insecticides

  • Non, les pesticides ne sont pas nécessaires pour nourrir la planète...

    C’est un marché qui pèse 50 milliards de dollars par an (47 milliards d’euros) que l’industrie ne veut surtout pas lâcher, au point de véhiculer un «mythe» : les pesticides sont essentiels à la sécurité alimentaire d’une population mondiale qui devrait passer de 7 milliards aujourd’hui à 9 milliards en 2050.

    C’est totalement faux, démontre un rapport présenté le 8 mars au Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies qui accuse les multinationales (Syngenta, Monsanto, Bayer…) de nier les risques sanitaires et environnementaux liés à l’usage de ces produits toxiques. Pour vendre toujours plus de pesticides, ces grands groupes se battent contre toutes restrictions ou limitations d’usage via des campagnes de lobbying auprès des gouvernements nationaux et des «stratégies marketings agressives et contraires à l’éthique».

    Pour les auteurs du rapport, Hilal Elver, rapporteuse spéciale pour le droit à l’alimentation, et Baskut Tuncak, rapporteur spécial sur les substances toxiques, «l’utilisation de plus en plus de pesticides n’a rien à voir avec la réduction de la faim [dans le monde]. Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), nous pourrions nourrir 9 milliards de personnes aujourd’hui. La production augmente, mais le problème demeure la pauvreté, les inégalités et la distribution».

    D’autant, souligne le rapport, que «les entreprises ne travaillent pas pour la réduction de la faim, elles travaillent pour une croissance de l’activité agricole à grande échelle». Une grande quantité de pesticides est ainsi utilisée pour des cultures comme l’huile de palme et le soja. Une pratique qui ne sert pas à nourrir directement les populations vulnérables et qui conduit à des déforestations.


    S’ajoute à ce mythe industriel le constat cinglant de conséquences «catastrophiques sur l’environnement, la santé humaine et la société». Les experts de l’ONU évaluent à 200 000 le nombre de décès provoqués par les pesticides chaque année. Hilal Elver et Baskut Tuncak expliquent qu’il existe «un lien entre une exposition régulière aux pesticides et la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, les troubles endocriniens, les troubles du développement et la stérilité. Les pesticides peuvent aussi avoir de nombreuses répercussions sur le plan neurologique, comme des pertes de mémoire, un manque de coordination ainsi qu’une acuité visuelle et des habiletés motrices réduites. L’asthme, les allergies et l’hypersensibilité en sont d’autres effets possibles».

    Les auteurs s’inquiètent également des empoisonnements directement à l’ingestion de ces produits toxiques. Deux épisodes dramatiques parmi d’autres : en Inde en 2013, 23 enfants de 4 à 12 ans sont morts après avoir consommé un repas contaminé par un pesticide, le monocrotophos ; l’année suivante en Chine, l’histoire s’est répétée pour 39 enfants qui avaient ingéré de la nourriture contenant des résidus de tetrahydrophthalimide. D’autres drames similaires ont également eu lieu au Pérou ou au Bangladesh, rappellent les chercheurs qui affirment que dans certains pays en développement, le nombre de décès dus à ces empoisonnements directs est «supérieur à celui dus aux maladies infectieuses».


    Et sans surprise, l’environnement n’est pas épargné : «L’usage excessif et abusif de pesticides entraîne une contamination des sols et des ressources en eau dans l’espace environnant, ce qui entraîne une réduction de la biodiversité, la destruction de populations d’insectes bénéfiques qui sont les ennemis naturels des ravageurs et une baisse de la valeur nutritionnelle des aliments.» En Chine par exemple, 26 millions d’hectares de terres agricoles, soit trois fois la superficie du Portugal, sont contaminés par des pesticides, si bien qu’environ 20% des terres arables ne peuvent être cultivées.

    Et c’est toute la biodiversité qui est concernée. Interdits à la vente en France à partir de septembre 2018, les néonicotinoïdes, insecticides les plus utilisés au monde, sont responsables du «syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles dans le monde entier. Ainsi, le déclin de 50% des populations d’abeilles mellifères domestiques enregistré en vingt-cinq ans aussi bien aux Etats-Unis qu’au Royaume-Uni est imputé à l’utilisation massive de ces insecticides.» Ces abeilles jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des cultures. Une situation d’autant plus préoccupante qu’un tiers de l’alimentation mondiale résulte de cette pollinisation. L’Union européenne a d’ailleurs restreint l’utilisation de trois molécules de néonicotinoïdes sur sept en 2013, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des pays du monde.


