parker

  • Dégustation du lundi 168

    Soirée Parkérisée, ce soir, avec pour thème : 90 +. A 4, notre 5 ème luron préférant boire autre chose ce soir.

    Soit, avec un premier vin rouge à la robe pourpre et évoluée et au nez lacté et poivré. En bouche, très peu de fruits, de la verdeur et une concoction de bois... Ne vaut vraiment pas 90%...Au deuxième essai, une heure plus tard, le nez s'avère plus sympathique, mais la bouche est toujours austère et mord bien les gencives... Bourgueil "La Coudraye" 2009 de Yannick Amirault en Loire. 89% (Parker), à 20 euro.

    Second flacon, à la robe rubis et au nez discret. En bouche, c'est bon, souple, sans boisé et tout en dentelle, sur une belle longueur de violette, de pruneau, et de cuir. Une heure plus tard, c'est un peu trop chaud, avec un manque de fraîcheur : Côte Rôtie Cote Blonde 2006 de R. Rostaing à Ampuis, qui travaille un peu à la bourguignonne. 94% pour ce flacon à 100 euro...

    Suivant, à la robe noire et au nez de poivron. On est à bordeaux, en rive gauche.En bouche, c'est moderne et travaillé, avec une belle attaque et sur un peu de fruits. Enjoleur et technique, mais sans personnalité propre qui ressort. Une heure plus tard, au nez, on est sur un Saint Julien. La bouche est plus dense. C'est rond et souple, avec un rien de dilution. Grand vin de Léoville du Marquis de Las Cases 2001 en Saint Julien. 93% Parker et 150 euro la bouteille. Et vraiment aucun plaisir à boire ce vin.

    Quatrième bouteille, à la belle robe rubis foncée et au nez bordelais parkérisé bois et vanille. En bouche, un fruit étouffé par le boisé trop massif, et une finale astringente. Une heure plus tard, il présente un plus beau nez, lacté, sur de la tomate confite, mais toujours cette finale matraquée par le bois ! Château Palmer 2002 en Margaux. 94% Parker et 140 euro... Ces 2 dernières bouteilles ne titillent plus les papilles, malgré leurs 10 ans d'âge. Quelle différence avec ces 1990 qu'on dégustait il y a 10 ans ! Et quel dommage...

    Dernier flacon de la soirée, à la robe foncée et au nez épicé, frais et sanguin.. En bouche, c'est fondu, sur du fruit, avec de la fraîcheur et une bonne acidité qui subsiste jusqu'à la fin. C'est lacté, complexe, souple et retenu à la fois, sur de la framboise et des mûres. Une Syrah du nord ? Une heure plus tard, c'est toujours très très beau, avec du volume pris à l'aération, sur un beau fruité qui s'étend. C'est délicat et rond, plus intense que la Côte Rôtie, et plus au sud, malgré sa jeunesse. Clos Marie 2007, Cuvée Simon, Pic Saint loup en Coteaux du Languedoc. 93% Parker et 25 euro la bouteille. Quel plaisir !

    Suite des aventures du Clos dans 2 semaines. En pleines Pâques.

  • Les vins naturels...

    "Robert Parker, le critique américain bouddhiste (il se présente en effet lui-même comme une espèce de ''bouddha bienveillant'', se tenant à l'écart des agitations) ; Parker donc, vient de re-taster les plus célèbres crus de Bordeaux, dans le non moins fameux millésime 2009. Et Bouddha d'accorder pas moins de 19 notes parfaites. Dix-neuf 100/100. Le marché a réagi, bien sûr. Les prix ont été rectifiés, vers le haut. Critiques et sarcasmes ont fusé, çà et là. 

    Mais, au fond du fond, une chose paraît soudain évidente : on s'en fout. On s'ennuie. Ce petit jeu toujours le même passe en boucle depuis trop longtemps. Et, au-delà d'un cercle restreint de domaines et de consommateurs, l’avis de Parker n’intéresse plus. Parce que le vin n'est pas l’affaire de quelques dizaines de milliers de zigues qui ont envie de s'offrir des étiquettes à plusieurs zéros. Bien sûr, les histoires de gros sous attirent l'œil, font vendre du papier, du pixel. Alors, ça jase.

