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  • Libre-échange : le CETA ne vous veut pas du bien.

    Libre-échange : le CETA ne vous veut pas du bien.


    A l'occasion de la venue en France du premier ministre canadien, Justin Trudeau, la directrice de l'ONG Foodwatch France, Karine Jacquemart, souligne les failles de cet accord commercial entre l'Europe et le Canada.


    Justin Trudeau arrive en France dimanche 15 avril pour trois jours. Il y a fort à parier que les photographes se régaleront en immortalisant la rencontre du premier ministre canadien et d'Emmanuel Macron, ces deux quadragénaires qui incarnent une nouvelle génération de leadeurs politiques. " Nouvelle génération ", c'est aussi le terme accolé à l'accord de libre-échange CETA qui lie l'Europe et le Canada. Le CETA est le premier d'une série d'accords qui ne se contentent plus de réduire les barrières tarifaires (les droits de douane), mais visent à supprimer tous les " obstacles au commerce ", ce qui inclut les différences de réglementation qui nous protègent sur le plan sanitaire, social et environnemental.


    Les sourires confiants et les poignées de main des deux hommes qui ne manqueront pas pendant cette visite ne doivent pas faire oublier les risques du CETA et le fait qu'en matière de commerce, le Canada n'est pas le pays inoffensif de notre imaginaire collectif. Loin de là ! Justin Trudeau déclarait il y a un an au Parlement européen quele CETA est " un accord moderne ", qui va " améliorer la vie des Canadiens et des Européens ". Or, c'est faux.


    Nombre d'analyses – y compris celles produites par la commission d'évaluation de l'impact du CETA, présidée par l'économiste Katheline Schubert et dont les membres sont nommés par M. Macron – montrent que le CETA va ébranler notre démocratie et fait peser des risques considérables sur les droits des consommateurs et des citoyens, sur l'agriculture, l'alimentation et sur la protection de notre environnement.
    Nous ne sommes pas opposés aux accords de commerce. Mais la pilule du CETA est trop grosse à avaler. Les tactiques employées par cet accord d'un nouveau genre montrent bien que les intérêts des puissants acteurs économiques priment sur l'intérêt général.
    Pour mieux " harmoniser les normes ", la première tactique utilisée est la dissuasion : si l'Union européenne – ou un Etat membre – décide demain d'interdire un pesticide ou un nouvel OGM, ou de rendre obligatoire un nouvel étiquetage, elle pourra être attaquée par le Canada s'il considère que cette contrainte est contraire à l'accord. Le CETA donne aussi le droit exclusif aux investisseurs étrangers d'attaquer, devant un tribunal d'arbitrage spécial, l'UE ou les Etats membres qui prendraient des décisions, par exemple de santé publique, perçues comme une entrave au commerce.


    La deuxième tactique consiste à contourner l'opinion publique et le processus démocratique. Les accords comme le CETA sont dits" vivants " : ils instaurent des mécanismes qui façonneront les réglementations publiques après la signature de l'accord. Forum de coopération réglementaire, comité mixte, comités spécialisés, tous ces nouveaux dispositifs vont interférer dans les décisions législatives et réglementaires, sans contrôle démocratique adéquat de nos élus. Le Canada n'a pas tardé à actionner un de ces outils pour remettre en question le projet d'interdire le glyphosate en France, herbicide le plus vendu au monde, en mettant ce point à l'agenda de la première réunion du comité CETA consacrée aux mesures sanitaires et phytosanitaires en mars, comme l'a révélé un document qui a fuité.
    Principe de précaution. Au nom de quoi protégerait-on la santé des citoyens européens des risques de substances comme le glyphosate ? La réponse est évidente : au nom du principe de précaution, ancré dans les traités européens et la Constitution française. C'est grâce à lui que l'Europe a, par exemple, interdit les importations de bœuf aux hormones. Mais le Canada ne reconnaît pas ce principe et exige des preuves scientifiques pour interdire la commercialisation d'un produit. Le principe de précaution dérange. A tel point que, dans les années 1990, le Canada (avec les Etats-Unis et d'autres pays) avait attaqué l'UE devant l'Organe de règlement des différends (ORD), tribunal de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).


