relations

  • L'autodestruction de l'homme...

    Rien ne semble arrêter la prolifération d'outils et le développement d'applications censées nous faciliter la gestion des flux informationnels se déversant dans nos boîtes de messagerie ou dans nos agrégateurs les plus divers. Parfois, les outils ont pour unique fonction de simplifier les diverses tâches que nous menons au quotidien, notamment sur les réseaux numériques. JM Besnier s’inquiète de  " l’'aberration consistant à déléguer sans limites aux machines le soin de régler nos relations et nos rapports avec le monde ".

    Dans son dernier livre "L’HOMME SIMPLIFIÉ", Jean-Michel Besnier, philosophe, chercheur et spécialiste des nouvelles technologies tente de démontrer combien l’obéissance quotidienne à un système binaire conduit inéluctablement à l’avènement d’un monstre hybride entre l’homme et la machine prôné par les tenants du transhumanisme (voir son précédent livre " Demain les posthumains ").

    " Appuyez sur la touche étoile ", répète le serveur vocal qui contraint son interlocuteur à faire la bête pour être servi. Si les machines prétendent nous simplifier la vie, elles réduisent aussi nos comportements à la logique de leur fonctionnement dépourvu d’ambiguïté, d’ironie ou d’émotions. Parce qu’elle est insidieuse, la déshumanisation est redoutable. 

    Si toute cette rutilante technologie, si lisse et si simple n'avait pour simple finalité que de nous asservir ? Si ces smartphones, tablettes, Netbooks et ordinateurs n'étaient que des instruments simplifiés à l’extrême pour à leur tour simplifier, standardiser et contraindre nos vies à de simples stimuli répétitifs ? Sommes nous inconsciemment entrain de devenir de simples doigts manipulateurs, attendant notre béquée numérique quotidienne ? Notre cerveau lavé et lessivé par les messages doucereux n'aurait plus comme seule fonction que d'en appeler à l'aide des substituts robotisés pour survivre ?

    Jean-Michel Besnier dissèque ici sans ménagement « l’homme simplifié » que nous consentons à devenir, au gré des conceptions scientifiques et des innovations techniques. Étonnante, cette servitude volontaire appelle une révolte d’un nouveau style, que seule attiserait encore la littérature : celle de l’homme revendiquant sa complexité et son intériorité comme le signe de sa liberté.