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  • CETA et le petit village gaulois...

    L'Europe entière était prête à signer très prochainement ce grand traité commercial entre le Canada et l'Europe. Toute l'Europe sauf un petit village gaulois : la Wallonie.

    La majorité des européens et des canadiens ne savent même pas où se situe la Wallonie. C'est marrant. Et une très bonne chose.

    Il serait peut-être temps que les pouvoirs publics, nationaux et européens, expliquent clairement ce qu'est ce CETA avant d'engager toute la population européenne dans des accords négociés secrètement avec les multinationales (et leur puissant lobbying) et les pouvoirs publics canadiens.

    Il faudrait dresser une longue liste des avantages (il doit y en avoir) et des inconvénients (il y en a certainement), et de la soumettre à la population, avant de décider et de signer.

    Personnellement, sur ce blog, je m'intéresse au goût des aliments, à la protection des terroirs, à une alimentation de qualité locale et de saison, et évidemment Bio. Je lutte contre la malbouffe, l'uniformisation du goût imposé par les multinationales agro-alimentaires, et aussi contre les aliments "morts" (ne contenant plus les nutriments nécessaires et essentiels à la bonne santé du consommateur) de l'agriculture et de l'élevage intensifs.

    Qu'adviendra-t-il du dernier producteur de fromage de Herve au lait cru pourchassé par l'AFSCA (dont la bible est le Codex Alimentarus, rédigé par les multinationales agro-alimentaires) et protégé par SLOW FOOD?

    C'est juste cela que je souhaite savoir. Si quelqu'un peut me répondre...

    L'autre point qui m'interpelle, c'est le fait qu'une entreprise puisse attaquer l'état belge pour entrave au libre échange (ou commerce) et que ce soit des juges qui n'en sont pas qui arbitrent les litiges... 

    Si ce traité était bien ficelé, les litiges ne devraient pas exister.

    Pour rappel, le Canada qui a signé un traité avec les Etats-Unis, semblable au traité transatlantique (qui a heureusement du plomb dans l'aile) a perdu 98% des litiges avec les multinationales américaines, et a dû payer des amendes énormes et adapter sa législation (en moins bien).

    Est-ce cela qui attend l'Europe et les différents pays qui la constituent ? si quelqu'un peut me répondre...

    Bref, beaucoup plus de clarté et de transparence et moins d'accords secrets et de négociations opaques sont aujourd'hui essentiels avant d'engager les générations européennes futures à vie. Et un traité rendu public, en français et en néerlandais, Belgique oblige...

  • L'heure des choix de société...

    Mes amis, l'heure est grave et personne n'en parle...

    Imaginez un seul instant qu'Herman Van Rompuy, Président Permanent du Conseil européen, et José Manuel Baroso, Président de la Commission européenne ont signé avec Obama un accord d'entamer des négociations sur ce Traité en février 2013, alors qu'ils n'avaient pas le mandat pour le faire.

    Imaginez ensuite que les 27 gouvernements européens ont, 4 mois plus tard, accepté de lancer les négociations de ce Traité Transatlantique, sans aucun mandat des élus, ni du peuple. 

    Imaginez enfin Karel de Gucht, notre ancien ministre des Affaires Etrangères (qui a tellement fait parler de lui à l'époque, surtout en Afrique, et qui fait encore parler de lui aujourd'hui pour fraude fiscale, selon Belga) est le Commissaire européen occupé à discuter (en secret) de ce fameux futur Traité Transatlantique avec les américains. Traité dont personne ne veut, et pour cause : il engage des choix de société.

    Ce Traité Transatlantique touche tous les domaines (eau, santé, transports, énergie, recherche, sécurité sociale, enseignement et alimentation) et va provoquer un séisme social, économique et environnemental. Il vise à remplacer les pouvoirs publics par un pouvoir des banques et des multinationales. Il vise à supprimer toutes les lois et normes protégeant, en Europe, le citoyen au profit des multinationales agro-alimentaires et autres, qui n'auront plu aucune règle ou norme à respecter.

