multinationale agro-alimentaires

  • Gentil virus, d'où viens-tu ?

    L’épidémie de grippe « porcine » semble être due aux pratiques polluantes d’une multinationale américaine, Smithfield Foods (11,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires), spécialisée dans la production de porcs. Depuis trois mois, les habitants du village de La Granja, au Mexique, qui vivent à proximité d’une des usines de la filiale mexicaine de Smithfield , la plus grosse unité d'élevage de porcs d'Amérique latine, sont massivement victimes d’infections respiratoires. En septembre 2008, une épidémie de grippe aviaire avait déjà éclaté, sans que le gouvernement mexicain ni l’OMS ne s’en émeuvent. Smithfield a déjà été lourdement condamné aux Etats-Unis pour ses pratiques polluantes. 

    L’association Grain, dont le but est de promouvoir la gestion et l’utilisation durables de la biodiversité agricole en lien avec les populations locales, révèle qu’une épidémie de grippe aviaire a touché l’État de Veracruz en septembre 2008. Cette épidémie n’a été révélée que par des journaux locaux, et n’a même pas fait l’objet d’une alerte auprès de l’OMS. Est-elle à l’origine de la recombinaison du nouveau virus qui comporte, comme nous le répètent les médias en panique, deux souches porcines, deux souches aviaires et une souche humaine ? Rien d’impossible : à 50 kilomètres de La Gloria, un élevage de volaille du plus grand producteur mexicain de volaille, Granjas Bachoco, a été touché par cette épidémie de grippe aviaire. Cette épidémie n’a pas été révélée par crainte des conséquences sur les exportations de volailles mexicaines, indique Grain, qui rappelle par ailleurs que « l’un des ingrédients courants de l’alimentation animale industrielle est ce que l’on appelle les déchets de volaille, c’est-à-dire un mélange de tout ce qu’on peut trouver sur le sol des élevages intensifs : matières fécales, plumes, litière, etc. » De là à considérer, comme le pensent de nombreux experts, que le virus passant de la volaille au porc ait pu se recombiner avec des gènes humains, il n’y a qu’un pas que les habitants de La Granja ont, semble-t-il, été les premiers à expérimenter.

    Des pratiques pour lesquelles l’entreprise états-unienne a déjà été condamnée à une amende record de 12,6 millions de dollars par l’agence de protection de l’environnement des Etats-Unis après avoir déversé près de cinq tonnes de matière fécale en Caroline du nord et en Virginie en 1997. En août 2007, Smithfield a été obligé de détruire trois élevages de porcs (sur 33) en Roumanie, contaminés par la fièvre porcine « classique » (la multinationale compte également cinq usines de porcs en Pologne, et une de ses marques de jambon, Aoste, est diffusée en France).

    A nouveau, les méthodes de production intensive des multinationales agro-alimentaires, où seul le profit maximum est pris en compte, sont montrées du doigt. Tout cela doit changer. Radicalement. Terriens, il est temps d'agir...