faillites

  • Il va falloir construire beaucoup de prisons...

    Avec la crise bancaire et les mesures d'austérité gouvernementales qui suivirent-et qui vont encore se poursuivre un bon bout de temps-, de plus en plus de monde est touché. La situation est même franchement désespérée dans certains états comme la Grèce et l'Espagne. Et d'autres vont suivre...

    Les manifestations se multiplient donc, en Grèce, en Espagne, mais aussi en Italie, au Portugal, en France, et en Belgique, mais aussi ailleurs sur la planète, car, en fait, c'est le monde entier qui est touché.

    Ne voilà-t-il pas que, dans ce contexte difficile, le code pénal espagnol vient d'être réformé afin de criminaliser certaines activités... Vous occupez pacifiquement une succursale bancaire ? 3 à 6 mois de prison ! Vous interrompez des transports publics ? 2 ans de prison ! Vous résistez envers l'autorité ? 4 ans de prison ! Appel à manifester via Facebook ? 1 an de prison ! N’importe quel acte de désobéissance ou de résistance au cours d’une manifestation peut être désormais puni d’une peine de prison ! J'imagine déjà les abus de certains robocops...

    Et, à propos de crise bancaire et de prison, le seul à avoir été condamné est le pauvre trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel. Il vient d'être condamné, en appel, à 3 ans de prison et au remboursement de 4.915.610.154 euros à son ancien employeur (c'est risible!). Il ira en cassation. Par contre, aucun banquier, aucun président, aucun administrateur, aucun responsable de ces faillites bancaires n'a été, ne fût-ce que inquiété ! Elle est belle la justice... et fort indépendante aussi.

    Quant à moi, si je n'écris plus sur ce blog, c'est que j'aurai été emprisonné. Car ce n'est pas bien d'en vouloir aux banques, à Monsanto, au lobby nucléaire et de critiquer les multinationales agro-alimentaires et les multinationales pharmaceutiques, ni de prôner un retour au Bio et aux énergies renouvelables... Terriens, il est temps d'agir... Tiens, ce n'est pas un appel à manifester, çà ?

  • Le sauvetage des banques équivaut à 37% du PIB...

    La crise financière a montré combien les pouvoirs publics étaient mal équipés pour faire face aux difficultés de banques actives sur les marchés internationaux. Afin d'assurer la continuité de services financiers essentiels pour les citoyens et les entreprises, les États ont été contraints d'injecter des fonds publics dans les banques et de leur accorder des garanties pour un montant sans précédent: entre octobre 2008 et octobre 2011, la Commission européenne a approuvé environ 4 500 milliards d'euros d'aides d'État en faveur des établissements financiers, ce qui équivaut à 37 % du PIB de l'UE1. Si elles ont permis d'éviter des faillites bancaires et une désorganisation économique à grande échelle, ces mesures ont pesé sur le contribuable et grevé lourdement les finances publiques, sans régler la question de savoir comment gérer les grandes banques transfrontières en difficulté.

    Les propositions que la Commission européenne a adoptées aujourd'hui, qui prévoient des règles européennes en matière de redressement et de résolution bancaires, changeront la donne. Elles donneront aux autorités compétentes les moyens d'intervenir de manière décisive, à la fois avant que les difficultés n'apparaissent et dès le début du processus si elles surviennent néanmoins. En outre, si la situation financière d'une banque devait se détériorer de manière irrémédiable, la proposition prévoit que ses fonctions critiques pourront être préservées, et qu'il reviendra aux propriétaires et aux créanciers de la banque d'assumer les coûts de sa restructuration et de sa résolution, et non au contribuable.

    M. Barroso, président de la Commission européenne, a déclaré: «L'Union européenne respecte pleinement les engagements pris au G-20. À deux semaines du sommet de Los Cabos, la Commission présente une proposition qui aidera à protéger nos contribuables et nos économies des conséquences d'éventuelles défaillances bancaires futures. La proposition présentée aujourd'hui est un pas important en direction d'une union bancaire dans l'UE et elle responsabilisera le secteur bancaire. Elle contribuera à renforcer la stabilité et la confiance dans l'Union, et s'inscrit dans le processus en cours de renforcement et d'intégration de nos économies interdépendantes.»

    M. Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur, a déclaré: «La crise financière a coûté très cher au contribuable. La proposition présentée aujourd'hui est l'ultime mesure visant à répondre aux engagements que nous avons pris au G-20 en faveur d'une meilleure réglementation financière. Nous devons doter nos pouvoirs publics d'instruments qui leur permettent de réagir de manière appropriée aux futures crises bancaires. Sinon, les citoyens paieront à nouveau la facture, tandis que les banques continueront à agir comme avant, en sachant qu'elles seront à nouveau renflouées si nécessaire.»

    Plus de détails sur : http://ec.europa.eu/internal_market/bank/crisis_management/index_fr.htm

  • Restons optimistes...

    "Je raisonne en Investisseur. Pour moi, l'Etat n'a rien à faire avec la Finance. Et il n'aurait jamais dû mettre le premier doigt dans l'engrenage du "sauvetage" à tout va. Maintenant, c'est trop tard : le risque de faillite s'est déplacé des banques vers les Etats.

