu en re-goûter un peu ce soir, mais il n'y en n'a plus... Très bon rapport qualité prix et très bonne cote (94-96 Parker).

    Après un repas frugal, un larron assoiffé ne pu s'empêcher d'ouvrir une dixième bouteille, elle aussi magnifique : Domaine de Trévallon 2007 en Vin de Pays des Bouches du Rhône. J'en aurais bien aussi re-goûté ce soir, mais c'était tellement bon qu'il n'y en n'a plus non plus. La suite des aventures du Clos lundi prochain, si tout le monde a survécu...

     

  • Dégustation du lundi (89)

    La dégustation de ce soir "A la découverte de ..." débuta par une verticale du Clos de laquelle je retiens le 2002 qui rappelle un vieux bourgogne et ses vieux arômes, et le 2003 au nez sauvage sur des petits fruits, mais à la finale en bouche trop chaptalisée. 2005, 2006 et 2007, non sulfités, nous donnent des vins "naturels" qui évoquent soit la kriek, soit un bon vin blanc avec une belle vivacité, soit la kriek, encore, riche et onctueuse, mais avec un problème en finale... Rappelons quand même que ces 3 millésimes n'ont pas bénéficié d'étés chauds et ensoleillés. 2008 n'est toujours pas en bouteille, et 2009 n'est pas encore vendangé. Ce sera pour cette semaine.

    Je passerai sur les 2 premières bouteilles de la dégustation de ce soir (Pelter trio 2005 Israël, vanillé, boisé, bordelais mais chaud et sans élégance, et Vaio, Morellno di Scansano 2008, au nez de bonbon, avec de l'alcool, et à la bouche plate et sèche) pour m'attarder sur les 2 suivantes.

    Troisième bouteille, à la robe foncée, mais marquée par l'évolution, et au très beau nez de bordeaux sur des tomates confites. En bouche, une belle fraîcheur et une ouverture complexe, mais sans grande concentration ni puissance. C'est un grand vin sur un petit millésime : Château Beauséjour Duffau Lagarrosse 1987. Encore très agréable à boire.

    Quatrième bouteille, à la magnifique robe ambrée et profonde. Un nez magnifique, puissant et frais, et une bouche exceptionnelle, sur une belle acidité (sans l'épaisseur de Sauternes) ; Bianco Amabile 1988 Vino da Tavola Veronese de Quintarelli Giuseppe, titrant 14 + 3 % vol. Les bouteilles de ce vigneron atypique nous ont, chaque fois, rendus fous : c'est un magicien ! Hélàs, le prix des flacons nous empêche d'en boire tous les jours...

    Lundi prochain, dégustation anniversaire à 4, avec de beaux flacons, comme il se doit.

     

  • Dégustation du mercredi (7)

    Belle dégustation à 5 ce mercredi, sur le thème "Que se passe-t-il en 2000 ?". Première bouteille : un nez classique sur de la prune, une bouche assez sèche sur un travail d'élevage trop présent, et un peu de vieille cerise pour finir... Trop extrait et trop travaillé : Clos Vougeot 2000, Grand Cru, d'Amiot Servelle. La seconde, à la robe plus foncée que le précédent, présenta une bouche puissante et ronde sur du fruit cuit et de l'alcool. Bon sans être extraordinaire : Hermitage La Chapelle 2000, de Paul Jaboulet Aîné. C'est vrai qu'ils ont eu un petit passage à vide entre 1992 et 2003. Tout s'explique. Troisième bouteille : robe noire, nez noir et bouche noire. Un petit terroir et un grand savoir faire : Château Haut-Condissas 2000 cuvée Prestige en Médoc, de Jean Guyon. Bouteille déjà bue il y a peu, et qui nous avait laissé un tout autre sentiment de plénitude et de volupté. Mais le meilleur bordeaux de ce soir quand même. Quatrième bouteille : robe moins foncée, nez et bouche moins concentrés. Meilleur terroir, mais moins bon savoir-faire : Cos Labory 2000, Grand Cru Classé, en Saint Estèphe. Dommage que ce vin soit toujours vinifié comme dans les années 80, à l'ancienne, sans se remettre en question, alors que tous ses voisins ont évolué. La cinquième bouteille, peu expressive, poussiéreuse, bordelaise elle aussi, s'avéra fort sèche en bouche : Château Phélan Ségur 2000 en Saint Estèphe. La semaine prochaine, enfin, cet anniversaire reporté déjà deux fois...

  • dégustation du lundi (56)

    Intéressante dégustation au Clos, à 5, sur le thème de la Côte de Beaune. On commença par un vin jeune, mûr et classique (= moderne). Un nez de cerises mûres, et une bouche légère, avec une fort belle persistance du fruit, sur une belle finesse : un Beaune 1er Cru 2003 "Clos des Mouches" de Jean Garaudet (aussi bon que Drouhin, mais à moitié prix). Le second vin présenta un nez de cacao et de café fraîchement moulu, vinifié à l'ancienne. La bouche s'avéra huileuse, avec de l'alcool, un peu de verdeur et assez déséquilibrée : un Pommard "Les Vaumuriens" 2004 de J-F Coche-Dury (bouteille 000204). Le troisième, avec sa robe délavée et trouble, son nez acide et sa bouche pas terrible du tout était un Saint Romain 2001 "Sous Roche" du Domaine de Chassarney. Le quatrième, avec son nez de fraises écrasées, d'oeuf pourri, de verdeur et d'alcool ne se présentait pas mieux que le précédent... Une bouche d'éther, de menthol, au goût de désinfectant ! Un Volnay- Chanlin 1er Cru 2002 de Blain Gagnard. Triste et décevant. Vînt alors le 5ème et dernier vin de ce soir : un nez noble et complexe de petits fruits rouges et de tabac blond et une bouche magnifique, veloutée, un pur jus de petits fruits rouges, très mûrs, avec de la complexité. En Busigny "Le sang rouge de la terre" 2005 de Bernard Van Berg, vigneron à Meursault, en Bourgogne Grand Ordinaire. Très belle bouteille (une Baronne), 100% pinot noir, et seulement 600 bouteilles (10 hecto/l'hectare) : une belle découverte ! Lundi prochain, nous serons sur les syrah, grenache, mourvèdre, carrignan et autre cinsault. Bonne semaine !