peche durable

  • Slow Fish

    Une Campagne de Slow Food

     

    Mieux comprendre nos océans


    Le poisson est une affaire pour le moins...glissante... Immergé, donc invisible, c’est un patrimoine difficile à étudier et à connaître.


    Dans quel état se trouvent nos mers? Quelles espèces de poissons sont vraiment menacées? Peut-on influencer le marché? Faut-il arrêter de manger du poisson? On croit avoir saisi une nageoire et on se retrouve avec une queue de poisson. Ça fuit entre les idées, ça glisse sur les certitudes.

     

    Mais à force de le suivre avec obstination, de grands courants se dessinent... Slow Food se penche depuis des années sur ces thématiques. L’association sensibilise les amateurs de poisson au travers de la foire biannuelle Slow Fish (Gênes, Italie), et développe des projets de soutien des communautés de pêche artisanale responsable. De plus, partout dans le monde, les membres de notre réseau multiplient les initiatives locales... 

    Ce site présente le parcours de notre association et offre des pistes de réflexion à qui veut apprendre à utiliser bon sens, curiosité et, pourquoi pas son appétit, pour faire des choix éclairés, à la fois savoureux et responsables.

     

    Slow Fish - Good, Clean and Fair Fish

  • People, Planet, Profit...

    Delhaize et le WWF...

    Le développement durable est devenu un label, particulièrement sur les rayons des supermarchés. Toute l’ambiguïté est évidemment que le consommateur entend bien souvent par là « pratiques écologiques » sans savoir qu’il n’a affaire qu’aux fameux « 3 P » – People, Planet, Profit –, outil de communication de la responsabilité auto-proclamée des entreprises.

    Quand Delhaize communique en grand que : le WWF et Delhaize s'associent en faveur de la pêche durable, je rigole bien. Que font alors tous ces filets de Lingue Bleue ou de Hoki dans les rayons ? Ces poissons de grands fonds, décimés par les pêche au chalut, et en voie d'extinction...

    Quand Delhaize parle du WWF comme organisation "indépendante" pour la préservation de la nature, et du MSC comme une autre organisation "indépendante", qui a développé un programme d'écolabel pour les pêcheries durables afin de préserver la vie des océans, je rigole encore plus.

    Le label « pêcherie durable » pour les produits de la mer est attribué par le Marine Stewardship Council (MSC) qui homologue pour cela des organismes de certification privés pour les pêcheries. Fondée par le WWF et Unilever, première entreprise mondiale de poissons surgelés, cette « organisation caritative » – elle est financée par des « mécènes » et des galas de charité patronnés par le prince Charles – affirme aujourd’hui « agir en toute indépendance ». Le président de son conseil exécutif, organe qui concentre l’essentiel du pouvoir au sein du MSC, était toutefois, avant son difficile évincement en janvier 2005, John Gummer, ministre de l’Environnement de Margaret Thatcher puis de l’Agriculture pour John Major, qui se rendit célèbre en partageant avec sa fille de quatre ans un hamburger devant les caméras de télévision pour relancer la consommation de bœuf en pleine crise de la vache folle. On compte dans les membres du MSC le PDG de la principale industrie de produits de la mer d’Australie, le dirigeant de son équivalent britannique (30 % des parts de marché), ses homologues sud-africain et thaïlandais, une responsable de Whole Foods Market (première chaîne mondiale de distribution de produits alimentaires), quelques scientifiques, des membres du WWF (par ailleurs anciens industriels du BTP et de la chimie), mais aussi l’ancien directeur général de la pêche à la Commission européenne (devenu consultant, comme c’est courant dans les instances européennes) et l’ancien président du comité des pêcheries à la FAO.

    Bref, c'est le bordel : les organisations censées protéger l'environnement sont aux mains des industriels et des politiques. Le WWF et Le MSC ne sont donc plus fiables, car empêtrés dans des conflits d'intérêt : soit lutter pour l'environnement, soit appliquer les 3 P (People-Planet-Profit). Heureusement, il nous reste Greenpeace et Slowfood. Mais jusqu'à quand ? Terriens, il est temps d'agir...