locavores

  • Locavore : le retour aux sources...

    Romuald, Fanny et leurs trois enfants, installés dans leur maison tout en bois à Ivry-sur-Seine (94), boycottent le supermarché. Fi des intermédiaires qui essorent les producteurs, des pommes du Chili insipides, des tomates d'Espagne qui n'ont jamais vu la terre. Pour remplir le cabas familial, et nourrir sainement le petit Arthur, décision a été prise de réduire la distance producteur-consommateur en privilégiant les «circuits courts». Les fruits et légumes, c'est facile. Ils passent par l'Amap (Association pour le maintien de l'agriculture paysanne) du secteur, qui travaille avec un maraîcher installé à Provins (77). Pour la viande et les laitages, il a fallu étendre le champ d'exploration et prendre contact avec le Groupement d'agriculteurs biologiques de la Manche, qui vient les livrer tous les vendredis midi. Manger local, ou presque, c'est donc possible. Et très en vogue. Mêlant considérations écologiques (le fameux bilan carbone), économiques (moins il y a d'intermédiaires, plus les coûts sont limités) et gustatives (qui dit proche dit frais), les «locavores» d'Ile-de-France marchent dans les pas de leurs cousins américains (www.locavores.com) qui refusent d'ingurgiter des aliments ayant parcouru plus de 100 miles (environ 160 km). Pour s'en convaincre il suffit d'aller flâner sur les marchés de Paris et de banlieue (huppée). Les maraîchers s'y repèrent de loin, à la queue qui s'allonge devant leurs choux et leurs panais. Pas forcément bio, mais toujours frais de la veille ou du matin. C'est cet appétit de plus en plus partagé pour les «petits producteurs locaux» qui a érigé Joël Thiébault en vedette des médias. Pionnier de la livraison de paniers de légumes frais, il fait naître sur sa «petite»exploitation de Carrières-sur-Seine (78) - 22 hectares tout de même ! - des tomates andines cornues et des blettes multicolores qui alimentent les plus belles tables parisiennes... et les conversations des dîners mondains. L'enthousiasme est tel que le big business s'est saisi de l'affaire. Cinq grands restaurants d'hôtels parisiens, tous membres du groupe Starwood (hôtels Westin, Méridien...), proposent ainsi un menu «100% local» depuis mi-octobre, du brie de Meaux au chardonnay de Suresnes (92). Joli coup marketing. Si c'est possible à Paris, ce l'est aussi à Bruxelles. Les livraisons de paniers hebdomadaires en direct des exploitations agricoles proches existent : il suffit de se renseigner. C'est moins cher, plus frais, meilleur, et si, en plus, c'est bio, alors c'est aussi plus sain, encore meilleur et moins polluant. On a tout à y gagner. Terriens, il est temps d'agir...