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  • L'évaluation des risques des pesticides et des OGM a échoué...

    Pesticide, OGM, les tests préalables à la mise sur le marché sont gravement insuffisants, dénonce un spécialiste en phytopharmacie de l'université de Gembloux.

    Pesticides : une évaluation défaillante

    AFP

    L'évaluation actuelle des pesticides est dangereusement déficiente. Les modèles de tests sont obsolètes et leurs paramètres sont faux. C'est le discours iconoclaste que tiendra le responsable du laboratoire de phytopharmacie de l'université de Gembloux Agro-Biotech (Ulg) lors de la rentrée académique, ce mardi. Pour Bruno Schiffers, les tests sur des rats effectués préalablement à la mise sur le marché sont trop courts. Ils ne portent que sur 90 jours, alors que les effets chroniques de certains produits phytopharmaceutiques (cancers, Parkinson, altération des fonctions cognitives…) apparaissent après des années. C'est ce qu'ont montré plusieurs études effectuées auprès d'agriculteurs.

    Des conditions de test irréalistes

    Les tests n'étudient que les effets d'une ingestion, alors que c'est l'exposition de la peau, voire l'inhalation, qui sont les plus fréquentes, et pas toujours moins dangereuses. Troisième critique : les évaluations portent sur les substances actives, pas sur les produits avec leurs additifs habituels ou sur des combinaisons de produits. On teste donc des conditions qui ne correspondent pas à la réalité de l'utilisation.

    « Quand on n'est pas capable d'évaluer correctement les risques d'une technologie, il faut prendre en compte l'hypothèse la plus pessimiste, insiste Schiffers. Pour les agriculteurs et la population en général, il est indispensable de prévoir un système d'évaluation a posteriori des produits ». Le même raisonnement vaut pour les OGM, affirme l'expert.

    Des qualités usurpées

    Pour Schiffers, les vertus que l'on accorde aux pesticides sont usurpées. Il est nécessaire de diminuer leur utilisation et, à terme, s'en passer. La recherche actuelle explore des voies alternatives, affirme-t-il. Et les agriculteurs eux-mêmes sont capables de trouver des solutions, comme dans le cas de l'agriculture biologique. (Article de Michel De Muelenaere, dans  Le Soir de ce samedi).