groupes agro-alimentaires

  • Furadane : bientôt plus dans nos assiettes...

    Tueur d’oiseaux et reconnu dangereux pour l’homme, on espérait ne plus entendre parler du carbofurane. Mais cette substance active utilisée comme insecticide et commercialisée sous le nom de Furadane, interdite en Europe depuis 2007, est toujours utilisée dans un certain nombre de pays, dont les Etats-Unis. Cela dit, peut être pas pour longtemps… 

    Déjà, en 1994, les USA bannissaient son utilisation sous forme de granules et, depuis lundi 11 mai, le carbofurane est dans le collimateur de l’EPA (U.S. Environmental Protection Agency) pour une interdiction complète. L’EPA entend bien réduire sa limite résiduelle à zéro dans toutes denrées alimentaires. 
    Encore utilisé aux Etats-Unis sous sa forme liquide dans le traitement des cultures de pommes de terre, de blé ou de soja, le carbofurane est suffisamment mobile et persistant pour être entraîné par lessivage dans les sols et les eaux souterraines. Contaminant l’eau, mais aussi les aliments, toxique par inhalation pour ses utilisateurs, ce composé de la famille des carbamates est un neurotoxique qui peut se signaler par des symptômes allant de soubresauts musculaires, tremblements, diarrhée et vomissements jusqu’à de graves œdèmes pulmonaires en cas d’exposition aiguë. Aux cotés des risques pour l’homme, ses effets sont surtout dévastateurs chez les oiseaux. Dans les années quatre-vingt, l’EPA estimait que le carbofurane était responsable de la mort par empoisonnement de près d’un million d’oiseaux chaque année. Cette hécatombe très largement médiatisée par les protecteurs de l’avifaune, touchant des espèces aussi emblématiques que l’aigle royal, la buse à queue rousse et de nombreux oiseaux migrateurs, conduisit aux restrictions de 1994, mais ne parvient qu’aujourd’hui à motiver une interdiction complète aux USA. 

    Les mesures pour proscrire toute présence de carbofurane dans l’alimentation des Américains pourraient bien avoir des implications au niveau international. Elles s’appliquent en effet également aux produits d’importation, comme le riz, le café ou le sucre de canne. Or, de nombreux pays en voie de développement utilisent encore cet insecticide de façon totalement incontrôlée, notamment le Kenya, pays d’où la BBC reportait encore l’année dernière un empoisonnement massif des grands mammifères via cette substance. La restriction d’accès au marché américain est peut-être, à défaut de strictes réglementations internationales, une voie vers un changement plus global. 

    Deux conclusions :

    1.Le Furadane étant bientôt totalement interdit, les groupes semenciers lanceront un nouveau pesticide aussi toxique que celui-là, mais avec une toute autre composition. Et dans 20 ans, quand on s'en apercevra, ils recommenceront...

    2.Ceux qui mangent Bio n'ont aucun souci à se faire, puisque l'usage des pesticides est interdit. Aujourd'hui, comme demain. C'est le seul choix possible de ne pas s'empoisonner...

  • Taillefine de Danone (suite)....

    L'entourloupe aura duré presque huit ans. A la fin de l'année, l'eau Taillefine, marque de Danone, sera retirée du marché. Ses péchés : ne pas être conforme à la loi, ne présenter aucun avantage pour la santé, et tromper allègrement la consommatrice à coups de messages minceur plus fantaisistes les uns que les autres.

    En 2001, lors de son lancement, Patrick Buffard, directeur marketing chez Danone, vantait un produit « décomplexé »… Effectivement, l'eau qui fait maigrir, fallait oser. Quitte à négliger la loi. En 2006, une directive européenne n'autorise sur le marché que trois catégories d'eau (de source, minérale, et rendue potable par traitement), dont elle définit des critères précis.

    Une eau minérale naturelle ne peut donc pas être enrichie. Or, le calcium et le magnésium contenus dans sa potion magique, Taillefine les a en partie injectés. Verdict de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) : « L'eau de Taillefine n'a pas le droit d'être vendue. Nous avons demandé à Danone de mettre fin à ce produit. Il sera retiré du commerce le 31 décembre 2009. »

    Si Danone paie cher cet ajout de minéraux, la facture est aussi salée pour la consommatrice : 0,69 euros en moyenne pour l'eau Taillefine, contre 0,55 pour Evian et Volvic.  Et la marque en avait encore moins (de complexes) quand, avant 2006, elle affichait un très visible « 0,001% de sodium » sur fond rouge. Beaucoup de zéros et une formulation sortie de nulle part : le sodium s'affiche en mg/l, pas en pourcentage. Bizarrement, l'inscription a disparu depuis… pour afficher aujourd'hui un taux de 1,1 mg… pour 100 millilitres. Pas mal.

    Mais voilà la tromperie : sur Taillefine, le sodium se mesure en milligrammes pour 100 ml, alors que les autres bouteilles l'affichent en milligrammes par litre. Après traduction, on trouve 11 mg/l, comme dans la très démocratique Cristaline (0,19 euros). 