    En 1998, l'OMC avait condamné l'UE, contrainte d'accepter un compromis et d'augmenter le quota d'importation de bœuf sans hormones. Le scénario s'est répété en 2003 lorsque le Canada a dénoncé devant l'OMC la réglementation européenne sur les OGM, jugée trop restrictive. Là encore, l'OMC n'a pas défendu le principe de précaution européen et l'Union européenne a dû s'engager à rediscuter avec le Canada de la question des OGM. C'est cette promesse qui se matérialise aujourd'hui dans l'article 25.2 du CETA intitulé " Dialogue sur les questions de l'accès au marché de la biotechnologie ".
    A-t-on tiré les leçons du passé en inscrivant noir sur blanc dans le CETA, dans le traité européen avec le Marché commun du Sud (Mercosur) et les autres accords en cours de négociation que les décisions protectrices de l'UE ou de ses Etats membres sur la base du principe de précaution ne pourraient pas être attaquées par nos partenaires commerciaux ou leurs investisseurs ? Non !


    Dans le CETA comme dans la série d'autres accords en négociation avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay…), le Japon, le Vietnam, l'Indonésie, etc., le principe de précaution est à peine mentionné, la plupart du temps dans un chapitre " développement durable " non contraignant. En somme, quand les grands producteurs d'OGM ne peuvent entrer en Europe par la porte, le CETA et autres accords de libre-échange leur permettront de passer par la fenêtre… La même fenêtre reste ouverte à de nombreux produits qui ne sont pas, ou plus, homologués par l'UE mais sont toujours sur les marchés de ses partenaires. Le rapport Schubert sur l'impact du CETA s'inquiète par exemple des grandes différences de conditions d'élevage entre l'UE et le Canada.


    Emmanuel Macron s'était engagé à tenir compte des conclusions de la commission Schubert. Force est de constater aujourd'hui le fossé entre ses déclarations et les faits. Malgré les débats sur le CETA, cet accord est mis en œuvre de façon " provisoire " avant même son adoption finale ; l'UE continue comme si de rien n'était à négocier d'autres accords tout aussi dangereux. Ces accords sont le contraire de " l'Europe qui protège " promise par le président français. Dans un contexte de repli sur soi et de défiance vis-à-vis de l'Europe, il est dangereux de rester sourds à celles et ceux qui réclament des accords de libre-échange plus justes, plus de transparence et plus de démocratie. Emmanuel Macron et Justin Trudeau doivent de toute urgence remettre le CETA au menu de leurs discussions pour que les droits des citoyens et la protection de notre planète soient enfin au centre des politiques commerciales.


    Karine Jacquemart
    © Le Monde

  • Perturbateurs endocriniens : la France capitule...

     

     

    Paris s’est finalement incliné devant Berlin. La Commission européenne a fini par obtenir, mardi 4 juillet en comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, un vote favorable des Etats membres à son projet controversé de définition réglementaire des perturbateurs endocriniens (PE), ces substances chimiques, omniprésentes dans l’environnement et les objets de consommation courante.

     
    La majorité qualifiée requise a été obtenue grâce au revirement de la France. Celle-ci s’opposait pourtant depuis plus d’un an, aux côtés du Danemark et de la Suède, à un texte jugé trop peu protecteur de la santé publique et de l’environnement par les sociétés savantes et les organisations non gouvernementales. Berlin, favorable à une réglementation moins contraignante pour l’industrie, a eu gain de cause.
     
    Dans un communiqué de presse conjoint, les ministres français de l’environnement, de la santé et de l’agriculture, se félicitent d’avoir obtenu des « garanties supplémentaires » de la Commission européenne. L’une d’elles : le « lancement d’une stratégie européenne », un texte officiel qui énonce une politique générale sur un thème donné. Or, une stratégie communautaire sur les perturbateurs endocriniens, développée par le précédent commissaire à l’environnement, Janez Potocnik, existe bel et bien, mais elle a été enterrée en 2014 par la Commission Juncker.

