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  • Les poisons du ciel...

    Longtemps, les nuisances aériennes, réduites au bruit, nous cassaient les oreilles. Aujourd'hui, élargies à la pollution chimique, elles peuvent tuer. Surtout l'été, lorsque les aéroports réalisent 40% de leur trafic annuel. «En 2003, le terrible épisode caniculaire a permis de stigmatiser le rôle des gaz d'échappement provenant des avions», s'exaspère Sébastien Trollé, auteur des "Poisons du ciel". Un mouvement aérien dure en moyenne quarante-trois minutes et se décompose en quatre phases pendant lesquelles sont émis différents types de polluants: l'approche (descente et atterrissage); le roulage à l'arrivée et au départ, où la combustion de carburant libère essentiellement du monoxyde et du dioxyde de carbone; enfin, le décollage et la montée produisent surtout des oxydes d'azote. Dans l'atmosphère, les gaz à effet de serre émis par les avions seraient responsables, selon les calculs de la Commission intergouvernementale sur le changement climatique (IPCC), d'au moins 3,5% du réchauffement planétaire. Au sol, ces émissions ont des effets directs sur la santé: irritation des bronches, sensibilité accrue aux infections microbiennes, baisse de l'oxygénation sanguine, asthme, bronchites, voire cancers des poumons. Au total, en Ile-de-France, la pollution atmosphérique issue des activités aériennes équivaudrait à celle de deux boulevards périphériques! Et ce n'est qu'un début: le trafic aérien autour de Paris devrait doubler d'ici à 2020. Idem pour Bruxelles, survolé quotidiennement. Ce qui est fort étonnant est le mutisme le plus complet observé par l'IBGE (Bruxelles-Environnement), et par le site Web de la Cellule Interrégionale de l'Environnement (CELINE - IRCEL), qui étudient de fort près la pollution de l'air à Bruxelles (et ailleurs), mais qui n'abordent pas celle émise par les avions. Malgré mes demandes répétées : aucune réponse ! A croire que ce sujet tabou au niveau politique les rend muets ! En attendant, on déguste. Comme toujours...

  • Pollué pour raison politique...

    Le constat de ces vingt dernières années montre clairement une amélioration de la qualité de l’air ambiant à Bruxelles. Celle-ci est liée à différents facteurs tels que la suppression d’importantes sources d’émissions (incinérateurs hospitaliers, usines de cokeries…), l’appauvrissement des combustibles en composés organiques volatils (COV) ou en soufre, la suppression du plomb dans l’essence, l’introduction du pot catalytique sur les voitures, le renouvellement du parc automobile, l’utilisation croissante du gaz naturel pour le chauffage… Néanmoins, la situation actuelle doit encore être améliorée pour certains polluants. L'ozone troposphérique occupe une place importante parmi les polluants préoccupants : le seuil de protection de la santé est régulièrement dépassé. L’ozone est un polluant secondaire et sa production est influencée par les émissions de ses précurseurs : les NOX et les COV. Les particules en suspension comme les PM10 ou PM2.5 d'origines diverses (chauffage, véhicules à moteur) constituent une préoccupation nouvelle pour les décideurs en raison de leur importante nocivité. De nouvelles normes européennes ont d’ailleurs été mises en place pour ces substances. Le CO2, principal polluant responsable de l'effet de serre, est aussi le plus important en termes de quantité avec près de 5 millions de tonnes émises annuellement à Bruxelles. Sa présence croissante dans l’air ambiant est essentiellement due à l’augmentation régulière des consommations énergétiques liées au chauffage, au transport et aux activités industrielles. Les POPs (polluants organiques persistants tels que pesticides, hydrocarbures aromatiques polycycliques ou « HAP », …) ne présentent pas de concentrations inquiétantes. Néanmoins, vu leur toxicité et leur persistance dans l'environnement, le respect de la norme de qualité de l'air concernant les HAP sera surveillé avec beaucoup d'attention. Ce qui m'étonne dans tout cela, c'est que la pollution engendrée par les avions survolant allègrement Bruxelles n'est même pas invoquée par Bruxelles-environnement (pour une raison politique?), alors qu'ils sont, entre autres, responsables d'énormes émissions de NOX qui produisent de l'ozone... La qualité de l'air de notre belle ville verte ferait un grand bon en avant si le survol de Bruxelles était interdit ! Mais avec le futur premier ministre qu'on va devoir se taper (et qui est déjà ministre de la mobilité aujourd'hui), je parie que le sujet ne sera même pas abordé ! On est mal barré, je vous le dis. Terriens, il est temps d'agir !