risque cardio-vasculaire

  • Graisses hydrogénées...

    Les acides gras trans sont des lipides naturellement présents dans les produits laitiers, les viandes et graisses de ruminants (vache, bœuf, etc.).

    Ils peuvent également se former au cours de la transformation des huiles végétales par des procédés industriels. Par exemple, lors de l'hydrogénation des huiles végétales ou lors du chauffage des huiles à haute température. Cette hydrogénation permet ainsi aux graisses de passer de l'état liquide à l'état solide. L'origine artificielle des acides gras trans est dominante dans les pays industrialisés où la consommation de produits alimentaires transformés est élevée.

    Utilisés dans l'industrie agro-alimentaire comme stabilisateur et comme conservateur, les acides gras trans rendent les aliments plus fermes et plus stables donc moins propices au rancissement. On les trouve ainsi dans de nombreux produits alimentaires transformés comme les viennoiseries, les produits de panification industrielle, les biscuits, les pizzas, les quiches, les pâtes à tartiner, etc.

    Les principaux aliments contributeurs d' acides gras trans sont les produits d'origine laitière : ils apportent 54 % des acides gras trans totaux chez l'adulte et 45% chez l'enfant. L'ensemble des produits d'origine animale (produits laitiers et viandes de ruminants) en apporte 60%. 

    Les produits de panification industrielle, viennoiseries industrielles et biscuits sont placés en seconde position parmi les aliments contributeurs : ils apportent 18 % des acides gras trans totaux chez l'adulte et près de 30% chez l'enfant. Les teneurs en acides gras trans dans ces produits peuvent varier de manière considérable (de moins de 0,1 g à plus de 6 g pour 100 g de produit consommé).

    Parmi les autres produits contributeurs en acides gras trans, on peut citer les margarines de consommation courante, les barres chocolatées, certains plats cuisinés.

    L'excès de consommation d'acides gras trans provoque une augmentation du «mauvais» cholestérol, tandis qu'il induit une baisse du «bon» cholestérol. Une consommation élevée d'acides gras trans est donc associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire. Certains articles évoquent également une cause de cancer.

    L'étiquetage des acides gras trans n'est pas obligatoire. Néanmoins il est possible d'identifier leur présence par le terme "huiles (ou graisses) partiellement hydrogénées".

    Les apports moyens des acides gras trans sont : pour les hommes de 3,2 g/j, pour le pour les femmes de 2,8 g/j, ce qui représente 1,3 % de l'apport énergétique total (AET) quotidien. 

    Il a été constaté que 5 % de la population française adulte présente une consommation en acides gras trans totaux de 2 % de l'AET. Pour ces forts consommateurs de matières grasses, les apports pour les hommes sont proches de 6 g/j, pour les femmes de 5 g/j.

    Les plus grands consommateurs (garçons de la tranche d'âge 12-14 ans) de matières grasses en France absorbent près de 8 g/jour d'acide gras trans, et dépassent le seuil de 2% des AET. Cela représente presque autant que la moyenne des habitants de l'Amérique du Nord. 

    La limite en acides gras trans devrait être fixée à 1 g/100 g de produit sous sa forme consommée, soit 9 Kcal/100 g de produit, équivalant à 0,4 % de l'AET.

    Par souci de cohérence avec la baisse de consommation des viennoiseries, pâtisseries, produits de panification, barres chocolatées et biscuits, il faut encourager les industriels de la margarinerie et des matières grasses destinées au secteur de l'agro-alimentaire à diminuer les teneurs en acides gras trans de leurs produits.

    L'obligation d'étiquetage des acides gras trans serait de nature à inciter les industriels à améliorer la composition de leurs produits puisque la recommandation d'étiquetage ne s'applique qu'en cas de dépassement de seuils correspondant aux normes de l'offre alimentaire actuelle, à condition que la diminution des teneurs en acides gras trans dans ces graisses cachées ne soit pas accompagnée d'une augmentation des teneurs en acides gras saturés.

    En résumé, ne consommons plus aucun produit dont la composition indique (en tout petit et dans le repli de l'emballage, entre le grec et le japonais) " Matières grasses hydrogénées" ou "partiellement hydrogénées".