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  • Dégustation du lundi 278

    Petite dégustation fort sympathique à 4 ce lundi soir, et à Uccle pour changer.

    Un vin blanc pour débuter les festivités au nez alsacien parfumé. En début de bouche, un peu perlant, du sucre résiduel qui s'efface en finale car le vin est vif et tranchant. Belle minéralité et fort belle longueur, de la tension et une acidité vachement impressionnante : Keller 2006 Riesling Trocken Westhofen Brunnenhäuschen Rheinhessen.

    On passe aux rouges - et pas facile après un tel blanc - à la robe foncée et à l'agréable nez multiple, varié, pas coincé, sur la finesse avec des notes de garrigue. En bouche, c'est animal et sauvage, sur du noyau de cerise et du réglisse en finale, avec de la fraîcheur. On hésite entre Grenache et Mourvèdre. L'un part en Languedoc, l'autre sur Faugères, et le troisième, me connaissant, sur Bandol : Domaine de la Bastide Blanche 1990 cuvée Estagnol à Bandol. 25 ans le gaillard !

    Le flacon suivant s'avère bouchonné. Dommage : Cornas 1994 de René Balthazar.

    Son remplaçant vite trouvé, vite débouché, présente un très beau nez assez massif sur les fruits noirs, les fruits rouges, la prune. En bouche, cela balance. Pas de bois, que des tannins. Il y a des notes de fruits, de café, un petit côté métallique, de l'élégance et de l'alcool, et des notes salines qui poussent à en reboire : Cornas "Les Vieilles Fontaines" 1996 d'Alain Voge. Densité, sapidité, une des plus grandes Syrah du Rhône, à ce qu'on dit...

    C'est alors qu'on repasse aux blancs avec un vin jaune, au nez de Jura, un peu bourru avec un côté cassonade. En bouche, de la noix. C'est frais, fluet, avec ce côté caricatural de cassonade, puis acidité et longueur. Un côté curry un peu lourd et moins d'harmonie et moins équilibré que le Tissot de la semaine passée, dans un millésime un peu mou. Non, 1991 ! Château Chalon 1991 Vin de Garde de Jean Macle dans le Jura.

    La dégustation de ce lundi aurait très bien pu s'arrêter là si certains n'avaient pas dégainé de nouvelles cartouches...

    On dégusta donc dans l'ordre, et le désordre :

    Une Cuvée de la Reine des Bois 1998 du Domaine de la Mordorée de Delorme, propriétaire récoltant, en Châteauneuf-du-Pape. Au nez abouti, envoûtant et magnifique sur une belle envolée de fruits bien mûrs et délicats : du bonheur ! 

    Le Blanc de Coume Majou 2013 de Luc Charlier en Côtes du Roussillon. 

    Un Madiran Montus 89 Cuvée Prestige. Pas très sexy.

    Un Domaine de La Grange des Pères 2000 Vin de Pays de l'Hérault.

    Et, pour finir, une mythique La Mouline 1990 en Côte Blonde Premier Cru de E. Guigal, partie en vrille et qu'on ne récupérera jamais.

     

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    Lundi prochain, encore un anniversaire à fêter, et aussi la découverte d'un Châteauneuf-du-Pape à dominante Syrah qu'un architecte de renom devrait amener... Qui vivra verra.

     

  • Dégustation du lundi 273

    Dégustation du Clos à 5, avec le thème difficile des conserves de poissons, après avoir goûté les vins. Et, étonnamment malgré le thème, un blanc et quatre rouges ce soir, pour mon plus grand plaisir.

    Le vin blanc, à la robe or très soutenu et au nez poivré sur de la pomme et du cidre. Pas de lourdeur ni de réduction en bouche : c'est propre, rafraîchissant sur de la pêche blanche et une finale sur la tranche de pomme. Finesse, acidité, jeunesse, très plaisant avec ses plusieurs degrés de lecture. Quand le chat n'est pas là, Riesling Nature 2012 du Domaine Rietsch en Alsace. Une bouteille expérimentale avec une petite carbo. Bravo.

