rose

  • Belle un jour...

    C'est fou, ce rosier sur ma terrasse. Parti d'une bouture prélevée sur un rosier magnifique découvert dans un jardin d'une maison en rénovation à Rhode-Saint-Genèse. Attiré par un parfum puissant et chaleureux, je me suis approché d'un bosquet de rosiers et ai identifié celui qui, parmi beaucoup d'autres, dégageait de telles effluves de parfum. J'ai prélevé un bout de branche, et possède désormais un magnifique spécimen de 3 mètres de haut sur ma terrasse, avec les mêmes effluves enivrantes. Un réel plaisir !

    Les roses se succèdent tout l'été, à une cadence infernale, en embaumant toute la terrasse. Elles ne sont vraiment belles qu'un jour ou deux, juste avant de s'ouvrir complètement, puis de mourir, séchées. Une vieille variété de roses, sans doute. Qui n'a rien à voir avec ces roses qu'on trouve chez les fleuristes, et qui ne sentent rien.

     

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    Cela me fait aussi penser à cette ode composée en 1545 après la rencontre de Ronsard, âgé de 20 ans, avec Cassandre Salviati, fille d'un banquier italien. Il fait partie du premier livre des Odes, 17, et évoque la jeunesse qui passe comme le temps d'une fleur.

    Mignonne, allons voir si la rose

    Qui ce matin avait déclose

    Sa robe de pourpre au soleil,

    A point perdu cette vesprée,

    Les plis de sa robe pourprée,

    Et son teint au vôtre pareil.

    Las ! voyez comme en peu d’espace,

    Mignonne, elle a dessus la place

    Las! las! ses beautés laissé choir !

    Ô vraiment marâtre Nature,

    Puis qu’une telle fleur ne dure

    Que du matin jusques au soir !

    Donc, si vous me croyez, mignonne,

    Tandis que vôtre âge fleuronne

    En sa plus verte nouveauté,

    Cueillez, cueillez votre jeunesse :

    Comme à cette fleur la vieillesse

    Fera ternir votre beauté.