legislation europeenne

  • Légumes et fruits d'antan...

    Si les anciennes variétés de légumes retrouvent peu à peu la cote en Belgique et en France, c'est seulement dû à l'entêtement de quelques passionnés. "Semailles" est une petite entreprise belge qui commercialisa des graines achetées en France puis, petit à petit, produites ici, de façon biologique. Aujourd'hui, le catalogue de "Semailles" propose un peu plus de 450 variétés ! Ils cultivent ainsi des variétés savoureuses, rustiques et adaptées à notre terroir comme le haricot Roi des Belges, le poireau Gros vert de Huy ou la laitue blonde de Laeken. Bien sûr, ils font ce travail pour en vivre, mais surtout pour sauvegarder la biodiversité de ce patrimoine qui est menacée. De très nombreuses variétés ont disparu. La cause : la législation ! Le commerce des semences potagères dépend d'une réglementation européenne: seules peuvent être vendues les variétés inscrites dans le "Catalogue européen" ! Tous les 20 ans, les variétés qui n'ont pas été réinscrites en sont retirées. Or, ces procédures d'inscription et de réinscription coûtent très cher : seules les grandes sociétés semencières en ont les moyens ! Conséquence logique de cette situation : si le catalogue connaît des renouvellements réguliers, c'est par l'introduction de créations variétales hybrides. Mais de nombreuses variétés anciennes n'ont, pour leur part, pas été réinscrites en raison de leur moindre rentabilité. Ne pouvant plus être commercialisées, elles sont donc en quelque sorte condamnées à disparaître ! Très peu de jardiniers amateurs produisent encore leurs propres semences, car les variétés hybrides que l'on trouve dans le commerce ne permettent plus de le faire. Il faut racheter de nouvelles graines, ce qui est tout bénéfice pour les grands semenciers." Au sein de l'association "Croqueurs de carottes", Semaille milite donc pour une révision de cette législation. "Nous voulons sauvegarder ces variétés et nous sommes d'accord pour prendre en charge le travail de sélection et de conservation afin de les mettre à disposition de tout le monde, mais ce n'est pas à nous de payer pour leur inscription ou leur réinscription au catalogue. C'est normalement à l'Etat de maintenir ce patrimoine." Cette législation européenne qui enterre le maintien de la biodiversité est sûrement due au lobbying intense des semenciers et autres multinationales productrices d'OGM ! Nous devons nous opposer à cet état de fait, acheter et planter ces semences hors-la-loi de légumes oubliés (bien plus goûtus, et bien meilleurs pour la santé), ou les acheter chez notre maraîcher. Seule, une forte demande, permettra leur résurrection liée à une baisse de consommation des fruits et légumes hybrides ou OGM que les multinationales tentent de nous imposer. Consommateurs, c'est vous qui décidez, par vos achats, ce que nous trouverons sur les étals, et ce que nous mangerons demain : il est temps d'agir !