    Premier vin rouge à la robe foncée et au nez mûr et compté sur des fruits noirs. Bonne bouche longue et puissante avec des notes végétales sans amertume et du réglisse, et de la fraîcheur. Domaine de l'Ile Margaux 2010 Grand Bordeaux supérieur. Une île de 1000 mètres sur 300, habitée par une personne, le vigneron, qui s'occupe de ses 14 hectares de vignes. Original.

    Second rouge, à la robe évoluée et au nez bordelais. En bouche, on est reparti sur un rive gauche 85/90, très Cabernet tout en finesse. Apprenant que nous n'étions pas à Bordeaux, on évoqua Bandol, Trévallon, Chinon et même Véga-Sicilia... Clos Rougeard 1997 Le Bourg en Saumur Champigny. Pas fiers... Très belle bouteille.

    Le suivant est noir et jeune de nez sur un cassis très brut. Belle matière et beau moelleux en bouche, sur des notes de myrtilles, de laurier, de menthol et de cumin. Un beau vin en devenir : Moulin des Costes 2011 Bandol. A attendre encore quelques années, mais déjà fort bon.

    Déjà le dernier flacon, à la robe noire également, et au nez sur des fruits noirs, puis de la confiture. L'attaque est moelleuse, et la finale plus virile, sur le réglisse. C'est libre, ouvert et très beau, avec une salinité en fin de bouche, mais aussi de l'alcool. La Cuvée du Papet 2005, Clos du Mont Olivier, en Châteauneuf-du-Pape.

     

    Des Sardines Millésimées de plusieurs marques et années, du Thon Blanc à l'Huile d'Olive extra-vierge, de la Brandade de Morue, de la Soupe de Poissons de Roches et Rouille du Pêcheur (de la Conserverie du Bec Fin de Cogolin), du pain maison et des croûtons poêles à l'huile d'olive et frottés à l'ail violet de Provence clôturèrent cette belle dégustation.

    Lundi prochain, pose des filets sur le vignoble afin d'éviter la mésaventure de 2014 (les oiseaux avaient tout mangé, et donc ni vendanges, ni vin !).

     

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  • Dégustation du lundi 260

    Ceps taillés ce lundi dans le vignoble (merci Polo) et 2 anniversaires à fêter pour cette 260ème dégustation à l'aveugle du Clos, exceptionnellement à 5 + 3 invités.

    Après avoir dégusté un cabernet sauvignon vinifié par nous en 1998 (premier essai de vinification), qui se goûte encore fort bien, on entama la soirée avec un vin à la robe rubis clair, et au nez de petits fruits rouges qui pinotent. En bouche, c'est fruité avec des notes de rafle, mais c'est rond, mûr et long, et stylé à l'ancienne : Clos des Vignes du Mayne, Cuvée Auguste 2009, Bourgogne de Julien Guillot. Un vin du nord mâconnais, en biodynamie depuis 1998.

    Etrangement, on passe alors aux blancs avec un premier flacon à la robe claire et au nez de pêche de vignes. En bouche, des notes d'agrumes, une fort belle acidité et un beau vin de soif. On évoque la Rousette et c'est de l'Altesse : Argile Blanc 2013 du Domaine des Ardoisières, en Vin des Allobroges de B. Omont à Saint Pierre de Soucy (en Bio).

    Le second blanc présente une robe paille et un fort beau nez de pierre à fusil et d'abricot mûr du sud. La bouche est très minérale, puissante, sur des notes de beurre noisette et avec un beau côté salin. C'est fort beau mais un peu lourd et fatiguant pour certains : Bananti Pietramarina Etna 2004 en Bianco Superiore, Sicilia.

