miel industriel

  • 70 % du miel vendu en supermarché est importé de Chine...

    La Commission européenne propose de transformer les règles d’étiquetage pour éviter d’avoir à mentionner la présence de pollen OGM dans le miel. Le débat à Bruxelles est technique mais crucial : les eurodéputés sont en effet appelés à se prononcer sur un amendement de la directive « miel » proposé par la Commission. Celle-ci veut classer le pollen non plus comme un ingrédient mais comme un composant. Si la nuance peut sembler subtile, la conséquence sur l’étiquetage est capitale car la mesure du taux d’OGM se fait uniquement sur les ingrédients. Le pollen entrant en très petite quantité dans la composition du miel, calculer la proportion d’OGM sur le miel plutôt que sur le pollen garantit en effet de ne jamais dépasser le seuil des 0,9 % nécessaire à l’étiquetage OGM.

     La France importe plus de la moitié de ce qu’elle consomme. Les 25 000 tonnes de miel importées viennent principalement d’Espagne et de Belgique, qui importent eux-mêmes leur miel majoritairement de Chine. La Belgique s’est même spécialisée comme plateforme d’importation de miel chinois et de réexportation vers l’Europe. L’opacité sur son origine – permis par la mention « Mélange de miels originaires et non-originaires de la Communauté européenne » – convient à la multiplication des opérateurs… Une situation n’est pas sans rappeler celle de la filière viande, qui défraie aujourd’hui la chronique, d’autant que les méthodes de production du miel chinois sont beaucoup moins réglementées qu’en Europe et que les OGM y sont autorisés. Dans un tel système, les industriels ont tout intérêt à maintenir le flou sur l’information donnée aux consommateurs, que ce soit sur l’origine du produit ou sur la présence d’OGM.

    La donne est toute autre pour une majorité des apiculteurs français, qui sont extérieurs à la filière industrielle. Plus de la moitié du miel produit en France est commercialisé en vente directe, à laquelle s’ajoutent les 20% de miel vendus dans des magasins spécialisés. En outre, les cultures OGM étant interdites, tout comme les essais en plein champ, les apiculteurs français peuvent faire valoir un miel exempt d’OGM. Et s’il y a contamination, l’engagement de l’Union européenne à garantir la possibilité de maintenir une double filière doit permettre de trouver les responsables. C’est justement un des arguments des organisations apicoles opposées à l’amendement de Bruxelles. En contournant l’étiquetage des OGM, la Commission prive les apiculteurs de règles claires pour assurer la coexistence entre une production de miel non-OGM et des cultures OGM. Les apiculteurs se sentent d’autant plus lésés que les cultures OGM vont généralement de paire avec les pesticides, leur deuxième grand combat. Depuis que l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a incriminé mi-janvier les néonicotinoïdes dans la mortalité des abeilles, l’Unaf réclame en particulier l’interdiction de ces insecticides en France. Extrait d'un article de Magali Reinert paru sur Novethic.fr

    VRAI ou FAUX ?   Lune de miel