hydrocarbures

  • Autoroutes, boulevards, pollution et enfants...

    La croissance pulmonaire des enfants est ralentie par la pollution atmosphérique liée au trafic routier, affirment des chercheurs américains qui suivent une cohorte d’enfants depuis plusieurs années. Il a déjà été démontré que cette pollution aggrave les maladies respiratoires et entraîne des milliers de morts prématurées chaque année. L’équipe de James Gaudeman (University of Southern California) va plus loin en montrant que le développement pulmonaire des enfants est affecté, augmentant le risque de maladies cardiaques et respiratoires à l’âge adulte. Gaudeman et ses collègues ont évalué depuis huit ans la croissance et les capacités pulmonaires de 3.600 enfants habitant en Californie. Les chercheurs ont constaté que ceux qui vivent à 500 mètres (ou moins) d’une autoroute ou d’un grosse axe de circulation avaient à 8 ans une croissance pulmonaire réduite par rapport à ceux vivant à 1.500 mètres de l’autoroute. Ils publient cette semaine leurs travaux dans la revue médicale The Lancet. Lorsqu’ils avaient présenté leurs résultats préliminaires en 2000, ces mêmes chercheurs avaient relevé de très forts écarts. Les enfants vivant dans des zones polluées avaient un taux de croissance pulmonaire annuel de 1%, contre 12% pour ceux vivant dans des zones peu polluées. Les principaux polluants rejetés par le trafic routier sont le dioxyde d’azote, les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les particules fines en suspension. Sachant qu’entre 10 et 18 ans les poumons connaissent une phase de développement rapide, ceux dont la croissance est entravée risquent de souffrir de problèmes respiratoires à l’âge adulte, explique Gaudeman. De quoi inciter les dirigeants à bien réfléchir aux lieux d’implantation des écoles et des infrastructures dédiées aux enfants. De quoi inciter les parents qui déposent leurs enfants à l'école à ne pas les noyer dans des nuages de gaz de pots d'échappements. De quoi inciter les autorités publiques à opter pour des véhicules scolaires non polluants. Et de quoi inciter le parlement européen de voter des lois réduisant encore beaucoup plus les normes de pollution des futures voitures, même si le lobby de l'industrie automobile s'y oppose fermement... Terriens, il est temps d'agir...