    On repasse aux rouges avec une bouteille au nez bourguignon avec une petite charge boisée. La bouche est assez classe, mais aussi assez marquée par l'élevage, ce qui nous plaît moins : Fixin 1er Cru Clos Napoléon 2010 en Monopole, Grand Vin de Bourgogne du Domaine Pierre Gelin.

    Si je lis les commentaires laissés il y a un an sur le site La Passion du Vin à propos du flacon suivant, cela donne ceci : "La robe est foncée, le disque légèrement tuilé. Le nez riche sur la cerise griotte très très complexe avec un coté viande mais pas gibier, un coté 4 épices. L'attaque en bouche est équilibrée, ronde, presque suave et les tanins sont d'une exceptionnelle douceur, très ronds. Le coté un peu viril du mourvèdre a totalement disparu ce vin est tout en finesse. La finale est enlevée avec une belle tension presque agrume. Superbe vin." C'est beaucoup plus juste que ce que j'ai entendu (trop riche, trop boisé, pas assez de finesse, servi trop chaud, au suivant). Ce magnifique flacon fût achevé entre connaisseurs et en gagnant encore à l'aération : Pibarnon 2000 à Bandol.

    Le vin suivant est noir et présente un nez chimique (pour moi). Il y a de l'alcool, de la colle au scotch et un volatile assez élevé. Par contre, la bouche est fort belle, sur une magnifique matière. C'est très concentré, mais il gagne à l'aération : Pour mon Père 2013 du Domaine de Gaure en Vin de France. Un vin nature (Carignan 55%, Syrah 30%, Grenache 5% et Mourvèdre 10%).

    On passe rapidement sur les 3 flacons suivants : Matsu El Recio 2011 Toro Tinto, Espagne (boisé, réglisse et vanille : pas bon du tout), Château Laroque 2009 en Saint Emilion Grand Cru (terrifiant, boisé, fluet, sans longueur) et Tre Vie Vino Rosso Italia (volatile, perlant, trop sucré, simpliste et pas très complexe).

    La soirée s'acheva sur un Champagne au nez à dominante de Pinot noir. La bouche est moins vineuse que ne le présageait le nez. Il manque un peu d'ampleur, est posé, assez vieux mais reste sec en finale : Champagne Brut Nature 2006 de Louis Roederer. 2/3 Pinot Noir et 1/3 Chardonnay pour cette bouteille mise en valeur par Starck.

    Je trouve que nous avons été fort durs ce soir. Lundi prochain, retour de l'autre P-Y avec une bouteille de rouge et une demi bouteille de moelleux pour chacun. Qui vivra verra.

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  • Dégustation du Clos 254

    Seconde dégustation de 2015 au Clos, à 4, ce lundi soir. Les fêtes sont passées et on revient à plus de normalité et moins d'abus. Avec un vin à la robe rubis très clair et au nez de framboise, puis de vieux bourgogne qui pinote. La bouche est légère et maigre en alcool, en matière et en fruits aussi. Mais le vin est propre et sans défaut : Le Clos de Rouge-Cloître 2013 Auderghem Belgique. C'était un petit millésime.

    Le second flacon présente une robe noire et un nez de beau fruit vif, avenant et engageant. En bouche, un mauvais rouge de Loire avec de l'élevage avec un petit côté Marionnet. Il y a un côté primeur, léger et plaisant, mais aussi des tannins embêtants : Le Rocher des Violettes 2012, Côt Vieilles Vignes en Touraine de Xavier Weisskopf.

    Le flacon suivant n'est pas mieux, avec sa robe noire évoluée, son nez peu commun et sa bouche d'acidité, de vieux fût, d'alcool, de fraîcheur, et de sécheresse en finale. Beaucoup trop astringent : Bucephale 2007 Xinomavro du Domaine Ligas en Macédoine, Grèce. En bio.