    Ces infos relevées sur le site Rue 89, prouvent qu'il faut vous méfier des arguments commerciaux trompeurs, dont nous sommes inondés à longueur de journée,  pour vous faire consommer des produits chers, source des monstrueux profits de ces groupes agro-alimentaires...

    Terriens, il est temps de changer vos habitudes d'hyper-consommation, il est temps de retourner vers plus de simplicité et vers les vraies valeurs...

     

  • Je ne voudrais pas être alarmiste, mais...

    En 30 ans, 30% des ressources naturelles de la terre ont disparu. En 50 ans, soit une vie d'homme, nous avons plus dégradé la planète que lors des milliers d'années qui ont précédé. 30% des espèces végétales et animales sont déjà perdues et détruites à tout jamais, et une espèce disparaît toutes les 18 minutes dans le monde. 30 pays ont perdu l'ensemble de leur forêt vierge en 50 ans. Le patrimoine de l'humanité disparaît avant même qu'on ne l'ai étudié. Continuons comme cela et nous allons droit dans le mur ! Le monde du vivant, dont nous faisons partie, doit ré-apprendre à vivre ensemble et se respecter. Arrêtons cette surconsommation qui fait le bonheur et la fortune des groupes agro-alimentaires et des industriels. Mangeons moins de viande (l'élevage industriel est gros consommateur de céréales (OGM), d'eau (il faut 15.000 litres d'eau pour produire un kilo de viande), et est source de pollution, sans parler du CO dégagé par le bétail. Souvenons-nous que la terre nourrit l'homme : plantons quelques graines de légumes oubliés sur la terrasse ou dans le jardin, et retrouvons le bon goût des légumes de pleine terre. Signons un contrat avec un fermier (bio, si possible) et recevons chaque semaine un panier de fruits et légumes frais, de saison, non traités : c'est moins cher qu'au supermarché et bien meilleur ! Et arrêtons de nous remplir le crâne avec toutes ces publicités mensongères à la télé : Président, Danone et consorts, c'est de la foutaise ! Privilégiez les petits commerçants : c'est un peu plus cher, mais souvent de meilleure qualité. Et en plus vous vous ferez des amis. Il est temps de se rebeller, de quitter le modèle de con-sommateur parfait qu'à fait de nous l'industrie alimentaire et de nous recentrer sur les vraies valeurs, de retrouver le plaisir de manger des aliments sains et le plaisir du goût. On commence demain, tous ensemble ?

  • La biodiversité toujours plus menacée...

