reduction

  • Dégustation du lundi 287

    Un des pires Clos, à 4, avec, pour moi, 4 bouteilles très décevantes. La première avec du volatile (un défaut majeur), la seconde avec un nez de réduction abominable (un autre défaut, juste opposé au premier), la troisième boisée (alors que celle dégustée il y a 2 semaines ne l'était pas du tout, et était plutôt sur des petits fruits croquants) et la quatrième avec beaucoup trop d'alcool, au nez et en bouche.

    A se demander si le vigneron en biodynamie rencontré ce week-end à Bandol n'a pas raison quand il évoque certains vins nature : le vigneron ne peut forcer le consommateur à faire l'effort que lui-même n'a pas fait.

    Il voulait dire par là que quand on produit un vin nature, c'est pour le vendre et qu'on le consomme. A ce titre, il doit faire en sorte que son vin soit transportable, stockable, et n'ait pas de défauts majeurs.

    Trop facile de mettre, pour certains, n'importe quoi en bouteille et de laisser le consommateur se débrouiller avec ce nez de cour de ferme, cette réduction extrême qui demande une interminable aération, ces bulles gazeuses qui l'oblige à dégazer le vin en le secouant violemment, ou à devoir le conserver au frigo jusqu'à l'ouverture car il n'est pas protégé.

    Je partage tout à fait ce point de vue. Et cela va faire jazzer..

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    On fera certainement beaucoup mieux lundi prochain, ce n'est pas fort difficile.

     

  • Dégustation du lundi 197

    dégustation,vins nature,réduction,jus,terroirs,cépagesReprise des dégustations du Clos en cette soirée odorante de pluie tiède sur une végétation bourgeonnante, à 4, avec 4 vins rouges au programme.

    Le premier flacon présente une robe rubis claire et un nez de réduction (acceptable pour certains : c'est vrai qu'il y a pire). On retrouve ce goût de réduction en bouche, mais aussi un beau petit jus acidulé sur des fruits rouges. On évoque un pinot noir-gamay-cabernet. C'est gentil mais pas extra : Lou Jo 2011 Aveyron en IGP de Nicolas Carmarans.

    Le second flacon présente la même robe, mais en plus évolué, et un nez de cerises à l'eau de vie. En bouche, c'est beaucoup plus classique, sur une matière évoluée avec une texture qui a cependant perdu un peu de son fruit. On est sur des noyaux de cerises et un jus de cerises alcoolisé. Je suis en Bourgogne, d'autres en Espagne ou dans le bordelais : Gevrey Chambertin 1er Cru La Combe aux Moines 2006 de Philippe Leclerc. Un vin côté 90/100 qu'on trouve gentil et prématurément vieux.

    La troisième bouteille dévoile une robe écarlate et vive et un nez boisé et vanillé sur des toasts beurrés. En bouche, c'est un peu anodin, transparent, sans relief, mais bon. Il se boit plus facilement que le précédent, mais il lui manque une âme. Et alors que certains évoquaient le sud, on est, à nouveau, en Bourgogne : Vougeot  1er Cru Les Cras 2009 du Domaine de la Vougeraie (les seuls bons vins de Boisset, paraît-il). Un vin côté 92/100, en biodynamie, mais qui bénéficie aussi d'un bien meilleur millésime que le précédent.

    On achève la soirée sur un vin à la robe noire et au très beau nez concentré et riche sur du cassis. La bouche est magnifique, sur le fruit, la concentration et la fraîcheur, amenée par un petit côté mentholé bienvenu. Mes comparses évoquent un Clos des Papes 2009, une syrah du Rhône ou une grande cuvée en Languedoc pour ce vin portugais, jamais dégusté au Clos : Pinteivera 2010 Tinto Douro de M. Chapoutier. Un beau vin à 15 euros côté 92-94/100. Pas mal du tout. La suite lundi prochain.

  • Dégustation du lundi 196

     

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    Drôle de vin pour démarrer cette dégustation à l'aveugle du Clos : une robe cognac, un nez agréable sur une belle oxydation, mais une bouche sans ampleur et sans acidité. Ce Chante-Alouette Grande Cuvée en Hermitage de Chapoutier aurait dû être dégusté il y a quelques années. On estime l'âge du flacon non millésimé entre 1976 et 1982. De la Marsanne à 100%.