    Niveau de preuves «  jamais exigé »

    Les critères adoptés mardi permettront d’appliquer le règlement européen de 2009 sur les pesticides, mais devraient à l’avenir servir de base à la régulation d’autres secteurs industriels (cosmétiques, agroalimentaire, jouets…). Fait notable : en dépit de l’extrême attention politique et médiatique, la Commission a mis en ligne la mauvaise version du texte pendant près de deux heures.
    « Après des mois de discussion, nous avançons vers le premier système réglementaire au monde pourvu de critères légalement contraignant, définissant ce qu’est un perturbateur endocrinien, s’est félicité Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la santé. C’est un grand succès. Une fois mis en œuvre, ce texte assurera que toute substance utilisée dans les pesticides et identifiée comme perturbateur endocrinien pour les humains ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché. »
     
    Ce n’est pas l’avis du Danemark, qui a voté contre la proposition. « Le niveau de preuves requis pour identifier les substances chimiques comme perturbateurs endocriniens est bien trop élevé », a déclaré le ministère danois de l’environnement au Monde.
    « Nous regrettons que la Commission n’ait pas écouté la grande inquiétude du Danemark, de la Suède et d’autres, soulignant que les critères proposés exigent, pour pouvoir identifier un perturbateur endocrinien, un niveau de preuve jamais exigé jusqu’à présent pour d’autres substances problématiques comme les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques, précise au Monde Karolina Skog, la ministre suédoise de l’environnement. Cela ne reflète pas l’état actuel du savoir scientifique. Au total, ces critères ne remplissent pas le niveau de protection attendu par les co-législateurs. »
     
    Le trio d’Etats membres qui tenait tête à la Commission vient ainsi d’exploser. La Suède avait en effet porté plainte contre l’exécutif européen avec le soutien du Danemark et de la France : la Commission devait proposer les critères avant fin 2013. En décembre 2015, son retard lui avait valu – fait rarissime – une condamnation par la Cour de justice de l’Union européenne pour carence.

    Les scientifiques demandaient une échelle graduée

    La Commission n’a rendu publique sa première version qu’en juin 2016. Le texte a, depuis, évolué. Les critères adoptés mardi sont cependant identiques à ceux présentés le 30 mai – mais non mis au vote en raison de la vacance du pouvoir en France. Or, cette version avait suscité une mise en garde de trois importantes sociétés savantes.
     
    Le 15 juin, l’Endocrine Society, la Société européenne d’endocrinologie et la Société européenne d’endocrinologie pédiatrique avaient adressé une lettre aux vingt-huit ministres de l’Union, leur enjoignant de rejeter la proposition de Bruxelles, au motif qu’elle ne permettait pas d’assurer « le haut niveau de protection de la santé et de l’environnement requis » par les traités européens et qu’elle « échouerait probablement à identifier les PE qui causent des dommages chez l’homme aujourd’hui ».
    Les scientifiques demandaient qu’une échelle graduée soit mise en place, distinguant les perturbateurs endocriniens « suspectés », « présumés » et « avérés » – à la manière de la classification des substances cancérogènes. Cette gradation aurait permis une réponse réglementaire adaptée au niveau de preuve disponible pour chaque produit, mais elle n’a pas été incluse dans les critères adoptés.
     
    Dans leur communiqué commun, les trois ministères français chargés du dossier se félicitent que les critères soient étendus aux perturbateurs endocriniens « présumés ». Dans plusieurs déclarations publiques, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a affirmé qu’il avait obtenu l’ajout de cette disposition, mais celle-ci est pourtant présente dans le texte depuis la mi-mai...
     
    De même qu’une clause controversée, ajoutée voilà plusieurs mois à la demande expresse de Berlin. En contradiction avec les objectifs du texte, elle permet d’empêcher un retrait des pesticides « conçus spécifiquement pour perturber les systèmes endocriniens des insectes ciblés ». Et ce, alors qu’ils sont aussi susceptibles d’atteindre ceux d’autres espèces animales. Cette exemption avait été développée par les fabricants de pesticides les plus menacés par les conséquences d’une réglementation drastique, en particulier les géants allemands BASF et Bayer.
     

    « Définition au goût amer »

    Nicolas Hulot, a déclaré sur France Info que l’Allemagne avait « obtenu cette exemption sur ce que l’on appelle des perturbateurs endocriniens qui ont été conçus pour l’être, parce que [son] industrie tient évidemment à les conserver le plus longtemps possible ». Le nouveau ministre a assuré que les experts français plancheraient sur ces pesticides et « si leur dangerosité est avérée, nous les sortirons unilatéralement du marché ». Théoriquement possibles, de telles mesures sont en pratique très difficiles à mettre en œuvre : elles créent des distorsions de concurrence et entravent la libre circulation des marchandises.
     