    Voyez-vous, mon point de vue est que les Etats-providence ont signé leur arrêt de mort le jour où ils ont décidé de venir en aide aux banques en employant des stratégies inefficaces : politique des taux bas et émission monétaire. Vous avez là le cocktail de choc pour gonfler la masse monétaire avec de l'argent-dette -- des promesses -- sans avoir aucune garantie quant au remboursement de toutes ces dettes !

    Dans la tête d'un banquier central, 1 $ de dette produit 1,5 $ de croissance. A ce rythme en effet, le remboursement ne devrait être qu'une simple formalité... en théorie. Mais voilà ce qu'il s'est passé en pratique : les banques centrales ont baissé les taux d'intérêt pour permettre aux banques de contracter des crédits sans entrave et irriguer l'économie d'argent virtuel. Manque de chance ou de flair, l'argent a inondé massivement les marchés des matières premières et les émergents -- peu ou pas l'économie réelle. Un coup pour rien.

    Puis elles ont lancé les fameux Quantitative Easing I et II -- assouplissements quantitatifs. La première passe consistait à sauver les banques, en leur proposant d'une part des crédits à taux ridicules pour éponger leurs bilans et d'autre part de récupérer leurs actifs pourris. Avec 1 700 milliards de dollars tout frais dans le circuit, les banques ont repris du poil de la bête -- mais les marchés ont très vite boudé la qualité des obligations émises par les Etats.

    Retournement de situation : le sauveur commence à regretter sa bravoure...

    Les banques centrales ont alors décidé d'imprimer encore plus de billets de manière à payer leurs dettes avec encore plus de dettes -- 1 000 milliards de plus pour le Quantitative Easing 2. Le résultat : ces milliards de dollars sont sortis de la planche à billets sur la seule bonne foi d'une reprise de l'économie... un jour ou l'autre. Le bilan de cette politique économique est simple : en 2010, les Etats-Unis ont connu une croissance de 2,9%. Le PIB américain a augmenté de 541 milliards de dollars.

    Cela signifie que 1 700 milliards de dettes (du QE1) ont permis de produire 541 Mds de croissance. Je vous épargne le calcul : 1 $ de croissance = 3,14 $ de dette. Je le répète, cette situation est intenable.

    Aujourd'hui, nos Etats sont au bord de la faillite, avec une dette astronomique 14 746 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis, avec un taux de chômage de 9,1% ! C'est ce qui a conduit l'agence Standard and Poor's à dégrader la note des Etats-Unis début août 2011 : fini le "triple A" ! Maintenant à qui le tour ?

    Sachant que le ratio d'endettement des pays du G20 est supérieur à 100% du PIB... que le taux de chômage en Europe tourne autour de 10% et que la croissance est en berne : pensez-vous que les Etats vont rembourser un jour ? Bien sûr que non ! Leur seule solution : laisser filer l'inflation... pour éponger les dettes.

    C'est là que s'achève l'histoire de l'Etat-providence sauveur des banques et des citoyens. Il va se faire oublier pendant un temps. Notamment de ses créditeurs qu'il ne remboursera pas -- et de tous les retraités qui vont payer l'addition. Eh oui... parce que cette opération va frapper plus particulièrement ceux qui n'ont pas de salaires ajustables... et qui ne sortiront pas dans la rue pour sauver leur pouvoir d'achat !"

    Extrait d'un article de Simone Wapler, qui travaille dans la presse financière depuis 10 ans.

    Depuis le passage à l'euro, notre pouvoir d'achat fond comme neige au soleil, et les nouvelles mesures gouvernementales de taxation ne feront qu'accroître cet état de fait. Sans parler de l'inflation et de la hausse des prix des matières premières...

    Mais pourquoi donc les Etats ont-ils transformés des dettes privées (bancaires) en dettes publiques ? C'est donc dorénavant à vous et à moi de rembourser la mauvaise gestion des patrons des grandes institutions bancaires privées du pays ! Quant à ces patrons, qui n'ont jamais été inquiétés ni poursuivis en justice (pour mauvaise gestion), et dont les biens privés n'ont jamais été saisis (en garantie), continuent de sévir comme si rien ne s'était passé, et de s'octroyer des bonus immoraux, alors qu'ils sont en faillite...

    Tout cela est illogique. A moins que ce soient eux qui gouvernent le monde et que les membres de nos gouvernements ne soient que leurs marionnettes...

    Malgré tout cela, essayons de rester optimistes. Mais soyons vigilants et prêts à nous indigner. Et optons pour des solutions alternatives (petites banques aux pratiques saines et respectueuses).

  • Gonfler la dette publique avec des prêts aux banques est illégal...