    Les premiers à subir les conséquences sanitaires et environnementales sont toujours les mêmes, déplore les auteurs : «99% [des décès] surviennent dans les pays en développement où les réglementations dans le domaine de la santé, de la sécurité et de l’environnement sont plus souples et appliquées moins rigoureusement.» Ils constatent également qu’environ 25% de ces Etats ne disposent pas de «législation efficace pour encadrer la distribution et l’utilisation de ces produits, et 80% n’ont pas suffisamment de ressources pour appliquer les lois existantes». Souvent même, des pesticides dont l’utilisation est interdite dans certains pays, sont exportés vers les pays en développement.

    D’après ce rapport, un traité mondial sur la réglementation des pesticides dangereux pourrait éviter ce genre de situation grotesque qui demeure «une grave lacune dans le cadre de la protection des droits de l’homme». L’élaboration d’un tel traité constitue d’ailleurs la première recommandation formulée par Hilal Elver et Baskut Tuncak qui suggèrent que celui-ci soit évidemment «contraignant».


    Pour obtenir un tel accord, c’est une véritable prise de conscience de l’opinion publique que souhaitent les chercheurs face à une industrie chimique qui minimise les dangers. L’objectif serait donc de mieux informer les populations pour qu’elles puissent soutenir une législation plus stricte dans tous les pays. «La société civile devrait informer le grand public des effets néfastes des pesticides […] et organiser des programmes de formation sur l’agroécologie», écrivent-ils.

    Justement, les auteurs interpellent la communauté internationale pour «promouvoir l’agroécologie» et à terme, renoncer à l’agriculture industrielle et l’usage de pesticides en accordant «la priorité aux solutions qui ne reposent pas sur l’utilisation de produits chimiques». Ils réclament également «des mesures incitatives telles que des subventions et la fourniture d’une assistance financière et technique» pour favoriser «les aliments issus de l’agriculture biologique». Il s’agit également de taper au portefeuille les multinationales en cessant de subventionner les pesticides et en mettant «en place des taxes, des droits d’importation et des redevances sur ces produits».

    En clair, conclut le rapport, «il est nécessaire de remettre en cause les politiques agricoles, les systèmes commerciaux et l’influence exercée par les entreprises sur les politiques publiques si nous voulons renoncer aux systèmes alimentaires industriels qui reposent sur les pesticides».

    Source : Tom Rossi sur Libération.fr

  • Le caractère cancérogène possible des pesticides enfin reconnu par l'OMS...

    "Le 20 mars dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a enfin reconnu le caractère cancérogène « probable ou possible » de cinq produits pesticides, dont le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé au monde, notamment via le Roundup de Monsanto.

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    « Généreusement » utilisé dans l’agriculture ainsi qu’en agroforesterie et par les particuliers, des pesticides (un herbicide et quatre insecticides) sont plus particulièrement dénoncés par l’IARC, le Centre International de Recherche sur le Cancer de l’OMS. Toutefois, parmi ces substances, le glyphosate remporte la « palme » avec une présence détectée à la fois dans l’air, l’eau et la nourriture.

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    Concrètement, l’herbicide glyphosate ainsi que les insecticides malathion et diazinon sont dorénavant considérés au niveau international comme des cancérogènes  »probables chez l’homme », avec des risques de lymphones non hodgkiniens et des cancers du sang.

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    A ces pathologies, l’IARC ajoute pour l’insecticide malathion un risque de cancer de la prostate et, pour le diazinon, de cancer du poumon. Quant aux insecticides tetrachlorvinphos et parathion, interdits ou restreints d’usage dans de nombreux pays, le Centre International de Recherche sur le Cancer de l’OMS les classe dorénavant comme des cancérogènes  possibles. 