    On passe ensuite à un vin à la robe claire et au nez de vin nature. La bouche est nature aussi, et perlante. Ce que j'appelle un bon jus. Les autres raffolent : il balance bien, il se boit bien, on évoque le sud, Anglore, Meyer en Alsace, on lui trouve des notes pinotées, on évoque le Jura, la Savoie, la Bourgogne, avant d'arriver en Beaujolais : Régnié 2012 Beaujolais de Christian Ducroux en vin biologique (Demeter). Un vieux vigneron pur et dur depuis des lustres qui utilise son cheval dans les vignes. Ils ont adoré. Moi beaucoup moins... Chacun ses goûts !

    On termina la soirée avec un dernier flacon à la robe noire et au nez sanguin sur des fruits mûrs, quasi un melon au Porto. En bouche, c'est bon mais certains notent un excès de maîtrise. Beaucoup de fruits, d'alcool, de chocolat, de Kirsch, avec de la longueur et des tannins enrobés. Certains évoquent Trévallon ou Véga alors que je suis plutôt sur Châteauneuf. Belle matière, beau grain, alcool enrobé. C'est très beau. Réserve des Vieilles Vignes 2005 en Châteauneuf-du-Pape du Domaine Roger Perrin. La suite des aventures du Clos dans 2 semaines, un imprévu gastronomique empêchant votre chroniqueur préféré d'être présent lundi prochain au Clos.

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  • Les règles appliquées lors des futures dégustations du Clos...

    Afin que ce soit écrit quelque part et que personne ne puisse les renier sous un quelconque prétexte, voici les règles qui sont d'application lors de nos dégustations du lundi soir :

    1. Trois membres présents sur cinq, c'est le nombre minimum pour organiser une dégustation du Clos.
    2. Celui qui casse un verre en commande 6 nouveaux, identiques.
    3. Celui dont le vin est jugé mauvais par 3 d'entre-nous passe sous la table (dans sa longueur). Sauf si c'est Un Clos. 
    4. Personne ne peut amener un Clos deux fois de suite.
    5. S'il y a une bouteille bouchonnée, il ne se passe rien pour celui qui l'a amené. S'il y en a deux lors de la même soirée, ceux qui les ont amené passent sous la table.
    6. Si quelqu'un a eu une bouteille bouchonnée lors de la dégustation précédente, et qu'il en a encore une le lundi suivant, il passe sous la table.

    Seuls les points repris ci-dessus sont d'application pour les dégustations à l'aveugle organisées tous les lundis au Clos. Cette liste de points pourra évoluer et être complétée et adaptée à tout moment. Elles ont pour unique but d'encore améliorer le niveau et la qualité des vins proposés par chacun.

  • Dégustation du lundi 252

    Dernière dégustation du Clos pour 2014 ce lundi soir, à 4. A fêter, avec pour commencer un vin blanc à la robe claire et au nez serré, classique, sur du Chardonnay. La bouche est grasse, citronnée, avec des notes d'élevage fondu et une belle fraîcheur. Il y a de la puissance, de la tension et de la minéralité : Meursault Clos des Bouchères 2011 Monopole du Domaine Roulot. C'est le premier millésime travaillé par Jean-Marc Roulot (très connu pour ses grands vins blancs de Meursault) sur cette parcelle qu'il vient d'acquérir. 2011, en Bourgogne, est un millésime qu'il faut snober, et plutôt acheter 2008/2009 et 2010.

    Le second blanc présente une robe jaune, et un nez de vin nature sur du pain grillé, du foin et un côté perlant. En bouche, une certaine richesse, mais aussi de la vivacité. Il est moins racé que le précédent, mais plus complexe, avec son petit côté Cantillon, et la fraîcheur apportée par le perlant : Clos Champ Bernard, Savagnin 2011, de Jean-François Ganevat. Un Savagnin vert, dans le Jura, dont on ignorait l'existence...

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    On passe aux rouges, avec 3 bouteilles servies en même temps, et présentant la même robe rubis clair. Le nez du premier est sur les tomates confites et la ratatouille, celui du second est plus floral, avec des fruits noirs plus marqués, celui du troisième est toasté, fumé, sur des notes de soufre d'allumettes juste éteintes.

