lundis

  • Dégustation du lundi 250

    250 ème dégustation du lundi, depuis que j'ai commencé à les reprendre sur ce blog, mais on ne doit pas être loin de la 650 ème puisque nous avons débuté ces dégustations du Clos il y a plus de 17 ans... Le 8 avril 1997 exactement.

    Peu importe le nombre de dégustations, ni le nombre de bouteilles dégustées. Ce lundi, c'était Saint Nicolas au Clos. Avec une nouvelle règle : celui dont le vin est jugé mauvais par 3 d'entre-nous passe sous la table. Sauf si c'est Un Clos. Trois sur cinq, c'est également le nombre minimum pour organiser une dégustation du Clos.

    A 5 pour cette dégustation d'hier soir, avec 10 flacons, l'un d'entre-nous en ayant amené 6...

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    Un blanc, 8 rouges et un moelleux, avec un premier vin à la robe paille et au nez d'élevage et de Chardonnay, sur de la noisette. En bouche, un cidre citronné, avec des notes d'argile. C'est frais, vert, et très salin, avec une amertume bien marquée. Assez costaud mais sans alcool, l'un d'entre-nous évoque un Chardonnay Jurassique, et c'est juste : La Tour de Curon Le Clos 2012 en Arbois de Bénédicte et Stéphane Tissot. Un Chardonnay 100%. On n'est pas sur un Curon normal avec cette amertume et ce manque de gourmandise habituelle, bien qu'on ne perçoive aucun défaut.

    Premier rouge à la robe grenadine et au nez parfumé en vin nature. En bouche, c'est exactement le style de vin que je n'apprécie pas du tout : un bête jus sans terroir ni typicité... Les autres ne pensent pas la même chose : léger, court, mais gai, petits fruits, petit côté perlant... Ils le trouvent agréable et évoquent Overnoy, Tissot, Ganevat, un Pinot Noir, un Poulsard ou encore Éric Pfifferling à Tavel... Poulsard 2011 DD de Bénédicte et Stéphane Tissot en Arbois. Une cuvée rare en hommage à son père André décédé.

    Second rouge à la robe noire et au nez pas très expressif, commun et boisé. En bouche, c'est simple, avec de l'alcool, du sucre résiduel et de la sécheresse en finale. Facile, neutre, banal. On élimine Pinot, Cabernet Sauvignon, Syrah et Merlot pour ce Clos Tupernay 2011 en Chinon du Château de Coulaine, en Cabernet Franc. Heureusement que c'est un Clos pour celui qui l'a amené...

    Le troisième rouge présente une robe foncée avec quelques notes d'évolution. Un fort bon nez sur la maturité, la fraîcheur et le fruit. La bouche est mûre et bien faite, bonne et classique, avec un côté réglisse marqué. On ressent la volonté de faire du bon vin, sans artifice. C'est sèveux, sur une belle structure, avec tout qui est en place, mais encore beaucoup trop jeune (7 à 12 ans pour certains) : Lafran Veyrolles 2000 en Longue Garde à Bandol. Ma dernière bouteille, que je termine ce soir, encore meilleure qu'hier soir... Magnifique !

    Le flacon suivant avec sa robe noire est très jeune. En bouche, certains évoquent un beau Gamay, moi une Syrah. C'est superbe, long, avec des notes de violettes en finale. Côté confiture sur un millésime chaud, mais trop jeune. Belle fraîcheur, mais avec de la sucrosité : La Baronne Les Chemins de Traverse 2013 en Corbières, de la Famille Lignères à Fontcouverte.

    Sixième bouteille déjà, à la robe foncée et à l'épouvantable nez de chou, puis de brûlé, malgré la carafe secouée... Le second nez est plus civilisé sur du pneu et de la réduction. En bouche, du massepain et des amandes, sur une belle matière, avec des noyaux, de l'amertume et des tannins mûrs. Il y a un peu de volatile et pas trop de fruits : Pinot Nero dell'Emilia 2011 Casé Riva Del Ciliegio.

    Le septième flacon de la soirée présente une robe évoluée et un nez sud sur de l'alcool et de la colle Pattex. Heureusement, la bouche est moins alcoolisée que le nez pouvait laisser supposer. Un peu de volatile en rétro, et on part vers le vinaigre (léger, mais cela ne partira plus), mais c'est un très bon vin. Bettane le botte en touche, mais pour nous, c'est top, bien qu'extrême. Finesse, racé et puissance : Métairies du Clos Vieilles Vignes 2001 en Pic Saint-Loup, en Coteaux du Languedoc.

    Le suivant, avec sa robe foncée et son nez de Gamay, présente une bouche de Beaujolais fruité, avec de la sécheresse en finale, en semi-carbonique. On se trompe : c'est très léger et sur le fruit mais on est en Syrah, qui passe difficilement après tout le reste... Améthyste 2013 du Domaine des Ardoisières en Vin des Allobroges sur le Coteau de Cevins.

    Dernier rouge, à la robe rubis foncé mais évoluée, au nez sur de l'alcool. En bouche, un joli retour, avec de l'alcool en finale et du sucre résiduel. On est sur une Syrah pure du Sud : Peyre Rose Clos Syrah Léone 2002 en Coteaux du Languedoc.

    On acheva cette longue soirée de dégustation avec une demi bouteille d'un vin à la robe Whisky et au nez aromatique sur du Muscat, avec peu de sucre et des notes de poire, de mangue et de fruits exotiques. En bouche, un faible degré d'alcool, sur de la poire caramélisée, bien mûre, mais un léger manque d'acidité. C'est anecdotique d'un grand terroir, fait dans la simplicité, sans aucune recherche, sauf celle du plaisir : Domaine de L'alliance 2011 en Sauternes de Valérie et Daniel Alibrand. Sauternes finement muscaté. Pas mal du tout.

    La suite des aventures du clos lundi prochain, si tout va bien.