     

    Globalement, si la population la plus exposée est évidemment celle vivant à proximité des zones traitées, rappelons que les pesticides, à l’instar de nombreux autres polluants, non pas de frontières, leur présence ayant déjà été révélée au sein de villes comme Paris, par des études antérieures. (Article publié sur Univers Nature).

     

    De plus, après avoir pollué la planète entière pendant des années en clamant l'innocuité de leurs produits chimiques, les multinationales comme Monsanto (mais aussi Bayer, Sygenta, BASF et consorts) commencent à voir la fin de leur produits phares, malgré leur lobbying toujours aussi important : la terre est morte !

     

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    Heureusement que dans le monde s'élèvent enfin des voix pour privilégier les aliments Bio et refuser tout ce qui est chimique, industriel ou OGM. Le début d'une nouvelle ère qui respectera enfin la nature, notre planète et notre santé ! Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Les marques alimentaires à éviter pour rester en bonne santé...

    Nous connaissons tous la philosophie de la marque Monsanto, son mépris pour l'environnement et la santé, et la dangerosité de ses produits, vendus principalement dans le domaine de l'agro-alimentaire.

    J'ai donc été très heureux de trouver un article de Delphine, dans Conso-Globe, reprenant, suite à une enquête américaine, le nom des firmes clientes de Monsanto. Ce qui laisse fortement présager de retrouver des traces de ces poisons dans les aliments industriels commercialisés...

    Liste des marques achetant des produits à Monsanto:

    Coca-Cola: avec, notamment les produits Coca-ColaCoca-Cola LightCherry Coke, mais également FantaDr PepperBurn et même Minute Maid.

    Cadbury sont concernés les chocolats Poulain, et de nombreuses confiseries : Carambar, Hollywood chewing-gum, La Vosgienne, Malabar, Régal’ad.

    Campbell : soupes sous les marques Liebig et Royco.

    Capri-Sun : jus de fruits.

    Carnation : sous-marque de Nestlé qui distribue du lait Carnation et Gloria.

    General Mills :  qui compte plusieurs marques : Géant Vert pour les conserves de légumes, Häagen Dazs pour les glaces, Old el Paso pour les fajitas et Yoplait pour les yaourts.

    Heinz : Connu pour le ketchup, mais aussi d’autres types de sauces.

    Kellogg's : Les céréales Kellogg’s Cornflakes, bien sûr mais aussi toutes les autres variétés : Special K, Trésor, Miel Pops, Coco Pop’s, Frosties, Extra, All Bran.

    Knorr : Cela inclut aussi bien les bouillons, que les sauces et les soupes.

    Kraft Philipp Morris : Cela concerne un grand nombre de marques en Europe, dont : Carte Noire, Côte d’Or, Daim, les biscuits Lu, le café Maxwell, les chocolats Milka, la crème à tartiner Philadelphia, les biscuits Oreo, les chocolats Suchard, les boissons Tang, le chocolat Toblerone. Et les cigarettes...

    Lipton : Sous-marque de Pepsico. Grand ensemble de thés.

    Ocean Spray : Commercialisant surtout des boissons à la canneberge (cranberry), et les fruits surgelés.

    Pepperidge Farms : marque de cookies.

    Pepsico : qui regroupe de nombreuses marques : des boissons dans un premier temps (Pepsi-Cola, Tropicana, Alvalle, Gatorade, Seven Up, Gatorade), mais aussi les chips Lay’s, Doritos, Ruffles, Tostitos, les biscuits Quaker et les biscuits apéritif Benenuts.

    Pringles : vos chips préférés...

    Procter & Gamble : un monstre qui regroupe 300 marques très variées, dont Pampers.

    Schweppes : boissons gazeuses.

    Uncle Ben's : Riz et sauces.

    Ce qui me fait plaisir, c'est qu'à part un petit Toblerone deux fois par an (et en me disant chaque fois que cela ne goûte vraiment plus la même chose que le Toblerone original d'il y a 30 ans, et que donc je n'en achèterai plus, tout comme notre chocolat Côte d'Or d'ailleurs), et à part du Coca trois fois par an, je ne consomme aucun des produits de cette liste ! Je suis donc sur la bonne voie... Et vous ? Terriens, il est temps d'agir...

     

  • Encore une manifestation mondiale contre MONSANTO...