    On passe aux rouges naturels (une étape désormais habituelle au Clos) avec un vin à la robe foncée et un peu trouble et au nez de granit, de fumée et de compotée de fruits rouges. La bouche est intéressante, avec de la fraîcheur et de la vieillesse en même temps, la chaleur du sol et la fraîcheur du fruit. Le Telquel "un poil dur" en Vin de Table Français de Thierry Puzelat en Touraine (Loire). On est sur du Gamay et du Pinot d'Aunis (en 50/50).

    Second rouge à la robe noire et au nez de chou rouge cuit (alors que d'autres y décèlent des notes de fruits noirs et rouges, de l'onctuosité et de la fraîcheur). La bouche rappelle fort le Gramenon de la semaine passée, avec un côté noyaux en finale qui prend tout et apporte un astringence indéniable et de la sécheresse. Même si d'autres parleront de tannins trop jeunes qui doivent encore se fondre, sur un vin tout en rondeur, puissant et avec une pureté de fruits. Les avis divergent vraiment pour ce Sous Riz 7 Causse marines en Vin de Table de France de Patrice Lescaret, Vigneron à Vieux dans le Tarn. On est à Gaillac.

    Troisième vin rouge à la robe foncée également et au premier nez qui pinote, avant un second nez plus sur les petits fruits. Pour moi, à nouveau un vin nature, avec ce picotement sur les papilles, et toujours ce même goût, ce même jus, sans terroir. Pour d'autres, on est sur des fruits rouges, des amandes, et de la longueur qui rappellent les anciens Gramenon, le vin Nature que tout le monde rejetait il y a 10 ans. "14 Chevaux" 2007 en Côtes du Rhône, mis en bouteille par Maxime François Laurent (le fils à Gramenon). On n'était pas loin. Et pas de terroir dans ce cas puisqu'il s'agit de raisins achetés et vinifiés.

    On quitte les vins Nature avec ce cinquième flacon à la robe foncée au nez de vanille et de boisé fondu. La bouche, très classique, est riche, puissante et solaire, sur du cèdre et de la vanille, une certaine sucrosité et de la sécheresse en finale : c'est la première fois que nous dégustons un Domaine Allary 2010 Haut-Brion en Pessac Léognan. Il s'agit de l'ancien Domaine La Passion Haut-Brion, enchassé dans Haut-Brion et racheté depuis par Haut-Brion. Il n'existe que pour les millésimes 2008 à 2011. Côté 93/100 et à 130 euro en primeur, comparé au Haut-Brion côté 97/100 et à 830 euro hors taxes... Le délire...

    On achève la soirée avec un sixième vin à la robe vraiment noire et au nez intéressant et étranger. La bouche présente une matière impressionnante, de la fraîcheur, une attaque très agréable, une finale enrobée : c'est une petite bombe. Il y a aussi un côté asséchant, mais supporté par la sucrosité et l'acidité présentes. C'est fort, mais élégant et puissant. On évoque Châteauneuf-du-Pape en 2007 ou 2009, le Domaine de Gardiès, un Amarone ou un Chilien, et c'est faux. Marina Cvetic Montepulciano e Martino Rosso 2008  Abruzzo. Un petit domaine de 380 hectares de vignes...

    La suite des aventures du Clos lundi prochain.

  • Les vins bio...

    La Revue des Vins de France de ce mois de février aborde le sujet des vins Bio. La viticulture est l'une des activités les plus polluantes de l'agriculture moderne. A elle seule, la vigne a absorbé depuis 10 ans un tiers des 95.000 tonnes de pesticides épandus chaque année en France, premier utilisateur en Europe de ces produits ! Mais, si les vins bio ont l'avenir pour eux, et s'il convient de s'en féliciter, ils doivent encore progresser dans un certain nombre de domaines. Et, en particulier, dans le domaine du goût. Certains vins bio sont délicieux, et parfois même, supérieurs par leurs arômes aux vins traditionnels. Mais il existe aussi des vins bio qui ne sentent pas bon, d'autres qui sont même définitivement mauvais, imprécis, pas propres. Toutes les odeurs naturellement présentes sur terre ne sont pas nobles, et l'absence de soufre, dans le milieu très réducteur d'une cuve sans oxygène, peut développer des arômes terribles, qu'il ne fait pas bons de retrouver dans son verre... Un dossier de 10 pages à ne pas manquer. Et des vins bio à goûter, pour éviter les pesticides présents dans tous les autres, issus de la viticulture traditionnelle...