multinationales agro-alimentaires et pharmaceutiques

  • Ils nous empoisonnent, et puis nous soignent...

    Article intéressant de Patricia Jolly dans Le Monde de ce week-end, dont voici un résumé :

     

    Jean-Paul Jaud ne décolère pas. Le 15 janvier, Yannick Chenet est mort à l'âge de 45 ans. La nouvelle est apparue assez alarmante pour que TF1 la relaie dans un de ses journaux.

    Ce viticulteur charentais, atteint d'une leucémie reconnue comme maladie professionnelle par la Mutualité Sociale Agricole, était un des protagonistes de son dernier documentaire. Sur la pellicule de SEVERN : LA VOIX DE NOS ENFANTS, sorti en salle en novembre 2010, Jaud avait fixé le témoignage du quadragénaire en sursis après des expositions répétées aux pesticides : "Quand je suis arrivé à l'hôpital, j'ai vu les noms des mêmes firmes sur la boîte des médicaments. J'ai dis : "C'est pas vrai ! Ils m'ont empoisonné, et puis aujourd'hui ils me soignent. Ils gagnent deux fois, quoi ! Mais dans le monde agricole, c'est pas facile d'en parler."

    Jaud a ouvertement déclaré la guerre à l'agriculture intensive, aux fabricants de pesticides et autres engrais chimiques. Il est convaincu que : "L'homme empoisonne la terre nourricière et donc, sciemment, ses propres enfants." Avant SEVERN, Jean-Paul Jaud avait déjà frappé très fort : "70% des cancers sont liés à l'environnement, dont 30% à la pollution et 40% à l'alimentation", prévient le synopsis de NOS ENFANTS NOUS ACCUSERONT, sorti en novembre 2008, et présenté en avant-première à Cannes, film dans lequel il s'attaquait à la malbouffe.

    SEVERN est le nom de la jeune fille de 12 ans qui, en 1992, au Sommet de la Terre organisé par les Nations-Unies à Rio de Janeiro, interpella à la tribune les représentants du monde entier sur la situation humanitaire et écologique de la planète. Fille d'un généticien et  d'une ancienne prof d'Harvard, elle avait prononcé un discours de six minutes trente. "Arrêtez de casser ce que vous ne savez pas réparer", avait-elle lancé aux adultes depuis la tribune. "Tout ce que vous faites à la planète me fait pleurer la nuit."

    Tout en accompagnant le film dans les festivals en France, en Espagne, aux Etats-Unis ou au Canada, Jaud a déjà entamé un nouveau tournage. Toujours bio et écolo. "C'est d'initiatives individuelles que naîtra l'action collective", veut-il croire.