    Environ 750 activistes, d'après la police locale, ont participé samedi après-midi en région bruxelloise, à une marche contre le géant de l'agrochimie Monsanto, qui produit des semences génétiquement modifiées. Le cortège est parti du rond-point Schuman et s'est rendu en face des locaux de Monsanto à Woluwe-Saint-Pierre. Cette manifestation s'inscrivait dans le cadre d'une journée mondiale de mobilisation contre Monsanto et des actions similaires ont eu lieu dans 500 villes. 

    Pour les activistes, les organismes génétiquement modifiés par Monsanto peuvent provoquer de graves problèmes de santé, comme des tumeurs, la stérilité et d'autres anomalies génétiques. A travers cette marche, ils souhaitent s'inscrire dans une logique de souveraineté alimentaire des peuples et promouvoir un modèle d'agriculture à la fois solidaire, responsable et écologique.

    "Nous avons choisi le rond-point Schuman comme lieu symbolique de départ, afin de rappeler le poids exercé sur les institutions européennes, par des lobbys d'entreprises telles que Monsanto mais également Syngenta, Bayer, BASF, etc...", a indiqué Kevin Hauzeur, contact presse d'Occupy Belgium. "Pour la seconde fois de l'année, des citoyens du monde entier marchent contre Monsanto, la multinationale de l'agrobusiness, et ses semblables contre leurs organismes génétiquement modifiés, pesticides, bio technologies et profits au détriment du bien commun. L'objectif est de retrouver notre droit à l'alimentation et propager les alternatives à la logique productiviste", a-t-il affirmé. La marche devait s'achever en face des bureaux de Monsanto où a été installée une tente d'information. Source La Libre.be

  • Attention aux légumes asiatiques...

    On savait déjà que les cultivateurs asiatiques qui travaillent massivement pour l’export ont la main lourde en matière de produits phytosanitaires (insecticides, herbicides et fongicides, engrais). Mais c’est la Suisse qui enfonce le clou : un laboratoire confirme la pollution massive et les Autorités sanitaires suisses ont réagi en retirant du marché nombre de légumes importés d’Asie, trop chargés en pesticides. 

    Insecticides, herbicides et fongicides affectent non seulement l’environnement mais aussi la santé humaine. En consommer n’est pas sans conséquence et pourtant, tous ceux qui mangent des légumes qui proviennent de Chine ou d’Asie le font. Or cette zone est devenue une grande zone exportatrice pour bien des produits, comme notamment les champignons qui sont abondamment couverts de pesticides.70% de la consommation de champignons de Paris en France proviennent de Chine et de ses 10 millions d’éleveurs ! 

    En 2012, Greenpeace avait trouvé 29 pesticides dans le thé des Chinois. Il n’y a pas de débat. Comme le confirme l’ONG Food Sentry: les aliments d’origine chinoise sont bien ceux qui posent le plus problème en termes de pollution aux pesticides, malgré une politique qui officiellement cherche à les limiter depuis 2007. 

    Un laboratoire cantonal de Zurich a jeté un froid : sur 230 légumes exotiques prélevés directement aux frontières suite à des fins d’analyses, 63 ont été retirés du marché (soit 27%) à cause de teneurs en pesticides excessives. Pire, les Autorités sanitaires ont considéré que les légumes pouvaient représenter un danger pour la santé dans 7% des cas ! 

    Le chimiste genevois, Patrick Edder, explique la gravité de la chose et que «les dépassements sont énormes. Il n’est pas rare d’observer des valeurs qui 10 fois ou même 100 fois supérieures aux normes admises». La Confédération suisse a réagi très vite et décidé de renforcer ses contrôles aux frontières. 

    L’impact négatif des pesticides sur la santé humaine fait toujours l’objet de débats parmi les chercheurs. Car l’enjeu économique est énorme. Le marché mondial s’élevait en 2011 à 33 milliards d’euros (44 mds $).

     Le rapport de l’Inserm du 13 juin dernier a dévoilé une étude de grande ampleur qui fait le point sur l’ensemble des connaissances internationales actuelles. Sa conclusion est accablante :  l’exposition à des pesticides, qui s’accumulent dans le sang, «conduit à des augmentations de risques significatives pour plusieurs pathologies», au nombre desquelles figurent les cancers, les maladies du sang, les troubles neurologiques et les malformations. 

