pressions

  • L'amérique change... enfin !

    Selon "Sciences et avenir", l’administration du président George Bush a manipulé l’information scientifique sur le réchauffement climatique et a contribué à désinformer le public sur cette question cruciale, selon une enquête menée par une commission du Congrès américain. Depuis son arrivée à la Maison Blanche en 2001, le président George Bush a toujours combattu le protocole de Kyoto, refusant d’admettre que le réchauffement climatique était lié à l’activité humaine et rejetant le principe de limites contraignantes pour réduire les émissions de dioxyde de carbone. Dans le même temps, son administration faisait tout pour que les messages envoyés aux élus et à la nation soient en accord avec cette position présidentielle, dénonce aujourd’hui une commission d’enquête de la Chambre des Représentants. Le public a été désinformé, a expliqué hier Henry Waxamn, représentant démocrate de Californie, qui préside la commission d’enquête. D’anciens membres de l’administration et beaucoup de chercheurs ont été entendus par les élus du Congrès. Rick Plitz, employé par l’administration pour résumer les travaux des chercheurs du public à l’intention du Congrès, a démissionné en 2005 lorsqu’il s’est aperçu que les conclusions des scientifiques étaient trafiquées par un officiel de la Maison Blanche, Phil Cooney, désormais employé par ExxonMobil, afin de diluer les résultats sur les effets du réchauffement climatique et de gommer les références au rôle de l’activité humaine dans le phénomène. Des chercheurs comme Drew Shindell, de la NASA, a expliqué que ses travaux sur l’Antarctique, montrant un risque de réchauffement rapide, avaient été mis sous le boisseau par l’administration. Selon une enquête menée par une association, l’Union of Concerned Scientists (UCS), qui a interrogé plusieurs centaines de scientifiques des agences fédérales, plus de la moitié des chercheurs travaillant sur le climat a subi des pressions ces dernières années. Au début de l’année 2006 le spécialiste du climat James Hansen, du Goddard Institute for Space Studies de la NASA, avait le premier rompu le silence en affirmant être victime de censure de la part de sa direction. Le président américain est désormais obligé de reconnaître que le réchauffement climatique est un enjeu majeur mais il refuse toujours le principe contraignant du protocole de Kyoto. Cependant, le Congrès étant désormais à majorité démocrate, la politique américaine devrait rapidement changer. Plusieurs projets de loi prévoyant un système de quotas et d’échange comparable à ce qui existe en Europe ont été déposés, y compris par des élus Républicains. Le dernier rapport du GIEC, qui sera rendu public vendredi à Paris, devrait encore enfoncer le clou. Et soyez sûrs qu'il l'a également fait pour des centaines d'autres choses, qui vont des attentats du 11 novembre, à Ben Laden, à la guerre en Irak, à l'innocivité des OGM, et Dieu sait encore quoi... Un scandale de plus ; il faudra bien qu'il soit jugé un jour, pour tout cela...