    Au total, M. Hulot a néanmoins salué l’adoption de ces critères comme « une avancée considérable », ouvrant « une brèche qui ne va pas se refermer ». Cruelle ironie, la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme, elle, évoque « une définition au goût amer », à l’unisson de plus de 70 ONG européennes, qui « regrettent le caractère insuffisant des critères »et appellent le Parlement européen à les rejeter.
     
    Car le vote en comité n’est pas le dernier épisode de la saga. Le texte doit désormais être examiné par les députés européens. Ils ont quatre mois pour, éventuellement, adopter une résolution qui s’y opposerait – avec une majorité absolue du Parlement comme condition, a expliqué au Monde Axel Singhofen, conseiller santé et environnement pour le Groupe des Verts/Alliance libre au Parlement. Le compte à rebours commencera au moment où la Commission aura adressé sa notification officielle. Si elle le faisait avant le début des vacances parlementaires, à la mi-juillet, le temps de mobilisation des élus serait ainsi amputé de plus d’un mois.
    Un second front s’ouvre aussi : c’est celui des directives d’applications de ces critères d’identification des PE. Plus techniques encore que les critères, déjà abscons pour le commun des mortels, ces documents-guides sont développées sous les auspices des agences européennes chargées de la sécurité alimentaire (EFSA) et des produits chimiques (ECHA).
     
    Sans même attendre le vote du comité, les deux agences ont commencé ce travail de traduction des critères en termes techniques et scientifiques et les consultations ont déjà commencé avec les agences réglementaires nationales. Et là encore, c’est le niveau de preuves scientifiques nécessaire qui se retrouve au cœur de ces discussions.
     
    LE MONDE |   • Mis à jour le  | Par  Stéphane Horel et Stéphane Foucart
  • CETA et le petit village gaulois...

    L'Europe entière était prête à signer très prochainement ce grand traité commercial entre le Canada et l'Europe. Toute l'Europe sauf un petit village gaulois : la Wallonie.

    La majorité des européens et des canadiens ne savent même pas où se situe la Wallonie. C'est marrant. Et une très bonne chose.

    Il serait peut-être temps que les pouvoirs publics, nationaux et européens, expliquent clairement ce qu'est ce CETA avant d'engager toute la population européenne dans des accords négociés secrètement avec les multinationales (et leur puissant lobbying) et les pouvoirs publics canadiens.

    Il faudrait dresser une longue liste des avantages (il doit y en avoir) et des inconvénients (il y en a certainement), et de la soumettre à la population, avant de décider et de signer.

    Personnellement, sur ce blog, je m'intéresse au goût des aliments, à la protection des terroirs, à une alimentation de qualité locale et de saison, et évidemment Bio. Je lutte contre la malbouffe, l'uniformisation du goût imposé par les multinationales agro-alimentaires, et aussi contre les aliments "morts" (ne contenant plus les nutriments nécessaires et essentiels à la bonne santé du consommateur) de l'agriculture et de l'élevage intensifs.

    Qu'adviendra-t-il du dernier producteur de fromage de Herve au lait cru pourchassé par l'AFSCA (dont la bible est le Codex Alimentarus, rédigé par les multinationales agro-alimentaires) et protégé par SLOW FOOD?

    C'est juste cela que je souhaite savoir. Si quelqu'un peut me répondre...

    L'autre point qui m'interpelle, c'est le fait qu'une entreprise puisse attaquer l'état belge pour entrave au libre échange (ou commerce) et que ce soit des juges qui n'en sont pas qui arbitrent les litiges... 

    Si ce traité était bien ficelé, les litiges ne devraient pas exister.

    Pour rappel, le Canada qui a signé un traité avec les Etats-Unis, semblable au traité transatlantique (qui a heureusement du plomb dans l'aile) a perdu 98% des litiges avec les multinationales américaines, et a dû payer des amendes énormes et adapter sa législation (en moins bien).

    Est-ce cela qui attend l'Europe et les différents pays qui la constituent ? si quelqu'un peut me répondre...

    Bref, beaucoup plus de clarté et de transparence et moins d'accords secrets et de négociations opaques sont aujourd'hui essentiels avant d'engager les générations européennes futures à vie. Et un traité rendu public, en français et en néerlandais, Belgique oblige...