    En bouche, le premier est classique, sur une finale de cerises croquantes et de noyaux de cerises (amertume). Le second est encore plus sur le fruit, avec de l'alcool et des tannins plus présents mais pas dérangeants. Le troisième est énigmatique, viandeux, avec de la réduction.

    Les trois bouteilles proviennent du même vigneron, sur la même parcelle et dans 3 millésimes différents, et c'est fort intéressant : Clos des Porrets St-Georges, Monopole en Nuits-St-Georges d'Henri Gouges, en 2007, 2009 et 2010. Le 2009 est le favori de 3 d'entre-nous, tout en dentelle.

    La sixième bouteille de la soirée et le quatrième rouge, est noir de robe.Le nez est très beau, directement dans le fruit, mûr, noir et sur du noyau. En bouche, on repart sur la finesse et l'élégance, avec des tannins bien enrobés qui portent le vin. Il n'y a pas de sucre. C'est le travail d'un bon vigneron dans un bon millésime, avec le parti pris de bien faire. L'un est sur une Syrah, l'autre sur une Grenache pour ce Muntada 2011 en Côtes de Roussillon Villages du Domaine Gauby. J'avais annoncé 30% de Grenache, 30% de Syrah, 30% de Carignan et 10 % de Mourvèdre, mais en fait, pour cette cuvée, on est à 45% de Grenache noir, 45% de Carignan, 5% de Mourvèdre et 5% Syrah. Très beau flacon.

    On termina la dégustation avec un vin moelleux de circonstance, à la robe dorée et au fort beau nez. Par contre, en bouche, c'est pas mal, mais on ne s'envole pas : le goût est bon, le côté Corinthe précis, mais décevant au niveau de la sucrosité, un peu aqueux, manque de gnac, flagada et banal : Gewurtztraminer Grains Nobles 1989 de Trimbach en Alsace.

    La prochaine dégustation du Clos en 2015, lundi prochain. Qui vivra verra ! En attendant, bonnes fêtes de fin d'année à tous !

  • Dégustation du lundi 248

    Elles se suivent et ne se ressemblent pas : nouvelle dégustation du Clos à 5, ce lundi soir, avec 4 blancs (ils veulent me tuer), un faux rouge (je veux les tuer) et 3 vrais rouges.

    Pour éviter d'être trop long, j'irai à l'essentiel dans les commentaires de dégustation. La robe est claire pour les 4 vins blancs : ce sera le seul point commun.

    Le premier offre un nez de pamplemousse qui fait penser à un Sauvignon de chez Dagueneau, bien que le second nez semble plus coincé. La bouche, toujours sur le pamplemousse, est très verte sur l'acidité. Belle vivacité et côté salin qui donne envie de boire : Blanc Fumé de Pouilly 2010 du Domaine Didier Dagueneau. Celui qui avait dit qu'il passerait sous la table dans sa longueur si c'était un Dagueneau l'a fait, en jurant sur Benjamin.

    Le second présente un nez de Gueuze, et certains pensent à un Savagnin de Ganevat, alors que moi je suis en Loire sur du Chenin. La bouche est perlante, assez tendue, avec une belle amertume : Chenin "Les Noëls de Montbenault" 2010 en vin de France (Anjou), déjà dégusté la semaine passée. Il nous a semblé plus fumé et moins minéral, avec un peu de foin. Comme quoi, d'une semaine à l'autre...

    Le troisième, avec son nez ouvert, frais et plaisant sur des pâtes de fruits est fort aromatique. En bouche, c'est huileux, un peu lourd, avec un manque d'acidité. Mais c'est long, sur des lychees et des bonbons au miel, et de l'alcool, mais sans chaleur : Quartz 2012 du Domaine des Ardoisières, Allobroges IGP dans le Cervin en Savoie. Un vignoble reconstitué en 1998 sur des pentes à 70% pour faire un vrai vin savoyard, comme autrefois... Les petites cuvées du Domaine sont plus vives.