    "De plus, le résultat de ces opérations (re-capitalisation des banques par les états) peut-il être considéré comme de la "dette publique" ? Les manuels d’économie expliquent que la dette publique est un instrument pouvant être utilisé pour financer les besoins de l’État et compléter les recettes fiscales pour que l’Etat puisse exercer ses compétences au bénéfice de la société. Les titres émis sans aucun critère pour le sauvetage des banques devraient être considérés comme des prêts distincts devant être remboursés par les banques, et non par la société dans son ensemble.

    Pendant combien de temps encore fera-t-on assumer à la société des opérations aussi irresponsables et immorales qui détournent l’argent des services sociaux fondamentaux comme la santé, l’éducation, la sécurité sociale, etc. en provoquant la perte de milliers d’emplois tout en assurant des bénéfices record pour le secteur financier ?"

    Tout petit extrait d'un long article hyper intéressant de Maria Lucia Fattorelli

    http://www.cadtm.org/L-audit-un-outil-essentiel-pour

    María Lucia Fattorelli est coordinatrice de l’Audit citoyen du Brésil depuis 2001 www.divida-auditoriacidada.org.br ; elle a fait partie de la Commission d’audit sur la dette de l’Equateur (2007-2008) et a été conseillère technique de la Commission d’enquête parlementaire sur la dette publique (2009-2010). 

    Pour rappel, avant la crise des subprimes née aux Etats-Unis en 2008, tout allait bien en Europe. Notre dette publique belge était maîtrisée et en diminution constante depuis 20 ans (80% du PIB) et les budgets respectés. C'est à ce moment qu'on s'est rendu compte que la plupart des banques mondiales étaient en faillite (elles ne disposaient pas assez de fonds propres et avaient massivement investi dans des produits bidons, virtuels et à haut risque).

    Il a donc fallu les re-capitaliser pour éviter la faillite de certaines d'entre-elles. Et voilà notre dette qui remonte à 100% du PIB (et ce n'est pas fini) et notre note dégradée par des agences de notation (qui n'ont aucune autorité en la matière). Sans parler des mesures de restrictions budgétaires qui toucheront tous les belges pendant des années !

    Il est tout à fait illogique et illégal de faire supporter par les citoyens d'un pays les dettes d'un organisme privé qui n'a pas géré ses affaires en bon père de famille et a pris des risques inconsidérés, et en l'absence de tout contrôle extérieur. Ce transfert de dette est illégal. Il faut exiger un audit de la dette publique et séparer ce qui l'est vraiment et ce qui ne l'est pas du tout. Les choses seront claires et nous irons bien mieux !

     
  • Mille milliards de mille sabords...

    Et voilà, on y est : le "milieu" bancaire va éponger 50% de la dette grecque, soit cent milliards d'euro. Et comme certaines banques se trouveront en grande difficulté suite à cette opération, il faudra les recapitaliser. A hauteur de cent milliards d'euro également.

    Elles devront d'abord tenter de le faire avec des fonds privés, puis publics (via l'état, c'est-à-dire nous, ou via l'Union européenne, c'est-à-dire toujours nous, ou via le FMI).

    A côté de cela, le fonds européen de stabilité financière est augmenté pour atteindre  les mille milliards d'euro. Histoire de pouvoir faire face à la défaillance d'un autre état européen ou de plusieurs...

    Que le grand cric me croque et me fasse avaler ma barbe si ces mesures mettent fin à la crise financière qui nous hante depuis 2007 !

  • Ils mentent...

    Et voilà, c'est reparti : après avoir secouru toutes les banques de la planète avec des centaines de milliards d'euro en 2008, les Etats (c'est à dire nous) vont devoir en remettre une couche !

    Cet été pourtant, toutes les banques européennes avaient passé avec succès les stress tests, avec grands renforts de publicité. Deux mois plus tard, on se rend compte qu'elles ont, à nouveau, besoin de 400 milliards d'euro de cash public (le nôtre), sous peine de tomber en faillite !

    Ce n'est pas au peuple à assumer les erreurs de gestion et prises de risques démesurées du secteur bancaire : il faut arrêter d'accroître le déficit public des Etats ! Ce n'est pas au peuple de se serrer la ceinture et de subir des mesures d'austérité pour financer ces déficits !

    C'est aux banques à assumer les coûts occasionnés par l'assainissement et la recapitalisation du secteur financier. Et à elles seules.

    Jacques Attali racontait, en 2009, que le scénario du pire était le plus vraisemblable, et qu'il faut arrêter de nous cacher la vérité : le déficit budgétaire américain est passé de 350% du PIB en janvier 2008 à 500% aujourd'hui, soit 54 trillions de dollars (1 trillion = 1.000 milliards),  les encours bancaires mondiaux qui s'élèvent à 84 trillions, alors que les fonds propres des banques ne sont que de 4 petits et malheureux trillions, le système bancaire mondial est en faillite, et les premiers états vont l'être également, il n'y a plus d'argent : le Golfe n'existe plus tant le prix du baril est bas, et la Chine n'a que 2 trillions de réserves, soit très peu de choses par rapport aux chiffres cités plus haut. Et il terminait en prédisant une dépression majeure, suivie d'une hyper-inflation majeure elle aussi, et pour des années... 

    On y arrive et ils mentent toujours...