    Plus que jamais, il faut savoir d’où viennent les fruits et légumes que vous achetez et d’interroger votre producteur préféré. Direction l’annuaire des Amap et des producteurs BIO. Bon appétit ! Source Conso-Globe.

    Et ceci ne concerne pas que les légumes et fruits frais, mais aussi les conserves, les plats préparés asiatiques, les sauces et condiments... Il faut manger Bio pour éviter tous ces produits. Et local pour encore plus de fraîcheur.

     

  • 70 % du miel vendu en supermarché est importé de Chine...

    La Commission européenne propose de transformer les règles d’étiquetage pour éviter d’avoir à mentionner la présence de pollen OGM dans le miel. Le débat à Bruxelles est technique mais crucial : les eurodéputés sont en effet appelés à se prononcer sur un amendement de la directive « miel » proposé par la Commission. Celle-ci veut classer le pollen non plus comme un ingrédient mais comme un composant. Si la nuance peut sembler subtile, la conséquence sur l’étiquetage est capitale car la mesure du taux d’OGM se fait uniquement sur les ingrédients. Le pollen entrant en très petite quantité dans la composition du miel, calculer la proportion d’OGM sur le miel plutôt que sur le pollen garantit en effet de ne jamais dépasser le seuil des 0,9 % nécessaire à l’étiquetage OGM.

     La France importe plus de la moitié de ce qu’elle consomme. Les 25 000 tonnes de miel importées viennent principalement d’Espagne et de Belgique, qui importent eux-mêmes leur miel majoritairement de Chine. La Belgique s’est même spécialisée comme plateforme d’importation de miel chinois et de réexportation vers l’Europe. L’opacité sur son origine – permis par la mention « Mélange de miels originaires et non-originaires de la Communauté européenne » – convient à la multiplication des opérateurs… Une situation n’est pas sans rappeler celle de la filière viande, qui défraie aujourd’hui la chronique, d’autant que les méthodes de production du miel chinois sont beaucoup moins réglementées qu’en Europe et que les OGM y sont autorisés. Dans un tel système, les industriels ont tout intérêt à maintenir le flou sur l’information donnée aux consommateurs, que ce soit sur l’origine du produit ou sur la présence d’OGM.

    La donne est toute autre pour une majorité des apiculteurs français, qui sont extérieurs à la filière industrielle. Plus de la moitié du miel produit en France est commercialisé en vente directe, à laquelle s’ajoutent les 20% de miel vendus dans des magasins spécialisés. En outre, les cultures OGM étant interdites, tout comme les essais en plein champ, les apiculteurs français peuvent faire valoir un miel exempt d’OGM. Et s’il y a contamination, l’engagement de l’Union européenne à garantir la possibilité de maintenir une double filière doit permettre de trouver les responsables. C’est justement un des arguments des organisations apicoles opposées à l’amendement de Bruxelles. En contournant l’étiquetage des OGM, la Commission prive les apiculteurs de règles claires pour assurer la coexistence entre une production de miel non-OGM et des cultures OGM. Les apiculteurs se sentent d’autant plus lésés que les cultures OGM vont généralement de paire avec les pesticides, leur deuxième grand combat. Depuis que l’Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a incriminé mi-janvier les néonicotinoïdes dans la mortalité des abeilles, l’Unaf réclame en particulier l’interdiction de ces insecticides en France. Extrait d'un article de Magali Reinert paru sur Novethic.fr

    VRAI ou FAUX ?   Lune de miel

  • Cessons de tuer la terre pour nourrir l'homme...

