prix de vente

  • Marges bénéficiaires des grandes surfaces...

    Oeuvrant à la défense des consommateurs, l’association UFC – Que Choisir a mené de fin septembre à mi-octobre 2009 une enquête au sein de 1250 magasins de grande distribution implantés en France. Rendues publiques en décembre de la même année, les conclusions révélèrent alors les manœuvres abusives de certains industriels et distributeurs, lesquels n’hésitaient pas à s’octroyer des marges prohibitives au regard des prix agricoles pratiqués.

    Ainsi, la barquette d’escalopes de poulet vendue sous la marque Le Gaulois affichait un prix moyen en rayon de 11,99 € alors que le prix agricole moyen de ce produit au kilo était de 2,11 €. 

    Entre avril 2000 et avril 2010, le prix du lait demi écrémé a augmenté de 16 % alors que le prix de la matière première a baissé de 5 % ; le prix de la volaille a progressé de 38 % alors que le prix de la matière première a chuté de 19 % ; le prix du rôti de porc a augmenté de 23 % contre une baisse de 5 % du prix de la matière première. Enfin, le prix du bœuf a augmenté de 34 % alors que le prix de la matière première a enregistré une baisse de 4 %. 

    Conclusion : les grandes surfaces et les industriels de l'agro-alimentaire négocient au plus bas les prix des matières premières auprès des agriculteurs et des éleveurs (ce qui implique une baisse de la qualité) et s'octroient une marge bénéficiaire honteuse, rendant le produit fort cher pour le consommateur.

    La solution est donc de court-circuiter ces intermédiaires gourmands et malhonnêtes, en s'approvisionnant directement à la source (chez les fermiers et les maraîchers) et en leur payant un prix honnête, qui leur permette de vivre de leur activité.

    Avant de se consacrer au commerce équitable dans les pays du Tiers-Monde (ce qui est une très bonne chose), on devrait peut-être régler le problème d'abord chez nous !

  • Magouilles lactées...

    Suite aux nombreuses manifestations des producteurs de lait qui ont secoué notre pays, un accord a été conclu entre les représentants de la distribution (FEDIS) et certains représentants des producteurs de lait (Boerendond et ABS) début juillet 2009.

    Les membres de la Fedis se sont engagés à verser 14 centimes dans un fonds de solidarité pour chaque litre de lait de consommation qu’ils achètent. Les montants ainsi récoltés doivent être distribués parmi les éleveurs belges de vaches laitières en fonction de la quantité de lait qu’ils produisent.

    En pratique, les déclarations des intéressés reprises largement dans la presse conduisent à  ce que le secteur de la distribution rembourse aux éleveurs de vaches laitières 2 centimes par litre de lait fourni à partir du 1er juillet 2009, et ce pendant 6 mois.

    Or, le CRIOC constate que tous les prix du lait (de consommation) ont augmenté! Aussi bien les laits produits en Belgique qu’en Allemagne (sic.)

    Il ressort clairement des relevés de prix effectués par le CRIOC auprès de différents points de vente situés sur l’ensemble du territoire qu’aucune grande enseigne n’a joué le jeu de la solidarité et qu’au contraire, toutes ont répercuté intégralement l’augmentation sur le consommateur.

    Le CRIOC a ainsi constaté que pour 1 litre de lait demi-écrémé qui coûtait 0,43 € en juin, il en coûte dorénavant 0,57€ soit une augmentation de….14 centimes !! (soit une augmentation de 16 à 36% du prix du lait vendu en grande surface) et que quasi tous les produits sont vendus au même prix (par catégorie). 

    Etonnant aussi de constater qu'à ce rythme, ce serait le lait bu par les consommateurs (belges) qui financerait indirectement la transformation des produits à base de lait (crèmes glacées, yaourts, fromages, ...) et les exportations de poudre de lait à l'étranger.

    Pour le CRIOC, il est inacceptable que la distribution protège ses marges au détriment des consommateurs tout en rendant les agriculteurs responsables de cette augmentation.

    Le CRIOC s’interroge sur le sens et la légalité d’un tel accord qui, de toute évidence, ne paraît pas rencontrer les difficultés du monde agricole.

    Les constats qui ont été faits par le CRIOC permettent d’affirmer que les prix de vente du litre de lait aux consommateurs sont aujourd’hui uniformes sur le marché belge.

    De tels constats permettent de supposer qu’il y va manifestement d’une entente contraire au droit de la concurrence et contraire à l’article 81 du Traité CE.

    Afin de pouvoir veiller à ce que les intérêts des consommateurs soient notamment pris en compte dans ce débat, le CRIOC saisi la Commission européenne d’une plainte.