mauvaise gestion

  • AREVA: un scandale de plus, que tous les citoyens français payent...

    L’Etat actionnaire ne souscrit pas de gaieté de cœur à l’augmentation de capital d’Areva, décidée sous le quinquennat de François Hollande pour sauver le groupe nucléaire au bord de la faillite.

    Peu avant l’annonce, mercredi 12 juillet, du versement immédiat d’une première tranche de 2 milliards d’euros, le ministre de l’économie et des finances a fustigé la gestion passée de l’entreprise. « Ce qui s’est passé chez Areva est proprement scandaleux », a souligné le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, dénonçant « la manière dont cette entreprise publique a été gérée et le coût que ça représente pour les finances publiques ». 

    Les conséquences de cette « gestion aussi indigente des deniers publics », selon M. Le Maire, sont particulièrement lourdes en période de disette budgétaire. Les besoins d’Areva, qui s’élèvent à 5 milliards d’euros au total, sont « supérieurs à l’intégralité des économies que le ministre des comptes publics doit trouver en 2017 pour nous ramener sous les 3 % [de déficit public par rapport au PIB] », a-t-il déclaré. Cette recapitalisation n’en reste pas moins, selon lui, « un jalon essentiel de l’exécution du plan de refondation de la filière nucléaire française ».
     
    L’Etat apportera 4,5 milliards d’argent frais aux différentes entités d’Areva – et 300 millions d’euros à ses actionnaires minoritaires, dont le fonds souverain du Koweit – dans le cadre de la restructuration de la filière.
     
    De son côté, EDF a bénéficié d’une augmentation de capital de 3 milliards d’euros de la part des pouvoirs publics. Outre les 2 milliards versés à Areva SA, qui est chargé de gérer les dossiers difficiles, comme la fin du ruineux chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto (Finlande), le gouvernement apportera 2,5 milliards à NewCo, la nouvelle société recentrée sur le cycle du combustible… (Source : LE MONDE ECONOMIE |   | Par  Jean-Michel Bezat)
     
    Pour rappel, en février 2015, Areva annonce des pertes provisoires au titre de l'année 2014 de 4,9 milliards d'euros. En février 2016, le groupe annonce à nouveau une lourde perte de 2 milliards d'euros en 2015, soit une perte globale de dix milliards d’euros en cinq ans ! 
     
    Les trois principales causes qui peuvent expliquer ces pertes sont les difficultés du chantier de réacteur EPR finlandais, de l'affaire UraMin et de la catastrophe de Fukushima.
     
    Cher le nucléaire ? Mais non. Demandez au contribuable français...
    Dangereux le nucléaire ? Mais non. Demandez aux russes et aux japonais...
     
     
  • Dexia - Belfius : amnésie collective des moutons...

    Les négociations sur le budget 2013 à peine entamées, voilà que le gouvernement pourrait aussi être amené à se repencher sur son budget 2012. Car un nouveau foyer d'inquiétude ressurgit : le groupe Dexia, franco-belge, qui devrait bien nécessiter une recapitalisation dans les prochaines semaines.

    La publication des résultats trimestriels de Dexia est attendue le 7 novembre. On devrait alors connaître le montant qui sera nécessaire pour la recapitaliser. Selon les chiffres qui circulent, il faudrait entre 5 et 7 milliards d'euros.

    Il s'agirait donc pour le fédéral de réinjecter des fonds dans ce holding dont il garantit les dettes à hauteur de 60,5% (pour 36,5% à la France et 3% au Luxembourg). Si le groupe venait à faire faillite et que ces garanties devaient être activées, ce seraient des dizaines de milliards que l'Etat belge serait amené à débourser.

    Pour rappel : "Lors du démantèlement du groupe franco-belge Dexia, l'Etat belge a repris Dexia Banque Belgique. La banque recherchait depuis lors un nouveau nom. Belfius faisait partie des vingt-cinq noms enregistrés ces dernières semaines auprès de l'Office Benelux de la propriété intellectuelle. "Cette annonce anticipée prouve la curiosité et l'intérêt des médias et du public dans ce changement de nom", indique une porte-parole. "C'est aussi la preuve que chacun se rend compte que la banque doit se défaire de son passé. C'est désormais ce que nous entendons faire." Dexia a retiré lundi les logos de son siège principal à Bruxelles.

    L'avantage suprême du changement de nom, c'est d'arriver à se construire un nouvel avenir au prix d'une petite amnésie collective. Les «valeurs» du passé s'avérant plus handicapantes que gratifiantes, autant faire table rase plutôt que de tenter de révaloriser une marque plombée de souvenirs encombrants. Et pour le même prix faire coller une nouvelle stratégie avec une nouvelle image. 

     (Article paru sur la rédaction en ligne Le Soir du mercredi 29 février 2012, 19:51).

    Et pourquoi, à nouveau, c'est l'état Belge (donc nous) qui devons éponger des dettes bancaires privées ? Pourquoi ne mettrions-nous pas Belfius en demeure de rembourser ces montants astronomiques, héritage assez récent de la mauvaise gestion bancaire de Dexia dont Belfius est issu ?