     

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    Le quatrième et dernier blanc présente un nez classique de Chardonnay, sur de l'élevage et du citron, avec une fort belle bouche, avec de la tension, de la fraîcheur sur des agrumes : c'est un super Chardonnay fait par un tout grand vigneron. Puligny Montrachet 1er Cru Les Referts 2011 en Grand vin de Bourgogne par Arnaud Ante dont on avait beaucoup moins apprécié le Meursault 2011 la semaine passée. Ce vin, produit à 623 bouteilles, est incontestablement une toute grande bouteille.

    On passe aux rouges, et 20 novembre oblige, j'ai décidé de proposer comme mise en bouche un Beaujolais nouveau. Ce vin, vraiment décrit comme magnifique et sur le fruit par le caviste qui me l'a vendu, suite à ma demande d'un tout bon Beaujolais, ne restera pas dans nos mémoires (comme le caviste, d'ailleurs). Nez de banane, bouche de banane : tout ce qui a dénaturé le Beaujolais est dans cette bouteille... On ne l'a jamais bu, mais on a déjà vu des japonais se baigner dedans : Beaujolais Villages Nouveau 2014 du Château de Durette.

    Reste 3 vrais rouges, et les choses sérieuses peuvent commencer :

    Le premier, à la robe foncée, présente un nez de vin nature, avec une petite réduction, assez complexe. En bouche, un côté fumé, soyeux, délicat et gourmand, sur du noyau de cerises. On part dans tous les sens, tant ce vin fait voyager : je suis sur un vrai Gamay, d'autres sur un Pinot noir et d'autres encore sur une Syrah poivrée...Trousseau Amphore 2013 de Bénédicte et Stéphane Tissot en Arbois. Après une heure d'aération, arrivent des notes de bourgeons de sapin alpin.

    Le second, à la robe noire, a un nez séduisant, doux et frais. Je ne sais plus pourquoi j'ai noté "tirer sur un lapin en plein vol"... En bouche, c'est riche et exubérant, très sanguin, magnifiquement rond, avec une fort belle attaque de Grenache, de la gourmandise et de la finesse dans la chaleur de l'alcool. Domaine de la Janasse "Chaupin" 2010 en Châteauneuf-du-Pape. 15°5 quand même...

    Le troisième rouge et huitième flacon de la soirée présente également une robe noire et un nez mûr, concentré, avec un peu de boisé. En bouche, le fruit reste frais même s'il est confituré. C'est propre, lisse et bien fait : Une Autre Route "J'ai mauvaise réputation" 2011 en Corbières. La suite lundi prochain.

     

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  • Dégustation du lundi 205...

    Et voilà, bientôt la rentrée, y compris pour le Clos, qui sera au grand complet dès lundi prochain. En attendant, une première dégustation de reprise, à 5.

    Le premier vin dégusté à l'aveugle présente une robe légère, et un nez assez discret d'alcool et de chaleur. En bouche, un bon petit vin, malgré une température de service beaucoup trop élevée, qui fait ressortir l'alcool, la sucrosité et le côté chaud d'un vin manquant de construction. Réserve du Père Maurice Pinot Noir de Salquenen 2010 en AOC Valais.

    Le second vin, Les Calcinaires 2008 de Gauby s'avéra tout à fait bouchonné. Dommage.

    Heureusement, le troisième vin répond à nos attentes : robe foncée, très beau nez et, en bouche, une fort belle matière bien mûre, ronde et souple, lactée et gourmande, sur un vrai fruit. Des fruits noirs mûrs, mais pas confits, ni cuits, et de beaux tannins. Domaine Gauby (un hasard) 2009 en Vieilles Vignes, Côtes de Roussillon Villages. Il titre 14,5° et on ne les sent pas grâce à sa fort belle fraîcheur.