    N'empêche, le palpitant du vin ce n'est pas ça. Ce qui fait vibrer, ce ne sont plus les prix incendiaires de certains vins de Bordeaux. D'ailleurs la bulle est là, on le sait, et elle éclatera bientôt (et ce sera alors comme en immobilier, où, quand on annonce une baisse des prix, c'est qu'elle est déjà entamée depuis belle lurette). Non, ce qui trouble et agite la surface du vin aujourd'hui, c'est le vin naturel.

    Naturel, le mot qui fâche. Du vin bio et artisanal dès la vigne, rien d'enlevé rien d'ajouté à la cuve (à l'exception éventuelle de faibles doses de soufre). Il y a ceux qui n'y voient qu'un ''rêve idiot'' ou une mode vinaigrière passagère. Ceux qui ne comprennent pas ou feignent de ne pas comprendre ce que c’est. Et, bien entendu, ceux qui y voient un acte de résistance délicieux, une forme d'utopie terrienne et liquide... Des détracteurs, des supporters. La vie, quoi. Tous focalisés sur une production qui doit représenter, en termes de volumes, quoi ? 0.1% des vins conçus dans le monde ? Cela dit, c'est déjà plus que les ''grands Bordeaux''.

    Mais le vin naturel ne répond à pas une simple problématique de production/consommation. S'il énerve et agite autant de monde, c'est qu'il est porteur de thématiques qui débordent largement le seul cadre du vin : il nous parle d'environnement et d'écologie, bien sûr, mais aussi d'une économie artisanale durable et affranchie. En un mot, de politique. Parce que le vin naturel, qui implique un rapport artisanal à la viticulture et une liberté œnologique quasi-totale, n'est pas compatible avec l'agro-industrie telle qu'elle s'est développée ces dernières décennies. Ni non plus avec les interprofessions. Ni non plus avec l’INAO. Ni non plus avec les grands réseaux de distribution. En fait, il n'est pas compatible avec le système tout entier… Period, comme disent les anglophones.

    Par conséquent, un succès commercial et surtout médiatique de ces vins est dangereux, politiquement parlant. Parce qu'il met en question le système. Et ce débat de fond est sûrement présent à l'esprit de toutes celles et ceux qui prétendent ne parler que du goût de ces vins (en bien ou en mal). Il est évident que le vin naturel, ce n’est pas que du vin. 

    Oui, le vin naturel est dangereux. Parce que la viticulture est en première ligne de l'agriculture, qui est elle-même un enjeu de société majeur ; et qu'un changement de paradigme dans le vin, pourrait avoir un effet mécanique sur tout le système. 

    Pourtant, qu'on l'espère ou qu'on le craigne, ce changement de paradigme, cette révolution ne viendra pas. Elle sera, comme ici, évoquée. Elle sera, comme là, souhaitée. Elle enflammera des centaines de débats à travers le monde. Mais elle ne viendra pas. Parce que l'occident est trop enferré dans ses propres contradictions pour se remettre activement en question... Les schizoccidentaux ? Un autre débat.

    En revanche, ce que le vin naturel réussit très bien à faire, c'est à sortir le vin de sa niche d'amateurs. En ceci qu'il est, ponctuellement, capable de mettre le vin sur le devant de la scène médiatique. Le vin naturel fait en effet parler de lui plus largement que n'importe quelle autre catégorie de vin.

    On se souvient par exemple de l'édito de Nicolas Demorand, Cépages de gauche, dans le spécial vin de Libération du 12/09/2011 ; ou encore des joyeux zouaves de la cuvée fucks@rkozy. Mais nous n'en sommes qu'au début. A terme, de par le statut privilégié du vin aux yeux du grand public, le vin naturel est probablement amené à devenir le porte-étendard de l'agriculture paysanne dans le monde. Pourvu peut-être qu’émergent un(e) ou deux jeunes vigneron(ne)s médiatiques. Dès lors, il recevra un éclairage régulier dans les médias généralistes, qui servira le vin dans son ensemble. Et notamment celui issu des cultures les plus respectueuses, qu’il soit naturel ou pas tout à fait… Alors, merde ou merci au vin naturel ?"

