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  • Où en sommes-nous avec le TTIP et le CETA, ces traités commerciaux tant contestés ?

    L’UE négocie actuellement avec les États-Unis et le Canada deux grands accords commerciaux : le TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) et le CETA (Accord économique et commercial global). Ces deux accords sont fortement contestés par Slow Food et la société civile dans son ensemble, car ils accordent des droits spéciaux aux corporations tout en menaçant la démocratie, l’environnement et les normes sociales. Où en sont donc les négociations ?

    La signature du CETA a eu lieu en 2014 et la Commission européenne a confirmé début juillet que les 28 parlements nationaux de l’union devraient se prononcer sur le traité avant son adoption définitive. Pendant ce temps, le 14e cycle de négociations entre les États-Unis et l’UE s’est tenu en juillet. Toutefois, les négociateurs du TTIP semblent bloqués sur les problèmes-clés de l’agriculture, des services et des marchés publics, ainsi que sur les appellations géographiques liées aux produits alimentaires.

    À travers toute l’Europe et les États-Unis, la société civile se bat contre ces deux accords. Les gouvernements nationaux ont, pour certains, répondu. La France s’est par exemple montrée très critique envers le TTIP, mais il ne faut cependant pas se laisser berner, met en garde José Bové, célèbre député européen, agriculteur et membre du mouvement altermondialiste.

    « Le gouvernement français se focalise sur le TTIP et claironne partout qu’il ne veut pas de cet accord. Il s’agit d’une campagne orchestrée pour éviter que les gens ne se focalisent sur l’Accord de Libre Échange avec le Canada. Les négociations sur le CETA ont abouti à la fin de l’année dernière. Il pourrait être ratifié et mis en œuvre avant la fin de cette année. L’urgence est là. Le tuyau du TTIP est bouché alors le CETA devient le cheval de Troie des entreprises globales pour imposer les tribunaux arbitraux, le nivellement par le bas des normes environnementales et sociales. Et une fois de plus, le secteur qui sera le plus négativement impacté est l’agriculture.

    L’Union européenne n’a obtenu la reconnaissance que d’une appellation d’origine protégée sur dix. Lorsque 10 % des objectifs sont atteints, on ne peut parler que d’échec total ou de déroute en rase campagne. Cet accord va ruiner des dizaines de milliers de familles paysannes. De plus, il est illégal, car il entraine une discrimination entre les AOP. Pourquoi celle-ci a-t-elle été choisie et pas celle-là ? Parce qu’un ministre a fait pression ? Parce qu’une multinationale a des intérêts économiques ? Nous vivons en démocratie. Il y a des règles, il y a du droit et ces choix ne peuvent relever du fait du prince. Nos concitoyens doivent se mobiliser contre le CETA comme ils ont su le faire contre le TTIP. »

    Slow Food s’est associé à de nombreuses initiatives au niveau national et européen pour dire STOP au TTIP et au CETA, entre une manifestation à Rome en mai dernier rassemblant plus de 30 000 citoyens et des courriers envoyés aux gouvernements nationaux et aux institutions européennes enjoignant à privilégier l’humain au profit. D’autres actions sont prévues, notamment deux débats lors de Terra Madre ; « Ce sont des géants, mais nous sommes une multitude » avec José Bové et « TTIP : que présage-t-il et qu’implique-t-il pour l’UE et les États-Unis ? » Un grand rassemblement aura également lieu à Bruxelles en octobre, où Slow Food présentera la richesse de la biodiversité alimentaire, des cultures et des communautés locales que nous souhaitons protéger et promouvoir. Celles-ci ne peuvent perdurer qu’au sein d’économies alimentaires locales, pas d’un TTIP ou d’un CETA. (Source Slow Food).