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  • Démanteler une centrale nucléaire...

    "Démanteler une centrale nucléaire est un processus très long, très complexe et très couteux. Il faut rappeler ici que l'Allemagne dispose déjà de premières expériences en matière de démantèlement. Après la chute du mur, le démontage et la décontamination des deux centrales situées en ex-RDA (Greifswald et Rheinsberg), construites selon les normes de construction en vigueur en ex-Union soviétique, fut décidé, officiellement pour des raisons de sécurité. Vingt ans après, le démontage de la centrale de Greifswald n'est pas encore terminé et les coûts s'élèvent aujourd’hui à 5,2 milliards d'euros. Précision : la somme de 500 millions d'euros est généralement avancée par les opérateurs des centrales comme étant le budget moyen de démantèlement. Et ce sont les contribuables allemands qui doivent en assumer le coût, au motif que ces deux centrales n'ont pas été opérées par l'une des quatre oligopoles...A cet exemple s’ajoute le démontage de centrales entamé depuis la première sortie du nucléaire décidée par l'Allemagne en 2000 (deux centrales sont actuellement concernées, Stade et Obrigheim) et là encore, le processus s'avère plus long et plus couteux que prévu.

    Pour les opposants au nucléaire, ce scénario apparaît comme inhérent à l'industrie de l'atome. Ils citent "l'exemple" japonais pour appuyer leurs propos. Au Japon, l'opérateur de la centrale de Fukushima Tepco estimait peu après la catastrophe à un billion de yens le montant total des coûts liés à la reconstruction, à la décontamination et au dédommagement des habitants de la région. Or, les coûts atteignent d’ores et déjà 1,7 billions de yens et le gouvernement japonais estime désormais le coût total des opérations à 4,5 billions de yens.

    Compte-tenu de la longueur et du coût du démantèlement, l'opposition anti-nucléaire, qu'elle soit militante ou politique, cherche donc avant tout à assurer le financement de ces opérations sur le long terme - d'autant que la sortie du nucléaire par l'Allemagne ampute sérieusement les bénéfices des fournisseurs d'énergie, ceux-là même qui alimentent et gèrent le fonds destiné à financer le démantèlement. "Qu'une de ces oligopoles fasse faillite et ce sont les contribuables qui devront payer. La crise financière nous a suffisamment montré que même les entreprises de grande taille ne sont pas immunisées contre les faillites", estime Rainer Baake. De fait, la publication des derniers rapports de bilan par E.On et RWE montre le bien-fondé des propos de l'ancien secrétaire d'Etat : elles viennent d'afficher les premières pertes importantes de leur histoire..." Extrait d'un article de Claira Stam à Francfort sur Novethic.

    Au départ, il y a un service public, qui est la fourniture d'électricité. Puis, une fois les investissements publics réalisés (et payés par vous et moi), on privatise l'entreprise publique, qui va non seulement faire des bénéfices incroyables, mais qui va , en plus, augmenter le prix de l'énergie. D'un autre côté, cette entreprise privée va sciemment sous-estimer le coût de démantèlement des centrales en fin de vie et créer un fond tout à fait insuffisant. Et quand le moment sera venu, ce sont les pouvoirs publics qui devront faire face à ces dépenses "imprévues", c'est-à-dire encore vous et moi ! Un scandale de plus...

    Il est aujourd'hui évident que le nucléaire est dangereux, malsain, et hors de prix si on prend tous les éléments en compte : construction de la centrale, maintenance, traitement des déchets radioactifs, et, en fin de vie, démantèlement de la centrale, et stockage, pour des centaines d'années, des éléments radioactifs. Sans parler des effets déplorables sur la santé des habitants vivant dans l'environnement immédiat des centrales, ni de catastrophes mondiales telles que Tchernobyl et Fukushima, qui ont contaminé la planète entière et continuent de le faire, sans que les médias ni le politique ne s'en émeuvent. La puissance du cartel nucléaire est telle, et leurs appuis politiques si sûrs, qu'il continue comme si rien ne s'était produit...

    Pourtant, il suffirait que quelques états renoncent au nucléaire suite aux drames planétaires en cours, et à l'impossibilité technique de démanteler les vieilles centrales, pour que ce beau cartel s'écroule. J'attends ce moment avec impatience... Terriens, il est temps d'agir...