  • Comment on vous a abruti..

    Relisons ces lignes écrites en 1956 (!), extraites de « L’obsolescence de l’homme » de Günther ANDERS, à propos du  conditionnement collectif :

    Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

    L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

    Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

    En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

    L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

    Ce texte, lu sur le blog des Moutons Enragés, explique peut-être la passivité de la masse populaire, prête à tout subir et tout accepter, n'ayant plus l'occasion de réfléchir, de se poser les justes questions, de faire des choix de vie et de s'opposer aux dictats des lobbies bancaires, nucléaires, politiques, agro-alimentaires et pharmaceutiques. On laisse faire, sans penser une seule seconde qu'il existe des alternatives bien plus avantageuses, bien plus saines et bien plus équitables.

    Arrêtez de vous abrutir comme des idiots devant ces séries télé nulles et pensez, discutez, lisez. Trouvez des alternatives ou créez-en. Bougez et réagissez. Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Comment fonctionne l'Union européenne...?

    Si, comme moi, vous ne saviez pas exactement comment fonctionne la CEE, alors, ce qui suit devrait vous éclairer. Et vous confirmer combien les élections des futurs députés européens du 25 mai prochain seront importantes (voir article précédent).

     

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  • Méfions-nous de ce Traité Transatlantique...

    La zone de libre-échange transatlantique ou Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, est un accord commercial en cours de négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis. Il est envisagé pour 2015 (ils rêvent...). Une des critiques vient du fait que les travaux préparatoires se font en secret, et que le citoyen, contrairement aux consultants des firmes multinationales, n'a pas accès aux documents en préparation.

    Il est évident que les normes européennes sont différentes et plus sévères que les normes américaines dans de nombreux domaines, et que ce Traité, s'il est signé, signifiera un alignement des normes européennes sur les normes américaines, c'est-à-dire, un nivellement par le bas.

    C'est non seulement la porte grande ouverte aux poulets (si on peut encore les appeler comme cela) de batteries traités à l'eau de javel, à l'invasion de la malbouffe américaine en Europe, aux OGM généralisés sans aucune obligation d'étiquetage particulier, à l'exploitation des gaz de schistes, etc...

    C'est aussi une perte énorme d'autonomie des pouvoirs publics européens, puisqu'une multinationale pourra désormais attaquer un Etat en justice devant un tribunal international si elle estime que ses intérêts économiques sont lésés. Imaginez Monsanto attaquer la France qui interdit les OGM, Texaco attaquer la Belgique qui taxe le diesel, etc...

    Il faut d'ores et déjà faire savoir que nous ne désirons pas de ce Traité, et qu'il y a une multitude de points et de domaines non négociables. Il faut également exiger d'âtre informé de tout ce qui se discute actuellement entre la commission européenne et les Etats-Unis à ce niveau. Et il faudra absolument que la population puisse donner son avis avant que ce Traité ne soit adopté dans notre dos.

    Je tiens trop à mes fromages au lait cru, à mes vieilles variétés de tomates oubliées Bio, à mon alimentation sans OGM, et à mon refus de voir une multinationale un jour nourrir le monde, avec ses produits industriels de piètre qualité et sans goût. Et cela, c'est juste au niveau alimentation ! Je ne parle pas de tout le reste... Soyons très vigilants ! Terriens, il est temps d'agir...

  • Accord de libre échange avec les USA : Un mandat bien trop large donné à la Commission

    Une triste majorité du Parlement Européen composée de sociaux démocrates, de libéraux et des conservateurs a voté ce jeudi un texte donnant mandat à la Commission Européenne dans la négociation d’un accord de libre échange avec les USA. Le Président Obama lui-même dit explicitement de cet accord "qu’il renforcera le pouvoir des multinationales" par la possibilité qu’il leur donnera d’attaquer directement les gouvernements mettant en place des législations susceptibles d’entraver leurs bénéfices. Il permettrait, par exemple, de condamner en justice les états qui mettraient en place un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste ou la culture des OGM. 

    Le vote de ce jour est donc un mauvais signal : l’UE se retrouve en position d’infériorité face aux USA qui défendent bien mieux leurs intérêts et ne croient pas dogmatiquement comme la Commission européenne aux vertus du seul libre échange. Pire, le commerce transatlantique des biens étant déjà libéralisé, ce sont les droits, les acquis, la propriété intellectuelle, les normes sociales et environnementales qui vont être négociées et a propos desquels le Commissaire De Gucht a déclaré que "tout´était sur la table".