    Je publie ici la lettre juste reçue de Kokopelli, un distributeur de semences de fruits et légumes oubliés, dont l'activité essentielle au maintien de la biodiversité, a été condamnée par les tribunaux français. C'est un peu long, mais instructif. Aidons-les à aller en cassation : l'enjeu est primordial ! "Amis et amies de Kokopelli, journalistes, sites internet, blogs, presse, vous êtes nombreux à avoir fait circuler l'information relative à nos condamnations par les tribunaux. Nous tenons à vous en remercier sincèrement. Nous remercions également celles et ceux qui nous ont déjà fait parvenir des dons pour nous aider financièrement. Le coût de tous les procès depuis deux années est de 88 000 euros, ce qui inclue les pénalités diverses et variées, les honoraires des très nombreux avocats et les frais annexes. Tous ceux qui souhaitent contribuer financièrement peuvent le faire, dorénavant, à partir de notre site internet car nous venons d'inclure la possibilité de faire un "don libre" en ligne. L'Association Kokopelli prend bonne note des déclarations et des promesses de Madame Nathalie Kosciusko-Morisset, Secrétaire d'Etat à l'écologie (qui vient d'ailleurs de déclarer sur France-Inter qu'elle était cliente de Kokopelli). Nous osons espérer qu'elles seront suivies de mesures concrètes nous permettant de continuer le travail que nous effectuons depuis une quinzaine d'années, à savoir la protection d'une biodiversité alimentaire qui n'est pas virtuelle et en chambre froide (dans des congélateurs ou dans le permafrost Norvégien) mais qui est accessible à tous, jardiniers, maraîchers et agriculteurs. En ce qui concerne le procès qui nous est intenté par la Société Baumaux, nous allons faire appel de ce jugement pour le moins surprenant puisque l'Association Kokopelli a été quand même condamnée à payer des pénalités pour concurrence déloyale alors que Monsieur Philippe Baumaux a été débouté de quasiment toutes ses demandes, dont sa requête de fermeture de notre association! En ce qui concerne le procès que nous venons de perdre en Cour de Cassation, contre la FNPSP et le GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences), nous demandons à l'Etat Français de bénéficier d'une amnistie sur les pénalités et les frais générés par la condamnation qui sont d'environ 20 000 euros. La très bonne surprise du jugement en Cassation aura été que le GNIS a été débouté de toutes ses demandes: le GNIS a donc perdu contre Kokopelli! Rappelons que le GNIS, sous l'égide du Ministère de l'Agriculture, nous harcelait depuis de très longues années! Cela signifie que c'est la FNPSP qui a obtenu du tribunal une confirmation de notre condamnation à hauteur de 5000 euros pour elle-même (et donc de 20 000 euros pour l'Etat); rappelons que cette fédération des sociétés de la semence potagère regroupe des petites maisons semencières mais aussi et surtout les grandes multinationales qui ont pris l'agriculture et les agriculteurs en otage: Limagrain, Syngenta (le grand ténor de l'agriculture toxique) et Monsanto, le n° 1 mondial de la semence sous tous aspects et le n°1 mondial de la semence potagère. L'Association Kokopelli est en train de préparer une réponse élaborée au dernier communiqué du GNIS. D'ores et déjà, nous souhaitons mettre en valeur la première problématique suivante. Le GNIS a cru bon de nous poursuivre depuis des années parce que nous distribuons des variétés non inscrites dans leur Catalogue National. Nous en déduisons donc que toutes les variétés inscrites dans leur Catalogue National sont autorisées à la vente et à la culture. Comment explique-t-on dans ce cas la présence, à la page 82 du catalogue 2006 (qui au 8 février 2008 est encore la référence), de 15 variétés de maïs OGM dont 6 ont pour "événement de transformation" le maïs de Monsanto tant décrié, le MON 810? Ces 15 variétés OGM ont été répertoriées dans les catalogues 2004, 2005 et 2006 (Benjil, Boisa, César Cb, Elgina, Garonna, etc) . Certaines sont en fait inscrites depuis 1998! L'Espagne, (où vont se fournir, en semences OGM peu chères et illégales, un grand nombre d'agriculteurs Français) avait déjà inscrit, en 2004, 11 variétés de maïs de type MON 810. L'autre "événement de transformation" (un euphémisme pour ne pas nommer un tripatouillage transgénique) présent dans ces chimères génétiques est le Bt 176, la propriété de Syngenta. Soulignons que l'expression grotesque "événement de transformation" est non seulement le symptome d'une maladie de civilisation mais aussi un cache-misère pour faire oublier au peuple que le MON 810 de Monsanto n'est pas une variété mais une super-variété qui a généré des dizaines de variétés de maïs chimériques. La seconde problématique que nous souhaitons mettre en valeur est la suivante: il existe dans ce Catalogue National une liste de variétés permises à la vente pour les amateurs. Or, nous avons pu prouver avec la Campagne Robin des Semences que des centaines de supermarchés en France des chaînes Auchan, Leclerc, etc. vendent en toute impunité à l'automne des fruits de variétés strictement interdites à l'usage professionnel. Quelle est donc la valeur d'un Catalogue National qui répertorie des variétés OGM qui ne sont pas autorisées à la culture et qui, de plus, répertorie des variétés anciennes, réservées à l'usage amateur, distribuées illégalement par les chaînes de supermarchés? Quels sont donc les attributs et prérogatives du GNIS qui s'est vu débouter en Cour de Cassation parce qu'il n'était pas autorisé statutairement à poursuivre en justice l'Association Kokopelli? Les finalités du GNIS ne seraient-elles pas tout simplement d'aider leurs amis des multinationales semencières à acquérir le monopole total sur la semence et à confisquer intégralement le vivant? Le GNIS aurait-il l'intention de modifier ses statuts pour mieux rattaquer notre association car il est vrai que lorsque le Maréchal Pétain créa cette "institution hybride" en 1941, il n'avait pas prévu que l'Association Kokopelli sèmerait de bonnes semences de vie, 60 ans plus tard, dans le mépris le plus total d'un catalogue fantoche à la solde de l'agro-chimie et des multinationales de la semence. Nous renvoyons tous ceux qui seraient intéressés par ce sujet à l'article de Dominique Guillet: "Le Catalogue National, une nuisance agricole de plus?" Nous vous remercions de nouveau pour votre confiance et votre soutien". http://www.kokopelli.asso.fr/index.html

  • Nos terroirs sont-ils foutus ?

    Belle soirée thématique sur Arte ce soir ! En première partie, la guerre des camemberts où l'on apprend que Lactalis (Président) et Isigny, se sont appropriés 85% du terroir du Camembert au Lait Cru, en rachetant les petits producteurs. Et, ont alors demandé à l'INAO de modifier la recette originale, afin de pouvoir le chauffer à 60°, tout en gardant l'étiquette "Au lait Cru", pour des raisons économiques. Ce qui a été refusé, jusqu'à présent... Car il ne subsiste que 5 (mal)heureux petits producteurs en Normandie, qui s'appliquent à le produire comme toujours, et à offrir aux consommateurs la vraie saveur du vrai fromage. Mais pour combien de temps, face à l'appétit gargantuesque des 2 groupes agro-alimentaires, à leur lobbying auprès de la commission européenne, et à leur poids? En attendant, Lactalis et Isigny ne produisent plus de camembert au Lait Cru, et ont modifié les étiquettes. L'avenir de ces 5 derniers producteurs de Camembert de Normandie (AOC) au lait cru et moulé à la louche ne repose plus que sur vous, les consommateurs ! Et sur Slowfood, qui devrait veiller à leur pérennité... Nous devons gagner la guerre du goût !