gourmand

  • Gourmand...

    «Il n’y a que les imbéciles qui ne soient pas gourmands » disait Guy de Maupassant, ajoutant, comme s’il fallait encore convaincre ou rassurer quelques-uns d’entre nous : « On est gourmand comme l’on est artiste, comme on est poète. Le goût, c’est un organe délicat, perfectible et respectable comme l’œil et l’oreille. » On imagine volontiers le gourmand — les lithographies des siècles passés nous le caricature ainsi — comme, et je cite Owen, un « ventru, le menton luisant de beurre, la joue gonflée et l’œil humide, attablé — une serviette nouée autour du cou — fourrageant du couteau et de la fourchette dans une assiette encombrée de nourriture ».

    Le véritable gourmand n’est pas celui « qui a su éduquer, civiliser ses papilles », ce n’est pas non plus celui qui fréquente à longueur d’années telle ou telle autre table étoilée, qui court la mangeaille et les mondains. Non, « le vrai gourmand l’est aussi du toucher, de l’odorat, de l’ouïe, de la vue », c’est, j’en suis convaincu, un humaniste. Bref, un homme rare ou qui le devient. « Je veux, écrit Vaudoyer, que tu sois gourmand dans un jardin et au concert ; chez le couturier et chez le tailleur ; chez l’antiquaire et devant le ciel du couchant; au musée, au théâtre. Je veux que tu sois gourmand dans la bibliothèque. Je veux que tu sois gourmand près de la bien-aimée à qui tu as donné ton cœur ; gourmand aussi devant la jolie fille qui passe ou qui s’arrête une minute, une heure, une nuit... Exerce-toi à être gourmand dans tes rêves ; laisse la gourmandise t’ornementer l’imagination. » (Essai sur la gourmandise (Hachette, 1926) d’un certain Jean-Louis Vaudoyer).

    De la table à l’écrit, petit traité des gourmandises littéraires. COMMUNICATION D’YVES NAMUR A LA SEANCE MENSUELLE DU 12 JUIN 2004

  • Le Flore à La Panne...

    Les amuse bouche du Flore

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    Les noix de St. Jacques poêlées, crème de cardamone, quinoa au vert et émulsion de crevette

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    Demi-homard  rôti au four, champignons des bois, sauce carapace et pâtes fraîches

    Ou

    Le dos de cabillaud en croûte de perle du Japon et kroepoek, purée d’échalote et bâtons de citronnelle

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    La poire pochée, bavarois au miel et pain d’épices, glace à la poire et chocolat


    Voilà l'appétissant menu dégusté au Flore à La Panne, ce week-end, au prix de 34 euros.

    Un restaurant gourmand, au personnel sympathique, avec des patrons passionnés en salle : elle au service table, lui au service vins. Côté vins, un excellent Bourgogne blanc 2005 de Faiveley à 27 euros, et un magnifique Graves rouge 2001 dont j'ai oublié le nom, mais voisin de Pape Clément, à 30 euros. C'était vraiment bon, gourmand, recherché, fin. Parfait, quoi ! Beaucoup de plaisir, et à recommander, dont acte.