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  • Reach, enfin...

    L'Union européenne va enfin se doter ce mercredi d'une législation pour contrôler les produits chimiques, présents dans les produits de consommation courante et soupçonnés d'être responsables de nombreux cancers. Les eurodéputés voteront en seconde lecture le projet de réglementation "Reach". Même si les écologistes jugent les concessions à l'industrie trop importantes, l'issue du vote ne fait guère de doute dans la mesure où les trois principaux groupes politiques (conservateurs, socialistes et libéraux-démocrates) soutiennent ce compromis. Pour le rapporteur du texte, le socialiste italien Guido Sacconi, les eurodéputés vont adopter tout simplement "la législation la plus ambitieuse du monde pour les générations futures". Sur quelque 100.000 substances commercialisées dans l'UE, seules celles mises sur le marché depuis 1981, à peine 3.000, ont été étudiées ! Reach (en anglais : Enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques) va instaurer, sur 11 ans, l'enregistrement de quelque 30.000 substances fabriquées ou importées dans l'UE pour des quantités dépassant une tonne par an. Ce ne sera désormais plus aux autorités publiques de démontrer la nocivité des produits, mais aux industriels de prouver qu'ils sont sûrs. Les tests de sécurité et l'enregistrement des substances dans une agence basée à Helsinki se feront progressivement d'ici 2018 (on a le temps !), en donnant la priorité aux plus gros volumes et aux substances les plus préoccupantes. L'industrie a obtenu de ne pas devoir présenter de rapport de sécurité pour celles produites en quantité inférieure à 1 tonne par an (1 tonne de polonium, c'est pas grave !). L'ultime controverse a porté ces derniers mois sur l'autorisation des substances les plus dangereuses, comme celles qui sont cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (CMR). Certaines pourront finalement continuer à être autorisées si les risques sont "valablement maîtrisés". Mais les industriels devront prévoir un plan de substitution, dès lors qu'une solution de rechange existe, ou à défaut présenter un plan de recherche et développement pour en trouver une (mais comme il n'y a que le pognon qui compte, n'y comptez pas trop...). Pour le Fonds mondial de la nature (WWF), qui réclamait une substitution obligatoire, c'est une "occasion ratée" pour l'Europe, alors que l'industrie européenne a jugé "bureaucratique" le principe de substitution. L'un des textes les plus complexes de l'histoire de l'UE, Reach a fait l'objet d'un lobbying impressionnant jusqu'aux gouvernements des pays tiers, américain ou sud-africain. Face à la puissance de l'industrie chimique européenne, forte de 440 milliards d'euros de chiffre d'affaires et qui abrite le numéro un mondial, l'allemand BASF, les ONG ont répliqué par des campagnes spectaculaires avec des prises de sang sur des députés européens, démontrant la persistance de substances toxiques dans l'organisme des années après leur interdiction. Il était grand temps de réagir (si pas trop tard)! Et comme il leur faudra 11 ans pour analyser seulement 1/3 des substances toxiques qui nous polluent chaque jour, on n'est pas prêts d'arrêter de déguster...

  • Pourvoyeur de produits toxiques...