    "Il est frappant de constater que ce sont les industries d’armement, surtout allemandes, qui fabriquent les nitrates qui font les bombes des deux guerres mondiales, qui les utilisent pour amender les sols et augmenter les rendements. De l’engrais et de l’explosif, c’est à peu près la même chose. De même, le fameux gaz moutarde employé à Ypres pour la première fois a été testé d’abord sur des insectes. Il tuait parfaitement les êtres humains. Mais, après la guerre, qu’en faire ? Mais un insecticide, pardi ! C’est comme cela que l’on produit le DDT, puis les organochlorés. A l’époque, on n’imagine pas que cela reste durablement dans l’environnement. Mais un jour, quelqu’un s’avisa que les populations d’oiseaux se réduisaient considérablement. C’étaient les premières victimes de ces produits. Le principe est simple : en remontant la chaîne alimentaire, ces produits voient leur concentration multipliée par des millions de fois. Or, nous sommes nous, humains, au bout de la chaîne. Nous mangeons de tout, mais personne ne nous mange. On a transféré la guerre dans le champ et on lutte contre les petites bêtes et les plantes, sans se poser de questions sur les effets sur les humains et la santé. On les a découverts trente ans plus tard.

    Aujourd’hui, on applique en effet des tests préalables à la mise sur le marché qui n’existaient pas autrefois. On ne faisait de tests que pour les médicaments. Avant 1981, on ne faisait aucun de ces tests pour des substances non médicamenteuses comme les insecticides. On a déversé entre-temps des millions de tonnes de produits dont les conséquences sont inconnues. Encore aujourd’hui, les tests employés ne permettent pas de déceler les effets subtils à long terme. Il a fallu que l’on constate des anomalies dans la nature qui ont mis en alerte sur les effets « fâcheux » de ces produits. Le plus important, c’est la perte des spermatozoïdes chez les mâles. C’est très spectaculaire chez des animaux, comme les alligators, les goélands ou les bélugas. Ce sont des effets constatés à l’occasion de populations majeures des eaux par des pesticides, qui permettent de voir en un temps bref les effets de l’exposition à long terme.

    Qu’est-ce que cela prouve chez l’homme ? Des études montrent qu’en deux générations, le sperme humain a diminué de moitié. Parce que l’être humain est au bout de la chaîne alimentaire et que nous stockons ces produits dans nos graisses. Ce sont des phénomènes avérés, ils ne sont plus discutables.

    Mais ils sont concomitants, il n’est pas sûr qu’ils soient la cause de cette infertilité… Même si on a un énorme soupçon…

    C’est davantage qu’un soupçon. On le voit lors d’accidents où des quantités importantes sont déversées d’un coup. Mais il y a aussi des effets cancérogènes, l’effet sur le cancer du sang. Avec des pesticides plus récents, on a constaté des effets neurologiques. On constate par exemple davantage de maladies de Parkinson chez des paysans. C’est aujourd’hui considéré comme une maladie professionnelle. Car ces pesticides plus récents agissent sur le système nerveux des insectes pour les empêcher de se repérer. Hélas, notre système nerveux n’est pas tellement différent. Et il est aussi ciblé par ces molécules, et cela explique pourquoi le Parkinson se développe chez ces agriculteurs. Des études montrent également qu’avec une exposition plus forte, des enfants peuvent avoir des anomalies dans leur système cognitif. Conclusion : il faudrait arrêter les pesticides dès qu’on pourra le faire. Et on peut le faire : je démontre qu’il y a des stratégies qui sont efficaces dans ce domaine. Il s’agit par exemple d’employer des algues pour stimuler la défense naturelle des plantes. Bref s’arranger pour que la plante se défende plutôt que de tuer l’agresseur. Parce que si on tue l’agresseur, on se tue soi-même et la planète derrière. On ne peut pas viser un insecte sans avoir de répercussion sur les autres. Mieux vaut donner à la plante les capacités à se défendre. On peut par exemple stimuler les capacités des plantes à être en symbiose avec des champignons, car leurs filaments dans le sol vont doper la plante en nutriments. Bien nourri, on est plus fort pour résister aux agressions. Et on a des résultats : 60 % de productivité en plus en dix ans. Autre exemple : beaucoup de plantes émettent par leurs racines des substances toxiques pour les mauvaises herbes. Elles se défendent toutes seules. Mais les variétés de riz qui font cela sont des riz à faible rendement. Il suffit de croiser une de ces variétés avec une variété de riz à haut rendement et le tour est joué…

    Mais c’est un OGM ?