    Mieux encore : elles pourront attaquer chaque état, région, ville ou commune qui poserait des entraves à leur commerce et leurs bénéfices. Et pas en justice, on l'oublie la justice : un groupe d'arbitrage privé se chargera de décider s'il y a entrave au commerce ou pas ! Exemple : la firme chimique américaine Ethyl a poursuivi le Canada pour une loi de 1997 interdisant un additif qui rend le diesel plus performant. Cet additif contient du manganèse, qui est neurotoxique. Le Canada a du payer 13 millions $ de compensations à Ethyl et abroger sa loi...

    Je vous laisse imaginer ce qu'il va se passer avec notre le refus des OGM, celui du bœuf traité aux hormones de croissance, des poulets chlorés, des carcasses traitées à l’acide lactique, des porcs traités à la ractopamine (additif chimique qui rend la viande plus maigre, interdit dans 150 Etats)...

    Les négociations devraient durer jusqu’en 2015. Ensuite, le résultat sera soumis à l’accord des 28 gouvernements. L’incertitude demeure sur la question de savoir s’il sera soumis à la ratification des parlements nationaux. Mais il est certain que le Parlement européen devra se prononcer, car il a désormais le pouvoir de l’approuver ou de le rejeter. Ce sera le Parlement européen que nous allons élire le 25 mai prochain. D’où l’importance de cette élection. Et la nécessité d’interpeler les candidats sur leur vote futur lorsqu’ils auront à se prononcer sur ce fameux Traité Transatlantique. Terriens, il est vraiment temps d'agir...

    Pour en savoir plus, lisez les conclusions de l’agroéconomiste Jacques Berthelot, ou écoutez la conférence de Raoul Marc Jennar sur Youtube.

  • Accord de libre échange avec les USA : Un mandat bien trop large donné à la Commission

    Une triste majorité du Parlement Européen composée de sociaux démocrates, de libéraux et des conservateurs a voté ce jeudi un texte donnant mandat à la Commission Européenne dans la négociation d’un accord de libre échange avec les USA. Le Président Obama lui-même dit explicitement de cet accord "qu’il renforcera le pouvoir des multinationales" par la possibilité qu’il leur donnera d’attaquer directement les gouvernements mettant en place des législations susceptibles d’entraver leurs bénéfices. Il permettrait, par exemple, de condamner en justice les états qui mettraient en place un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste ou la culture des OGM. 

    Le vote de ce jour est donc un mauvais signal : l’UE se retrouve en position d’infériorité face aux USA qui défendent bien mieux leurs intérêts et ne croient pas dogmatiquement comme la Commission européenne aux vertus du seul libre échange. Pire, le commerce transatlantique des biens étant déjà libéralisé, ce sont les droits, les acquis, la propriété intellectuelle, les normes sociales et environnementales qui vont être négociées et a propos desquels le Commissaire De Gucht a déclaré que "tout´était sur la table".

    Certes nous avons gagné quelques amendements comme sur l’exclusion de la culture et des services audiovisuels, ce qui est une excellente nouvelle et c’est la preuve que la mobilisation citoyenne est payante. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Rappelons que ce texte n’est qu un mandat, une recommandation non contraignante du Parlement Européen envers la Commission, pour une négociation qui durera plusieurs années.

    La mobilisation ne fait que commencer. On est encore loin du (non) consentement que le Parlement Européen aura à donner au terme de cette négociation. (Source : web4.ecolo.be)

    Donner ainsi les pleins pouvoirs de négociations à Barroso est fort dangereux. Pour pouvoir contrer les points les plus délicats et non négociables de ce futur accord de libre échange entre l'Europe et les USA, il faudra être certain d'élire les bons parlementaires européens lors des prochaines élections. Des parlementaires honnêtes qui ne se laisseront pas corrompre par les lobbies des multinationales, prêtes à tout pour accroître leur main-mise sur la législation en vue de bénéfices toujours plus colossaux.