    Article d'Antonin Iommi-Amunategui sur ©Vindicateur, 03/2012

  • Dégustation du mercredi (4)

    Drôle de dégustation à 4, pour l'anniversaire de l'un d'entre nous: on débuta par un vin blanc, à la robe paille et au nez de pêche et d'abricot. En bouche, un vin plaisant rappelant l'Alsace, avec un petit côté levuré, mais qui aurait pu être un peu plus tendu : Domaine Hauvette 2004, Blanc de Blancs en Vin de Pays des Bouches du Rhône. Vinifié par une femme, en biodynamie. Le second vin, le même, dans le millésime 2005, s'avéra tout à fait bouchonné. Dommage. Le troisième flacon à l'aveugle présentait un nez de Cabernet à la Pauillac ou Saint Estèphe. La bouche, épicée, était sur la réserve, sans se livrer, un peu fanée, et avec le fruité absent. Domaine de Chevalier 1989, Grand Cru Classé en Graves, Pessac Léognan. Décevant (Parker 90/100). Le quatrième, avec sa robe noire et son nez cuit, trop extrait et manquant de souplesse, et ses effluves de pneu, d'asphalte et de goudron manquait totalement de fruits, sur une finale puissante et âpre. Serpico Dei Feudi Di San Giorgio 2001. Côté 98/100 par Parker, ce vin s'avéra encore moins bon 2H00 plus tard, en mangeant. Grosse déception. La cinquième bouteille présenta enfin un nez fruité, et une bouche sur un fruit croquant. Par contre, il manquait d'ampleur et ne comportait pas de notes complexes d'évolution : vin timide, timoré et gentillet. Château Cheval Blanc 1995, 1er Grand Cru Classé en Saint Emilion Grand Cru. Nouvelle déception... sans même penser à Parker. La dernière bouteille, nous offrit un nez superbe sur des fruits noirs bien mûrs, de violette et de cassis, fort concentré. La bouche, dans la lignée du nez, sur des notes fruitées très longues, tout exposant 10, avec une belle complexité primaire. La finesse arrivera peut-être plus tard. Harlan Estate 2002 Napa Valley (100/100 Parker). Sinon, le petit poulet de Bruxelles aux morilles et ses belles de Fontenay, suivi de Brillat-Savarin à la truffe noire (+ truffe râpée) ou à la truffe blanche, et la Mandarine Napoléon Millénium flambée en abondance sur une petite crêpe furent à la hauteur de nos attentes gustatives. Il reste, cependant, toujours cet épineux problème de calories absorbées, que nous ne parvenons pas à résoudre... Mercredi prochain, les Chablis Grand Cru, en compagnie d'un invité, collectionneur d'étiquettes.

  • Dégustation du lundi (8)

    Et voilà, de nouveau lundi ! Bref, je rentre de ma dégustation hebdomadaire. Exceptionnellement, j'ai quitté le bureau à 17H00 pour cuisiner. Mauvais plan : on n'a pas arrêté de me téléphoner jusqu'à 18H30 ! N'empêche, j'ai quand même sorti en moins de 2H00 : 2 coqs faisans rôtis à point, des chicons caramélisés, des poires aux vins farcies d'airelles, une poêlée de cèpes au beurre, des Belles de Fontenay farcies au foie gras d'oie, et une sauce à tomber par terre (beurre, feuilles de vignes, un soupçon de moutarde, une échalote ciselée, le jus de cuisson des faisans, déglacé avec un bon vin rouge, réduit puis crémé). Tout cela pour accompagner dignement les 4 superbes bouteilles annoncées et amenées par l'un d'entre nous. A savoir : un Musigny Grand Cru, cuvée vieilles vignes du Domaine Comte de Vogüé 96 (à boire jusqu'en 2014), suivi d'un Hermitage "Les Bessards" 99 de chez Delas (6.000 bouteilles produites, à boire jusqu'en 2030), suivi d'un Pape Clément 2003 en Pessac Léognan (à boire jusqu'en 2020), pour terminer avec un Dominus 97 de Christian Moeix (le gars qui fait Petrus) de la Napa Valley... Bref, grande diversité (Bourgogne, Côtes du Rhône, Bordeaux et Californie), très grands vins (tous côtés 94 à 97+ par Parker), et un réel plaisir à les déguster (même si à l'aveugle, cela n'a pas été facile...), accompagné d'un repas à la hauteur (tout en restant modeste). Encore un très bon lundi soir de passé. Vivement lundi prochain !