    Non, c’est un croisement de la nature, selon la méthode immémoriale du croisement dans la nature. La nature ne prend pas un gène pour le mettre ailleurs, elle change un ensemble de gènes comme on le fait depuis des siècles en agronomie.

    Mais en introduisant la myxomatose en Australie, on pensait aussi simplement limiter la population de lapins. De même, qu’est-ce qui garantit qu’on n’aura pas un effet secondaire majeur qu’on n’avait pas pu deviner parce que les essais se font aujourd’hui sur de faibles surfaces et dans un temps réduit ?

    Les pistes que je décris sont des stratégies qu’on connaît, parce que ce sont celles de la nature. On ne fait pas appel à des substances qui n’existent pas dans la nature et qui apportent alors des risques spécifiques liés à leur nouveauté. Je pense que ces pratiques seront a priori plus sûres, même si on ne peut jamais exclure de mauvaises surprises et il faut que les observateurs soient extrêmement attentifs à une conséquence inattendue.

    Le livre

    Dans son dernier livre, Jean-Marie Pelt décrit comment les pesticides finissent par tuer tout le vivant petit à petit. Mais il donne aussi des solutions de remplacement, comme la juxtaposition de plantes : « Les Indiens Peaux-Rouges mariaient déjà maïs, courges et fèves. Les trois plantes se protègent les unes et les autres des insectes agressifs et des mauvaises herbes, et s’entraident quasi physiquement en dosant le soleil nécessaire. Ce n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres. Ce qu’ont observé les anciens Indiens, des jardiniers amateurs l’ont constaté aussi et pour des dizaines de plantes différentes. Celles-ci échangent azote et phosphates, servent de repoussoir à un insecte dangereux de l’autre plante, bref s’entraident. Que la science observe et multiplie ses exemples et une grande partie des pesticides deviendra totalement inutile ». Assez pour nourrir durablement 9 milliards d’humains à l’horizon 2050 ? Le spécialiste n’élude pas : « Dans le jardin de chacun, une stratégie sans pesticides est déjà possible. Pour l’agriculture intensive, industrielle, de grande surface, je préconise plutôt des stratégies d’emplois de produits non toxiques qu’on appelle des “naturels peu préoccupants“. Il s’agit par exemple d’employer des algues pour stimuler la défense naturelle des plantes. Jean-Marie Pelt, Cessons de tuer la terre pour nourrir l’homme. Pour en finir avec les pesticides. Fayard, 201 p., environ 20 euros. Article de Frédéric Saumois dans Le Soir du 27/09/2012.

  • La lente agonie du vivant...

    Alors que de multiples actions s’organisent à travers la France dans le cadre de la « Semaine sans pesticides », la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) publie son « Manifeste pour une agriculture respectueuse de la nature et des hommes ». Cette publication retrace notamment les 100 ans d’existence de la LPO, au cours desquelles l’association a assisté et lutté contre l’apparition de menaces toujours plus nombreuses pour les oiseaux, dont l’évolution des pratiques agricoles. 

    Au cours des années 1945 – 1970, l’utilisation des insecticides organochlorés, tel le DDT, se généralise, entraînant l’effondrement de la reproduction des prédateurs, et plus particulièrement des rapaces avec le Faucon pèlerin en première ligne. Rapidement, c’est au tour des organophosphorés, puissants toxiques du système nerveux, de faire leur apparition, leurs effets mortels se faisant sentir sur nombre d’animaux vertébrés et invertébrés, y compris les oiseaux. La machine est alors lancée et, à partir des années 1970, les herbicides font leur entrée. La quasi disparition de la flore indigène entraîne la disparition des invertébrés qui dépendaient d’elle. Les chaînes alimentaires sont rompues, laissant démunis les oiseaux dépendants des ressources en invertébrés. 

    A partir des années 1990, cette logique implacable de destruction du vivant trouve une nouvelle expression avec la mise au point des insecticides en enrobage de semences. Pour la LPO, cette nouvelle invention est le « coup de grâce » porté aux invertébrés, « entre 10 et 33 000 fois plus sensibles que les vertébrés à ces poisons ». Au cœur du processus vital de pollinisation, les abeilles s’effondrent, de même que nombre de populations d’oiseaux (hirondelles, traquets, alouettes…) qui crient famine. Selon l’association, les oiseaux soumis à l’agriculture intensive ont ainsi chuté de 30 %.  