    C'est trop facile de redémarrer une activité bancaire sous un nouveau nom, avec le même personnel, et de laisser à l'état la partie pourrie des actifs foireux générés par une gestion irresponsable. Nous avons déjà suffisamment payé pour cette dette privée transformée en dette publique. Arrêtons d'être les dindons d'une farce qui commence à s'éterniser. D'autant plus que Belfius dégage certainement de très beaux bénéfices, comme toute banque qui (ne) se respecte (plus).

     

     

     

  • Restons optimistes...

    "Je raisonne en Investisseur. Pour moi, l'Etat n'a rien à faire avec la Finance. Et il n'aurait jamais dû mettre le premier doigt dans l'engrenage du "sauvetage" à tout va. Maintenant, c'est trop tard : le risque de faillite s'est déplacé des banques vers les Etats.

    Voyez-vous, mon point de vue est que les Etats-providence ont signé leur arrêt de mort le jour où ils ont décidé de venir en aide aux banques en employant des stratégies inefficaces : politique des taux bas et émission monétaire. Vous avez là le cocktail de choc pour gonfler la masse monétaire avec de l'argent-dette -- des promesses -- sans avoir aucune garantie quant au remboursement de toutes ces dettes !

    Dans la tête d'un banquier central, 1 $ de dette produit 1,5 $ de croissance. A ce rythme en effet, le remboursement ne devrait être qu'une simple formalité... en théorie. Mais voilà ce qu'il s'est passé en pratique : les banques centrales ont baissé les taux d'intérêt pour permettre aux banques de contracter des crédits sans entrave et irriguer l'économie d'argent virtuel. Manque de chance ou de flair, l'argent a inondé massivement les marchés des matières premières et les émergents -- peu ou pas l'économie réelle. Un coup pour rien.

    Puis elles ont lancé les fameux Quantitative Easing I et II -- assouplissements quantitatifs. La première passe consistait à sauver les banques, en leur proposant d'une part des crédits à taux ridicules pour éponger leurs bilans et d'autre part de récupérer leurs actifs pourris. Avec 1 700 milliards de dollars tout frais dans le circuit, les banques ont repris du poil de la bête -- mais les marchés ont très vite boudé la qualité des obligations émises par les Etats.

    Retournement de situation : le sauveur commence à regretter sa bravoure...

    Les banques centrales ont alors décidé d'imprimer encore plus de billets de manière à payer leurs dettes avec encore plus de dettes -- 1 000 milliards de plus pour le Quantitative Easing 2. Le résultat : ces milliards de dollars sont sortis de la planche à billets sur la seule bonne foi d'une reprise de l'économie... un jour ou l'autre. Le bilan de cette politique économique est simple : en 2010, les Etats-Unis ont connu une croissance de 2,9%. Le PIB américain a augmenté de 541 milliards de dollars.

    Cela signifie que 1 700 milliards de dettes (du QE1) ont permis de produire 541 Mds de croissance. Je vous épargne le calcul : 1 $ de croissance = 3,14 $ de dette. Je le répète, cette situation est intenable.

    Aujourd'hui, nos Etats sont au bord de la faillite, avec une dette astronomique 14 746 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis, avec un taux de chômage de 9,1% ! C'est ce qui a conduit l'agence Standard and Poor's à dégrader la note des Etats-Unis début août 2011 : fini le "triple A" ! Maintenant à qui le tour ?

    Sachant que le ratio d'endettement des pays du G20 est supérieur à 100% du PIB... que le taux de chômage en Europe tourne autour de 10% et que la croissance est en berne : pensez-vous que les Etats vont rembourser un jour ? Bien sûr que non ! Leur seule solution : laisser filer l'inflation... pour éponger les dettes.

    C'est là que s'achève l'histoire de l'Etat-providence sauveur des banques et des citoyens. Il va se faire oublier pendant un temps. Notamment de ses créditeurs qu'il ne remboursera pas -- et de tous les retraités qui vont payer l'addition. Eh oui... parce que cette opération va frapper plus particulièrement ceux qui n'ont pas de salaires ajustables... et qui ne sortiront pas dans la rue pour sauver leur pouvoir d'achat !"

    Extrait d'un article de Simone Wapler, qui travaille dans la presse financière depuis 10 ans.

    Depuis le passage à l'euro, notre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil, et les nouvelles mesures gouvernementales de taxation ne feront qu'accroître cet état de fait. Sans parler de l'inflation et de la hausse des prix des matières premières...

    Mais pourquoi donc les Etats ont-ils transformés des dettes privées (bancaires) en dettes publiques ? C'est donc dorénavant à vous et à moi de rembourser la mauvaise gestion des patrons des grandes institutions bancaires privées du pays ! Quant à ces patrons, qui n'ont jamais été inquiétés ni poursuivis en justice (pour mauvaise gestion), et dont les biens privés n'ont jamais été saisis (en garantie), continuent de sévir comme si rien ne s'était passé, et de s'octroyer des bonus immoraux, alors qu'ils sont en faillite...

    Tout cela est illogique. A moins que ce soient eux qui gouvernent le monde et que les membres de nos gouvernements ne soient que leurs marionnettes...

    Malgré tout cela, essayons de rester optimistes. Mais soyons vigilants et prêts à nous indigner. Et optons pour des solutions alternatives (petites banques aux pratiques saines et respectueuses).