    Certes nous avons gagné quelques amendements comme sur l’exclusion de la culture et des services audiovisuels, ce qui est une excellente nouvelle et c’est la preuve que la mobilisation citoyenne est payante. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Rappelons que ce texte n’est qu un mandat, une recommandation non contraignante du Parlement Européen envers la Commission, pour une négociation qui durera plusieurs années.

    La mobilisation ne fait que commencer. On est encore loin du (non) consentement que le Parlement Européen aura à donner au terme de cette négociation. (Source : web4.ecolo.be)

    Donner ainsi les pleins pouvoirs de négociations à Barroso est fort dangereux. Pour pouvoir contrer les points les plus délicats et non négociables de ce futur accord de libre échange entre l'Europe et les USA, il faudra être certain d'élire les bons parlementaires européens lors des prochaines élections. Des parlementaires honnêtes qui ne se laisseront pas corrompre par les lobbies des multinationales, prêtes à tout pour accroître leur main-mise sur la législation en vue de bénéfices toujours plus colossaux.

  • Il commence fort, Hollande...

    Il commence fort, le nouveau Président de la République française ! Il négocie avec le Niger pour défendre les intérêts d'Areva (voir article ci-dessous). Il y a quand même des choses plus urgentes à entreprendre quand on entame un mandat présidentiel... Puis, sous la pression de Shell, il démissionne sa Ministre de l'écologie, moins d'un mois après l'avoir nommée. Et rentre bredouille du lamentable sommet de Rio, où rien n'a été décidé, les intérêts des multinationales étant supérieurs à la préservation de la planète ! Pas mal pour un début ! On peut craindre le pire pour les quatre ans et 10 mois qui lui restent.

    "Le 11 juin dernier, le président François Hollande a rencontré le président du Niger, Mahamadou Issoufou, à Paris. Ils ont notamment débattu de la coopération entre le groupe Areva et le Niger pour l’exploitation de la mine géante d’uranium d’Imouraren. Selon Europe Ecologie Les Verts (EELV), le président français souhaite que l’exploitation par Areva débute le plus rapidement possible, voire même avant 2014, date initialement prévue. Outre de graves dommages environnementaux (ressources en eau contaminées…), l’exploitation de cette mine a un impact social désastreux sur la population locale à majorité touareg. 

    Le Niger, dont l’uranium représente 60 % des exportations, fournit près de 40 % des approvisionnements en uranium d’Areva. Le groupe français entend y investir 1,2 milliard d’euros pour ce qui devrait être la seconde plus grande mine d’uranium mondiale, avec 5 000 tonnes par an. Malgré cette richesse si convoitée, le Niger compte toujours parmi les pays présentant les indices de développement humain les plus bas. Le 25 avril 2012, les employés nigériens du site d’Imouraren ont entamé une grève d’avertissement, dénonçant des conditions de travail déplorables". (Article de Cécile Cassier sur Univers-Nature).

  • 1.000 milliards de dollars...

    "Si on voit ce que la Réserve fédérale a déjà fait, si on voit l'extension des pouvoirs du Trésor pour traiter le problème de Fannie Mae et Freddie Mac, je crois qu'on parle d'environ 1.000 milliards de dollars", a déclaré Richard Shelby, numéro deux de la commission des Affaires bancaires, sur la chaîne de télévision ABC. A nouveau, Bush préfère aider (aux frais du contribuable) ses petits copains banquiers (qui ont pourtant fort mal géré leur business, et qui continueront néanmoins de s'octroyer des salaires indécents) plutôt que d'aider les pauvres américains qui ne parviennent plus à rembourser l'emprunt de leur maison. Pourtant, avec mille milliards de dollars, il aurait pu aider tous ceux qui étaient dans le besoin. Et il n'y aurait jamais eu cette crise des subprimes, qui a des répercussions sur l'économie mondiale toute entière, et tous ces américains vivraient toujours dans leur maison C'est toujours la même chose et cela m'écoeure. De plus en plus. Tout ceci n'a rien à voir avec ce blog, mais j'avais envie de le dire.