manque de tannins

  • Dégustation du lundi 148

    Nouvelle dégustation au grand complet ce lundi soir, avec un premier vin à la robe dorée et au puissant nez, plaisant, sur des agrumes et du coing. La bouche est grasse, riche et sèche, sur du coing, de la poire et une note de violette, avec une finale chaude, sur de l'alcool. Assez classique. On pense à du Chenin, mais sans calcaire comme à Saumur ou en Touraine. Coteaux de Loire ? Non : Roche aux Moines 2009, Savennières de Damien Laureau.

    On passe aux rouges, avec un second flacon, à la robe claire. Le nez de latrines et de réduction du début, fait place à un nez de cerises après oxygénation. En bouche, un vin naturel évidemment, légèrement pétillant : un jus sans côté fruité et sans longueur. C'est gentil, sympa, facile et en légèreté : Clos de Rouge Gorge 2009, Jeunes Vignes, en Vin de Pays des Côtes Catalanes de Cyril Fhal à Latour de France. Le problème est cette fermentation carbonique qui gomme plein de trucs, bien qu'elle amène de la fraîcheur là où il n'y en a plus. Pas de lie, pas de tannins, c'est un vin, vite fait, de comptoir, qui se boit facilement. Et pourtant vivement conseillé par Olivier Labarde de La Part des Anges à Nice. Un vin naturel comme on les faisait il y a 3 ans. Pas terrible...

    Troisième flacon, à la robe noire et au nez sanguin, mûr, sur des fruits noirs. En bouche, c'est rond, mûr, charmeur, puis sur la réserve sur la fin : c'est retenu. Tandis que notre Maître à tous pense être sur un Morey-Saint Denis 2005, et que le plus grand de nous 5 jure être chez Sylvie Esmonin (Clos saint Jacques 2005 en Gevrey Chambertin), nous devons nous rendre à l'évidence : La Source 2008, Château Vignelaure en Coteaux d'Aix en Provence ! De Mette et Benot Sundstrom, les nouveaux propriétaires suédois de ce vignoble réputé. Le côté retenu étant dû au Carignan, selon nous...

    Quatrième flacon, à la robe foncée et au nez de Syrah, avec un côté herbacé (vendanges non éraflées) et des notes de café mûr. La bouche est surprenante, acide, avec un côté âpre et de la verdeur en finale. Le Clos 2006 d'Henri Milan en Baux de Provence, l'appellation la plus Bio de France avec Hauvette et Trévallon entre autres... Commercialisé en octobre 2010. On en a déjà bu de bien meilleurs...

    Cinquième bouteille, à la robe rubis évoluée et au beau nez classique bordelais, souple et rond. En bouche, on est sur un vin fait à l'ancienne et sur un petit millésime. C'est assez fluet et court : Château Ducru Beaucaillou 1993 en Saint Julien.

    La sixième bouteille est encore moins bien, avec une robe rubis, un nez classique lui aussi, mais avec une bouche insipide, à la sapidité nulle. Ce fût du vin... Et quel vin : Grand Vin de Léoville  du Marquis de Las Cases 1993 en Saint Julien également. Fort dommage.

    Septième flacon de la soirée, à la robe rubis foncé, et au nez de bordeaux classique boisé. En bouche, c'est sec, austère, marqué par le boisé, sans aucun fruité. Tout sur le bois : Château Clerc Millon 1996 en Pauillac. Triste à mourir, alors qu'on déguste un des 70 meilleurs châteaux bordelais (sur 5.000), dans un grand millésime !

    On acheva cette dégustation avec un dernier flacon à la robe rubis, au nez de vin naturel assez concentré, et sur une bouche de vin naturel, sur du fruit, avec de l'acidité et de l'alcool, mais sans ces tannins qui me manquent à chaque fois. Mais où est donc Ornicar, en Minervois 2010 du Domaine Jean Baptiste Senat. Pas terrible non plus...

    La suite lundi prochain. Qui vivra verra.