milliards

  • Restons optimistes...

    "Je raisonne en Investisseur. Pour moi, l'Etat n'a rien à faire avec la Finance. Et il n'aurait jamais dû mettre le premier doigt dans l'engrenage du "sauvetage" à tout va. Maintenant, c'est trop tard : le risque de faillite s'est déplacé des banques vers les Etats.

    Voyez-vous, mon point de vue est que les Etats-providence ont signé leur arrêt de mort le jour où ils ont décidé de venir en aide aux banques en employant des stratégies inefficaces : politique des taux bas et émission monétaire. Vous avez là le cocktail de choc pour gonfler la masse monétaire avec de l'argent-dette -- des promesses -- sans avoir aucune garantie quant au remboursement de toutes ces dettes !

    Dans la tête d'un banquier central, 1 $ de dette produit 1,5 $ de croissance. A ce rythme en effet, le remboursement ne devrait être qu'une simple formalité... en théorie. Mais voilà ce qu'il s'est passé en pratique : les banques centrales ont baissé les taux d'intérêt pour permettre aux banques de contracter des crédits sans entrave et irriguer l'économie d'argent virtuel. Manque de chance ou de flair, l'argent a inondé massivement les marchés des matières premières et les émergents -- peu ou pas l'économie réelle. Un coup pour rien.

    Puis elles ont lancé les fameux Quantitative Easing I et II -- assouplissements quantitatifs. La première passe consistait à sauver les banques, en leur proposant d'une part des crédits à taux ridicules pour éponger leurs bilans et d'autre part de récupérer leurs actifs pourris. Avec 1 700 milliards de dollars tout frais dans le circuit, les banques ont repris du poil de la bête -- mais les marchés ont très vite boudé la qualité des obligations émises par les Etats.

    Retournement de situation : le sauveur commence à regretter sa bravoure...

    Les banques centrales ont alors décidé d'imprimer encore plus de billets de manière à payer leurs dettes avec encore plus de dettes -- 1 000 milliards de plus pour le Quantitative Easing 2. Le résultat : ces milliards de dollars sont sortis de la planche à billets sur la seule bonne foi d'une reprise de l'économie... un jour ou l'autre. Le bilan de cette politique économique est simple : en 2010, les Etats-Unis ont connu une croissance de 2,9%. Le PIB américain a augmenté de 541 milliards de dollars.

    Cela signifie que 1 700 milliards de dettes (du QE1) ont permis de produire 541 Mds de croissance. Je vous épargne le calcul : 1 $ de croissance = 3,14 $ de dette. Je le répète, cette situation est intenable.

    Aujourd'hui, nos Etats sont au bord de la faillite, avec une dette astronomique 14 746 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis, avec un taux de chômage de 9,1% ! C'est ce qui a conduit l'agence Standard and Poor's à dégrader la note des Etats-Unis début août 2011 : fini le "triple A" ! Maintenant à qui le tour ?

    Sachant que le ratio d'endettement des pays du G20 est supérieur à 100% du PIB... que le taux de chômage en Europe tourne autour de 10% et que la croissance est en berne : pensez-vous que les Etats vont rembourser un jour ? Bien sûr que non ! Leur seule solution : laisser filer l'inflation... pour éponger les dettes.

    C'est là que s'achève l'histoire de l'Etat-providence sauveur des banques et des citoyens. Il va se faire oublier pendant un temps. Notamment de ses créditeurs qu'il ne remboursera pas -- et de tous les retraités qui vont payer l'addition. Eh oui... parce que cette opération va frapper plus particulièrement ceux qui n'ont pas de salaires ajustables... et qui ne sortiront pas dans la rue pour sauver leur pouvoir d'achat !"

    Extrait d'un article de Simone Wapler, qui travaille dans la presse financière depuis 10 ans.

    Depuis le passage à l'euro, notre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil, et les nouvelles mesures gouvernementales de taxation ne feront qu'accroître cet état de fait. Sans parler de l'inflation et de la hausse des prix des matières premières...

    Mais pourquoi donc les Etats ont-ils transformés des dettes privées (bancaires) en dettes publiques ? C'est donc dorénavant à vous et à moi de rembourser la mauvaise gestion des patrons des grandes institutions bancaires privées du pays ! Quant à ces patrons, qui n'ont jamais été inquiétés ni poursuivis en justice (pour mauvaise gestion), et dont les biens privés n'ont jamais été saisis (en garantie), continuent de sévir comme si rien ne s'était passé, et de s'octroyer des bonus immoraux, alors qu'ils sont en faillite...

    Tout cela est illogique. A moins que ce soient eux qui gouvernent le monde et que les membres de nos gouvernements ne soient que leurs marionnettes...

    Malgré tout cela, essayons de rester optimistes. Mais soyons vigilants et prêts à nous indigner. Et optons pour des solutions alternatives (petites banques aux pratiques saines et respectueuses).