    Déjà la dernière bouteille de la soirée, à la robe encore plus claire que la première, et au nez sur des petits fruits croquants. En bouche, les mêmes petits fruits croquants. C'est fort sympathique et agréable : Poulsard Vieilles Vignes 2011 en Arbois de Bénédicte et Stéphane Tissot dans le Jura.

    La suite des aventures du Clos lundi prochain, pour la reprise officielle.

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  • Dégustation du lundi (5)

    Ce lundi, c'était chez moi, nos 2 compères étant toujours en Loire, à vendanger un vignoble biodynamique... Aux premiers échos, le millésime 2006 ne sera pas terrible. Bref, 3 bouteilles à l'aveugle à 3, exceptionnellement accompagnées d'un poulet frites béarnaise (rassurez-vous : du vrai petit poulet de Bruxelles, de vrais frites, et une vraie béarnaise maison). Le premier vin, acheté chez Delhaize, un Sangiovese Liano 2003 d'Umberto Cesari (cabernet sauvignon) en Toscane, fût découvert. Assez primaire, pas trop de finesse et beaucoup d'alcool (13°5), bien que rond et agréable. Le second, un château Labégorce Zédé 2003 également, en Margaux, fût lui aussi découvert par le plus fort d'entre nous ! Chapeau bas ! Tout à fait autre chose, plus de classe et de longueur : un bel élevage. Quant au 3ème, nous l'avons tout de suite situé en rive droite à Bordeaux (c'est-à-dire Saint Emilion ou Pomerol) sans pouvoir donner le millésime, un léger goût de bouchon naissant nous compliquant la tâche... Puis, à force de goûter, humer, sentir, observer, et faire vibrer toutes nos papilles gustatives, ce 3ème vin fût également découvert : Château Cheval Blanc 1989, 1er grand cru classé de St Emilon, offert pour l'anniversaire de l'un d'entre nous. Superbe bouteille, impayable, et fort appréciée malgré son petit défaut. Ceci pour vous dire que le vin, et ses terroirs, sont une source inépuisable de goûts et de senteurs et de robes différents. Et il est primordial de conserver cette diversité. C'est un réel plaisir que de tenter de découvrir, par son expérience, la provenance, le cépage et le millésime d'un vin servi à l'aveugle, et qui peut provenir de n'importe où dans le monde !

  • Dégustation du lundi...

    Comme tous les lundis soirs depuis 9 ans et demi, nous avons fait une petite dégustation à l'aveugle. C'est pas mal de faire cela le lundi, car c'est une soirée lors de laquelle on ne fait rien : on récupère du week-end ! Et bien, nous, on s'est trouvé une petite occupation pour cette soirée creuse. Et il faut bien avouer qu'avec 4 à 8 bouteilles dégustées à 5 chaque lundi, soit plus ou moins 3.100 flacons depuis le début, on commence à s'y connaître en vins ! C'est assez rare, mais il arrive qu'on retrouve la région, le cépage, le château et le millésime ! Mais il arrive aussi qu'on soit à 20.000 Km, et 10 ans trop jeune... On a eu une époque grands crus classés bordelais et bourguignons, une époque vins du monde, une époque petits vins pas chers, une époque vins bio et biodynamiques, des époques de mélange absolus, et d'autres par thème. Aujourd'hui, nous avons dégusté 5 Gaillac (2 blancs et 3 rouges). Région et appellation méconnues pour la plupart d'entre nous, sauf de celui qui avait amené les bouteilles, suite à un séjour dans le coin. Le meilleur fût un rouge de Robert Plageoles et Fils, pas trop concentré ni boisé comme la plupart de ses voisins, avec un très beau fruit et de la longueur. Il est toujours amusant de remarquer comment le même cépage, planté sur le même sol, à quelques centaines de mètres de distance, peut donner des vins si différents les uns des autres... Comme quoi, les traitements et la vinification modifient tout le produit de base. Et Plageoles, justement, est très respectueux de la nature, et cela se goûte...