    Inquiétant, ce bilan n’a, pourtant, pas vocation à se focaliser sur le passé, mais entend montrer l’urgence d’inverser rapidement la tendance. Des initiatives en ce sens fleurissent déjà, à l’instar des municipalités et des jardiniers amateurs qui ont abandonné pesticides et herbicides. De même, les agriculteurs biologiques ont doublé leurs effectifs en 5 ans. Mais ces progrès doivent désormais se généraliser et dépasser le stade de prises de conscience isolées pour renverser la vapeur. Sa position au sommet de la chaîne alimentaire ne préservera certainement pas l’homme, bien au contraire. Dès lors, faire bon usage du temps dont il dispose reste son principal atout. A lui de mettre un point final à la chronologie des pesticides. Article de Cécile Cassier sur Univers Nature.

  • Question de vie ou de mort...

    Mes amis, quel reportage ! J'en suis encore tout retourné !

    Pour les fraises espagnoles (et les autres fruits et légumes), je savais. Pour les élevages de porcs, de poulets et de lapins, je savais aussi.

    Pour les élevages de saumons norvégiens, j'ignorais complètement l'usage de pesticides ! Tout comme pour le gros bar atlantique ou les maquereaux : hallucinant ! Alors que l'Ifremer (et ce n'est pas rien) m'avait encore affirmé le contraire il y a peu ! Et quant au cabillaud d'élevage, c'est monstrueux...

    Bravo aux reporters de "Pièce à conviction" d'avoir osé mettre à la lumière les pratiques scandaleuses de tous ces gens qui nous empoisonnent, juste pour faire du profit, toujours du profit, et encore plus de profit. Que font les ministres de la santé, que font les fonctionnaires chargés des contrôles alimentaires, que fait l'agence européenne de la sécurité alimentaire, à part contrôler le calibre des tomates et autoriser la culture d'ogm ?

    Voilà un ensemble de raisons édifiantes pour nous pousser encore plus dans la voie de la consommation Bio, la consommation locale, la consommation de saison, la consommation artisanale. Et à dire définitivement adieu aux produits issus de l'agriculture intensive, de l'élevage intensif ou de l'industrie agro-alimentaire. Question de vie ou de mort, tout simplement ! Terriens, il est temps d'agir !

  • Pesticides et cancers...

    Selon une étude nord-américaine, récemment reprise dans un rapport commandité par le Parlement européen, 30 000 cancers sur les 3 millions de cas recensés chaque année en Europe seraient dus à l’exposition aux substances nocives contenues dans les insecticides, fongicides et autres herbicides. Plus inquiétant encore, on observe une progression à la hausse des cancers touchant les enfants. 
    Pour faire la lumière sur la validité de ce lien de cause à effet, les organisations de santé et d’environnement que sont l’Alliance Santé Environnement et le MDRGF (Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures) ont donné le coup d’envoi à une campagne européenne (
    http://www.pesticidescancer.eu), fruit de leur association. L’objectif de cette campagne « Pesticides et Cancer » est double. D’une part, il s’agit d’apporter des données scientifiques rigoureuses sur lesquelles les autorités dirigeantes pourront s’appuyer. Mais l’enjeu central est de fournir des informations concrètes et sûres aux personnes exposées, principales concernées par cette problématique sanitaire. 
    En constituant un dossier solide, les deux organismes visent notamment l’interdiction des pesticides reconnus ou suspectés d’être néfastes, la réduction de l’utilisation des pesticides afin d’atténuer et, dans la mesure du possible, d’éliminer l’exposition, ou encore d’adoptier une réglementation stricte sur le recours aux pesticides dans des zones fortement fréquentées par des enfants. Pour y parvenir, seront nécessaires des stratégies de santé publique et des plans cancers nationaux, plaçant la réduction de l’exposition aux pesticides au rang de mesure préventive. 
    Loin d’être un hasard, la campagne débutera en France, reconnue comme étant la plus grande consommatrice de pesticides à l’échelle européenne. Manger 5 légumes par jour ? Oui, mais pas n'importe lesquels...