plats industriels sous vide

  • Y a-t-il un cuisinier au fourneau ?

     

    Au pays de la gastronomie traditionnelle, y a-t-il encore un cuisinier derrière les fourneaux ? La question se pose, quand certains restaurateurs français choisissent de remplacer les casseroles par des fours à micro-ondes, les petits plats mitonnés par des surgelés et les cuistots par des «assembleurs» de plats industriels. Arômes en spray, assiettes toutes prêtes fabriquées en usine, les restaurants qui nous accueillent à l'heure du déjeuner cachent scrupuleusement leurs secrets de fabrication. C'est ainsi qu'ils parviennent à proposer quinze plats différents avec seulement deux personnes en cuisine, et à «saler» toujours plus la note du client.

    Article intéressant de JP Géné dans Le Monde de ce weekend qui m'apprend l'existance de Metro, grossiste pour l'horeca mondialement présent, et qui propose tout : l'enseigne de votre restaurant, la carte, les habits du personnel, la cave à vin, l'alimentaire (viande,poissons,légumes, fromages, surgelés,etc.) ainsi qu'une multitude de plats industriels préparés au kilo, sous vide ou surgelés : il n'y a plus qu'à réchauffer ! 

    Pas trop compliqué, dans ces conditions, de voir s'afficher à la carte le Chili con Carne, la blanquette à l'ancienne, les carbonnades à la flamande, ou la barbue à la fondue de poireaux. Sans parler des crèmes brûlées, des îles flottantes (blancs d'oeufs battus en neige prêts à l'emploi et bidon de sauce anglaise industrielle) et autres desserts surgelés. C'est la porte ouverte à la malbouffe, à l'uniformisation du goût, et à la dépendance aux industries agro-alimentaires, sans connaître les ingrédients de ce qu'on avale...

    Ces "restaurateurs", incapables de différencier un filet de barbue d'un filet de dorade ou de Saint Pierre, ne savent utiliser que le micro-ondes, et sont à la base de la dégradation de la nourriture quotidienne d'établissements se proclamant "restaurants".

    La France a demandé à l'Unesco d'inscrire sa gastronomie au "Patrimoine culturel immatériel de l'humanité". Il serait plus judicieux de l'ajouter à la liste des espèces menacées...

    Heureusement, les véritables gastronomes ne peuvent être trompés par cette non-cuisine. Heureusement aussi, il existe toujours une multitude de véritables cuisiniers, dont le plaisir est de trouver les meilleurs aliments, les meilleurs accords et le meilleur équilibre de la recette, et qui accordent énormément d'importance au goût des plats proposés. Enfin, il y aussi tous ces consommateurs, déçus par la malbouffe, et qui ont changé d'attitude : ils sont désormais à la recherche d'aliments vrais, frais, non traités, et se remettent à cuisiner. 

    Grâce à eux, la gastronomie sera peut-être sauvée, tout comme les produits de saison et de terroirs, et par la même occasion,le goût. Restons vigilants à ces pratiques douteuses et privilégions les vrais cuisiniers et les vrais plats, cuisinés avec amour.