    L'accord trouvé par le Conseil Européen abandonne le principe d'une substitution obligatoire des substances « extrêmement préoccupantes » (perturbateurs endocriniens, substances cancérigènes, mutagènes, toxiques…) lorsque des alternatives existent. Désormais, les industriels devront effectuer une analyse des alternatives possibles, mais ne seront pas obligés de procéder à la substitution s'ils peuvent prouver que les risques sont « valablement maîtrisés ». Par ailleurs, le Conseil a voté une simplification des tests à fournir pour les substances produites à moins de 100 tonnes. Une deuxième lecture doit maintenant avoir lieu au Parlement à la mi-décembre. Ensuite, il faudra attendre 2008 pour que cette réglementation commence à être appliquée. Pour les ONG actives dans le secteur de l'environnement, le texte adopté par l'Europe ne représente qu'une version édulcorée du projet initial. « Les Etats membres de l'Europe ont refusé le principe fondamental de substitution, c'est à dire l'obligation de remplacer les produits chimiques dangereux par des alternatives plus saines à chaque fois que cela est possible », dénonce ainsi WWF dans un communiqué. Autres points critiqués : la réduction des informations à fournir pour les substances produites en faible quantité, le manque de transparence envers le public et l'absence d'article mentionnant clairement la responsabilité légale des industriels. Du côté des industriels, on affirme que le système REACH est trop coûteux et qu'il est impraticable. Selon l'UIC, l'Union des industries chimiques, « REACH aura des conséquences graves sur la compétitivité de l'industrie chimique européenne et par voie de conséquence sur toute l'industrie européenne. » REACH prévoit en effet d'analyser des dizaines de milliers de substances mais semble avoir laissé aux industriels le choix des méthodes d'évaluation. Seule restriction : que ces méthodes aient été validées par l'Union Européenne. Pour l'heure, les validations portent essentiellement sur des tests sur animaux. Or, ces tests coûtent cher (entre 40 à 70 000 euros par substance), demandent une grande quantité d'animaux (environ 4 millions seraient nécessaires pour tester toutes les substances concernées), et ne sont pas toujours transposables à l'homme. Par ailleurs, en fonction du modèle animal choisi, les résultats peuvent être très différents ! « Si Reach veut atteindre son objectif de sécurité sanitaire, il est essentiel que les tests retenus pour évaluer les substances soient fiables, faute de quoi ce ne sera qu'un coup d'épée dans l'eau », estime Claude Reiss, président d'Antidote Europe, une association créée par des chercheurs issus du CNRS qui fait la promotion des méthodes d'évaluation toxicologique basées non pas sur l'expérimentation animale mais sur cellules humaines. Trop allégé pour les uns, inapplicable pour les autres, le projet Reach ne satisfait finalement personne. Mais il représente tout de même un premier pas important vers le principe de précaution qui, pour une fois, s'attaque directement au secteur d'activité le plus pourvoyeur de produits toxiques. Et applaudissons le travail des lobbies des industries et multinationales chimiques qui sont parvenus à faire plier la commission européenne et à rendre cette mesure caduque : ils pourront continuer à faire n'importe quoi ! Je vous l'ai déjà dit à plusieurs reprises : les maîtres du monde, ce sont eux ! Les politiciens, eux, ne sont plus que des marionnettes, qui se font corrompre, et qui, pour quelques avantages personnels, vendraient leur âme... Cela me dégoûte !

  • On avale quoi...?

    Les pesticides organochlorés sont utilisés en agriculture, les PCB dans l’équipement électrique, les retardateurs de flamme bromés dans les plastiques, les textiles et les équipements électroniques, les substances chimiques perfluorées dans la fabrication de surfaces anti-adhésives et emballages de restauration rapide, les phtalates pour assouplir le plastique, les organoétains dans les revêtements anti-fouling, les alkyphénols dans les détergents et enfin les muscs artificiels comme parfums de synthèse dans les produits d’entretien et les cosmétiques. Se nourrir, se loger, se soigner, s’habiller : nos préoccupations quotidiennes essentielles ! Pourtant, nos besoins les plus élémentaires et nos actes les plus anodins se révèlent parfois dangereux pour notre santé et celle de la nature. En effet, les produits fabriqués pour satisfaire ces besoins sont à l’origine d’une pollution qui ne se dégradera pas ou peu, et sont souvent toxique. Or, la pollution affecte le vivant, et, au même titre que nombre d’animaux, nous accumulons et transmettons les polluants que nous recevons de notre environnement et notre chaîne alimentaire. L’homme est donc contaminé par ses propres pollutions. En travaillant à la santé de la biodiversité, nous travaillons aussi à la nôtre. Reconnaître les additifs nocifs contenus dans nos gels douche, parfums et autres produits de beauté ; éviter d’ingurgiter trop de pesticides avec les céréales, fruits et légumes; boycotter certains produits en connaissance de cause est essentiel pour préserver notre santé comme la planète ! Terriens, il est temps d'agir...

  • Les pesticides, et 40.000 molécules inconnues...

    L’une des sources les plus importantes de pollution chimique sont les pesticides. En 1945, on en utilisait 60 000 tonnes par an, en 1995, 2,5 millions. Ils ont permis le développement massif de l’agriculture extensive et sont aujourd’hui présents dans 40% des fruits et légumes frais consommés dans l’Union Européenne mais aussi dans l’air et dans l’eau. La difficulté est double. D’une part, en l’état actuel des recherches, on ignore les effets à moyen et long terme de près de 40 000 molécules mises en circulation et, d’autre part, il s’agit souvent de POP (Polluants Organiques Persistants). En Europe, les débats autour du programme REACH témoigne à la fois de l'importance de l'enjeu et de la difficulté de trouver un consensus entre les parties prenantes.Rappelons que REACH instaure de nouvelles procédures d'autorisation pour quelques 30 000 substances contenues dans les produits de consommation courante : cosmétiques, produits d'entretien, peintures, etc... L' innovation majeure du projet consiste à obliger les entreprises à évaluer les risques engendrés par l'utilisation de ces produits, rôle jusqu'ici assumé par les autorités publiques. Ce programme Reach devrait être imposé par la Commission européenne en 2006 aux industries chimiques. Pas trop tôt !